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Voyage aux États-Unis de l'Amérique en 1831

De
93 pages

C’est le 3 mars 1831 que je montai en diligence pour me transporter de Roanne (département de la Loire) à la Nouvelle-Orléans (États-Unis d’Amérique).

La composition de notre diligence offrait un tableau si curieux, que je crois devoir le donner au lecteur.

J’occupais dans le coupé la place du milieu, ayant à ma gauche un Lyonnais podagre, dont la figure bourgeonnée, le nez trogneux et surmonté d’une énorme paire de besicles, présentaient un aspect fort grotesque ; à ma gauche était une jeune personne que l’homme aux lunettes appelait sa femme, et que j’aurais volontiers prise pour sa demoiselle.

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À propos deCollection XIX
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Prudent Forest
Voyage aux États-Unis de l'Amérique en 1831
AVANT PROPOS
Encore un voyage..... et un voyage aux États-Unis. Quel homme n’a ouï parler de cette terre classique de la liberté, illustrée par Franklin, affranchie par Wasinghton ? Les écrivains politiques ne nous ont rien laissé ig norer sur l’établissement des États-Unis, sur leur émancipation, sur le gouvernement gé néral de la république, sur le gouvernement particulier de chacune de ses provinces, sur ses lois, son commerce et sa population. — Les géographes, les naturalistes et les voyageurs ont longuement décrit ses diverses régions, ses montagnes, ses fleuves et les animaux qu’on y trouve, les reptiles dont plusieurs parties sont infestées ; en fin les diverses peuplades de cette contrée, et les hordes sauvages qui vivent dans son sein, ou qui l’avoisinent. Pour moi, je n’ai voulu présenter que ces détails de la vie ordinaire, que ces tableaux des mœurs et des habitudes privées, si recherchés d e nos jours et trop souvent dédaignés des savans. Je n’ai point composé cet opuscule à l’aide de renseignemens étrangers, je n’ai parlé que de ce que j’ai vu de mes propres yeux. Je n’écris que pour le commun des lecteurs, et si j’entre accidentellement dans quelques détails politiques ou géographiques, ils sont fort courts et fort intelligibles, et destinés seulement à rappeler ces faits à ceux qui les auraient oubliés, ou à en donner une idée à ceux qui ne les connaîtraient pas.
CHAPITRE PREMIER
DÉPART DE ROANNE. — COMPOSITION DE LA DILIGENCE, MOULINS, NEVERS, BRIARRE
C’est le 3 mars 1831 que je montai en diligence pou r me transporter de Roanne (département de la Loire) à la Nouvelle-Orléans (États-Unis d’Amérique). La composition de notre diligence offrait un tablea u si curieux, que je crois devoir le donner au lecteur. J’occupais dans le coupé la place du milieu, ayant à ma gauche un Lyonnais podagre, dont la figure bourgeonnée, le neztrogneuxet surmonté d’une énorme paire de besicles, présentaient un aspect fort grotesque ; à ma gauche était une jeune personne que l’homme aux lunettes appelait sa femme, et que j’au rais volontiers prise pour sa demoiselle. — Si d’un côté j’avais à respirer la forte odeur du tabac dont était couvert le mouchoir enfumé du Lyonnais, ainsi que le jabot de sa chemise plissée à la Voltaire, de l’autre j’étais bien dédommagé par les odeurs musquées qui me venaient de ma voisine de gauche, laquelle se passait successivement sous le nez une demi-douzaine de flacons à la rose, à la violette, à la bergamotte, etc. Sur le soir, le bon Lyonnais jugea prudent de me céder la place dans l’angle du cabrio let, pour ne pas abandonner les genoux de sa chère moitié. L’intérieur de la diligence était occupé par un jeu ne Parisien ayant la figure et le caractère facétieux de Roquelaure : il fit constamm ent les frais d’une conversation enjouée et intarissable. A ses côtés étaient deux religieuses à qui il apprit les paroles et l’air de la Parisienne. — La banquette du fond était agréablement tapissée d’une grosse douairière déja sur le retour. Elle payait, outre s a place et celle de sa suivante, une troisième place pour son épagneul, et un perroquet dont le caquet, mêlé à celui du Parisien, faisait un bruyant charivari, en même temps qu’un écureuil faisait la roue sur le cachemire moelleux de notre veuve. Le lendemain, arrivés à Moulins sur les neuf heures du matin, nous déjeunâmes à l’hôtel des diligences où nous reçûmes la visite de jolies marchandes qui vinrent nous présenter avec beaucoup de grace un assortiment com plet de ciseaux, de couteaux, et autres ouvrages de cette espèce, échantillons choisis du genre d’industrie auquel on se livre dans cette ville. A Nevers, la Charité, à Cosne et à Briarre, ce furent des ouvrages en perle très délicatement faits. C’est de la dernière de ces villes, que part le canal qui joint la Loire à la Seine. Le 6 mars à huit heures du matin, le soleil en se l evant fit briller à nos yeux le dôme doré des Invalides ; nous découvrîmes en même temps la colonne Vendôme, les tours élevées de Notre-Dame, le dôme du Panthéon ; à notre gauche les pavillons monotones de Bicètre ; puis cette immense et puissante cité dont l’apparition fait sur ceux qui ne l’ont point vue encore, la même impression que celle d’un nouveau monde.
CHAPITRE II
ARRIVÉE A PARIS. — TABLEAU DE CETTE CAPITALE. — LE PALAIS-ROYAL. — BEAUTÉ ET RICHESSE DES MAGASINS. — LES PARISIENS NOUS SERVENT AVEC UNE RARE CÉLÉRITÉ ET UNE POLITESSE EXQUISE. BEAUTÉ DES MONUMENS, DES PLACES ETC. — BEAUX-ARTS, SCIENCES ET LETTRES
Nous étions dans Paris, je jetais de toutes parts des yeux avides de tout voir. C’est un spectacle curieux que cette multitude de personnes qui courent dans tous les sens d’un air affairé, sans donner la moindre attention à ce qui se passe autour d’elles ; que ce grand nombre de voitures qui roulent avec bruit et avec tant de célérité, qu’elles semblent devoir écraser tout ce qui se rencontrerait sur leu r passage. — A peine eus-je pris, à l’hôtel où je m’étais rendu, quelques heures de rep os, qu’après avoir quitté mes effets poudreux de voyage, je sortis pour commencer mes observations.
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