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Shortages

De
217 pages
Notre monde contemporain est-il d’abondance et de satiété ? Au beau milieu des matériaux du confort, y-a-t-il encore une place pour la dignité de l’homme ? On entend souvent dire que certains ont perdu leurs repères. Ces repères tant invoqués, que les fauteurs d’ordre veulent ressuciter, n’étaient-ils pas des leurres plantés dans le décor obsolète? Aujourd’hui, comment se fait-il que les nantis semblent plus en manque que les pauvres? Ou en tous cas, sont plus présents sur les plateformes de la revendication et de la colère ? Critique des systèmes qui prétendent régir le monde entier, sans distinction des disparités locales, ce recueil ne répond pas exhaustivement à ces questions mais analyse les raisons de l'insatisfaction, des embarras passés, présents ou futurs.
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ShortagesChristianHyommeph
Shortages
Chroniques de l’Inadéquation
TÉMOIGNAGE© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1391-8 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-1390-X (pour le livre imprimé)Avertissement de l’éditeur
Découvert par notre réseau de Grands Lecteurs (libraires, revues, critiques
littéraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimé tel un livre.
D’éventuelles fautes demeurent possibles ; manuscrit.com, respectueuse de
la mise en forme adoptée par chacun de ses auteurs, conserve, à ce stade du
traitement de l’ouvrage, le texte en l’état.
Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com
5bis, rue de l’Asile Popincourt
75011 Paris
Téléphone:0148075000
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com"Onasi bienreconnuce cercle vicieux de l’industrie que
de toutes parts on commence à la suspecter, et s’étonner
que la pauvreté naisse en civilisation de l’abondance
même."
Charles FOURIER
7PROLÉGOMÈNES
"Il est rare que l’on ne fasse pas un bon marché en
achetant des espérances par des privations."
Gaston, duc de LEVIS
L’Occidentvientd’entrerdansletroisièmemillé-
naire de l’ère chrétienne. Bien qu’une grande partie
de l’humanité soit réglée sur d’autres références ca-
lendaires,notrerayonnantecivilisationn’apasman-
qué d’étourdir le monde avec une fête aussi tapa-
geuse qu’inutile pour marquer cet événement com-
plètement factice. Quitte à passer pour un pisse-vi-
naigreendénigrantcesréjouissancessurfaites,j’au-
rais bien vu que l’on mette à profit les moments qui
ont précédé ce changement d’époque pour un bilan
montranttoutcequiamanquéjusqu’àprésentàl’hu-
main dans sa quête instinctive du bonheur.
Monangélismevacertesprêteràsourire,maisn’y
a-t-ilpasdanslediscoursdetoutmortelquiveutac-
céder à la direction d’une quelconque entité consti-
tuée par ses congénères une déclaration d’intention
promettant d’améliorer le sort de ses futurs subor-
donnésouadministrés? Mêmelesplussanguinaires
dictateurs ont oeuvré sous prétexte de rendre leurs
compatriotes plus heureux !
En se donnant la peine de dresser la liste des
carences qui ont affecté les derniers siècles, voire
9Shortages
seulementlesdécenniesrécemmentécoulées,onau-
rait, en corollaire, le catalogue des actions à entre-
prendrepourredonnerànotreengeanceuneprospé-
rité rénovée.
Bien entendu, je n’aurai pas l’outrecuidance de
demander aux financiers de tout poil, qui contrôlent
avec talent et rigueur les fonds disponibles dans les
divers compartiments de notre belle civilisation, de
revoir leurs budgets si difficilement bouclés pour
y intégrer les desiderata irresponsables des petits
peuples.
" Quality is free" était un slogan à la mode à la
fin des années soixante-dix dans les milieux occi-
dentauxdel’industrieetduservice,peuassurésface
à la montée du talent asiatique à mieux satisfaire le
client… et donc à s’emparer de marchés réputés in-
expugnables. Que ne l’applique-t-on aux relations
transhumaines! Abonnirlaqualitédevied’unsem-
blable est un acte souvent aussi aisé que gratuit et
coûte fréquemment moins à son auteur que l’amé-
liorationd’unproduitvis-à-visd’unacheteur,parun
fabricant ou un prestataire. Il suffit d’un infime ef-
fort pour réjouir son voisin ou satisfaire son attente
du mieux, voire du meilleur.
Le problème ne viendrait-il pas de ceux qui ont
pourambitiondedirigerlaplanèteetqui,pourmieux
manipuler les masses, développeraient les pénuries
nécessaires à la mise en classes, en castes, en races,
en croyances, en catégories socio-professionnelles,
touteschosesquifontlesartificielsclivagespropices
à une gestion plus aisée.
Toute éducation scolaire bien comprise laisse en-
tendre aux petits gogos alignés dans les salles de
cours que les progrès scientifico-techniques en tout
genre,égayant chaquejourplusavantnotre planète,
10ChristianHyommeph
sont les vecteurs d’une abondance qui ne cesse de
croître et d’embellir.
Chacun tente alors de se mouvoir vers la " vie
active " pour avoir accès, selon son mérite, à sa
part de l’opulence. Alors qu’il était reproché au-
trefois à la société de susciter le désir incontrôlable
de consommation matérielle, les envies aujourd’hui
provoquées sont d’ordre beaucoup plus général. La
quasi-impossibilité de leur satisfaction génère les
frustrationslesplusdiversesdansl’ensembledespo-
pulations du globe : les miséreux veulent migrer
dans les métropoles d’apparence argenteuse, les ci-
tadins nantis recherchent une résidence secondaire
danslaverdure,lescitoyenslambdavoudraientvivre
comme les personnages en vue de la jet society,
ceux-là souhaiteraient parfois que la notoriété leur
lâche un peu les traces. Ici, les poubelles se rem-
plissent de victuailles superflues ; là, la faim tue ou
condamme à la sous-existence…
N’y a-t-ilpasderrièrecedéséquilibredeschoses,
etparfoislesplusélémentaires,lavolontésournoise
de la part de quelques machiavels insoupçonnés de
presser le jus d’une humanité en partie exsangue,
afin de donner aux uns la convoitise, aux autres la
compassion, et donc à tous l’espérance d’un monde
meilleur ?
Le pouvoir, pour s’exercer, aurait-il perpétuelle-
ment besoin du mépris ? Il est vrai que le passé ré-
centtendàmontrerquelamystificationdespeuples
(le premier sous-produit de l’absence de considéra-
tion) est une recette qui marche. Ainsi, pendant des
dizaines d’années, et notamment après la Seconde
Guerre mondiale, on a fait croire à une partition ri-
gide de la planète en trois entités : le Monde Libre,
le Bloc Communiste et le Tiers Monde, qu’il fallait
à tout prix protéger de l’influence du second.
Rien de plus criminel que le maintien de ce statu
quocar,pendantqu’auprétextedeliberté,l’Occident
11Shortages
écrasaitdanslesanglesdémocratiesembryonnaires
des continents sud-américain, africain ou asiatique
pour les préserver du diabolique mal rouge, les diri-
geantsdel’Est,souscouvertdemarxismeégalitaire,
donnaient libre cours à leur démence, laminant les
peuples par l’oppression, déportant et faisant dispa-
raître des millions de personnes.
Et puis un jour, les grands pourfendeurs du com-
munisme international ont vu s’agiter dans le ma-
rasmeglaçantdel’URSSunpetithommechauvequi
semblait savoir ce que dignité voulait dire. Les plus
sagaces d’entre eux sentirent dans ce frémissement
une opportunité à abandonner le filon de la bipola-
risation idéologique en voie d’épuisement au pro-
fitd’uneuniquepenséedominantes’appuyantsurla
montée en puissance de la communication univer-
selle.
Levocable"mondialisation"faisaituneentréeto-
nitruante dans les médias, poussant l’entendement
populaire à l’acceptation d’un nouvel ordre socio-
économique inéluctable. Cette ouverture des fron-
tières, que le niais pouvait considérer comme une
chance pour l’humanité de répartir plus équitable-
mentsesrichessesentretoussesmembres,marquait
en réalité le début d’une ère renouvelée de restric-
tionset defrustations pour lesindividusdes catégo-
ries les plus modestes.
Privés des plus élémentaires valeurs comme le
bon sens et la reconnaissance de l’autre, les huma-
noïdes mondialisés se replient sur eux-mêmes ou se
réfugient dans des communautés sectaires, voire fa-
natiques qui exigent le droit à la différence sans ad-
mettre celle des autres.
Cette démarche, suscitée par le conditionnement
dit libéral, conduit directement à l’aliénation de
l’homme par lui-même. Ainsi enfermé dans le
cocon de ses confortables certitudes, il n’est plus
12ChristianHyommeph
effleuré par la moindre velléité de partager sa très
personnelle et partielle abondance.
13MONDIALEMOQUETTE
"Le meilleur moyen de ne pas sortir du jazz
est encore d’en agrandir les frontières."
Boris VIAN
Audébut,ilyeutlegénocidecultureldesnégriers
privant les esclaves africains de leurs moyens d’ex-
pression, langues, rites et instruments. Il en fallait
cependantpluspourfairetairelepeuplenoirquire-
prit,malgrétout,unemarcheenavant,musicale,dé-
barrasséeparforcedelanostalgieducontinentperdu
donc reconçue sur de nouvelles bases. D’abord ré-
duite aux worksongs et aux fieldhollers, la musique
négro-américaine s’élabora autour du spiritual puis
dubluesavantdedevenirlejazzd’aujourd’huiavec
son merveilleux foisonnement.
Pendant les affres de la Première Guerre mon-
diale, le diabolique encéphale qui surmonte le groin
perspicace du business yankee, toujours à l’affût de
juteuses affaires, prit conscience de l’audience po-
tentielle de ces nouvelles vibrations phoniques dont
l’épicentre était la Nouvelle-Orléans. Eut lieu alors
la première usurpation historique avec l’enregistre-
ment de l’Original Dixieland Jazz Band, quintette
blanc, dans des studios new-yorkais.
Depuis cette époque, guidées par leur culture
mercantile, les compagnies phonographiques domi-
nantes n’ont eu de cesse de figer le jazz dans ses
15Shortages
formes les plus défraîchies et les plus simplistes,
tentant, par de longs paliers plus que décennaux, de
bloquertouteévolutionafindeprofiteraumaximum
desfilonsmisàjourparlegénienoir. Asuivreainsi
les marchands du temple de l’Euterpe d’Outre-At-
lantique, nous en serions de nos jours encore à nous
épanouir au son des mélodies confites de Glenn
Miller ou Tommy Dorsey…
Fort heureusement, la Great Black Music, sous-
tendueparuninépuisableespritdeconquêtedelali-
berté, n’a jamais trouvé de frein assez puissant pour
stoppersoninventifavancement,etenrelisantlalita-
nie irréfutable, mais non exhaustive, des novateurs,
d’Armstrong à Braxton en passant par Ellington,
Parker, Monk, Miles, Coltrane, Taylor et Ornette,
forceestdeconstaterqueleursmélodiesportenten-
core en elles les accents douloureux qui résonnaient
dans les champs de coton.
Ce souci de l’innovation ne peut aboutir sans un
esprit d’ouverture qui a conduit les jazzmen à écou-
terconstammentautourd’euxpoury reconnaîtreles
oeuvres de leurs frères de couleur déracinés sous
d’autres cieux, puis à tendre l’oreille vers les autres
peuplesenesclavageou ensubordination forcéesur
la planète.
Dèslesannéestrente,lesexemplesd’importation
de mélodies ou de rythmes extérieurs ne manquent
pas,maislegrandintégrateurdececourantfutindé-
niablementDonCherry,géniteurdécisifdela World
Music, vocable aujourd’hui ignominieusement gal-
vaudéparlesrapacesfaisansetfaiseursdelaF.M.et
du tube cathodique ou non.
Cette forme avancée de la mondialisation, consi-
dérée parfois comme un épiphénomène de l’inter-
nationalisme marxisant, est bien la seule qui puisse
réjouir notre univers, car, depuis, ce concept a bien
débordé du domaine initial, pour cacher derrière un
16ChristianHyommeph
pseudo-néologismefatalisteunebonneraisond’ins-
taller une nouvelle forme d’esclavage.
Qui a exercé son talent, quelquefois pour un
mincesalaire,dansunpostesansattraitd’unemulti-
nationale a compris depuis des décennies comment
le génie libéral peut déplacer le travail là où il ne
coûte presque rien. Depuis quelques années, cette
doctrineestsortieducadredestâchesstrictementde
main d’oeuvre et a envahi l’ensemble des activités
del’économie. L’accélérationdelacommunication,
parlescélèbresautoroutesdel’information,favorise
les spéculations en tous genres et en temps dit réel,
pouvant mettre à mal les monnaies ou l’épargne
populairedetoutunpays, voire d’uncontinent.
Danslabouchedeschantresdulibéralisme,àl’in-
térieur duquel certains imposteurs voient le flam-
boiement de la modernité, et aussi dans les médias
lesplusservilesdusystèmedominant,lefameuxmot
évoquelespectredelacriseuniverselledontlaseule
protection serait le ralliement aux thèses de la libre,
et donc sauvage, entreprise.
«Tremblez,petitspeuplesquivivezpouruntiers
des indemmités "sociales", car bientôt, il ne vous
restera rien de cette part de vos maigres revenus et
peu de celle de votre travail, car il faudra sacrifier
àlasacro-sainteefficienceglobalisée,souspeinede
passer irrévocablementdansl’empire dunéant. »
Telestlemessagequidégoulinepartouslespores
du monstre mondialisateur, relayé par les épigones
déviants de Tocqueville, qui se délectent, semble-t-
il, de la découverte récente du dogme.
Au sommet de la mystification, les grands diri-
geants de la finance transnationale, poussés par les
strixdel’actionnariatjamaisrassasié,lespiedsdans
lamoquettegarantedesambiancesfeutrées,loindes
17Shortages
clameurs dissonnantes et triviales du populo, vou-
draient nous faire croire qu’il s’agit là de la seule
issue pour l’avenir de l’humanité. Leur tâche est
facilitée par la disparition des oppositions idéolo-
giques, sinon sérieuses, du moins significatives sur
notre terre, et les premiers à contracter la maladie
sont souvent ceux qui viennent de s’extraire péni-
blement de la soue stalinienne ou du sous-dévelop-
pement obscurantiste.
Uniqueetfinalesolutionaubonheurdeshommes,
innovationsansprécédentdansl’organisationplané-
taire, dites-vous, très cher ?
Non, la peste, mon frère… Et tenons nous en à
l’art du monde !
18THECREATORHASAMASTERPLAN
"Quand on a le Saint Office, l’Inquisition, des millions
de persécutés, de lapidés, d’écartelés, de bûchers plus
ou moins joyeux sur la conscience, effectivement, on
peut dire en soupirant avec quelques siècles de retard :
« Laissez-les vivre ! »"
Bernard FRANK
Quand on est un mécréant, insensible aux appels
célestes, il n’est pas rare de se demander : « A
quoi sert la religion ? ». Tombé tout jeune dans
unemarmitedepotionmagiquenomméebénitier,je
me suis détaché au sortir de l’enfance d’une mys-
tique uniquement entretenue par de lancinantes an-
tiennes, dont l’incompréhensibilité était totale pour
moi. Comme je n’ai jamais trouvé sur la route qui
m’éloignait chaque jour des chemins qui mènent à
Rome ou à Compostelle, quelqu’un en mesure de
m’éclairer sur le sens de ces formules ésotériques,
jem’ensuistenuà mes raisonnementsd’apostat.
S’adressant à ceux qui ont ostensiblement la foi,
laperfidequestionbateauquirevientdanslabouche
des incroyants est le plus souvent : « Puisque
Dieu est Amour, pourquoi laisse-t-il les humains
souffrir ou périr dans les catastrophes naturelles
ou provoquées par une poignée d’indignes chefs
de guerre ? ». En écrivant guerre, je pense aux
explosifsetprojectilesentousgenresquiemplissent
19Shortages
les nouveaux greniers et parfois le sol des nations,
même les plus pauvres, et aussi aux agressions
économiques ou dogmato-idéologiques, attisant la
haine qui submerge notre planète.
La seule réponse que j’aie trouvée à cette trou-
blante interrogation est que si le malheur tombe sur
lesméchants,ils’agitbienlàdelajusticedivine. S’il
vientàfrapperlesbons,c’est,biensûr,pourlerachat
des méchants.
Au-delà de cette polémique plutôt théorique,
l’observation des hauts dignitaires des religions
séculairement structurées révèle la volonté d’inflé-
chir le comportement des fidèles potentiels par une
morale rigoriste inadaptée aux problèmes auxquels
sont confrontés les humains du vingt et unième
siècle. Cette incitation, qui s’exerce souvent dans
un contexte de misère physiologique et culturelle
favorable à l’obscurantisme, conduit à maints
comportements criminels directs ou indirects. Evi-
demment, cette attitude des hiérarques tiarés ou
enturbannés ne réhausse pas l’image de leurs orga-
nisations vis-à-vis des athées invétérés.
Lebouddhismeparaîtavoirmeilleurepressedans
les masses anonymes qui forment l’opinion. Il est
difficile pour un profane, alimenté seulement par la
représentation que font les médias de cette philoso-
phieorientale,d’avoirunavistranché. S’iln’yapas,
en apparence, derrière ce courant le même impéria-
lismequedanslesreligionsplusprochesdenouspar
leursorigines,celui-ciprôneunreplisursoiqui,s’il
ne dérange pas le voisinage, va à l’encontre de la
vie d’une société animée par des objectifs de pro-
grès collectifs. Et il ne saurait satisfaire tous ceux
qui rêvent d’une humanité universellement frater-
nelle oeuvrant en commun pour sa félicité terrestre
dans le respect de son environnement.
20ChristianHyommeph
Aujourd’hui, notre monde doit déjà lutter contre
les petites communautés regroupées derrière leurs
intérêts particuliers et qui mettent en péril son
fonctionnement et son système de communication.
Alors, qu’en sera-t-il si l’individualisme forcené
devient le postulat de base de l’activité humaine ?
L’exemple des travaux réalisés pour combattre le
SIDAestsignificatif: ilafalluunemiseencommun
des découvertes faites en différents points du globe
et une coordination internationale pour parvenir à
une amélioration sensible du sort des malades. Qui
pourrait penser que laisser chacun courir seul dans
la nature pour trouver les plantes qui vont remédier
à son mal donnerait un meilleur résultat ? Il est
pourtant là le paroxysme apagogique du "Chacun
pour soi, Dieu pour tous" !
Revenons plutôt à notre bon christianisme qui,
malgré ses turpitudes passées, reste solidement
implanté dans au moins quatre continents et sort
des Journées Mondiales de la Jeunesse avec une
auréole refaite à neuf, susceptible d’illuminer gé-
néreusement les premières décennies du troisième
millénaire. Le contribuable franchouillard, laïc et
social,arâlé,àjustetitre,devantlesfaux-fraisqu’al-
lait générer cette manisfestation de masse, destinée
essentiellement àfairereluire lesorsépiscopaux.
Pour ma part, je me consolai en me disant que
la Coupe du Monde de Football qui, elle, ne peut
donnerlieuàcontestationidéologique,coûteraitbien
pluscher,euégardaustandingqu’induisentlesémo-
luments courants des « stars » qui sont venues, sur
nospelousesrénovées,sefairereluirelescrampons.
Et puis, me disais-je dans une soudaine candeur,
si toute cette belle jeunesse se déplace de tous les
coinsdumonde(formulequiauraitcertainementplu
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