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Destinée aux curieux, aux passionnés de préhistoire, aux étudiants en archéologie, cette encyclopédie présente 150 outils préhistoriques que tous, amateurs et spécialistes, peuvent rencontrer dans le cadre de leurs recherches ou lors de visites de musées.
Écrit par Jean-Luc Piel-Desruisseaux, auteur desÉclats de NéandertaletOutils préhistoriquesaux éditions Dunod, ce dictionnaire précise la morphologie de ces outils, les gestes de leur fabrication et les traces laissées par leur utilisation. Il est illustré par près de 150 schémas.
Du même auteur, retrouvez également :
Jean-Luc Piel-Desruisseaux Encyclopédie pratique des outils préhistoriques 150outils et gestes techniques
Tableau chronologique
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Becs
Becs B. Schmider (1994-a) définit les becs comme des lames ou des éclats « présentant une pointe bien dégagée mais plus épaisse et moins acé-rée que celle du perçoir » (fig. 8). Ceux de Marsangy, le Pré-des-Forges (Yonne), ont une extrémité « relativement large et épaisse » qui « se ter-mine souvent par un étroit museau formé de retouches lamellaires fron-tales ».
Fig. 8 – Becs.12: Laugerie-Haute, Les Eyzies (Dordogne).3: Pincevent, La Grande-Paroisse, habitation n°1 (Seine-et-Marne), Magdalénien, redessiné d’après A. Leroi-Gourhan et M. Brézillon (1966).4: Marsangy, Le Pré-des-Forges (Yonne), unité N19, Magdalénien, redessiné d’après B. Schmider (1992).
On distingue des becs axiaux allongés (Langbohrer des auteurs alle-mands), (fig. 8-4), des becs courts (fig. 8-1 et 2), des becs ogivaux et des becs déjetés ou Zinken (fig. 8-3). Ils peuvent être doubles (fig. 8-1) et aussi être associés sur une même lame au grattoir ou au burin. Caractéristiques du Paléolithique supérieur final du nord de l’Europe, ils sont nombreux et variés comme dans l’équipement des Magdaniens de Marsangy. Dans cette halte de chasse, ils ont été abandonnés autour d’un foyer, lieu également de leur fabrication. On suppose leur utilisation pour un travail de matières dures animales : rainurage, forage peut-être (Schmider, 1992).
Bifaces
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Bifaces F. Bordes (1961) les définit comme étant « des outils de types variés, généralement taillés à partir de rognons de silex, mais aussi à partir de gros éclats de silex, de quartzite, de grès lustré, etc. Leur caractéristique commune est d’être taillés sur leurs deux faces, par retouche totale ou plus ou moins envahissante » (fig. 9). Ils ont reçu de nombreux noms, tels langue de chat (par les ouvriers des carrières de Saint-Acheul aux envi-rons d’Amiens), ficron, limande, coup de poing, jusqu’à ce qu’A. Vayson de Pradenne conseille celui de biface.
Fig. 9 – Bifaces du Paléolithique inférieur.1: Mantes (Yvelines). 2: Cagny-la-Garenne (Somme). Redessiné d’après F. Bordes (1961).
De forme générale ovale ou en amande, leur longueur va de quelques centimètres à un peu plus de 20 cm et tous les interdiaires sont pos-sibles entre les épais et les minces, les étroits et les larges, ceux à bords convexes, droits ou concaves, au talon retouché ou non, à l’extrémité ovalaire ou bien pointue. Bien des aspects sont probablement dus aux contraintes déterminées par la qualité de la matière première et par les affûtages et autres modications de leurs tranchants.
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Bifaces
Leur fabrication est un façonnage bifacial, véritable « sculpture » du bloc ou de l’éclat de roches variées. Elle comporte deux phases princi-pales (Inizan et al., 1995) : • l’ébauchage mettant en forme deux surfaces plus ou moins convexes, • la finition (ou mise en fonction pour A. Turq) régularisant le contour et affûtant les bords. La taille est faite par percussion directe au percuteur de pierre dure (*) et au percuteur tendre dit organique (*), ce dernier permettant de déta-cher des éclats plats et couvrants (fig. 10). Le travail du tailleur « a pour fil conducteur un va-et-vient constant entre une image virtuelle et idéa-lisée et l’observation et l’analyse des diverses étapes par lesquelles passe l’ébauche » (Turq, 2007).
Fig. 10 – Technique de fabrication de bifaces, redessiné d’après F. Bordes (1971).
Les bifaces « à long bord tranchant et multiples angles de coupe » dans leurs formes classiques de l’Acheuléen (Turq, 2001) sont certaine-ment des outils d’usage polyvalent que l’on pouvait utiliser tenus à la main. « Conçus pour durer et être transportés » (Musée national de pré-histoire), ils conservent leur forme initiale malgré les affûtages succes-sifs (Cliquet, 2001).Certains ont pu aussi devenir une matrice dont on a détaché des éclats d’un bord ou d’une cassure transversale (Turq, 2001 ; Tuffreau, 2004).
Bifaces : classification
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À côté de ces « bifaces outils » directement fonctionnels à l’issue de leur façonnage, E. Boëda, J.-M. Geneste et L. Meignen (1990) décrivent des pièces bifaciales (*) « supports d’outils » comme les bifaces ou pièces bifaciales du Mousrien (*) (fig. 12 et 109). Et il existe de grands bifaces minces, parfaitement symétriques, qui sont si soigneusement façonnés qu’ils font penser que ce « ne sont pas des outils comme les autres » (Tuffreau, 2004), d’autant qu’ils sont souvent « intacts, ce qui paraît improbable, voire impossible pour un outil usuel » (Cliquet et al., 2007). Le façonnage bifacial apparaît en Afrique de l’Est il y a 1,7 million d’années et le biface sera présent dans l’ouest de l’Europe un million d’années plus tard. « La maîtrise » de la double symétrie, « bifaciale (entre les deux faces) et bilarale (entre les deux bords », « représente une très grande innovation d’ordre conceptuel » nous dit H. Roche (2004).
Bifaces : classication F. Bordes (1961) a classé les bifaces en deux groupes : les « classiques » et les « non classiques » selon des critères fondés sur des mensurations linéaires. Les types classiques sont les bifaces lancéolés (dont la pointe a des bords rectilignes), (fig. 9-1), les bifaces micoquiens (lancéolés à bords concaves), (fig. 11), les ficrons (avec une arête grossière), les bifaces tri-angulaires et subtriangulaires (certains plats, à base tranchante ou non, aux côtés rectilignes ou concaves), les bifaces cordiformes (en forme de cœur, à base arrondie, à bords bien convexes), les subcordiformes et les cordiformes allongés, les bifaces amygdaloïdes (en forme d’amande), les bifaces ovalaires, les discoïdes et les limandes (elliptiques, parfois avec arêtes torses), (fig. 9-2). Les types non classiques comprennent les bifaces partiels (« partielle-ment retouchés sur les deux faces »), les bifaces nucléïformes (« difficiles à reconnaître »), les bifaces lagéniformes (en bouteille), les naviformes (allongés et pointus aux deux bouts), les bifaces à dos (ou bifaces-racloirs des auteurs allemands), (fig. 12-2), les bifaces abbevilliens (qui ne sont pas caracristiques de l’époque abbevillienne, faits au percuteur dur, ils sont épais, à section triédrique ou quadrangulaire et à arêtes sinueuses) (fig. 38), et un dernier groupe comprenant des formes diverses comme les carrés, les bifaces-perçoirs ou à bec, ceux ressemblant à des racloirs à
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Bifaces de la Micoque
retouche bifaciale, ceux du type « chopping-tool très évolués » et d’autres encore.
Bifaces de la Micoque F. Bordes (1961) a décrit le biface micoquien comme étant lancéolé, avec des bords concaves, une base souvent globuleuse. De longueur variable, il en figure de grands provenant de la basse vallée de la Seine (fig. 9-1). E. Patte (1971) étudiant ceux de la Micoque, Les Eyzies-de-Tayac (Dordogne) note que la concavité des bords est « plus ou moins accusée », que leur longueur moyenne est de 6 à 9 cm, ne dépassant pas 15 cm. Il insiste sur une particularité : « les retouches du second temps, les plus fines en général, étaient portées sur un tranchant et sur une face puis sur l’autre tranchant à l’autre face ». Ces objets bifaciaux, de la couche éponyme, ont fait l’objet d’une nouvelle analyse par G. Rosendahl (2006). Les plus nombreux sont des bifaces « relativement symétriques le long de l’axe » avec deux bords tranchants qui sont dits « actifs » et l’outil peut être tenu à la main d’au moins deux façons (fig. 11). Le second groupe est celui de pièces qui correspondent aux Keilmesser allemands : non symétriques axialement, avec un « tranchant principal actif situé sur l’un des côtés et opposé à un dos ». Toutes ces pièces présentent des traces de ravivage des bords mais sans modication de leur volume, ce qui peut indiquer une durée de vie « relativement courte ».
Fig. 11 – Biface de La Micoque, Les Eyzies de Tayac (Dordogne). Musée national de préhistoire, redessiné d’après une photo de Ph. Jugie.
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Hachereaux
Hachereaux H. Roche et P.-J. Texier (1991) définissent le hachereau comme « un outil sur éclat dont le biseau tranchant terminal brut de débitage résulte de l’intersection de la face inférieure de l’éclat support avec le négatif d’un éclat préterminant » (fig. 71). Ces chercheurs nous donnent un schéma opératoire pour des pièces de l’Acheuléen du Kenya. A partir d’un bloc est détaché un premier éclat dit préterminant. De ce bloc est ensuite détaché l’éclat (futur hachereau) qui recoupe le négatif du premier éclat pour donner le biseau tranchant. Enfin, les bords sont façonnés par une retouche sur une ou deux faces. Pour les hachereaux acheuléens d’Afrique du Nord, J. Tixier (1950) a reconnu pas moins de six modes d’obtention ! Les hachereaux sont africains. Ils sont « généralement grands (15 à 25 cm) » et leur « tranchant transversal vif » a dû servir à trancher (Chavaillon, 1994). Ils sont connus dans la péninsule ibérique au Paléo-lithique inférieur et au Moustérien et dans quelques sites du Sud-Ouest de la France.
Fig. 71 – Hachereau africain. Tabelbala, Béni-Abbès (Algérie), collection C. Douce.
Harpons aziliens
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Hameçons au Paléolithique supérieur D. et E. Peyrony (1938) avaient découvert à Laugerie-Haute, Les Eyzies (Dordogne), associés à quatre longues pointes barbelées, « trois tridents ou fouënes » dont une extrémité est fourchue, le corps perforé d’un orifice ovalaire et l’autre extrémité portant des « barbelures rudimentaires » et un long biseau strié (fig. 72-1). D’autres objets d’aspect proche, « bifides, trifides, voire multifides » (Cleyet-Merle, 1990) datant du Magdalénien supérieur, sont connus dans la vallée de la Vézère (fig. 72- 2 à 4). J.-J. Cleyet-Merle (1990) les renomme « hameçons spiniformes » en les consi-dérant comme un instrument pour la pêche plutôt qu’une foëne à oiseau, fonction habituellement évoquée. Sous le terme hameçons droits, sont décrits de petites baguettes osseuses, pointues aux extrémités, portant rarement une incision ou une encoche médiane. Ces objets, connus durant tout le Paléolithique supérieur, peuvent faire penser à des « porte-appât », que l’on peut aussi obtenir de manière plus simple (esquilles, épines) mais dont d’autres uti-lisations sont également possibles (Cleyet-Merle, 1990).
Fig. 72 – Probables hameçons du Paléolithique supérieur.1: Laugerie-Haute, Les Eyzies (Dordogne), redessiné d’après D. et E. Peyrony (1938).2: Laugerie-Basse, Les Eyzies (Dordogne).3 et 4: Le Souci, Lalinde (Dordogne).2 à 4d’après des photos in J.-J. CleyetMerle (1990).
Harpons aziliens Ces harpons en bois de cerf sont plats, le plus souvent à deux rangs de barbe-lures compactes, peu nombreuses, opposées ou alternées. Leur embase ou, plus rarement, leur fût, présente une perforation (Mons, 1979), (fig. 73).
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Harpons magdaléniens
L. Mons étudiant une série de 192 de ces harpons, provenant du Mas d’Azil (Ariège) note que très peu sont à un seul rang de barbelures. La perforation est le plus souvent en « boutonnière », ou bien circulaire, voire prodant des deux techniques. Ils sont plus courts et plus larges que les harpons magdaniens et certainement d’usage différent étant donné la présence de l’orifice vraisemblablement destiné à l’attache d’une ligne.
Fig. 73 – Harpons aziliens.1 à 3: Le Mas d’Azil (Ariège). 4: Grotte de La Vache, Alliat (Ariège). Redessiné d’après E. Piette, S.-J. Péquart, R. Simonnet.
Harpons magdaniens Un harpon magdanien (fig. 74) comporte quatre parties (Julien, 1982): – le fût dont la portion distale supporte les barbelures ; – la pointe qui peut être tranchante et montrer des signes d’usure ou des traces de réfection ; – les barbelures, disposées sur une ou deux rangées et dont il existe de nombreux types tant dans l’aspect trapu ou élancé, les dimen-sions, les angles faits avec le fût, le nombre, leur emplacement, leur espacement ; – la partie proximale ou embase, comportant d’une part une por-tion presque toujours conique et d’autre part un dispositif pour retenir une éventuelle ligne: le plus souvent une ou deux pro-turances pour les harpons bilatéraux, un épaulement pour les harpons unilaraux, exceptionnellement une perforation. Mais parfois il n’y a aucun dispositif évident de rétention.
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