Un camisolard

De
Publié par

A travers son roman historique Un Camisolard ou Féerie révolutionnaire en Languedoc, Henri Berna fait une incursion dans le passé révolutionnaire des terres du Languedoc. Une région paisible qui pourtant a été la scène de combats violents entre révolutionnaires et monarchistes à la fin du XVIIIe siècle. C’est dans une cité alanguie aux bords de l’étang que celui qu’on nomme le « disciple de Marat » vit le jour. Tout aussi passionné et exalté que son mentor, il ne lui céda en rien pour la férocité et les exactions radicales.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 39
EAN13 : 9782748117660
Nombre de pages : 337
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Un camisolardHenri Berna
Un camisolard
FØerierØvolutionnaireenLanguedoc
AUTOBIOGRAPHIE/M MOIRES (NONFICTION)' manuscrit.com, 2001Avertissement de l Øditeur
DØcouvertparnotrerØseaudeGrandsLecteurs(libraires,revues,critiques
littØrairesetdechercheurs),cemanuscritestimprimØtelunlivre.
D Øventuellesfautesdemeurentpossibles;manuscrit.com,respectueusede
lamiseenformeadoptØeparchacundesesauteurs,conserve,àcestadedu
traitement de l ouvrage, le texte en l Øtat.
Nous remercions le lecteurde tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com
5bis, rue de lA’ sile Popincourt
75011 Paris
TØlØphone:0148075000
TØlØcopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comJe dØdie ce roman
à la vertu civique,
vaine splendeur des mes nobles
et des coeurs sereins,
et à l inanitØ des passions politiques,
ces Erinnyes farouches et dØvastatrices.Mer i à Jean Fayet
pour son patient travail d Ørudit,
etsonamourduterroir.
9-1-LE TERROIR D H RAULT
Il est des lieux privilØgiØs oø rŁgnent la douceur
de vivre et la chaleur humaine, et dans lesquels
s’exaltent tout naturellement l esprit et le corps, la
pensØe et l action, le prØsent et le passØ, la vie et la
mort L airyestplusvivifiantqu ailleurs,lesoleil
plus chaleureux, la pluie fØcondante, et mŒme la
nuit y est un enchantement, une fØerie.
Leshommesyviventheureux,sansmystŁre,sans
idØologiemalsaine, s entr aidantsanscalculetoeu-
vrant dans l allØgresse et la foi. On y est terrible-
ment fier, cocardier, ancrØ au terroir et respectueux
des coutumes, mais aussi, ouvert à l Øtranger et fa-
vorable aux idØes nouvelles si elles n ont rien d’hØ-
rØtique ou d immoral.
Ces lieux privilØgiØs ne sont pas toujours de
grandes citØs opulentes oø les bonnes volontØs se
perdent dans l anonymat, et s Ømoussent au fil des
embarras quotidiens. Ce ne sont pas davantage de
ces hameaux dØlabrØs que recherchent les rØchins,
les misanthropes et les Øcologistes de petite enver-
gure, et oø la solitude n est en fait qu une grande
dØsolationetlesilenceun vacarme lØthifŁre.
11Un camisolard
L’idØal mepara tŒtrela bourgadeassez resserrØe
pour permettre une sorte de symbiose entre les fa-
milles,etjusteassezgrandepouroffrirtouteslesfa-
cettes de la vie sociale. C est là que chacun peut à
songrØvivredansunecommunautØd espritetoøles
relations sont à l Øchelle de l homme.
Ilm atoujourssemblØquelesvillagesdelaplaine
hØraultaise avaient un air à laisser prØsager les fØli-
citØs que j’en attendais. Une urbanitØ modeste, une
Øcologie agreste et non vindicative, une sociabilitØ
exhubØrante et, par dessus tout, une spiritualitØ Øpi-
curiennedebonaloi: voil toutcequejemevoyais
offrirparcetterØgionaccueillanteetbØniedesdieux.
Un parisien sait sentir tant de choses secrŁtes, qui
n apparaissent guŁre à ces privilØgiØs que sont les
provinciaux des rivages mØditerranØens. Il est vrai
que leur Øclectisme leur g te le plaisir. HabituØs au
beau temps, ils bougonnent au moindre nuage. Ils
s abritent du soleil ! et s en vont mŒme jusqu se
plaindreducrissementlancinantdescigales. Ilssont
repusdelafØconditØdusoletdeslargessesdelana-
ture à leur Øgard. Une longue jouissance a confortØ
leur ingratitude envers la Providence. Ils pensent
avoir un droit naturel au bonheur, une vue impre-
nable sur l art et la beautØ, une prioritØ sur l ave-
nir,uneprØsØancesurl’Øtranger. Fortheureusement,
leur contentement n’est pas Øgo ste ou agressif, et
s ils veulent Œtre bien pouvus, c est seulement pour
mieux combler leurs h tes.
AprŁs mes pØripØties parisiennes, la logique et
la raison eussent dß m inciter à m’installer, non à
Montpellier ou BØziers, encore trop frØmissantes de
modernitØ, mais à PØzenas. Une sentimentalitØ pas-
sØiste, une attirance irrØflØchie pour les citØs char-
gØesd HistoireetdesamitiØsanciennesauraientnor-
malement dß m y faire rechercher une quelconque
12Henri Berna
rØsidence. Pour qui aime l Histoire et les fastes du
XVIIesiŁcle,cettevilleestunmusØeouvertauxcu-
rieux et aux dilettantes. Dans ses rues tortueuses et
animØes, passe encore le souffle de MoliŁre, et il
ne serait pas incongru d y croiser les cavaliers des
Montmorency,lecortŁgefunŁbreduprincedeConti
ouuneprocessiondesEtats. LesØchoppesmodernes
cØlŁbrent la MirondŁle comme le faisaient les arti-
sans d autrefois pendant les foires, les lendits ou le
MarchØ au Trois-six.
Les PiscØnois, sans Œtre plus malins ou plus for-
tunØsqu ailleurs,saventvivreetprofiterdupeuque
leur donnent le travail et les loisirs. On les croirait
mŒme insouciants. L’aprŁs-midi, sur la Promenade,
agglutinØs autour d une triplette, ils commentent en
experts fort critiques les pØripØties de chaque partie
de boules, donnant à croire qu ils sont dØsoeuvrØs à
ceux qui ignorent qu ils ont depuis quatre ou cinq
heures du matin sulfatØ leur vigne ou fait des cen-
taines d Øchauds.
C Øtait ici autrefois, du temps des Montmorency
oudesConti,lecentrecultureldelaprovince,lepôle
attractifdetouslesvillagesd alentour. C estencore
aujourd huiunhavredesØrØnitØetdedouceur. C’est
ici qu il fallait fixer ses pØnates.
13-2-UNE CITÉ PAISIBLE
Jenesaispourquoi jefusattirØparlesrivagesde
l’ØtangdeThauetlecharmetoutdØsuetdelacitØde
Marseillan, proche de quelques lieues.
L’ØtangdeThauestunjoyaunØgligemmentaban-
donnØ par la mer à la convoitise des terriens. Un
cordon de sable ØtirØ entre la montagne de SŁte et
lemontSaintLoupàAgde,surunevingtainedeki-
lomŁtres, a isolØ une magnifique lagune et crØØ un
lidoquel onappelleicila"cosse"etqueconnaissent
bien les touristes qui, de leur voiture, contemplent
enthousiasmØscetteplaged orfrangØed argent,ac-
cueillante et sauvage à la fois.
Les anciens rivages de Marseillan, MŁze, Bou-
zigues, Balaruc sont maintenant calfeutrØs par la
moiteur de l Øtang et protØgØs en partie des grandes
intrusions de touristes qui prØfŁrent s agglutiner sur
les plages du Cap ou du Grau d Agde. DØlaissØs
par les grandes foules, ils sont cependant fort prisØs
desesthŁtes,desartistes,detousceuxqu attirentles
charmes duterroiret del Øthique occitane.
Marseillan s’Øpanouit au soleil, sous le scintille-
ment des rives de l Øtang et dans le calme de ses
15Un camisolard
rues Øtroites et peu encombrØes. On pense ici trou-
ver la sØrØnitØ des temps de nostalgie oø la frater-
nitØ et la convivialitØ unissaient les familles dans
une mŒme ferveur patriotique. Ici, se dit-on, les
hommes se connaissent, s entr’aident, s’estiment et
se respectent. Ces bonnes gens au seuil de leur
porte, ces passants à la figure joviale, ces enfants
qui jouent dans les rues tØmoignent de la simplicitØ
de la vie provinciale et des charmes de l existence.
Onestloindelacrispationdesgrandesvillesetdes
querelles politiques et sociales. Ici, se dit-on, les
gens connaissent le prix de la sØrØnitØ et savourent
sans contrainte le bonheur tout simple de la vie,
comme des Arcadiens ou des Ioniens d autrefois.
Les oiseuses discussions philosophiques, politiques
ousociologiquesdoiventŒtrerØduitesauminimum.
Et l on doit dans les assemblØes disputer plus lon-
guement de l organisation des festivitØs que de pro-
blŁmesplanØtairesoudeconsidØrationscommunau-
taires.
A voir la mine rØjouie des habitants, l amØnitØ
fonciŁre des commer ants, le calme du bourg, que
n entrave pas la fØbrilitØ du marchØ couvert ou la
chaude effervescence des allØes envahies par les
joueursdeboules,onnepeutqueprØsagerunsØjour
placide et enrichissant, une existence heureuse et
unevieillessepleinede menuessatisfactions.
Un sentiment d amitiØ m incitait à m Øtablir au
coeurdecetteaccueillantecitØet,tandisquelesouci
demodernitØpoussaitlesautochtonesàb tirdansla
pØriphØrie,jemelaissaialler,avecunbrind incons-
cience, je dois le dire, à jeter mon dØvolu sur une
vieillebatisse prŁs de la place couverte.
C Øtaitunegrandemaison,assezdØsolØedel ex-
tØrieur, avec une fa ade ØtriquØe, tournØeau nordet
16Henri Berna
enserrØe dans un angle entre d autres fa ades tout
aussi revŒches. Une fenŒtre à meneaux et une porte
d’architecturemoyen geusetØmoignaientdesonan-
tiquitØ, mais aussi de sa vØtustØ. Dans la forte cha-
leur,ellesefaisaitrefuge,etilsemblaitquesesmurs
ØpaislaprotØgeaientdesplusgrandsfroids. Au-des-
sus de la porte une plaque de marbre de grande di-
mension avec une effigie de bronze surmontait un
quatrain en vers pompeux que je ne compris guŁre,
maisquiattestaientdelasolennitØdeslieuxethono-
raient la mØmoire d’un poŁte local.
LaplacepubliqueØtaitoccupØeparunehallecou-
verte d aspect mi-mØdiØval, mi-moderne, oø se te-
naientdesmarchandsambulantsuneoudeuxfoispar
semaine. C ØtaitlàvØritablementlecoeurdelabour-
gade,avecl h teldeville,lahalledumarchØettous
les commerces essentiels alentour.
A peine entrØ dans l antre, on Øtait pris par un
sentimentØtrangederespectpourlesvieillespierres
etd attendrissementdevantlanobledØcrØpitudedes
lieux. Une grande salle aux arcatures romanes m -
tinØes de gothique, avec croisØes d ogives et lourds
pilastres vous donnaient l impression de mettre un
pieddansunsiŁclelointain,toutbruissantdeclique-
tis d armes blanches et de piaillements d une nom-
breuse domesticitØ. Une antique cheminØe de pro-
portion monumentale donnait aussi à penser qu’on
y devait avoir froid l hiver. Cette salle des gardes
commandait toute la distribution de la maison, tant
parlacouretteintØrieurequeparunantiqueescalier
en colima on avec noyau central qui desservait les
deux Øtages.
-C estunanciencastrum,disaitlevendeurafinde
donnerunpeudeconsistanceàcegranddØlabrement
etpourexpliquerlamoisissuredesparois. Lesmurs
17Un camisolard
sontdu12e,lafa adeRenaissance,lesappartements
de style Empire… La maison est fra che l ØtØ et
tranquille toute l annØe
Il n’y avait rien de convaincant dans son boni-
ment, et lui-mŒme ne croyait pas trop à l impact de
ses arguments. Mais c Øtait peine perdue, car dŁs le
premierpasdanslademeure,madØcisionØtaitprise:
jevivraidoncicimaretraitemarseillannaise.
18-3-UN UNIVERS DE PAIX ET DE
TRANQUILLITÉ
Il se trouve que Marseillan est un bourg des plus
agrØables,unpeuàl Øcartdesgrandsaxesdecircula-
tionet,semble-t-il,àl abridesinvasionstouristiques
qui, dans la rØgion, prØfŁrent les sites balnØaires de
Marseillan-plage ou du Cap d Agde.
DØjààl Øpoqueromaine,laviaDomitia,cetteau-
tostrade pour chariots et fantassins, passait un peu
plusaunord,entrePinetetPomerols,selonuntracØ
qui, dix-neuf siŁcles plus tard, sera par une Øtrange
co ncidence ou une vØritable connivence, repris par
l’autoroute. MŒme le chemin de fer, au siŁcle der-
nier, l a dØdaignØe ; il a prØfØrØ longer la bande lit-
torale, plus facile à amØnager, malgrØ le risque que
constituait la zone marØcageuse du Banhas, et sans
se prØoccuper outre mesure de fermer à tout jamais
l’ØtangdeThauetdeluicoupersesaccŁsàlamer.
MaisMarseillanestunport,ouplusprØcisØment,
c’est un bourg dotØ d un port, comme AthŁnes qui
dispose du PirØe ou Caracas de La Guaira. C est
iciqu’aboutitlefameuxcanalroyaldesDeux-mers,
construit par Riquet il y a plus de trois siŁcles, qui
a ØtØ d un si grand bØnØfice pour le commerce des
provinces, et que l’on vient de porter à l honneur
de merveille de l humanitØ. C est ici que Vauban
19Un camisolard
en 1686 termina sa mission d inspection du canal,
à la suite de laquelle il devait dØclarer à Louis XIV
"qu ileßtprØfØrØlagloired’Œtrel auteurdecechef
d oeuvreàtoutcequ ilavaitfaitdegrandoupouvait
faire à l avenir".
Ici,danscettedarseminusculedeMarseillan,pen-
dant prŁs de trois siŁcles, les pØniches que l on ap-
pelait barques venaient charger ou dØcharger leurs
tonneaux,leursmatØriaux,leursbois Aujourd hui,
les bateaux de plaisance ont pris possession de ce
fiefàl abandon,etilamŒmeØtØnØcessaired agran-
dir le port pour donner refuge à ces envahisseurs
pacifiques qui, dØbouchant du canal rectiligne qui
les a contenus depuis Toulouse ou Castelnaudary,
s Øgaient brusquement dans l Øtang, marquant par
desvolutesoudesdivagationsinsouciantesleplaisir
qu ilsprennent à cettelibertØ soudaine.
Ce petit port est empreint d’un charme indØfinis-
sable, et l’on se prend vite d une affection un peu
condescendantepourcelilliputquirŁgnesurlamoi-
tiØoccidentaledel Øtangavecunairdesentinelleen-
dormie. Lespromeneurssontnombreuxsurlesdeux
m les que surplombent deux avortons de phares et
qu encombrent les voitures qui ont dØlogØ les filets
de pŒche et les agrŁs de marine. On embrasse de
ces deux promontoires un vaste panorama qui va
du mont Saint Clair au mont Saint-Loup, et qui est
fermØ au sud par la platitude de cette cosse littorale
qui marquelafinde notre monde lacustre.
Le matin, aux premiŁres blancheurs de l aurore,
les eaux calmes et vaporeuses donnent à la lagune
un aspect irrØel. Des fantomes fuligineux errent sur
cetteplaineimmatØrielleoøestenfouielalØgendaire
citØ de Thau que d aucuns croient encore entendre
respireraurythmedecetteclochecristallinequitinte
20Henri Berna
sifortlesjoursdetempŒte. LorsquecedØsertliquide
Ømerge de la pØnombre, on voit parfois des barques
qui, par une Øtrange illusion, semblent suspendues
au-dessus du miroir. Des Øclats de voix, des bruits
assourdis, des chocs ouatØs parviennent jusqu la
rive,rØvØlantainsiunmondelaborieuxetmatinalde
pŒcheursdepalourdesoudereleveursdetramail.
Les premiers rayons font rougeoyer la colline de
SŁte et font surgir des eaux l amoncellement des
parcsàhuitresdeMŁzeetBouzigues. L’Øtangprend
alors sa couleur bleu foncØ qui tranche avec le ciel
clair. La luminositØdel air est fØerique, et l ondis-
tingue les moindres dØtails du paysage à plusieurs
lieues de distance.
Cette luminositØ extraordinaire, rares sont ceux
qui la goßtent ou s en soucient. Elle tient, bien sßr,
au vent du nord qui chasse en mer les brumes et
nuages, laissant une atmosphŁre limpide et de pu-
retØ cristalline. Elle offre parfois d exceptionnelles
splendeurs. Ainsi, lorsquelongeantlacossedeSŁte
versAgde,vousvoyezsoudainsousvosyeuxstupØ-
fiØs,lemontSaintLoup,cetancienvolcandominant
d’àpeineunpeuplusdecentmŁtreslaplatitudema-
rØcageuseduBanhas,ØtrangementaccolØàuneautre
protubØrance, d Øgale importance, surgie l comme
par miracle et comme pour dØfier les lois de la gØo-
graphieetdubonsens. C estl imagedumassifpyrØ-
nØen du Canigou que les pluies et les vents ont net-
toyØ et qui appara t l , à cent cinquante kilomŁtres
plus au nord, dans toute la splendeur de son impo-
sante sØrØnitØ. Ce spectacle ne doit pas se renouve-
lerplusieursfoisdansl annØe,maisilvouslaisseun
ØtrangesentimentdebØatitudeetdeferveuradmira-
tive.
21Un camisolard
Leportn estpascommeàSŁteouàLaJoliette,le
coeur de la ville laborieuse. Ici, pas de marchØ, pas
de halle à poisson mais des chais Øtablis depuis
lemilieudusiŁclepassØ,descaves,deslaboratoires
secrets de l alchimie des vins et des alcools qui se
concocte derriŁre de grandes murailles rØbarbatives
ouaufonddevasteshangarsfermØsàlacuriositØdu
public par un portail gigantesque.
Lavilleestb tieautourdesonØgliseetd unch -
teau aujourd ui disparu. De petites rues mal pavØes
lui donnent un air mØdiØval qui peut rappeler PØze-
nas, dont on a aussi copiØ l architecture du clocher.
La route dØpartementale ne traverse pas le coeur de
ville, mais le contourne religieusement en emprun-
tant le glacis des fortifications du Moyen Age. Une
hallemØtallique,enBaltardØdulcorØ,unecharmante
place publique qui conserve la halle antique aux ar-
ceaux de basalte et que l on appelle la Place cou-
verte, un monument aux morts, un h pital, une pro-
menade plantØe de platanes, un thØ tre, des terrains
deboule,voil l’essentieldesØquipementsurbainset
des attraits touristiques de cette ville souriante dans
laquelleonestassurØdetrouverlaquiØtudeetlebon-
heur.
22-4-DES CITOYENS PLEINS D’AMÉNITÉ
UneirrØsistibleestimem attireverscebourgque
jesensgØnØreuxetouvert,agrØableàvivre,intØres-
santàfrØquenteretdignederespectetdeconsidØra-
tion. Touticirespirelesjoiesdel existence,lebon-
heur du quotidien, la sØrØnitØ devant le futur Les
gens sont affables, serviables, un tantinet indiscret
dans leur sollicitude, et d une jovialitØ à vous faire
rire des pires calamitØs.
Monopinionestbient tfaite. Voil ,pensŁ-jeavec
unbrindecondescendance,desgensunpeurugueux
d’ØcorcemalgrØleursmaniŁresfortciviles,aucoeur
sansdØtourmalgrØleurfacondeetleurapparentelØ-
gŁretØ, à l esprit positif ou mŒme positiviste, et qui
doiventrØpugnerauxfourberiesdeladialectiqueou
aux hypocrisies du verbe. Eux qui se gaussent de
tout et de rien, s esclaffent à tout propos et tournent
endØrisionlespenserslesplusnoblesdoiventavoir
enpartagecettesubtilitØdejugementquidoitlesdØ-
fendrecontretoutesleshØrØsiesetlesprØserverdela
sottise et des ordinaires inepties. Ils ne s emploient
guŁre qu à extØrioriser leurs Øtats d’âme ou à se dØ-
battredansdesduelstoutcornØliensoudessituations
incroyablesbienfaitespourmettreenvaleurleures-
pritderØpartie, leur sagacitØou leur mansuØtude de
latins bons-enfants.
23Un camisolard
Leur vie privØe s Øtale sur la voie publique,
preuve de leur sincØritØ et de leur bonhomie. Ils
conversentous’interpellentdeleurporte,deleurfe-
nŒtre, ou font la conversation d un trottoir à l autre,
d un immeuble à l autre. Nul n ignore rien de leurs
affaires intimes, et les passants sont souvent pris à
tØmoins de leurs infortunes ou de leurs bonnes for-
tunes. Les commer ants sontdiserts. Lesboutiques
sont des salons oø se colportent les ragots et ou se
b tissent ou s effondrent les rØputations. Les Øven-
tairesdes marchands delØgumes, de poissonsoude
moulessontlessentinellesavancØesdelachronique
locale. On y bavarde bien sßr, mais on observe
surtout Onobserveaveccettefranchisetranquille
qui tient le juste milieu entre l indiffØrence feinte et
l inquisition sournoise.
Il faut, pour bien conna tre l me d un peuple,
l observer jusque dans ses moments de dØtente, la
qualitØ de ses loisirs rØvŁle une grande part de sa
psychologie. L’aprŁs-midi, sit t la sieste terminØe
etapaisØelafureurdusoleil,lespremiersjoueursde
boules se rassemblent sur les allØes ou sur les ter-
rains prŁs du thØ tre. Des jeunes, fringants comme
des coqs, des vieux au faciŁs burinØ et à la sereine
assurance, des ouvriers encore en tenue de travail,
des fonctionnaires retraitØs, le col entr’ouvert ou la
cravatedeguingois pour bien marquerleur Ømanci-
pation, des femmes aussi, viennent sacrifier au rite
de la pØtanque.
On croirait volontiers à un jeu bien anodin, un
passe-temps, un dØrivatif, une confrontation ami-
cale Erreurprofonde! c estunartØsotØrique,une
pratiqueidol tre,unedØmarchequiasonprotocole,
ses rŁgles coutumiŁres, son code d honneur et son
Histoire. D emblØe se dØsignent les acteurs et les
spectateurs ; les premiers s engageant tacitement à
24Henri Berna
fairelespectacle,lesautresseprØparant enjouir,
selondescritŁresquinepeuventŒtrebienapprØciØs
que par des initiØs. La qualitØ du jeu est souvent
à la hauteur des commentaires, mais il faut conve-
nir que la gouaille des critiques sans indulgence en-
trave un peu l adresse du pointeur ou la concentra-
tion du tireur. En fait, le jeu de boules n est que
le support d une sempiternelle comØdie que jouent
desacteursinterchangeablesdevantunpublicacquis
et enthousiaste. Rares sont ceux qui viennent jouer
vraiment;laplupartsontenreprØsentation;ilssedØ-
foulentdansl extravaganceouladØmesureverbales.
C’estunthØ treàl italienneoøArlequinetPantalon
s’Øtourdissentdemotsdevantdesbadaudsprovoca-
teurs. UntelspectaclesuffitàmeublerlajournØeou
à en faire oublier la maussaderie.
Oui,vraiment,cepays-cimepara ttoutidyllique!
Je ne connais encore personne, mais mes premiŁres
investigations me font rencontrer des mØridionaux
expansifs et sympathiques, dont les patronymes
chantent comme des hymnes à la francophonie
mâtinØe d oc et teintØe de fantaisie linguistique. Il
y a l des Maffre (beaucoup de Maffre), des Bayle,
des Banq, des Mimard, des Fabre, des BaudassØ,
des Barral, des Bourrut tout un Øventail de noms
qui fleurent bon le terroir.
Les gens du cru glosent assez facilement sur leur
dØfauts supposØs. - " Ici, me dit-on, nous sommes
pointilleuxetfortattachØsauxvertusciviquesetrØ-
publicaines. D ailleurs, voyez nos rues ; elles s ap-
pellent rue de la LibertØ, rue de l abbØ GrØgoire,
place Carnot Nous avons une forte complexion
radicale et sommes encore imprØgnØs des grandes
idØes propagØes par la RØvolution fran aise, dont
nous aimons rappeler l universalitØ et la noble fina-
litØ".
25Un camisolard
DanslescontrØesalentour,ilmesemblaquecette
prØtentionciviqueprŒtaitàsourire. -LesMarseilla-
nais,medisait-onsontdeschicaniers,deschicaneurs
et des chicaneaux. Ils professent des idØes un peu
outrØes. Ils nesont pasencorerevenusdeleurjaco-
binisme, de leur anti-bonapartisme et de leur rØpu-
blicanisme outrancier.
26-5-L’HISTOIRE EN RACCOURCI
DeuxchroniqueursØminentsquientreprendraient
d’Øcrirel Histoiredelavielocalepourraient,sansja-
maisconverger,ØtablirdeuxtramestoutàfaitdiffØ-
rentes. L unpourraitprØtendre-etilauraitsansdoute
raison-queladestinØedesprovinces,desvillesetde
leurs habitants est entiŁrement subordonnØe à celle
de la nation et que tout ce qui s y passe n est que le
contrecoup de l Histoire nationale.
Le second aurait beau jeu de dØmontrer que la
plupart des citØs ont leur devenir propre et que leur
sort est avant tout tributaire des individualismes lo-
caux, des contingences gØographiques ou des alØas
climatiques. Ainsi,unefaminepeutØbranlerlepays
tandis que certains bourgs sont en auto-suffisance.
Ainsi,tellevilleestroyalistequandlepaysestrØpu-
blicain ou bonapartiste Et la chronologie montre
bienquecertainsØvØnementssontnØs iciou làbien
avantqu ilsn aientre uleurconsØcrationnationale.
Pour ma part, jem en tiendrai àun prudent Øqui-
libre en Ømettant la thŁse que les faits, d oø qu’ils
viennent,attendentleuraudienceparisiennepourre-
descendreensuitevers laprovince avecunevitesse,
uneforce ouunimpactplusoumoinsgrands. C est
cequ onpourraitappelerunehystØrØsisouunehys-
tØrØsie de l Histoire.
27Un camisolard
L’Histoire de la Narbonnaise, du Languedoc, des
citØs hØraultaises et celle de Marseillan tØmoignent
de ce dØcalage entre les idØes et les faits, entre les
consciences et les institutions. Elle montre com-
bien la destinØe de la citØ a ØtØ tributaire des sou-
bresauts du pays, et aussi combien elle a ØtØ diffØ-
rente. Les mŒmes causes n ont pas partout produit
les mŒmes effets ; les mŒmes faits n ont pas eu par-
tout les mŒmes consØquences
La geste du camisolard Bonnefont procŁde bien
de ce lien dØcalØ avec la capitale et dØmontre bien
l importancedelaparticularitØlocale. Nousverrons
bient tquiØtaitBonnefontetcequ Øtaituncamiso-
lard. Pour l heure, tenons-nous en à de simples in-
cursionsdansl me etl Histoirede cepays.
PassonsledØlugeetdØbarquonsdanscettelagune
de Thau ou Thaur, par l un de ces nombreux graus
qui le faisaient autrefois communiquer avec la mer.
Nous sommes en l an 500 ou 570 avant J.-C. Les
Grecs phocØens qui viennent de fonderun comptoir
qui sera Massilia, puis un autre qui sera AgathØ ou
Agde,puisunautreencore àAmpuriasenEspagne,
sont en quŒte de colonisation. La petite butte de
Cadarache qui domine la rØgion est propice à une
implantation;lesPhocØensontt tfaitd yØtablirun
abri pour leurs nefs.
A l Øpoque romaine, la citØ s est appelØe Messa-
lum, puis semble-t-il Massaliacum, puis Massilia-
num, marquant ainsi sa filiation avec Massilia. Il
semblequelespopulationsn aientpaseuàtropsouf-
frir de la fØrule romaine. Leur assujettissement de-
vait trouver des compensations dans le commerce
28Henri Berna
des vins dØj florissant. Aussi, lorsque CØsar en-
tamesaguerredesGaules,trouve-t-iliciunappuisßr
contrelesRuthŁnes,lesCadurques,lesArvernes
Pendant les deux ou trois siŁcles de Pax romana,
lavilleprospŁregraceautraficmaritimequiapporte
Øpices, encens, ivoire, bois et gr ce à la voie do-
mitiennequidessertsibienlaNarbonnaise.
Lorsque les hordes barbares dØferlent sur l’Eu-
rope, dŁs le dØbut du Ve siŁcle, la citØ s entoure
des premiers remparts. Mais hØlas ! le passage des
Vandales,puisdesGothsnelaisseguŁredechances
à cette place fortifiØe autour de son castrum. En
476,lorsdel effondrementdel empireromain,Mar-
seillan fait partie du diocŁse qui a ØtØ crØØ à Agde.
Pendant deux siŁcles, la Septimanie devenue wisi-
gothesepared uncertainlustre,malgrØlesdifficul-
tØsqueconnaissentengØnØralcestempsbarbares.
Un Øpisode intØressant- si l’on peut dire- de la
vie de la citØ sera constituØ par les incursions de
Sarrazins,puis,aprŁs732,parlareconquŒtedupays
mØditerranØen par Charles Martel qui fait raser les
remparts de la plupart des places fortes. Les siŁcles
quisuiventnesontpaspluspaisibles. LesSarrazins
viennent par mer piller les villes d oø ils tirent un
riche butin et de nombreux captifs.
Au IXe siŁcle, ils ne sont plus les seuls à infester
nos c tes. Les Normands et les Anglais s adonnent
aussi à ces fructueux trafics. C est certainement
aprŁs une incursion anglaise que le nom des enva-
hisseurs a ØtØ donnØ au territoire des Onglous tout
proche,encorequel ondiseiciquecenompeutve-
nir aussi d ongle ou de griffe, car ses habitants sont
rØputØs avoirdesdoigtscrochusou griffus.
29Un camisolard
En930,cesontlesScythes,lesHongrois,lesTar-
tares qui dØferlent jusqu la MØditerranØe semant
la dØsolation sur leur passage. Fort heureusement,
Dieu dans son infinie misØricorde accabla les bar-
bares d une providentielle dysenterie qui leur fit re-
gretter d avoir trop mangØ de raisins et de fruits, et
les mit dans une telle dØcrØpitude que le comte de
Toulouse en vint facilement à bout.
Les siŁcles suivants sont marquØs, à Marseillan
comme à Agde et tout le Languedoc par l instaura-
tiond unefØodalitØcomposØedeseigneursla queset
deseigneursecclØsiastiquesquinefurentpasmoins
pres à disputer le pouvoir temporel, le tout sous la
suzerainetØ des comtes de Toulouse et des fameux
Trencavel, vicomtes d Agde et de BØziers. Ces sei-
gneurs qui avaient à l origine la lourde mission de
protØger le petit peuple face aux invasions et cala-
mitØs de toute sorte, s emploieront bient t à forti-
fier leurs droits jusqu’à en faire des privilŁges, et
oublieront leurs obligations pour ne se prØoccuper
que des revenus de leur charge. On le vit bien ici
avec l acharnement que mirent les divers ØvŒques
d Agdeàs approprierlesbØnØficesattachØsaucas-
trum de Marcillianum. A la moindre occasion, fa-
veurroyale,avŁnement,dØhØrence,parintimidation
ousimonie,ilssefontremettrelesdroitsdomaniaux,
droitsdechasse,depŒche,depacage,detransport
De nombreuses maisons et le castrum lui-mŒme en
949 tombentainsi dans lepatrimoinede ces prØlats.
Un adage dit ici qu Agde "est une ville noire habi-
tØepardesbrigands";c estsansdouteparrØfØrence
àsesØvŒquesbeaucoupplusqu àsesparoissiens.
Vient le temps de la piØtØ agissante et des Croi-
sades. En 1111, Ermengaud notable de Marseillan
emprunte 70 sols melgoriens pour se harnacher, et
accompagneBernardAtonIV,vicomtedeBØziersà
30Henri Berna
lacroisade. MaiscesexpØditionslointainesmarque-
rontmoinsl HistoirelocalequelesconsØquencesde
laterriblehØrØsiecathare,ØgalementappelØeguerre
desAlbigeoisouguerredesParfaits. Enjuillet1209,
les hordes de soudards et de ribauds de tout acabit
quetra neavecluiSimondeMontfort,allantmettre
le siŁge à BØziers, saccagent en passant Marseillan
et les villages voisins.
SouslerŁgnedeSaintLouis,lecomtedeToulouse
est dØpouillØ de ses biens en Bas-Languedoc qui
passent à la couronne en 1229. Comme l on craint
unerØactionviolentedel ex-suzerain,lesconsulsde
Marseillan sont autorisØs en 1241 à construire des
forteresses et des fossØs, et à rØparer ceux qui exis-
taient.
Toutes ces guerres et dØvastations n’empŒchent
pas les querelles intestines et les luttes entre ci-
tØs. Ainsi, pendant plus de cinq siŁcles, Agde et
Marseillan se disputent la propriØtØ des marØcages
du Banhas. De mŒme, les habitants de Marseillan
et ceux de Frontignan engageront plusieurs escar-
mouches ou expØditions punitives pour faire valoir
leurs droits sur la montagne de SŁte, droits qui
apparemment ne consistaient qu en un ramassage
de bois mort ou de pommes de pins sur cette zone
complŁtement inoccupØe.
La guerre de Cent ans n a pas seulement ravagØ
lenorddelaFrance. SiMarseillanestloindeCrØcy,
Poitiers ou Azincourt, il est proche de la Guyenne,
d’oø le Prince Noir organise des raids dØvastateurs.
C’est d ailleurs pour se prØserver des Anglais que
l’on Ødifie en 1355 les nouvelles fortifications qui
doivent protØger la citØ et qui seront conservØes
jusqu lafinduXVIIIesiŁcle. Quatregrossestours
dØfendent les points stratØgiques et quatre portes
31Un camisolard
permettent de contr ler les passages en direction
d Agde, deFlorensac, de MØze etdu port.
A l Øvocation de tous les drames qui assaillaient
alorscespauvresgens,onpeutsedemanderquelles
pouvaient Œtre les mentalitØs des bourgeois et pay-
sans de jadis. Car, comme si les guerres et la folie
humaine ne suffisaient pas, voil encore qu il faut
compter avec les maladies et calamitØs naturelles.
LesterriblesØpidØmiesdepeste,dysenteries,typhus
et autres cholØras se partageaient avec la lŁpre le
soindedØcimerlespopulations. Leterme"dØcimer"
est d ailleurs impropre, car en certaines occasions
commeen1348,c estplusdelamoitiØdeMarseillan
qui est touchØe par la peste noire.
Autres calamitØs relatØes par les chroniques : les
sØcheresses,legel,lespluiesdiluviennes,lesorages
degrŒlequienunclind oeildØvastentlesrØcoltes
On cite incidemment la froidure exceptionnelle des
hiversde1362et1364quiauraitgelØl ØtangdeThau
aupointdepermettred alleràpiedouàdosd nede
Marseillan àMŁzeet mŒmejusqu SŁte.
On dit souvent qu un flØau ne vient jamais seul.
AveclaguerredeCentans,voicilesGrandescompa-
gnies,cesassociationsdegueuxetautrescanaillesen
toutgenre,rØsidusderØgimentsendØroute,bandou-
liers,dØserteursousimplespillardsembrigadØssous
la fØrule de chefs sans scrupules… En 1361, 1371,
1380,lesRoutiersvontsaccagerlarØgion,avantque
Charles V ne les envoie avec Duguesclin guerroyer
hors les PyrØnØes.
On voit par ce rapide exposØ combien le sort
du plus humble village est liØ à celui de la nation.
Maisils yajoutebiendesparticularitØs. Ainsicette
grande Ømeute de 1385 contre les exactions du duc
32Henri Berna
de Berry, le fastueux gouverneur du Languedoc qui
pressure les populations pour satisfaire ses goßts
de luxe. Les vilains marseillanais, comme ceux de
BØzierscommettentdescrimeshorriblescontretout
cequiressembleàuncollecteurd imp touàunre-
prØsentantdelatyrannie. Etcettemauvaisehumeur
passØe, il faut encore que ces pauvres Marseillanais
subissent l ire vengeresse du peu compatissant
gouverneur.
En 1420, avec le Parlement de Toulouse, na t of-
ficiellement l’organisation des Etats du Languedoc,
etMarseillan,cinqansplustard,estenglobØdansle
douaire de Marie d Anjou, femme de Charles VII.
En 1463, les Etats du Languedoc, dans un souci de
modernisme assez stupide, dØcident de faire rØdiger
touslesactesdejusticeenfran aiscommun. Adieu
doncàlalangued oc,siricheetsicolorØe,quinese
maintiendraplusquedanslatradition orale.
Le XVIesiŁcle est le temps du protestantisme. Il
faudrait consacrer plusieurs ouvrages àce drame de
lafoietdelathØologiequiaØtØsifortementcompli-
quØparlesfureurshumainesetl obscurantismeam-
biant. La province du Languedoc a ØtØ, on le sait,
terriblement troublØe surtout dans la rØgion cØve-
nole. Ici,certainsvillagessonttouchØs-contaminØs,
disait-on - d autres sont restØs de stricte obØdience
papale. Marseillan possŁde ses protestants, calvi-
nistes, huguenots, religionnaires et rØformØs, mais
ilsnesont qu une minoritØ qui se voit au fil des ans
retirer charges et fonctions publiques, et subit toute
sorted avanies,commeparexemplel obligationde
contribuerauxfraisderØparationdesØglisesdØvas-
tØesparlesguerresdereligion,alorsqu onluirefuse
dans le mŒme temps le droit de pratiquer son culte
dans des temples.
33

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.