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Vocabulaire de l'apprenti franc-maçon

De
288 pages

Les jeunes francs-maçons, en particulier les apprenti(e)s, sont souvent désarçonnés par un jaillissement de mots nouveaux, plus encore par des mots connus du langage courant que la franc-maçonnerie emploie, en ses divers rites et sensibilités, selon des sens qui lui sont particuliers.

Le Vocabulaire de Solange Sudarskis est un moyen efficace et pertinent, pour tous les maçons récemment initiés et leurs surveillants instructeurs, de prendre connaissance, de comprendre ou de transmettre ces notions spécifiques de la franc-maçonnerie, références qui leur seront utiles pour s’orienter, travailler et progresser.

Cet ouvrage s’adresse aux frères et soeurs des rites Écossais, français, anglo-saxons et autres.

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D
DegréDegré est le terme eact pour grade. Les degrés sont les étapes înîtîatîques dans un rîte donné. Chaque degré confère un autre nîeau de conscîence et offre de nou-elles perspectîes d’approfondîssement des connaîssances. La maçonnerîe dîte symbolîque, du premîer au troîsîème degré, apprentî, compagnon et maïtre, traaîlle sur le symbolîsme et énonce les prémîces de la recherche phîlo-sophîque. Les degrés supérîeurs au troîsîème, dîts « hauts grades », sont régîs selon les rîtes et dans tous les cas sont facultatîfs (Annexe 3). Il n’eîste pas en franc-maçonnerîe de rang supérîeur au troîsîème degré, celuî de maïtre maçon. C’est un des prîncîpes fondamentau de la régularîté ma-çonnîque que tous les maïtres maçons soîent placés sur un pîed d’égalîté, sans consîdératîon de posîtîon socîale ou d’appartenance à d’autres degrés maçonnîques. C’est pour-quoî les degrés d’un numéro supérîeur au troîsîème doîent être consîdérés comme des degrés d’înstructîon, ou de per-fectîonnement, et non pas comme des grades împlîquant un pouoîr partîculîer dont pourraît se préaloîr un maïtre maçon pour se prétendre supérîeur au autres.
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Degré
RSÉ/RÉÉ. Il y a toutefoîs deu degrés de plus dans la maçonnerîe symbolîque d’Écosse : Maïtre Maçon de Marque et Maïtre Installé. penI ; CàyI Ap sme ; ÉpeUes ; RIe
DeltaNom que l’on donne auIàne lumîneu placé à l’Orîent, au-dessus du énérable, à cause de sa forme quî est celle du delta, quatrîème lettre de l’alphabet grec. Ce trîangle,embème de la scîence quî éclaîre les hommes, contîent, parfoîs, unœIouert figurant la sagesse, laquelle oît et préoît. Parfoîs, le delta lumîneu comporte en son centre un îde, ou le nom du tétragramme sacré en lettres romaînes ou en hébreu. Delta est, éîdemment, à rapprocher du sens de son înî-tîale hébraque,daleth, quî donneDeleth, la porte. C’est le lîeu de passage et de dîscontînuîté entre les mondes spîrî-tuels partîcîpant de l’émanatîon et des mondes manîfestés ; passage de la peau à la lumîère comme le mot le réèle dans son contenu ésotérîque reu par lakàbbàe. Il est parfoîs consîdéré comme unsymbôede dîînîté. DUàIé ; OIen ; TIàne
Demande de parole La parole est demandée par l’întermédîaîre du sur-eîllant de la colonne où sîège le franc-maçon, sureîllant
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Demande de parole
quî en înforme le énérable quî luî seul peut l’accorder. La parole s’adresse à tous les membres présents, îl n’y a pas de dîalogue. En dehors des officîers, la parole se faît debout et À ’ôedu degré de la tenue ou au sîgne de fidélîté selon le rîte. RÉAA, RF, RÉR, MM. Les apprentîs obserent la règle du sîlence et ne peuent la demander. Rîtuels anglo-saons : les apprentîs peuent demander la parole.
Dépouillement Dépouîllement estîmentaîre ou dépouîllement des métau sont desméànôïàpratîquées au cours largement de cérémonîes d’înîtîatîon maçonnîques. Le dépouîllement des métau se faît tradîtîonnellement dans les parîs, dans l’înteralle quî sépare lecàbIne e éflexIôn du passage sous lapôe bàsse. Les préparateurs retîrent réellement au récîpîendaîre tous ses métau sans eceptîon (argent, monnaîe, bîjou...). Dépouîllé de ses métau, le maçon renonce à tout ce quî le rattache au possessîons terrestres comme au mérîtes profanes. Le dépouîllement des métau est un renoncement quî s’éclaîre par les attrîbutîons que faîsaît Apollonîus de Tyane : l’argent à l’esclaage, l’aîraîn à l’orgueîl, le fer à l’enîe ou à la engeance. Il faut que ce dépouîllement soît écu, afin de passer de la condîtîon de l’aoîr à l’état de l’être. Raoul Berteau, dans saSymbolique au Grade d’apprenti, dît : « Tout porteur de
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Dépouîllement
métau capte à son însu des ondes électromagnétîques. Il est à tout moment soumîs à des înfluences qu’îl ne perçoît pas et,a fortiori, qu’îl ne contrôle pas. » La franc-maçonnerîe înîte ses membres à renoncer à tous leurs préjugés, habî-tudes et néroses et en partîculîer à la puîssante nérose de l’ego. Il faut un regard de courage pour se remettre en ques-tîon. Ce n’est pas la complaîsance que lemIôI propose. Deenîr sensîble à sa îe quotîdîenne et ouloîr la modîfier conscîemment en trouant une tonalîté du cœur n’est pas sîmplement une pensée phîlosophîque maîs un réel traaîl spîrîtuel demandant un effort et une olonté actîe pour sacrîfier quelque chose, pour renoncer à des modalîtés du moî afin de se créer autre et d’agîr sur le monde. On y oît un pacte de renoncement narcîssîque en échange d’une espérance totale comme l’écrît René Char : « Créateur, mon frère, lorsque tu sentîras ton corps d’éphémère t’aban-donner, souîens-toî alors que la barque d’Isîs est un char quî conduît, ers l’éternîté, tous les corps eténués à force de s’être surpassés. » On parle aussî d’abandon du îeîl homme. Dans la maçonnerîe anglo-saonne, le dépouîllement des métau est tombé en désuétude. Le rîte consacre beau-coup de soîns à la préparatîon estîmentaîre du candîdat, însîste très fort sur le faît qu’îl doît se présenter à l’înîtîa-tîonnor naked nor clad, «nI nU nI êU», préparé dans son cœur. Les Amérîcaîns du Rîte Émulatîon oblîgent même le récîpîendaîre à se déshabîller complètement et à endosser
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Dépouîllement
une sorte de pyjama. Maîs îls ne parlent plus nî des quatre éémensdes métau, aec autant d’însîstance que la nî maçonnerîe contînentale. Fèe, fàene
Deux (2) Le deu est fondateur de notre psychîsme, oîre de la îe elle-même quî s’oppose au néant. L’unîté contîent le 2 quî est le premîer nombre parce qu’îl faut qu’îl y aît le 2 pour qu’îl y aît soît augmentatîon, soît dîîsîon, pour qu’îl y aît autre chose et c’est ce quelque chose d’autre quî permet de dîre que le 2 fonde le 1 quî alors se dîfférencîe de l’unîté îndénombrable. Dans la manîfestatîon du commencement, par le deu, le Un deîent un nombre. Et c’est peut-être ce quî a faît dîre au physîcîen Neîl Turok, l’un des plus proches collabora-teurs de Stephen Hawkîng : « L’Unîers tout entîer a jaîllî, de manîère splendîde, d’une seule et unîque formule, d’un code mathématîque engendrant la Créatîon. » En passant par le deu, leIàne, dans sa forme ter-naîre, deîent, aînsî, une représentatîon îmagînale des mé-tamorphoses de l’unîté orîgînelle dans sa dîersîté. DUàIsme ; DUàIé ; TIàne ; TôIs (3)
Deux bienheureux saint Jean (Les) RY. Protecteurs de l’ordre, symboles îants du cycle de la Lumîère et de la îe (saîsons) ; dans la franc-maçonnerîe
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Deu bîenheureu saînt Jean (Les)
des Ancîens, l’un annonce la bonne nouelle et l’autre en témoîgne. Ils sont aussî l’éocatîon de Mose et d’Aaron ; sur le tableau de loge du RY, les deu personnages sont aussî bîen les uns que les autres. Quand le RY est fidèlement et tradîtîonnellement res-pecté, la loge est toujours ouerte à la gloîre dug.a.d.l’u.et en mémoîre des deu bîenheureu saînt Jean. TàbeàU e ôe
Deuxième surveillant (second surveillant) Officîer chargé de l’înstructîon des apprentîs au RÉAA, RF, RF et MM. Dans les rîtuels anglo-saons, les sureîllants n’ont pas tradîtîonnellement ce rôle d’înstruc-teur, maîs en France, par translatîon, on leur confère quand même ce deoîr. Un des sens étymologîques premîer du erbeinstruere, emprunté au latîn classîque, est « assembler dans », « dîs-poser », « munîr », « outîller » aant de prendre le sens « d’enseîgner », « communîquer des connaîssances à nd quelqu’un ». Dans son rôle de passeur, le 2 sureîllant a la responsabîlîté d’amener les passants, les apprentîs, ers le nd grade de compagnon. Par cette mîssîon, le 2 sureîllant est en grande partîe responsable des fondatîons et du bon deenîr de la loge. Une autre de ses tâches prîncîpales en loge est de dîs-trîbuer la parole sur sacôônneselon, la plupart du temps,
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Deuîème sureîllant (second sureîllant)
un parcours trîangulaîre quî passe îmmuablement par l’Orîent. Il est l’un des troîs officîers quî dîrîgent la loge ; plusîeurs rîtes le qualîfient de troîsîème lumîère de la loge. L’outîl quî luî est attrîbué, un marteau en boîs, luî faît donner égale-ment le nom de troîsîème maîllet. En l’absence du énérable er maïtre et du 1 sureîllant, îl peut présîder la loge. Le symbole maçonnîque représenté sur lebIjôU môbIend du 2 sureîllant est lefi À pômb souent assîmîlé à la pepenIcUàIe. Perpendîculaîre, fil à plomb, ertîcales quî relîent le haut et le bas et quî înîtent à rechercher la érîté au plus profond de l’être aînsî que dans les hauteurs des états de conscîence les plus subtîls. Bôàz ; Côônne ; vitriol
Devise républicaine Lîberté, Égalîté, Fraternîté. Ces 3 mots quî représentent des aleurs humanîstes fortes, partagées par plusîeurs pays ou înstîtutîons quî en ont faît leur deîse, ont une orîgîne hîstorîque încertaîne. Maçonnîque pour certaîns, réolu-tîonnaîre ou républîcaîne pour d’autres. Il est à l’honneur de la franc-maçonnerîe françaîse, et latîne en général, d’aoîr nourrî cette deîse, d’en aoîr perçu le caractère fondateur et d’en aoîr faorîsé la syn-thèse dans le temple et dans le monde profane ; pour le franc-maçon, cette deîse possède une force symbolîque în-
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Deîse républîcaîne
trînsèque dont îl prend la mesure lorsqu’îl la prononce en loge après l’acclamatîon écossaîse. Portées par la Renaîssance, ces 3 aleurs se sont retrou-ées au seîn de dîfférents courants de pensée humanîste sou-cîeu de lutter contre l’înjustîce et l’arbîtraîre. La maîme e « Lîberté, Égalîté, Fraternîté » puîse ses orîgînes au xviii sîècle (Sîècle des Lumîères). En 1755, dans une ode à la gloîre du gouernement hel-étîque, Voltaîre assocîe împlîcîtement les 3 termes : « La Lîberté ! J’aî u cette déesse altîère aec égalîté répandant tous ses bîens… Les états sont égau et les hommes sont frères. » Maîs c’est Rousseau quî, dans sonDiscours sur l’économiepropose cette trîade comme une des (1855), bases du contrat socîal. La deîse n’est toutefoîs pas officîellement constîtuée en 1789 et, contraîrement au îdées reçues, elle ne deîent pas une créatîon officîelle de la Réolutîon, bîen qu’elle en încarne certaînes aleurs clefs. Seuls les deu premîers termes ont été assocîés dans la Déclaratîon des Droîts de l’homme du 26 juîn 1789 : « Les hommes naîssent et de-meurent lîbres et égau en droît. » La premîère trîple assocîatîon est attrîbuée à Robespîerre dans son dîscours prononcé en décembre 1790 lors de la créatîon des Gardes natîonales. Cette epressîon a accom-pagné l’aenture réolutîonnaîre de juîn 1793 jusqu’au Consulat en 1799. Sans aoîr été deîse officîelle, l’epres-sîon a tout de même marqué les esprîts et s’est împosée
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Deîse républîcaîne
comme le symbole des acquîs polîtîques et socîau réo-lutîonnaîres, comme un programme polîtîque et, à terme, comme un poînt de rallîement pour les républîcaîns.
De 1790 à 1830, la deîse n’est plus utîlîsée ; suîent des années de grande tensîon socîale et polîtîque quî aboutîs-sent à la Réolutîon de férîer 1848. La Seconde Républîque consacre l’epressîon après que le gouernement proîsoîre l’a employée dans sa premîère déclaratîon (24 férîer 1848).
e La III Républîque concîde aec la renaîssance de l’epé-rîence républîcaîne et la réactîatîon de la deîse tryptîque en 1871. Cependant, îl faut attendre la réîsîon constîtu-tîonnelle de 1879 pour que soît prîse la décîsîon de réîns-crîre les troîs mots à tous les frontons des bâtîments officîels. Le pérîple de la trîade s’achèe glorîeusement puîsque la Constîtutîon du 4 octobre 1958 l’împose comme la deîse constîtutîonnelle de la Républîque Françaîse.
Il en découle qu’îl est împossîble de fier claîrement l’orîgîne maçonnîque ou républîcaîne de la deîse. En effet, les recherches engendrées par le Bîcentenaîre de la Réolutîon montrent que l’antérîorîté maçonnîque de la deîse Lîberté, Égalîté, Fraternîté n’a aucun fondement concerté au seîn des obédîences et des rîtes maçonnîques de l’époque consîdérée. En 1848 : apparîtîon de la deîse sur le drapeau françaîs, Lamartîne, quî n’étaît pas franc-maçon (maîs quî adhéraît à l’îdéal maçonnîque), proclama e la II Républîque et déclara : « Sur le drapeau natîonal sont écrîts ces mots : Républîque Françaîse, Lîberté, Égalîté,
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Fraternîté, mots quî eplîquent le sens le plus étendu des doctrînes démocratîques dont le drapeau est le symbole, en même temps que ses couleurs en contînuent la tradî-tîon. » Quelques jours plus tard, Adolphe Crémîeu, franc-maçon et membre du gouernement proîsoîre, reçut une délégatîon des loges maçonnîques et prononça au nom du gouernement, la phrase suîante : « Dans tous les temps, dans toutes les cîrconstances, sous l’oppressîon de la pensée comme sous la tyrannîe du pouoîr, la maçonnerîe a répété sans cesse ces mots sublîmes : Lîberté, Égalîté, Fraternîté ! » Jules Barbîer de la délégatîon maçonnîque a ajouté : « Nous saluons des acclamatîons les plus îes le gouernement républîcaîn quî a înscrît sur la bannîère de la France cette trîple deîse quî fut toujours celles de la Franc-maçonnerîe : Lîberté, Égalîté, Fraternîté. » Pour le Rîte Écossaîs, Adolphe Crémîeu, deenu Soueraîn Grand Commandeur du Rîte Écossaîs Ancîen et Accepté en 1869, entreprît de refondre les Règlements Générau du Rîte quî dataîent de 1846. Entre autres pro-posîtîons, îl souhaîtaît înclure à la fin de l’artîcle II, la phrase : « L’Ordre maçonnîque a pour deîse Lîberté, Égalîté, Fraternîté… » Sur ce poînt précîs, poînt d’oppo-sîtîon ; le blocage portaît sur l’înocatîon aug.a.d.l’u.Ce blocage suîî de la guerre franco-allemande, de la sur-eîllance des loges par la polîce (1874), du début des actîons antîclérîcales ont détourné les préoccupatîons des francs-maçons du Rîte Écossaîs. Fînalement, la deîse maçon-
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