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Reconstitution du vignoble dans le canton de Gy et dans la Haute-Saône

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Il n’est pas de plus douce satisfaction, pour l’homme laborieux, que de mettre au service de ses semblables les qualités dont la nature l’a doué ou celles qu’il a su acquérir par un travail constant et assidu.

Peiné de voir le beau vignoble de Gy et les vignobles environnants, tant réputés autrefois, devenir la proie de ce minuscule insecte, le Phylloxéra, que tout le monde connaît, au moins de nom et par les dégâts qu’il occasionne partout où il passe dans son voyage autour du monde, nous n’avons pas hésité à quitter les recherches purement scientifiques pour nous lancer dans une voie qui nous permette de venir en aide à nos amis les vignerons et les cultivateurs.

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H. Clémençot

Reconstitution du vignoble dans le canton de Gy et dans la Haute-Saône

Notions générales sur la reconstitution des vignobles

RECONSTITUTION DU VIGNOBLE DANS LE CANTON DE GY ET DANS LA HAUTE-SAONE

Il n’est pas de plus douce satisfaction, pour l’homme laborieux, que de mettre au service de ses semblables les qualités dont la nature l’a doué ou celles qu’il a su acquérir par un travail constant et assidu.

Peiné de voir le beau vignoble de Gy et les vignobles environnants, tant réputés autrefois, devenir la proie de ce minuscule insecte, le Phylloxéra, que tout le monde connaît, au moins de nom et par les dégâts qu’il occasionne partout où il passe dans son voyage autour du monde, nous n’avons pas hésité à quitter les recherches purement scientifiques pour nous lancer dans une voie qui nous permette de venir en aide à nos amis les vignerons et les cultivateurs.

C’est ainsi qu’en nous appuyant sur des faits connus et sur nos propres essais, après avoir analysé tous les lieux dits du vignoble de Gy (700 analyses). nous avons pu tracer les règles de la reconstitution dans notre pays natal.

Depuis quelques années, le phylloxéra commet des ravages qui, de jour en jour, deviennent plus importants.

On a vite compris, dans le canton de Gy, que la reconstitution s’imposait et, sans perdre de temps, on s’est mis résolument à l’œuvre.

Bucey-les-Gy est, en ce moment, sérieusement éprouvé. Là, de même qu’à Charcenne, où le vignoble avait été un peu négligé depuis l’invasion du Mildiou, la replantation a fait, depuis deux ans, de remarquables progrès, grâce à l’activité de quelques propriétaires, parmi lesquels M. Chauvelot, maire de Bucey, et M. Milleret, de Charcenne.

Gy, moins atteint, ne reste pas en arrière. Bon nombre de vignes nouvelles y sont déjà en plein rapport, montrant aux plus timorés qu’ils ne courent aucun risque en se lançant dans la voie ouverte par leurs devanciers.

Dès le début de l’invasion, certains hommes inexpérimentés avaient conseillé de mettre partout le Riparia et le Solonis, à l’exemple de la Bourgogne.

En général, les essais ont donné de bons résultats, parce que, les parties reconstituées à Gy et dans les environs, étaient relativement pauvres en calcaire. Mais, à côté de ces essais si encourageants, il y en a d’autres, peu nombreux il est vrai (à Gy, Velleclaire, peut-être ailleurs encore), qui ont échoué par suite d’une connaissance inexacte du sol et d’une mauvaise plantation.

Ces insuccès se sont surtout produits dans les terres blanches ou argileuses. (A Gy, des Riparias ont été mis dans des sols blancs renfermant jusqu’à 45 0/0 de calcaire !)

Avant d’envisager le choix si important des porte-greffes, nous croyons bon de dire quelques mots des producteurs directs.

On entend par producteurs directs, des plants provenant de plants français et d’américains, pouvant être bouturés, mis en place pour donner du vin sans le secours de la greffe.

Ce serait là un remarquable avantage si ces variétés produisaient des vins aussi estimés que ceux de nos vieilles souches françaises.

Les premiers employés et les plus connus sont : l’Othello, le Noah, le Clinton ou Plant Pouzin, l’Huntingdon, le Sénasqua, le Noami, le Saint-Sauveur, le Triumph, etc., etc.

Les plus avantageux sont sans contredit l’Othello et le Noah, abstraction faite du goût foxé de leurs raisins, goût qui se communique au vin et le rend non marchand.

Il est vrai qu’on peut atténuer ce goût en ne laissant pas trop mûrir les raisins, mais aux dépens de l’alcool, ou bien en préparant une levure rouge ou blanche, en faisant fermenter à l’avance de bons raisins précoces du pays, soutirant le vin et versant sur les marcs (jaine en patois) la vendange de ces doux ceps.

De plus, et c’est le principal défaut, qui, à lui seul, suffirait pour les faire rejeter, tous ces plants ne résistent pas suffisamment au phylloxéra.

Depuis peu d’années, quatre producteurs directs ont obtenu le crédit de certains viticulteurs.

Ce sont : Seibel, n° 1 ; le Terras, n° 20 ; le Couderc 4401 et l’Hybride franc.

D’après le Docteur Grandclément, que nous avons entendu au congrès de Poligny, ces cépages seraient les plants de l’avenir, tout au moins pour les terres basses, sujettes aux gelées, pour les endroits donnant des vins de médiocre qualité, réservant les bonnes terres des côteaux aux plants fins.

Si nous en croyons le Docteur Grandclément, ces nouveaux venus sont moins sensibles au Black-Rot, cette terrible maladie qui menace d’envahir tous les vignobles de l’Europe, ainsi que les plants français et les anciens hybrides.

Nous pensons que leur culture n’est pas assez généralisée pour permettre de juger leur tenue sur les divers points du territoire français.

Le Docteur Grandclément annonce que le Seibel serait plus résistant que les trois autres au Black-Rot.

Telle n’est pas l’opinion des membres de la commission chargés, par la Société de Viticulture de Lyon, d’aller étudier le Black-Rot dans les départements du Sud-Ouest.

Ces messieurs annoncent pour le Seibel un déficit de 50 0/0de la récolte, et, d’après eux, le 4401 serait le plus résistant.

Devant ces avis contraires, évitons de nous lancer dans la culture, même restreinte, de plants dont le vin, assez franc de goût peut-être, ne pourra jamais lutter avec celui de nos bonnes variétés indigènes.

Notre idéal, à nous vignerons du canton de Gy, est de produire de bon vin assez abondamment ; nous en avons les ressources : plants fins et bons sols. Avec cela, une population vigneronne intelligente, active et soigneuse.

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