Un pays sans qualités

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Cet essai est à la croisée de plusieurs disciplines. Si le propos s'attache à une réflexion sur le politique, l'analyse est portée par une démarche à la fois historique, philosophique et psychanalytique. Il s'agit d'essayer d'éclairer le seisme politique qu'a connu l'Autriche en 1999 pour éviter le pire à ce petit pays de 8 millions d'habitants qui, dans le contexte européen, ne peuvent plus échapper à leur passé.
Publié le : mardi 14 juin 2011
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EAN13 : 9782748132861
Nombre de pages : 167
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Un pays sans qualité
Jörg Müller
Un pays sans qualité L’Autriche sans identité nationale entre extrémisme et opportunisme
ESSAI
© manuscrit.com, 2003 ISBN: 2-7481-2711-0 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-2710-2 (pour le livre imprimé)
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INTRODUCTION
1 En octobre 1999 le FPÖ , parti d’extrême droite populiste, est arrivé deuxième à l’issu du scrutin des législatives avec 27 % des suffrages exprimés. Le parti de Jörg Haider, après cinq mois de négociations, 2 a formé une coalition avec l’ÖVP et est entré au gouvernement.
Devenu un parti de gouvernement après quarante années d’opposition, le FPÖ a fait l’objet de nom-breuses analyses dans la presse internationale. Ces analyses ont voulu voir dans le succès de Haider le symptôme d’une réalité européenne. A les écou-ter, Haider faisait partie d’une grande tendance eu-ropéenne favorable à l’ascension de l’extrême droite populiste dans des nombreux pays notamment l’Ita-lie, la France, la Belgique et les Pays-Bas. Rares sont les analystes qui essaient de com-prendre la popularité de Haider dans un contexte spécifiquement autrichien. Les Autrichiens se protègent derrière cette grille de lecture européenne et banalisent ainsi le « phénomène Haider » en le noyant dans un mouvement presque normal puisque européen. Ce raisonnement manque de logique mais, on le verra par la suite, les Autrichiens s’y
1. 2.
cf. Annexe, liste des abréviations. cf. Annexe, liste des abréviations.
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raccroche constamment. Le raisonnement est le suivant : ce qui n’est pas particulier est général, ce qui est général est normal, ce qui est normal n’est pas grave.
J’ai choisi d’aborder la question de la popularité de Haider en la traitant comme une spécificité du sys-e tème politique autrichien de la 2 République mais surtout, comme le résultat d’une quête identitaire in-satisfaite initiée après l’effondrement de l’Empire austro-hongrois. Je me propose donc de mettre le succès électoral de Jörg Haider et du FPÖ en pers-pective avec la question de l’identité nationale autri-chienne.
Pour ce faire, il faut examiner les principes inhé-rents à ce processus de construction identitaire. Cette réflexion s’appuie sur une démarche pluridiscipli-naire. Le processus de construction de l’identité na-tionale autrichienne appelle d’abord une lecture historique à même de rendre compte de l’évolution de ce processus. En effet, cet avec l’effondre-ment de l’Empire austro-hongrois que la question de l’identité nationale est née en Autriche. La construction d’une identité nationale fait également intervenir des facteurs socio-psychologiques. Après 1945, la question identitaire est devenu une ques-tion de confrontation à l’atrocité, c’est-à-dire un problème de constitution d’une mémoire collective « oublieuse ». L’analyse de cette dimension so-cio-psychologique nécessite la référence à certain concept inventé par la psychanalyse freudienne. Bien évidemment, le problème est toujours déjà po-litique et c’est donc la science politique qui fournit la trame de ce travail.
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Dans un premier temps, nous nous interrogeons sur le processus de construction de la nation autri-ère chienne au sortir de la 1 guerre mondiale. Les concepts de « culture nationale », de « mémoire col-lective » et d’« identité nationale » introduits dès le début de la réflexion constituent la base théorique de notre analyse. Dans un deuxième temps, on analyse l’influence de l’idéologie nationale-socialiste - à laquelle les Autrichiens ont adhéré avec enthousiasmesur la construction de l’identité nationale. On fait ici inter-venir la notion de « mémoire collective » pour souli-gner l’ambivalence du rapport entre l’identité natio-nale et la mémoire collective. Dans un dernier temps, on expose les différents attitudes politiques adoptées depuis l’affaire Wald-heim (1986) pour gérer le passé encombrant de l’Au-triche.
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