Voyage au centre de La Bourse

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Depuis 1982, André LOCUSSOL-DUPOUX étudie les comportements des marchés financiers internationaux. Jour après jour, il a collecté une quantité considérable d’informations et de données qui ont alimenté ses cours, exposés et conférences. Il évoque dans cet ouvrage par des explications concrètes et pragmatiques, le fonctionnement des bourses de valeurs et les mécanismes qui les régissent. D’autre part, par souci de réalisme et d’information des actionnaires, il tire « la sonnette d’alarme » comme beaucoup d’économistes quant aux risques sérieux de crise encourus par les marchés financiers en raison de la bulle financière qui s’est constituée à Wall Street et compte tenu de la dégradation de l’endettement et de la solvabilité des entreprises, des banques et des Etats.
Publié le : jeudi 8 août 2002
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EAN13 : 9782748121285
Nombre de pages : 426
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Voyage au centre de La Bourse
Jean LocussolDupoux
Voyage au centre de La Bourse Tome I
DOCUMENT/ REPORTAGE/ INVESTIGATION
© manuscrit.com, 2002 ISBN: 2748121295 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748121287 (pour le livre imprimé)
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AVANTPROPOS
Je me souviens de mon grand-père, capitaine au long cours et cap-ornier rÈputÈ pour sa rigueur et son intransigeance au sein de l’Ecole Navale, qui pestait contre les pÈtroliers qui dÈgaaient en mer et qui Ètait scandalisÈ par les pratiques douteuses des commissaires de bord qui cercaient à tirer un avantage personnel lors de leurs nÈgociations avec 1 les fournisseurs de laRoyale. Je revois ses colères contre les marins pêceurs ou de plaisance, qui au pÈril de leur vie tricaient avec les règles de sÈcuritÈ les plus ÈlÈmentaires tout en cercant à l’amadouer, alors qu’il arpentait les quais des ports du Finistère Nord comme Inspecteur de la Navigation. Sa rÈpu-tation d’incorruptible, d’intÈgritÈ qui n’avait d’Ègal que son esprit d’ÈquitÈ, est restÈe dans les mÈmoires de tous ceux qu’il a frÈquentÈs au sein de la marine et lors de ses pÈrÈgrinations dans le monde entier. D’origine paysanne et auvergnate, mon père m’a inculquÈ des valeurs de respect du travail, d’Èpargne et d’onnêtetÈ et les mots jeux, courses, bourse et spÈculation Ètaient onnis et proscrits de toutes les conversations. Comme Rockefeller, il Èconomisait sous après souset ne supportait pas le gaspillage, les dÈpenses inutiles, ce qui expliquait que nous n’avions ni voiture ni tÈlÈvision jusqu’au dÈbut des
1. Nom donné à l’époque et encore maintenant à la Marine par les anciens marins.
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annÈes soixante-dix, malgrÈ son salaire de cadre supÈrieur. Cette ligne de conduite faite de rigueur, d’intÈ-gritÈ et de bon sens venu de la mer et de la terre, leur a permis de faire fructifier leur Èpargne de fa-çon consÈquente grâce à des placements monÈtaires, financiers (principalement obligataires) et immobi-liers. J’ai Ècrit cet ouvrage pour leur rendre ommage et pour montrer qu’il n’est pas toujours très oppor-tun de faire rÈfÈrence aux tÈoriesrécurrentesclas-siques ou nÈo-classiques,WalrasiennesouSchum peteriennes, aux mÈtodespseudoscientifiques et autres algoritmes ou formules matÈmatiques abs-conses pour être initiÈ à l’Èconomie ou à la finance et spÈculer dans le but de faire fortune ; les crises russes, asiatiques, latino-amÈricaines et le krac des tecnologiques viennent de nous en administrer la preuve. Parfois, la simplicitÈ, la rigueur, le bon sens et l’intuition suffisent à faire le bon coix, celui des valeurs de croissance saines qui s’appuient sur des actifs industriels tangibles et contribuent ainsi à notre boneur. L’exemple de l’investisseur amÈricainWarren 2 Buffettest à ce titre rÈvÈlateur. Celui qui est sorti indemne du krac des tecnologiques utilise en effet des mÈtodes d’une Ètonnante simplicitÈ avec des rÈsultats surprenants et stupÈfiants.
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ème Voir chapitre 5, 2 partie.
INTRODUCTION
«Assez innocemment, ce livre s’est engendré lui même. Au début, je me proposai seulement de rédi ger un long article sur les problèmes de la Bourse et sur la naissance, l’éclosion, les dérives et l’ave nir de la Nouvelle économie. C’était une entreprise de longue haleine. Je pouvais tirer parti des lectures de toute une vie, sérieuses ou non, car il s’agissait de matières dont on s’attend qu’un économiste ait quelque connaissanceet j’ai toujours trouvé l’his toire de la Bourse, des origines jusqu’à nos jours, excessivement engageante. La tâche était si intéres sante que l’article devint un livre assez long. On aura compris que, tout étant relatif, l’entreprise a 3 été pour moi source de plaisir» En commençant la rÈdaction de cet ouvrage courant dÈcembre 1999, j’ai ressenti un malaise mi-pysique mi-psycologique en suivant l’Èvo-lution anacronique de la Bourse et des valeurs tecnologiques. Au 31 dÈcembre, la Bourse de Paris venait de pro-gresser de 217 % en seulement quatre ans, c’est-à-dire, qu’un investissement de 10 000 francs dÈbut 1996, reprÈsentait 31 700 francs fin 1999 (x 3.17). Durant la même pÈriode,Wall Streetavait progressÈ
3. Ces phrases ont été inspirées et adaptées, à partir des propos de John Kenneth Galbraith dans l’introduction intitulée « remerciements » de son ouvrage : «L’argent», J.K. Galbraith, Gallimard, 1976.
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de 160 % (x 2.6). Jamais, la Bourse de Paris n’avait connu une telle euporie, en si peu de temps, et j’ai pensÈ, à ce moment là, que nous Ètions en train de marcer sur la tête. Cette euporie communicative s’exprimait à la une de presque tous les journaux commeLes Echos qui titrait dans son numÈro du vendredi 31 dÈcembre 1999 : «Le CAC 40 clôt l’année en beauté» et plus loin «Apothéose pour les places occidentales». Mais le quotidien, qui est peut-être le seul journal spÈcialisÈ, à faire preuve de modÈration, en Èvitant de faire des prÈvisions ou de se substituer aux ana-lystes et conseillers en tous genres, ajoutait dans son article à propos de l’annÈe 1999 : «On se serait vo lontiers contenté d’un gain annuel de 30 % au lieu d’une progression de 51.12 % qui va rendre malaisée la poursuite de la hausse à un rythme aussi soutenu en 2000. Il est vrai que le sens de l’harmonie et de la mesure n’est apparemment pas l’une des caractéris tiques premières de l’actuel marché haussier fran çais. Tout comme sur les autres places boursières européennes, on est prêt, à Paris, à surpayer les va leurs prometteuses de la Nouvelle économie». D’autre part, le quotidien spÈcialiste de l’Ècono-mie illustrait ce climat d’optimisme qui rÈgnait à e l’aube du XX siècle, par les propos dityrambiques deRalph J. Acampora, analyste tecnique cePru dential Securitiesqui affirmait que : «Les grands et puissants marchés haussiers comme celui qui se pro duisit entre 1949 et 1966, n’ont pas nécessairement besoin, pour avancer, de voir l’ensemble des valeurs progresser de façon à peu près uniformes. L’année 2000 ne devrait pas faillir à cette règle et le leader ship du marché devrait encore être constitué par un nombre restreint de valeurs »en prÈvoyant unDow Jonesà 14 000 points en 2000 ! Ce même analyste prÈvoyait des trous d’air mais considÈrait que : « Des corrections soudaines et assez effrayantes de 5 à
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