//img.uscri.be/pth/45c4bf0311226d95bd2812811d7c522665c71d50
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Vous avez dit développement ?

De
93 pages
La grande bataille de notre temps se situe sur le champ des idées. Dans le domaine du développement, entendu comme progrès social ou libération de l'être humain des affaires de la pauvreté matérielle et morale, la vision et les valeurs qui la sous-tendent sont un préalable indispensable pour agir juste. Le développement n'est pas seulement une affaire économique ; pour chaque pays, il est toujours précédé d'une ambition, une vue claire des cibles par secteur, et généralement, le reste, c'est-à-dire l'organisation et les capitaux, finit par suivre.
Voir plus Voir moins

VOUS AVEZ DIT DÉVELOPPEMENT ?

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13910-7 EAN : 9782296139107

Cédric Ondaye-Ebauh

VOUS AVEZ DIT DÉVELOPPEMENT ?

Études Africaines
Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa Dernières parutions

Mahamadou ZONGO (sous dir.), Les enjeux autour de la diaspora burkinabè, 2010 Jean-Claude MBOLI, Origine des langues africaines Essai d’application de la méthode comparative aux langues africaines anciennes et modernes, 2010. Ngimbi KALUMVUEZIKO, Sur les traces d’Ota Benga, 2011. Lambert NICITIRETSE, Charge pastorale du curé et coresponsabilité dans l’église du Burundi, 2010. Jean Maurice NOAH, Le makossa. Une musique africaine moderne, 2010. Brice Armand DAVAKAN, Repenser les nations africaines, 2010. René N’Guettia KOUASSI, Comment développer autrement la Côte d’Ivoire ?, Des suggestions concrètes pour soutenir la dynamique du développement de ce pays, 2010. Jean-Pierre BODJOKO Lilembu, Développement de la radio catholique en RDC, 2010. Auguste ILOKI, Le droit des parcelles de terrain au Congo. Tome 1 : Droits fonciers coutumiers. Acquisition des parcelles de terrain, 2010. Abdoulay MFEWOU, Migrations, dynamiques agricoles et problèmes fonciers, 2010. Maurice ABADIE, Afrique centrale. La colonie du Niger, 2010 (reprint de l’édition de 1927). Michèle CROS et Julien BONDAZ (dir.), Sur la piste du lion. Safaris ethnographiques entre images locales et imaginaire global, 2010. Apollinaire NTAMABYALIRO, RWANDA, Pour une réconciliation, la miséricorde chrétienne. Une analyse historicothéologique du magistère épiscopal rwandais (1952-1962), 2010.

Sommaire

Chapitre Ier : L’ILLUSION DE NOTRE RESSEMBLANCE UNIVERSELLE EN ECONOMIE .................................................................. 9 1.1 Comment nous nous situons par rapport aux autres ....... 11 1.2 Mais qu’est-ce que le développement ........................... 13 1.3 Le développement et les notions connexes .................... 15 1.4 La diversification de l’économie, oui mais d’où partons-nous ? ....................................................................... 21 Chapitre II : OUI A LA FINANCE COMME INSTRUMENT DE DEVELOPPEMENT, MAIS OU EN EST NOTRE ECONOMIE FINANCIERE ..................... 25 2.1. Dans quel système de financement sommes-nous ? ...... 27 2.2 La problématique du crédit reste au cœur de l’enjeu de développement ...................................................................... 30 Chapitre III : L’ELARGISSEMENT DE L’ESPACE ECONOMIQUE COMME ALTERNATIVE CREDIBLE DE DEVELOPPEMENT ................................................... 35 3.1. Rêvons de grands ensembles mais en commençant par les plus proches ! ............................................................ 37 3.2. Notre monnaie comme base solide de regroupement, dans un premier temps .......................................................... 39 3.3. D’autres arguments nous commandent le regroupement de nos forces ......................................................................... 43 Chapitre IV : L’ESPACE MONDIAL NOUS IMPOSE DE FAIT UNE OUVERTURE DE PLUS EN PLUS GRANDE ............................................................................. 45 4.1. Que devons-nous attendre du partenariat avec l’extérieur ? ........................................................................... 47 4.2. Quid de la bonne gouvernance et le rôle des ONG internationales ? .................................................................... 50
5

Chapitre V : L’AGRICULTURE, PREMIER CHAMP DE BATAILLE POUR LE DEVELOPPEMENT ........... 55 5.1. L’agriculture est un enjeu majeur dans le processus de développement ................................................................. 57 5.2. L’agriculture n’échappe pas aux rapports de force au niveau mondial ..................................................................... 60 5.3. Ici comme ailleurs, se méfier du mimétisme car il n y a pas de modèle unique de développement agricole ou de développement tout court ..................................................... 62 Chapitre VI : LE ROLE CRUCIAL DE L’ENTREPRISE DANS LE DEVELOPPEMENT ....................................... 65 6.1. Pas de développement sans entreprises ......................... 67 6.2. Mais, de quelles entreprises parlons-nous ? .................. 69 6.3. Comment faire émerger nos PME ? .............................. 74 Chapitre VII : LA PLACE DE L’EDUCATION DANS LE PROCESSUS DE DEVELOPPEMENT .................... 77 7.1. L’enjeu de l’éducation n’est plus à démontrer .............. 79 7.2. L’intérêt économique de la formation est prégnant ....... 80 Chapitre VIII : LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE.................................................................. 83 8.1. Un enjeu sémantique bien complexe ............................. 85 8.2. Distribuer de l’argent ou agir sur les facteurs explicatifs ............................................................................. 87

6

Introduction

Le développement est un tout. Il touche aussi bien les aspects matériels de la vie en société que le confort moral des populations. Phénomène complexe dont la définition exhaustive reste à trouver, il est en grande partie mesurable mais conserve également des zones d'ombre difficiles à évaluer. Le développement touche en effet à la fois à l’économie, à la culture voire même à la psychologie des individus. Sa compréhension doit tenir compte aussi bien des époques vécues que de l’espace géographique considéré. C’est donc une immense tâche que de bâtir le développement d’un pays. Les erreurs sont nombreuses et le tâtonnement inévitable. Cependant, c’est toujours a posteriori que l’on réalise la portée des pas accomplis et même l’impact des mauvaises décisions. Le développement d’un pays est d’abord le fait de ses habitants. Bien que le niveau d’efforts à fournir varie selon la responsabilité publique ou individuelle de chacun, le développement demeure une entreprise commune. En raison de son rôle dans l’orientation des efforts et de la marche de tous, l’élite est sans doute plus interpellée que les autres couches sociales mais la transformation, pour être durable, doit s’opérer à tous les niveaux. Pour un pays en développement, le développement est un immense champ de possibilités nouvelles, une conquête dont la réalisation dépend du rythme imprimé à la marche collective. Car il n’y a pas de développement sans une idéologie tournée vers le développement. Les talents personnels, les parcours individuels si patents et enviables soient-ils ne transcenderont pas une philosophie globale de la paresse. Il en va du développement des pays comme des réalisations personnelles dans la vie de tous les jours : ceux qui ont des idées claires sur les objectifs à atteindre ont plus de chance d’y arriver. La
7

géopolitique, la politique, la démocratie, le droit, l’économie (plus précisément l’agriculture et l’industrie pour un pays dit pauvre), et bien d’autres domaines qui intéressent le développement sont avant tout affaire de choix. Mais tous les choix ne sont pas gagnants. Mieux, ils doivent être suffisamment pertinents pour que, mis ensemble, ils permettent de faire gagner. Dès lors les théories, les écoles de pensée, les modèles de développement renseignent et éclairent les choix mais n’ont pas beaucoup de valeur s’ils ne permettent de transformer la réalité de « sousdéveloppement ». En ce qui concerne le développement dans nombre de pays africains, la tâche est rendue plus ardue en raison principalement du déficit de confiance résultant de parcours historiques et politiques singuliers. Nos erreurs les plus visibles s’expliquent par la faiblesse de la confiance que nous avons vis-à-vis de nous-mêmes et à l’égard de nos semblables en société. L’esclavage et la colonisation, qui sont les pires références de notre souffrance collective, ont été produits par les mêmes systèmes économico-politiques qui ont offert à l’humanité les Lumières, la démocratie et les droits de l’homme. Cela nous enseigne simplement que les « autres », c’est-à-dire nos principaux partenaires sur la route du développement, croient avant tout aux idées, bonnes ou mauvaises soient-elles. Avant les institutions à bâtir, bien plus que les hommes, et au-delà de l’expérience des puissances industrielles d’aujourd’hui qui sont nos modèles, ce sont les idées qui gouvernent. Et nous, quelles sont les idées qui jalonnent notre parcours laborieux vers le développement économique et social ?

8

Chapitre I L’ILLUSION DE NOTRE RESSEMBLANCE UNIVERSELLE (économique et sociale)