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Séquences : la revue de cinéma. No. 305, Décembre 2016

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55 pages
Ce numéro de fin d’année de Séquences met en couverture Pays. Pour ce deuxième long-métrage très attendu, Chloé Robichaud s’intéresse à l’univers de la politique et à l’affirmation de soi dans la différence. Également en entrevue, Mathieu Denis et Simon Lavoie, duo derrière le film-choc Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau, qui discutent engagement politique et héritage du printemps érable. La sortie du plus récent opus de Jim Jasmusch, Paterson, permet à Guillaume Potvin de revenir sur la filmographie de l’un des rois du indie américain. Côté documentaire, gros plan sur le film-événement Fuocoamare, par-delà Lampedusa de Gianfranco Rosi, Ours d’or à Berlin, qui décrit la catastrophe humanitaire des migrants en Europe. La section hommage s’attache à Héctor Babenco et André Melançon, entre autres récents disparus. Un retour sur la dernière édition de Fantasia et un point sur les Rencontres de Coproduction Francophone 2016 dans le cadre de Cinemania avec Guilhem Caillard, directeur général du festival, complètent le numéro.


  • Mot de la rédaction

  • 2. Festival des films du monde. Année zéro… et autres afféteries Élie Castiel


  • En couverture

  • 3. Chloé Robichaud Élie Castiel

  • 4. Pays Jean-Marie Lanlo

  • 6. Chloé Robichaud Julie Vaillancourt


  • Premier plan

  • 10. Ceux qui font les révolutions à moitién’ont fait que se creuser un tombeau Pierre Pageau

  • 12. Mathieu Denis et Simon Lavoie Pierre Pageau

  • 16. Paterson : Sisyphe heureux Jean-Philippe Desrochers

  • 18. Jim Jarmusch Guillaume Potvin


  • Les films

  • 22. Fuocoammare, par-delà Lampedusa Anne-Christine Loranger

  • 24. Les innocentes Jean Beaulieu
  • 26. Snowden Guillaume Potvin

  • 28. The Age of Shadows Pascal Grenier

  • 30. A Tale of Love and Darkness Julie Demers

  • 31. American Honey Jean-Philippe Desrochers

  • 32. L’avenir Sami Gnaba

  • 33. Le professeur de violon Jérôme Delgado

  • 34. Médecin de campagne Maxime Labrecque

  • 35. Saint Amour : Road-movie à roues libres Anne-Christine Loranger

  • 36. Sully Pierre-Alexandre Fradet

  • 37. Two Lovers and a Bear Jean-Marie Lanlo


  • Panoramique

  • 38. Fantasia 2016 Pascal Grenier

  • 39. Courts métrages et Documentaires Luc Chaput

  • 40. We Are the Flesh Jean-Marie Lanlo

  • 41. Les cinémas francophones ouest-africains (1990-2005) Charles-Henri Ramond

  • 41. Les téléséries : L’historicitédes communautés imaginaires Luc Chaput

  • 42. Curtis Hanson [1945-2016] Luc Chaput

  • 42. André Melançon [1942-2016] Charles-Henri Ramond

  • 43. Claude-Jean Philippe [1933-2016] Charles-Henri Ramond

  • 43. Jacques Rouffio [1928-2016] Charles-Henri Ramond

  • 44. [Héctor] Babenco ... [Gene] Wilder Luc Chaput

  • 46. Kiss of the Spider Woman Jérôme Delgado

  •  

  • 47. Mise aux points

  • Cinémania

  • 48. Rencontres de Coproduction Francophone 2016

  • 50. Images de la francophonie Élie Castiel


  • Étude

  • 53. Abbas Kiarostami Élie Castiel

  • 54. Kiarostami Hanieh Ziaei

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LES CINÉMAS FRANCOPHONES OUEST-AFRICAINS|LES TÉLÉSÉRIES : L'HISTORICITÉ DES COMMUNAUTÉS IMAGINAIRES
OE N 305|NOVEMBRE - DÉCEMBRE 2016|61 ANNÉE|5,95$
MATHIEU DENIS SIMON LAVOIE CEUX QUI FONT LES RÉVOLUTIONS ...
MIA HANSENLØVE L'AVENIR
JIM JARMUSCH PATERSON
KIM JEEWOON , C.P. 26, Succ. HauteVille, Québec (Québec) G1R 4M8 THE AGE OF SHADOWS Séquences GIANFRANCO ROSI FUOCOAMMARE
CINEMANIA RENCONTRES DE COPRODUCTION FRANCOPHONE 2016
Envoi de publication, enregistrement no 7957, No de la convention 40023102
WWW.REVUESEQUENCES.ORG
Chloé Robichaud
Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeauAu Québec nous > n’avons eu que des révolutions trop tranquilles Mathieu Denis, Simon Lavoie > Le Québec peut-il retrouver un militantisme qui lui fait trop souvent défaut?
ÉTUDE
EN COUVERTURE :Paysde Chloé Robichaud
Paterson> Sisyphe heureux Jim Jarmusch > À contre-courant
4
GROS PLAN Fuocoammare, pardelà Lampedusa> Existences en parallèle |Les innocentes> Des femmes et des dieux Snowden> De l'humanitaire à l'humain |The Age of Shadows> Chasse aux espions
12
22
Pays> L’art du contre-pied Chloé Robichaud > « J’adore parler de l’affirmation desoi dans sa différence… »
CRITIQUES A Tale of Love and Darkness> Grandeur et misère du sionisme |American Honey > Le goût des autres |L’avenir> Vivre sa vie |Le professeur de violon> La Belle musique et la Bête injustice |Médecin de campagne > Rat des villes, rat des champs |Saint AmourRoad-movie à roues libres | > Sully > De la simulation vers la vie |Two Lovers and a BearEn > fusion avec le Nord
50
30
EN COUVERTURE
PREMIER PLAN
LES FILMS
18
48
SOMMAIRE
CINEMANIA
Festival des films du monde année zéro… et autres afféteries
2
MOT DE LA RÉDACTION
MISE AUX POINTS [Une sélection des films sortis en salle à Montréal]
RENCONTRES DE COPRODUCTION FRANCOPHONE 2016 CINEMANIA… lieu d’échanges et de transformations
41
46
PANORAMIQUE
ABBAS KIAROSTAMI Un « cinéscope » intergénérationnel
54
SALUT L’ARTISTE HOMMAGES Curtis Hanson > 1945-2016 | André Melançon > 1942-2016 | Claude-Jean Philippe > 1933-2016 | Jacques Rouffio > 1928-2016 | [Héctor] Babenco… [Gene] Wilder Flashback posthume Kiss of the Spider Woman> La parole aux dissidents
IMAGES DE LA FRANCOPHONIE Diversité de tons, de styles et des espaces territoriaux
Paterson
SÉQUENCES305| NOVEMBRE – DÉCEMBRE 2016
42
40
RECENSIONS Lescinémas francophones ouestafricains (19902005)| Les téléséries . L’historicité des communautés imaginaires
MANIFESTATIONS Fantasia 2016 > Compétition internationale | Courts métragesetdocumentaires|Coupdeur:WeAretheFlesh> L’enfer est à nous
2| MOT DE LA RÉDACTION
année zéro… et autres afféteries isons-le sans ambages : pour l’auteur de ces lignes, l’année 2016 est, jusqu’à D présent, déplorable. Mais revenons aux choses qui nous préoccupent en matière de cinéma. Si le Festival des films du monde s’est avéré récemment un véritable fiasco, allons jusqu’à diretsunamiculturel, c’est en partie à cause de son PDG qui insiste depuis des années, quelles que soient les conditions économiques, à mener à biensonfestival. Et pourtant, force est de souligner qu’il avait créé il y a 40 ans un événement cinématographique majeur qui situait Montréal comme la plaque tournante cinématographique du Canada (et par défaut, du Québec). Que s’est-il passé entre hier et aujourd’hui ? Manque de transparence ? Refus ou impossibilité de renouveler un public vieillissant ? Hégémonie dans les affaires administratives ? Manque de leadership dans la programmation ? Absence de relève ? Tout cela à la fois ? Mais Serge Losique est-il le seul coupable dans cette affaire qui nous attriste grandement ? Les médias n’ont pas été toujours tendres envers lui (et vice versa), chacun se pressant à lui jeter la première pierre. Certains ont été si lapidaires qu’il aurait mieux fallu tout arrêter d’un coup. Entretemps, Toronto a profité pour se tailler une place, aujourd’hui, enviable et particulièrement insaisissable. Depuis de nombreuses années, grâce aussi aux gestes pas souvent adroits des subventionnaires gouvernementaux, le FFM a reculé jusqu’à devenir une ombre de lui-même. Ma relation avec cet événement a été l’occasion d’essayer (avec l’aide d’autres collègues) comme on dit en bon québécois, de remettre le festival « sur la map ». Sur ce plan, j’éviterai les détails internes. Malheureusement, nous n’avons pas réussi, car l’autocratie a un nom et elle se manifeste le plus souvent aux mauvais moments. Ce qui est important de savoir est que Montréal a perdu sa fierté ciné-matographique : fermetures de salles, distribution hésitante, (et pourtant) manne de sorties hebdomadaires, alors qu’une bonne partie de ces films finissent par se « casser la gueule ». Et un public obsédé par les réseaux sociaux et le cinéma-maison. e Ne faut-il pas profiter, en 2017, du 375 anniversaire de notre métropole bien-aimée pour lui redorer le blason et lui remettre ses lettres de noblesse en matière de cinéma ? Toronto est fort, mais n’oublions pas que « impossible n’est pas français ! » Et le FFM dans tout cela : une place honorifique à M. Losique puisqu’il a créé, à l’époque, un événement majeur faisant l’envie du reste du Canada; du sang neuf (pas nécessairement en rapport avec l’âge, une autre obsession du Québec) dans la programmation et un nombre de films raisonnables et surtout gérables. Mais le plus important, s’assurer d’avoir les deniers nécessaires au bon fonctionnement de l’événement. Le milieu du cinéma doit contribuer pour que Montréal retrouve sa lueur d’antan. Serge Losique a eu tort sur plusieurs facteurs, et malgré les apparences, il en est conscient. Mais il n’est pas le seul dans cette histoire. Il s’est souvent mouillé, parfois maladroitement, tandis que les autres regardaient passivement le navire couler. À bon entendeur, salut ! Élie Castiel Rédacteur en chef
Photo : SÉQUENCES305| NOVEMBRE – DÉCEMBRE 2016
Conseil d'administration :Yves Beauregard, Élie Castiel, Mario Cloutier, Martine St-Victor, Odile Tremblay Directeur de la publication :Yves Beauregard Rédacteur en chef :Élie Castiel | cast49@sympatico.ca Comité de rédaction :Luc Chaput, Charles-Henri Ramond Réviseur :Maximilien Nolet Ont collaboré à ce numéro :Jean Beaulieu, Jérôme Delgado Julie Demers, Jean-Philippe Desrochers, Pierre-Alexandre Fradet, Sami Gnaba, Pascal Grenier, Maxime Labrecque, Jean-Marie Lanlo, Anne-Christine Loranger, Pierre Pageau, Guillaume Potvin, Julie Vaillancourt, Hanieh Ziaei Correspondants à l'étranger :Anne-Christine Loranger (Allemagne), Pamela Pianezza (France) Design graphique :Simon Fortin – Samouraï Tél. :514 526-5155 |www.be.net/samourai Directeur marketing :Antoine Zeind Tél. :514 744-6440 |azeind@azfilms.ca Placement publicitaire :Élie Castiel Tél. :514 598-9573 |cast49@sympatico.ca Comptabilité :Josée Alain Conseiller juridique :Dave Tremblay Impression :TC.Transcontinental Interglobe Distribution :Disticor Tél. :1-800-668-7724 Rédaction et courrier des lecteurs :Séquences, 1600, avenue de Lorimier, bureau 41, Montréal (Québec) H2K 3W5 Les articles publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Séquences n’est pas responsable des manuscrits et des demandes de collaboration qui lui sont soumis. Malgré toute l’attention apportée à la préparation et à la rédaction de cette revue, Séquences ne peut être tenue responsable des erreurs techniques ou typographiques qui pourraient s’y être glissées. Administration, comptabilité et anciens numéros :s’adresser à Séquences, C.P. 26, Succ. Haute-Ville, Québec (Québec) G1R 4M8 Tél. :418 656-5040 Fax :418 656-7282 revue.capauxdiamants@hst.ulaval.ca Tous droits réservés e ISSN-0037-2412Dépôtlégal:4trimestre 2016 9782924354216 Dépôtlégal:Bibliothèque et Archives Canada Dépôtlégal:Bibliothèque et Archives nationales du Québec Séquences publie six numéros par année. Abonnements :Josée Alain C.P. 26, Succ. Haute-Ville, Québec (Québec) G1R 4M8 Tél. :418 656-5040 Fax :418 656-7282 30 $ (tarif individuel taxes incluses pour 1 an) 55 $ (tarif individuel taxes incluses pour 2 ans) 46 $ (tarif institutionnel taxes incluses pour 1 an) 75 $ (tarif individuel États-Unis pour 1 an) (tarif outremer pour 1 an)100 $ Séquences est membre de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP)www.sodep.qc.caElle est indexée par Repère, par l’Index des périodiques canadiens et par la Fédération Internationale des Archives du Film (FIAF) et son projet P.I.P. Séquences est publiée avec l’aide du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts de Montréal et du Conseil des Arts du Canada.
4| CHLOÉ ROBICHAUD
L’ART DU CONTRE-PIED
Après avoir signé un premier film qui avait grandement fait parler de lui dans les médias en raison d’une sélection officielle à Cannes (Sarah préfère la course»), Chloé Robichaud revient sur le devant de la scène cinéphile avecUn certain regard , dans la section « Pays. A priori antiSarah(le film était en grande partie focalisé sur l’univers personnel d’une héroïne),Payss’intéresse principalement à trois femmes qui jouent des rôles plus ou moins clés sur l’échiquier des relations entre le Canada et une petite île imaginaire. Pourtant, Robichaud semble avec ce film affirmer certaines des caractéristiques qui contribuaient à faire la force de son œuvre précédente : importance du cadre, attention portée à ses actrices principales, humour omniprésent. Elle va même plus loin: son goût pour le contrepied, déjà perceptible avec Sarah, devient ici évident. JEANMARIE LANLO
ne discussion entendue dans la salle du Palais Montcalm U de Québec après la projection dePays en ouverture du FCVQ est amusante : « On dirait quand même un peu un téléfilm... C’est vrai que visuellement, c’est un peu plate. » Nous ne savons pas si cette réflexion reflète l’opinion de la majorité des spectateurs, mais elle est intéressante carPays nous apparaît tout le contraire ! L’attention constante portée au cadre, incluant la quasi-obsession pour les lignes droites à l’intérieur de l’image dont fait preuve Robichaud, est si aveuglante qu’elle attire presque trop l’attention du spectateur amateur d’image et de composition. D’un encadrement de fenêtre à une arête d’immeuble, en passant par un mur de briques ou un poteau dans le paysage,
SÉQUENCES305| NOVEMBRE – DÉCEMBRE 2016
tout semble faire du visionnement dePays un jeu pour cinéphile que l’on pourrait nommer « chercher la ligne droite » (même un rocher sur une plage est fendu en deux de manière rectiligne !). Le décalage entre la remarque restituée en début d’article et notre perception graphique du film est saisissant… et il n’est peut-être pas totalement anodin. Le premier plan se consacre aux personnages (c’est peut-être le sens de la remarque formulée par les spectateurs anonymes, même si l’attention soignée que porte Robichaud à ses protagonistes éloigne à l’évidence son film du tout-venant télévisuel), alors que l’arrière-plan joue avec les formes. D’emblée, la réalisatrice nous offre deux lectures antinomi-ques de son film. Elle ne s’arrête cependant pas là, puisquePays
Photo : Un jeu pour cinéphile que l'on pourrait nommer « chercher la ligne droite »
8| CHLOÉ ROBICHAUD
est propulsée dans le monde des grands, elle a des idéaux, est un brin naïve, mais c’est une belle naïveté et elle est confrontée au jugement, à l’idée que les gens se font d’elle. Je ne pense pas que ce soit anodin que j’aie écritPays, après tout ce qui s’est passé avecSarah préfère la course. J’ai été moi-même catapulté dans le milieu cinématographique québécois pour le meilleur et pour le pire. Aujourd’hui, il s’est installé un calme en moi et je pense aussi que c’est ce qu’on ressent à la fin avec Félixe; elle retire une belle expérience de tout ça.
Macha Grenon dansPays
Le milieu du cinéma demeure plus masculin, même si davantage de femmes émergent. Estce plus difficile d’être prise au sérieux en tant que jeune femme cinéaste, surtout avec un film qui aborde des sujets politiques sérieux ? Ce n’est pas tant le fait d’être prise au sérieux…Mon âge, c’est peut-être parce que je vieillis, mais on m’en parle moins… Mais, je réalise que le fait que je sois une femme… J’étais à Toronto et il n’y a pas une entrevue où on ne m’en parlait pas et c’était la même chose dans le temps pourSarah…Au TIFF, Anne Émond et moi on a fait une entrevue ensemble et on a constaté toutes les deux à quel point c’était quelque chose qui revenait. On a conclu que tant qu’on va nous poser cette question-là, il continue d’y avoir un problème, car un homme ne se fait pas poser la question à savoir s’il va parler de personnages masculins… Je sais que les gens veulent bien faire en disant «on va encourager un cinéma qui fait parler les réalisatrices femmes». Ils sont fiers de dire que X festival a présenté X films réalisés par des femmes, ce qui est bien, mais à un moment donné, faut faire attention de ne pas non plus les mettre à part. Éventuellement, on n’aura plus à dire ça, je le souhaite, ça va être: on présente ce film, point. Et le débat sera, je le souhaite, terminé, car on aura progressé, mais je me rends compte que la question est encore très vive.
Et il y a un parallèle avec la politique. Félixe veut changer les choses, en restant fidèle à ses convictions et sans nécessairement répondre aux attentes d’une fille en politique ou d’une femme en société. Elle n’est pas « politically correct ». Comment faire pour changer les choses en politique — ou socialement — si les jeunes aux idées nouvelles doivent
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constamment se conformer à celles déjà préétablies ? Idéalement, ça va être de chercher le plus possible à ne plus se conformer. J’ai rencontré différents politiciens de différentes générations et on m’expliquait que les politiciens de 45 ans et plus sont effectivement plus dans la façade; on ne démontre pas les émotions, il y a une pudeur. Chez les générations des Gabriel Nadeau-Dubois de ce monde, Mélanie Joly ou même Justin Trudeau — qui demeure quand même assez jeune — la tendance est à s’exprimer, parler de ses émotions. Ça va être correct de verser une larme en public. Je pense qu’en ayant ces nouveaux modèles, ça peut inspirer les prochains qui rentrent en politique à essayer le plus possible d’être fidèles à eux-mêmes. Mais je me rends bien compte que la politique reste un jeu et il faut faire attention quand on embarque dans le jeu, de ne pas se transformer et de ne pas oublier pourquoi on était là au départ.
Danston style cinématographique, on ressent ta signature d’auteur, deSarahàPays. Une écriture filmique qui s’inscrit dans l’observation, la réflexion, les regards, où les silences sontéloquents. On ressent la solitude émotive des personnages en ce pays isolé. À certains égards, ton style me rappelle celui de Léa Pool. D’ailleurs, tu la remercies au génér?ique. Estce une de tes influences Oui vraiment !Emportemoiest un film qui m’a bouleversée pour plein de raisons. Je suis son cinéma et je pense qu’elle est aussi très inspirante, car elle s’est tracé son chemin et à l’époque, ilétaitencore moins commun d’avoir des femmes à la réalisation. Elle est venue me voir lors du montage dePays, car on se croisait souvent à la boîte de post-prod où l’on était. Elle était très intriguée par le film et elle m’a donné ses commentaires et c’était vraiment très apprécié et généreux de sa part. Pour moi, c’est très touchant de dire que mon cinéma te fait penser au sien.
DansPays, la musique semble parfois davantage éloquente que les mots et les dialogues. Par exemple, lorsque Félixe chanteUne sorcière comme les autresd’Anne Sylvestre, chanson féministe, ou encore lors du processus de médiation, la musique jazz accentue la mascarade du processus. Pour toi, la musique estelle un lieu d’expression privilégiée ? Toujours et j’écoute constamment de la musique, c’est une de mes sources d’inspiration. J’écoutais beaucoup de jazz pendant l’écriture du scénario. Je pense que le rythme du jazz me faisait penser aux échanges de médiation dans le film. Le côté improvisé. Aussi, la nostalgie, le côté un peu rétro de cette île figée dans le temps; la musique allait bien l’accentuer. J’aime que ma musique soit placée pour donner l’information ou passer une émotion précise. Mais j’hais lorsqu’on tapisse complètement un film de musique, car j’ai l’impression qu’on masque les choses. J’aime quand la musique est en symbiose avec la mise en scène, le personnage, son état, ou encore celui du paysage, dans le cas dePays.
En 2014, tu as réalisé la série WebFéminin / Féminin. Est ce que tu abordes créativement de la même façon la différence de format/média, ou alors estce pour toi une contrainte, un défi ?
10|PREMIER PLAN
Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau
Au Québec, nous n’avons eu que des révolutions trop tranquilles En 2011 le filmLaurentie, de Mathieu Denis et Simon Lavoie, est apparu comme un « objet cinématographique non identifié ».Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeauest clairement une sorte deLaurentie «» etPrise 2 aussi, un objet filmique rare. Les deux auteurs ont repris et prolongé le questionnement amorcé en 2011, mais avec beaucoup plus d’amplitude cinématographique. PIERRE PAGEAU aurentieavait de nombreux ingrédients qui le rendaient très Il s’agit d’un film complexe, avec une grande variété d’in-provocateur, susceptible de susciter de nombreux débats, grédients : de vraies archives (visuelles ou audio),des citations Linédits et percutants, de la chorégraphie, etc. Il fallait cela pour ce qui ne fut pas le cas, à l’image d’un Québec amorphe. littéraires, du récitatif, différents cadrages, des choix musicaux Ce nouveau film,Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau, va-t-il réussir ce pari correspondre au projet démentiel de peindre encore une fois une et vraiment susciter des débats ? Le personnage principal de société en manque de repères. Au cœur du projet se trouvent les Laurentierévoltés (expression de Claude duJe suis Louis Després, j’ai 28 ans. : « se présentait ainsi Chat dans le sac) de 2012 Je ne sais pas qui je suis. » On avait bien l’impression de retrouver qui s’insurgent contre la hausse envisagée des frais de scolarité. unChat dans le sacLes réalisateurs tournent leur attention sur une cellule de quatre de l’an 2000, qui dépeignait un jeune profondément affecté par le sort de sa société. Le film valait par personnages encore plus révoltés et prêts à poser des gestes ré-son contenu, mais aussi, autant sinon plus, par ses choix formels, volutionnaires. Ils envisagent des formes de terrorisme pour faire comme ses 27 longs plans-séquences. Ce genre de choix formel passer leur message. Ce faisant, ce film ne peut que nous rap-est encore bien visible dansCeux qui font les révolutions àpelerCorbo (de Mathieu Denis, 2015), dans lequelune action moitié n’ont fait que se creuser un tombeau.terroriste, comme lancer des bombes, cause des morts, ce qui
SÉQUENCES305| NOVEMBRE – DÉCEMBRE 2016
Photo : Une cellule de quatre personnages prêts à poser des gestes révolutionnaires
tournage en nous disant qu’on voulait échapper à des forces du marché du film qui tentent de nous standardiser, de standardiser le film, aussi bien pour la durée que le contenu. On se fait dire par tout le monde que plus de trois heures, c’est inacceptable. Mais, nous voulions faire un film libre, mais pas complaisant. Alors on ne s’est jamais dit qu’il fallait faire trois heures. D’ailleurs, il faut savoir que le film était beaucoup plus long au départ. SL :Oui, on a coupé au montage, on a resserré. On avait quatre heures et quart de film au départ et maintenant on a 185 minutes. C’est ahurissant de voir que 95 % des films québécois font entre 85 et 105 minutes. Les films n’appellent pas tous ce genre de durée-là.
AvecLaurentievous aviez voulu faire un film plus long, et un film choral ? Alors, estce ici une façon de vous reprendre ? SL :Oui, c’est vrai.Laurentiese nommaitC’est donc ça nos vies. Et c’était un scénario complètement démentiel de 250 pages. MD :246 pages. Il y avait quatre personnages principaux, comme dans ce film. Mais, ils avaient chacun leur trame narrative et cela s’enchevêtrait très fortement, ici et là. Mais, faute de moyens, on s’était concentré sur un seul personnage. Nos moyens étaient minimes, genre 35 000 $ en tout. Alors on avait fait en sorte de pouvoir tourner le film avec ces moyens. SL :Le film est tourné en 11 jours. Pour ce film-ci, on avait un peu plus de confort. MD :Je ne sais pas si on doit le qualifier de « confort ». (rires) On l’a fait pour une « poignée de dollars de plus » (rires).
Le travail en équipe ? Comment cela fonctionne pour vous ? MD :On avait la chance d’avoir déjà éprouvé la chose, d’avoir travaillé ensemble.
Photo :Ceux qui font les révolutions...
MATHIEU DENIS, SIMON LAVOIE |13
SL:Dès l’université, nous avons collaboré sur plusieurs films. Mathieu a monté nombre de mes films. MD :Techniquement, c’est assez simple. On élabore un squelette de scénario. Chacun fait une moitié. Puis on s’échange les moitiés, et par un travail de dialogue critique on en arrive à un produit final. On réécrit la moitié de l’autre. SL:Ce travail en duo pour l’écriture est assez connu et fréquent. Mais, pour le travail de réalisation, il fallait plus s’entendre. Pour les 25jours de tournage, il faut mieux s’organiser. MD :Ce qu’il faut c’est qu’il y ait une formule claire où il y a un interlocuteur central, clair, qui décide vraiment. Il ne faut pas que quelqu’un vienne nous questionner cherchant sa propre réponse. Unétait interlocuteur pour une moitié des scènes et l’autre pour l’autre moitié. On est toujours là tous les deux.
Et?pour le montage MD :On a aussi collaboré. Mais puisque je suis monteur de tier, j’ai fait plus de travail. Il serait odieux qu’il y ait une troisième roue au carrosse. Il ne faut pas quelqu’un entre nous deux, puisque toutes les décisions se font à deux, à l’unanimité. Il faut savoir, par ailleurs, qu’on est très critique l’un pour l’autre. SL:C’est un film qui est une « prise de parole ». On articule un propos qui est complexe, ambigu. On ne sentait pas la nécessité que quelqu’un vienne nous dire quoi faire. Contrairement àLaurentieil y avait 27 coupes et où le travail de montage était plus facile, ici il y avait beaucoup de travail de montage. Au début, Mathieu a commencé puis j’arrivais avec un peu de recul. Même si Mathieu est officiellement le monteur du film, j’arrivais avec mon recul et on a terminé le montage ensemble. Pour ce film, il y avait au moins 400 coupes. Des questions de structures se posaient. Lorsqu’on tournait, on voyait bien que le film aurait pu aller dans mille directions. C’était très éclaté, il y avait des milliers de décisions à prendre.
C’est la structure musicale qui crée la forme révolutionnaire du film ? MD : Oui, par exemple dans l’ouverture, et dans l’intermède, on voulait révolutionner. Mais on voulait aussi se référer à des façons de faire du cinéma classique; l’Ouverture et l’Intermède existaient dans ce cinéma, alors pourquoi ne pas les reprendre. Le film fait référence à l’Histoire du cinéma; comme avec l’utilisation du Super 16 ou avec des vieux objectifs soviétiques. SL :Cela crée des effets au niveau de la perception et du ressenti pour le spectateur. On voulait que pendant que cinq minutes (les premières), on soit dans le noir à écouter comme une musique expérimentale et qu’on se recueille. Puis l’intermède a une autre texture musicale. Sans parler de toutes nos citations; des citations « à la Jean-Luc Godard ». C’est un procédé qu’on avait déjà utilisé et expérimenté avecLaurentie.
Qu’estce que vous avez demandé à votre directeur de la photographie ? MD :Ce qu’il faut d’abord dire c’est qu’on a repris le même directeur photo que pourLaurentie,Canniccionni, et pour moi, Nicolas c’était une première. Avec Nicolas on a eu envie de poursuivre dans la voie deLaurentie,dans la mesure où nous allions filmer en Super
SÉQUENCES305| NOVEMBRE – DÉCEMBRE 2016
14| MATHIEU DENIS, SIMON LAVOIE
16 mm. À l’époque, on avait donc filmé en pellicule. Mais, pour ce film, on a réalisé que ce serait impossible de le faire en pellicule. On a été confronté à cette décision. Il fallait la revoir, pour des raisons de budget, mais aussi pour des raisons de facilité de tournage. Néanmoins, plusieurs images documentaires du film ont été tournées en Super 16 mm et format intimiste de 1:66. Pour des raisons formelles, on a évalué que le tournage en numérique allait nous ouvrir de nouvelles possibilités. On voulait expérimenter, mais on a voulu aussi retrouver des éléments filmiques du passé du cinéma. SL :On a eu une déception de ne pas tourner en pellicule. On rêvait de tourner encore un tout dernier film en pellicule. On avait peur de se retrouver avec le même matériel technique qui sert pour la publicité ou pour les téléséries. Qu’est-ce qu’on peut faire pour casser ce formatage, cette standardisation visuelle ? On a cherché.
Laurentie MD : Ce : comment demeurer idéaliste film pose la question ? Quandest-ce qu’on va troploin ? Ou pas assezloin ? Quandest-ce qu’on reste fidèle à nos idées ? Quand est-ce que, même en tentant de rester fidèle, on est perverti ? Au Québec, on vit ce paradoxe. Au Québec, la « Révolution » est tranquille; quand on fait un référendum pour s’affirmer et on laisse tomber, on dit Non. Quand une nouvelle génération, comme en 2012, va dans la rue et dit : « Le monde du futur, c’est le nôtre et on le voit différent du vôtre », on ne leur donne pas la parole. On ne leur donne pas le droit d’exister et parler. SL :Et pire encore que cela, on va les rabrouer très fortement MD :Le passé détermine d’une certaine façon les actions du présent. Quand des mouvements sont constamment rabattus et découragés, qu’est-ce qu’il faut pour, qu’une fois dans notre histoire, on aille au bout de nos idées !? Et le terrorisme devient nécessaire ? SL :Les gens de Toronto ont parlé du terrorisme parce que pour eux, il faut situer le film dans une mouvance plus large. Mais pour nous, on ne pensait pas à l’État islamique ou quelque chose d’équivalent. Cela résonnait dans notre esprit, mais on se référait vraiment aux événements de 2012 au Québec et des contrecoups de ce Printemps-là. MD : Le lien que je peux voir, c’est que le film arrive dans la foulée d’un grand nombre d’événements terroristes ailleurs dans le monde, en particulier en France. Nous avons écrit le scénario bien avant ces événements. Il y a un lien que je vois : c’est qu’après des événements comme ceux du Printemps érable, il y a deux voies; ou bien il y a une résignation, ou il y a une colère qui s’accumule. Et cette colère peut exploser. Ainsi en France ce sont des Maghrébins qui se révoltent et ils sont bien des citoyens de seconde zone. SL :Il y a une troisième voie aussi, un peu malheureuse. On peut retourner la violence contre soi-même, comme le suicide. L’image d’Hubert Aquin dans le film va dans ce sens. Cela est très répandu au Québec. Il y a la reddition et la radicalisation, oui, mais il y a, malheureusement, une troisième voie : celle de la colère contre soi, d’une forme d’autoflagellation, la honte de soi.
C’est pour remédier à cela qu’on a cherché. MD : C’est pourquoi on a multiplié les manières de montrer et raconter. Ce film est un excès. Il y a des images d’archives, du YouTube, des personnages qui récitent des poèmes, il y a de la danse. On a donc voulu des cadrages de 16:9, mais en se servant de vieux objectifs soviétiques, des Lomo. On a fait quelque chose qui ne doit pas se faire : un objectif anamorphique qui a un capteur 16:9, ce qui donnait un cadrage très large, style Cinemascope; ceci au lieu du classique 2:39. On a voulu ce format très large pour avoir [des] tonalités très poétiques. Avezvous fonctionné par instinct pour ces choix du cadrage ? SL :Oui, on fonctionnait aufeeling, à l’instinct. C’était exaltant de fonctionner comme cela. On ne s’est pas trop trompé. Au montage, il n’y a eu que quelques changements. On a triché pour quelques cadrages, mais pas souvent. MD :On voulait aussi que ces changements ne soient pas systématiques. Il fallait que ce soit organique. Le 1:66 a quelque chose de plus chaleureux, surtout en gros plan. Ainsi on a un long mouvement de caméra qui prend tout le groupe et il fallait que cela soit en grand format, juste avant les archives de Jack Kerouac. Alors que la scène du souper de famille, qui n’est pas avec des relations chaleureuses, alors on a pris le 3:56. Au cœur du film, il y a Jeunesse et Révolution. Pourquoi et comment reprendre ce thème qui était au cœur deLaurentie? MD :Je pense que l’on en revient toujours au fait qu’il est difficile de demeurer idéaliste. On a fait un film sur l’idéalisme. Le monde tente de nous forcer à rentrer dans le rang, quand on essaie d’en sortir. C’est exactement ce qui est arrivé aux contestataires du Printemps érable. On leur a tapé sur la tête en disant : « Vous osez nous dire quoi faire comme société, qu’on a tort, et vous osez prendre la parole». SL :C’est un monde qui veut nous amener à toutes les compromissions; le milieu du cinéma lui aussi. On voulait peindre des jeunes idéalistes. On essaie nous aussi d’être des cinéastes idéalistes et radicaux. Cela s’inscrit dans la suite deLaurentie, comme un contrepoint. On était dans le même état d’esprit et [dans] la même approche, libre. Il y a des thématiques que l’on voulait aborder encore.
SÉQUENCES305| NOVEMBRE – DÉCEMBRE 2016
16|JIM JARMUSCH
Paterson Sisyphe heureux Présenté en première québécoise à la sixième édition du Festival de cinéma de la ville de Québec,Paterson, douzième long métrage de fiction de Jim Jarmusch, saura déstabiliser même les plus ardents admirateurs du cinéaste. Bien que ce film ne soit pas radicalement différent des autres œuvres déjà atypiques du réalisateur deBroken Flowers(2005), son rythme particulier et le minimalisme très assumé de son récit risquent d’en dérouter plus d’un. JEANPHILIPPE DESROCHERS près avoir filmé les rues du Detroit quasi post- dont on aperçoit la photo sur le mur du bar que fréquente apocalyptique des années 2010 dans son film précédent, quotidiennement le protagoniste, y a grandi et mentionne la ville A Only Lovers Left Alivedans son célèbre poème(2013), Jarmusch s’intéresse ici, Howl. Jack Kerouac, écrivain-phare de la avec le sens inouï du lieu qu’on lui connaît, à Paterson, petite ville Beat Generation et grand ami de Ginsberg, parle aussi de la ville américaine au passé ouvrier. Car Paterson est non seulement le dans son roman culteOn the Road. D’emblée, Jarmusch propose nom du personnage principal du film, c’est aussi celui de la ville donc une intertextualité, un dialogue entre son film — et plus dans laquelle il travaille. Troisième ville de l’État du New Jersey, largement le moyen d’expression que constitue le cinéma —, et elle fut jadis une plaque tournante de l’industrie du textile. On le la littérature américaine. sent très bien dans certains plans qui dévoilent les murs de brique Depuis le début de sa carrière, il s’intéresse aux divers moyens de bâtiments d’autrefois qui servent maintenant de hangars aux de transport : trains, automobiles, taxis, etc. Cette fois-ci, son autobus, ou à la vue de l’ancienne usine située près du pont qui personnage conduit l’autobus de la ville. Comme c’est souvent le surplombe la rivière Passaic et la chute de Great Falls. cas chez le cinéaste, les moyens de transport servent de prétexte La ville de Paterson a également son importance dans la pour filmer l’errance : particulièrement celle de ses personnages, littérature américaine. Natif de la région, le médecin William qui renvoie à l’errance de ses récits minimalistes. Jarmusch se sert Carlos Williams, parallèlement à sa pratique, écrivait de la de ce cadre pour mettre de l’avant ses préoccupations d’ordre poésie. Son poèmeThis Is Just to Sayd’ailleurs récité dans  est philosophique, voire métaphysique, et spirituel. DepuisGhost le film. Williams a publié, entre 1946 et 1958, un cycle poétiqueDog: The Way of the Samurai(1999), le réalisateur teinte ses de cinq recueils sous le titre dePatersonrécits de philosophies et de spiritualités orientales. En ce sens, on. Allen Ginsberg,
SÉQUENCES305| NOVEMBRE – DÉCEMBRE 2016
Photo : Du yin au yang, la complémentarité du couple