Ficelles de marin

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On arrive à tout faire avec de la débrouille.

Ces pages sans prétention sont destinées à ceux et à celles qui choisissent la vie de bateau.

Cet ouvrage comporte deux parties :

Les Ficelles de Sophie : un condensé de trucs pour simplifier le quotidien à bord : santé, bien-être, rangement, confort, alimentation, etc.

Les Ficelles de François : une concentration d’astuces techniques et mécaniques pour faciliter maintenance et navigation.

Finalement, pas besoin d’être un génie de la mécanique des fluides pour vivre sur l’eau.

Cela nécessite juste un peu de bons sens et peu de frais.


Publié le : mercredi 24 septembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782842658120
Nombre de pages : 312
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Sophie Angeli Chacoux
Ficelles de marin Avec les moyens du bord, trucs et astuces
La Découvrance 2012
Sophie Angeli Chacouxdès sa plus tendre enfance le connaît goût de l’aventure et de la mer grâce à son père, officier de Marine. Adulte, elle multipliera les expériences professionnelles en Afrique, écrira dans la presse, puis décide à cinquante ans de prendre la mer avecEnomisla recherche de la à Terre sans malAmérique du en Sud. Avant de repartir pour un nouveau périple vers le Grand Sud, Sophie livre ses ficelles de marin qui lui ont tant rendu service.Livre déjà paru :Femme, j’ai osé la mer, La Découvrance, 2011.
François-Jehan Margatle réalisateur technique de la deu- est xième partie de ce livre. Ce grand gaillard soixantenaire, kinésithérapeute de son état, est un marin exceptionnel. Il a construit tout seul son voilierPitufoqu’il aménage ou arrange au fil de ses escales océaniques. Depuis plus de vingt-cinq ans, ils ont plusieurs fois traversé l’Atlantique et dans tous les sens. Souvent au sextant, comme au bon vieux temps, cela va de soi ! Rencontré aux îles Canaries il y a quelques années, celui que Sophie surnomme volontiers le « professeur Tournesol des temps modernes » déborde de connaissances autant que d’imagination. C’est un personnage hors du commun et hors du temps ! Il continue aujourd’hui de naviguer sur sonPitufoquelque part aux Antilles… Bons vents à toi François !
Dicheghju stu libru à a mo numerosa famiglia di A Castagniccia, A tutti quelli di U Silvarecciu, di U Pianu di U Pori è di A Casalta. Dopu tredeci anni di girandulera nant’à u mare è a scuperta di Rio di A Plata, ghjè ind’è e mo muntagne corse chi sò rivenuta à circà pace è amore per cumpì stu libru. Pace e Salute
Sophie Angeli
Je dédie ce livre à ma grande famille corse de Castagniccia, à tous ceux de Silvareccio, de Piano, de Pori et de Casalta. Après treize ans de navigation océanique et de découvertes dans le Rio de La Plata, c’est dans ma montagne corse que je suis revenue puiser paix et amour pour terminer ce livre. Pace e Salute
Les ficelles de Sophie
— Boîte à bobos —
Cette boîte à bobos n’est en aucun cas un traité de médecine et je remercie le Docteur Alain Muracciole, qui depuis Silvareccio notre petit village ancestral de Haute-Corse où je suis venue terminer ce recueil, a donné sa bénédiction de marin à ma boîte à bobos.
Important : Tout équipage doit prévoir sa boîte à pharmacie avant le départ. Elle devra avoir été pensée avec son médecin traitant. Chaque équipier prendra ses médicaments personnels et en quantité suffisante pour le temps du voyage. À savoir qu’il n’est pas toujours aisé de trouver des équivalences de médicaments dans les pays du bout du monde.
Cependant, dans l’urgence, il y a des trucs à essayer. Ces astuces ne peuvent que soulager à défaut de guérir. Elles nous vien-nent de nos grands-mères, elles ont été données par les copains, elles ont été lues, entendues… finalement nous n’inventons rien. Par contre, nous améliorons parfois certaines formules dites magiques. Et c’est sans risque que nous pouvons les expérimenter. J’ai moi-même essayé presque toutes les astuces énumérées dans cette boîte à bobos, puisque mes années d’infirmière au Gabon, comme mes années de vadrouille océanique, m’ont apprises à faire avec les moyens du bord. Lorsque nous n’avons pas (ou plus !) le médicament nécessaire, il y a toujours moyen de pratiquer un soin qui soulagera… et pourquoi pas qui guérira. Le vinaigre, le citron, les clous de girofle, le sel, l’huile d’olive, la pomme de terre, l’argile, la pierre d’alun et tant d’autres ingrédients
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seront autant de merveilleuses bases de traitement. Nous en avons tou-jours à bord… du moins en principe ! C’est volontairement que je ne donne pas de noms de médicaments. Chacun doit avoir les siens dans sa boîte à pharmacie personnelle. Libre à soi de les employer pour un complément de désinfection ou pour atténuer des douleurs récalcitrantes. Personnellement, en utilisant les astuces de cette boîte à pharmacie tellement spéciale, la plupart du temps, je peux laisser de côté les prises de médicaments allopathiques. Bien sûr cela doit être pratiqué seulement si le problème de santé est simple. Je conseille vivement à celui qui aura des doutes sur la gravité de son état, d’aller voir un médecin s’il est en escale, ou de téléphoner ou de passer un message radio à la station la plus proche s’il est en navigation. Dans le doute, toujours demander conseil. La santé c’est sacré !
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Abcès, panaris • Argile verte:appliquer un cataplasme d’argile sur le panaris ou l’ab-cès et le recouvrir d’une bande. Les propriétés de l’argile accélèreront leur mûrissement. Ils s’ouvriront facilement, et seuls. L’argile facilitera leur cicatrisation. • Lait + ail + mie de pain:chauffer un peu de lait + deux gousses d’ail hachées + de la mie de pain. Lorsque la mie a absorbé le liquide, laisser refroidir. En badigeonner le mal après l’avoir désinfecté. Laisser agir une petite demi-heure. Recommencer au moins trois fois par jour.
Allergie • Vernis à ongle:je connais au moins une allergie, celle que me donne ma montre ! (sourire… car de toute façon, je suis allergique aux montres au propre comme au figuré !). À force d’utilisation, il n’y a plus que du nickel sous le boîtier. Alors, je passe du vernis à ongle sur le boîtier côté en contact avec mon poignet. Depuis, fini cette espèce d’eczéma grattouillant. Parti ! Merci vernis ! Même chose pour les tiges de mes boucles d’oreilles fantaisie. Je passe les tiges dans le vernis et j’en remets une couche quand le vernis com-mence à s’écailler (enlever le vieux vernis avant, c’est mieux). Plus de lobes enflammés ! Avec de l’or, je n’ai jamais de problème. Mais surÉnomis,je n’ai rien de valeur…
Aphtes • Persil:mâcher du persil frais. Faire une boule avec son persil masti-qué et l’oublier sur l’aphte. Il disparaît en un temps record. • Citron:un jus de citron + une petite cuillère de miel + eau tiède. Ce mélange appliqué sur l’aphte est assez efficace. • Vinaigre:un peu de vinaigre coupé d’eau en bains de bouche. Très bon.
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• Sel: mettre une petite pincée de sel sur l’aphte. Deux jours après : disparu ! • Bicarbonate de sodium:faire des bains de bouche bicarbonatés. Ils soulagent vite et bien. • Pierre d’alun:on a tendance à oublier cette bonne vieille pierre ! En passant la pierre sur l’aphte, il disparaît.
Arête dans le gosier Qui n’a jamais avalé une arête de travers ? Si une petite arête passe sou-vent toute seule, une plus grosse peut se bloquer dans la gorge, donner une sensation d’étouffement et c’est bonjour l’angoisse ! En mer, pas moyen de se précipiter en catastrophe aux urgences. Le système D est donc de rigueur. • Coton ou mie de pain:la mie de pain est préconisée en cas d’arête dans le gosier, mais au milieu de l’Océan, si on n’a pas eu la bonne idée de fabriquer son pain frais, avaler de la mie est utopique ! Par contre, du coton hydrophile, on en a toujours. Alors ne pas hésiter et en avaler (ne pas à s’étouffer quand même !), mais suffisamment pour qu’il entoure l’arête. En principe, l’arête finira par passer toute seule. Dans l’estomac, les sucs gastriques se chargeront de terminer l’opération de destruction de l’arête. • Citron:si on sait que l’arête que l’on vient d’avaler est toute petite, sucer un morceau de citron. L’acidité du citron devrait suffire à ramol-lir la méchante petite arrête coincée.
Bosse Dans un bateau, c’est bien connu, on se cogne tout le temps ! • Glaçons:on bénit un frigo en cas de bosse ! Un glaçon appuyé très fortement sur l’endroit du coup jusqu’à ce qu’il fonde empêchera la formation d’une bosse. • Argile verte:faire un cataplasme d’argile et l’appliquer sur le coup. Il n’y aura ni bosse, ni enflure… ni bleu ! • Pomme de terre:faire une pâte de pomme de terre râpée ou écrasée.
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La mettre dans un linge et la poser sur la bosse. La douleur se dissipe… la bosse aussi !
Boulimie • Photo de mannequin:pour les gourmandes et les gourmands, affi-cher un beau mannequin sur la porte de son placard de cuisine ou de son frigo. En principe, le mannequin est dissuasif… et l’on ne craque plus sur la plaque de chocolat ! L’idéal est d’aller gratter sa coque, … on ne pense pas au chocolat et l’on élimine naturellement ses calories !
Bronzage J’ai remarqué que les copines de passage surÉnomisaimaient repartir bronzées… mais ne pensaient pas toujours à embarquer leur crème solaire. • Crème à fort coefficient:les crèmes à fort coefficient sont toujours à disposition sur mon petit navire et cela évite bien des drames. Le top de la prudence est de renouveler l’application toutes les vingt minutes… et sans en coller partout ! • Jus de carottes:boire du jus de carottes aide à chopper un bronzage carotte… jusque sous la plante des pieds ! • Eau:à bord, surtout par grosses chaleurs, j’impose de boire beau-coup… (de l’eau !). • Maillot:aux terriennes que j’embarque et qui veulent avoir un bron-zage sans marque, je conseille de prendre des maillots très échancrés… ou de rester à poil ! Les premières marques étant quasi indélébiles.
Brûlure superficielle
Toujours commencer par refroidir la zone brûlée en la passant sous l’eau froide. S’il y a des cloques, ne jamais les crever ! Il faut juste désinfecter avec un antiseptique non coloré. Éventuelle-ment, protéger la brûlure avec un pansement.
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Les ficelles de François
… Il était une fois, au mouillage de Las Palmas de Grande Cana-rie (îles Canaries), un drôle de petit bateau qui se balance accroché à son ancre. C’est un navire peu ordinaire, un yawl en acier, au pont tout arrondi, avec un beau tape-cul derrière. Sur sa coque est griffé un nom :Pitufo. En ce temps-là, et depuis quelques années déjà, je navigue dans les eaux de cet archipel canarien. Des bateaux insolites, j’ai eu mille fois l’occasion d’en croiser. Mais un voilier comme celui-là, jamais ! Je me prépare à traverser l’Atlantique avecÉnomis, mon voilier Amphora, doucement portée par les alizés de fin d’hiver. La rencontre avec le capitaine dePitufo, personnage haut en couleur et aussi curieux que son navire, chamboule mes projets. Je remets mon départ à l’au-tomne pour approcher de plus près cet insolite barbu et recevoir ses confidences qu’ensemble nous mettons sur papier. François-Jehan Margat, grand gaillardsoixantenaire, kinésithéra-peute de son état, est un marin hors du commun et hors du temps. Il a construit tout seul sonPitufoqu’il aménage ou arrange au fil de ses escales océaniques. Depuis plus de vingt ans, ils ont plusieurs fois tra-versé l’Atlantique, et dans tous les sens. Souvent au sextant, comme au bon vieux temps, cela va de soi ! Ce skipper original, riche en conseils judicieux, accepte de tout me dire sur ses ficelles de mer acquises depuis l’élaboration de ses pre-mières maquettes d’adolescent à ses dernières constructions marines ponctuées de navigations insolites. Il a une expérience certaine, a tiré beaucoup de leçons et a fait d’une phrase sa devise :“On arrive à tout faire avec de la débrouille !” J’en déduis moi-même qu’il est inutile d’être un mathématicien agrégé pour aligner quelques chiffres et comprendre le mécanisme des
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choses. Il faut juste s’intéresser à la matière afin de bien saisir comment tout fonctionne et faire une synthèse pluridisciplinaire. Pour François, savoir c’est pouvoir : Il faut apprendre un minimum pour avoir le droit de toucher à tout pour éviter les dégâts. Il analyse les besoins du moment, comme il prévoit la panne qu’il faudra pallier. Il bannit la haute technologie et les ensembles indémontables, souvent onéreux et surtout irréparables en mer. Il déplore la consommation abusive. Il est vrai que sur les chantiers, autour des conteneurs, en ville comme au port, il y a des trésors : morceaux de bois, bouts de toile, cuivre, inox, zinc, fibre de verre, etc. Avec ce matériel de récupération, François utilise sa réflexion, son énergie, son temps et son sens inné du truc et de l’astuce. Il préconise les solutions faciles et même rustiques. Finalement, pas besoin d’être un génie de la mécanique des fluides pour vivre sur l’eau. François, comment réparer ça ? C’est cette phrase maintes fois lancée par les copains en escale qui m’amène à demander à François toutes ses bonnes recettes éternelle-ment de saison dont tous les matériaux utilisés en sont les ingrédients. Dans ces pages, sans prétention, destinées essentiellement à ceux et celles qui choisissent la vie de bateau, cet ingénieux marin m’explique avec des mots tout simples l’art de s’en sortir d’une manière fiable et à peu de frais. Sophie Angeli Chacoux
Textes : Sophie et François Schémas : François Photos : Sophie
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