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Voyage à Madagascar

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En novembre 1888, j’avais l’honneur avec MM. Maistre et Foucart, d’être chargé par le Ministère de l’Instruction publique, d’une mission à Madagascar.

Cette mission, purement scientifique, devait élucider certains faits géographiques, augmenter dans la mesure du possible les données trop souvent incomplètes que nous possédions sur les différentes branches des sciences physiques et naturelles, étudier les peuplades malgaches, leurs coutumes, leurs usages, et, d’une manière générale, faire connaître cette grande île, aujourd’hui terre de protectorat français.

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Louis Catat

Voyage à Madagascar

Conférence faite par l'explorateur à la Société de géographie de Lille, le dimanche 5 avril 1891

VOYAGE DE M. LE Dr CATAT A MADAGASCAR

En novembre 1888, j’avais l’honneur avec MM. Maistre et Foucart, d’être chargé par le Ministère de l’Instruction publique, d’une mission à Madagascar.

Cette mission, purement scientifique, devait élucider certains faits géographiques, augmenter dans la mesure du possible les données trop souvent incomplètes que nous possédions sur les différentes branches des sciences physiques et naturelles, étudier les peuplades malgaches, leurs coutumes, leurs usages, et, d’une manière générale, faire connaître cette grande île, aujourd’hui terre de protectorat français.

Je ne me dissimulais pas que la tâche était lourde pour mes forces ; cependant, grâce au concours de mes collaborateurs, grâce à notre commun désir de faire une œuvre utile au pays, nous avons pu ajouter quelque chose à la géographie de Madagascar. Il reste encore beaucoup à faire pour nos successeurs.

C’est l’exposé de nos travaux, que je vais avoir l’honneur de soumettre à la Société, dont je réclame toute l’indulgence.

D’abord voici sommairement les résultats de notre mission. Les 8,000 kilomètres environ de nos itinéraires ont été sans interruption levés à la boussole ; dans la partie sud de l’île, nous avons relié par une triangulation Fianarantsoa à Fort-Dauphin ; au point de vue géologique, nous avons rapporté de nombreux spécimens de roches et de minéraux. En histoire naturelle il nous a été possible de recueillir une collection intéressante. Enfin, l’étude des races et des individus nous a plus particulièrement préoccupés et nous avons été assez heureux pour réunir d’importants éléments d’étude. Je n’ai eu garde de négliger les observations relatives à la climatologie et à la pathologie de Madagascar.

Puissions-nous avoir répondu à la confiance de ceux qui nous avaient envoyés.

Il serait superflu de vous donner ici une description générale de l’île ; permettez-moi, néanmoins, de vous rappeler quelques chiffres qui prouvent qu’un voyageur peut, en terre malgache, parcourir un nombre considérable de kilomètres.

Madagascar, vestige probable d’un continent disparu, séparée de l’Afrique par un bras de mer large tout au plus de 400 kilomètres, semble écrasée par sa puissante voisine. Cependant cette île est immense. Elle vient immédiatement après la Nouvelle-Guinée et Bornéo ; sa superficie totale est évaluée à 600,000 kilomètres carrés, environ un douzième de plus que la surface de la France.

Sa largeur moyenne est de 500 kilomètres ; sa longueur, du cap d’Ambre au cap Sainte-Marie, de 1,650 kilomètres, soit la distance de Paris à Alger.

Au commencement du mois de mars 1889 nous apercevions les côtes malgaches et. quelques jours après, nous débarquions à Tamatave. Après avoir organisé notre convoi, nous partions pour Tananarive. Le trajet exige généralement six jours en filanzana, sorte de palanquin indigène, seul mode de locomotion connu dans l’île.