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Un regard de Haute-Bretagne

De
218 pages
Laurent Beuchée évoque dans ce livre les faits et anecdotes qui ont jalonné son parcours d'élu local et d'exploitant agricole. C'est son attachement au monde rural et son goût du partage qui l'ont poussé à écrire ce recueil fait de pensées, d'interrogations, rassemblant ses convictions et ses doutes sur notre société et sur la vie.
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L’auteur évoque dans ce livre les faits et anecdotes qui ont Laurent Beuchéejalonné son parcours, un peu comme un journal, avec plus de
souplesse. Ceci donne une trace de son cheminement et de
la vie rurale. C’est un peu ses mémoires où il nous fait part
de ses réfl exions et nous livre un regard sans complaisance
sur notre société et sur la vie. À la fois un recueil de pensées,
d’interrogations et de suggestions, ce livre n’est pas une
recette de vie, ni une autobiographie, c’est plus une invitation Un regard
au dialogue, au partage. Une sorte de grand hall où sont
rassemblés ses convictions et ses doutes. Pour les découvrir,
il faut rentrer à l’intérieur de celui-ci et en parcourir les rayons. de Haute-Bretagne
Une enfance à la Roche aux Fées
« Puisque le temps qui passe ne revient pas,
vivons le présent en pensant à l’avenir. »
Né à la veille de la Seconde Guerre mondiale au pays de la
Roche aux Fées, Laurent Beuchée a été élu local pendant
trentesept ans et responsable professionnel agricole à l’échelon
départemental et national. C’est son attachement au monde
rural qui s’exprime au travers de ce livre.
ISBN : 978-2-343-05033-1
19,50 €
Rue des Écoles / Récits
Laurent Beuchée
Un regard de Haute-Bretagne
Rue des Écoles / RécitsUN REGARD
DE HAUTE-BRETAGNE Rue des Écoles

Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux
personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique,
politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction
(romans) et des textes autobiographiques.


Déjà parus

Lemaître (Vincent), Risques salés, 2014.
Micaleff (André), Heimat, 2014.
Michelson (Léda), Les corps acides, 2014.
Leclerc du Sablon (Françoise), Derrière la seizième porte, 2014.
Nicole-Le Hors (Jacqueline), La croix ou la bannière, 2014.
De l’Estourbeillon (Hubert), La Cité des hauteurs, 2014.
Coutarel (Colette), Promenade romantique à Pôle Emploi, 2014.
Baillet (Dominique), L’absence, 2014.
Zelwer (Charles), Face au miroir sans reflet, 2014.
Flouzat (Denise), Le journal d’E, 2014.
Barraux (Roland), La bicyclette de Hong Kong, 2014.
Lecomte (Emmanuelle), Lafi, récit de vie au Burkina, 2014.





Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre
chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée
sur le site www.harmattan.fr Laurent Beuchée
Un regard
de Haute-Bretagne
Une enfance
à la Roche aux Fées
récit © L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05033-1
EAN : 9782343050331DÉDICACE
A Marie-Thérèse, à nos enfants et petits-enfants,
je dédie ces quelques pages.
A tous ceux qui me sont proches, à ceux que j’ai rencontrés
et avec qui j’ai eu plaisir à travailler, je redis mon amitié.PRÉFACE
Agriculteur retraité, Laurent Beuchée a passé toute sa vie
dans le milieu rural auquel il est très attaché. Engagé dans le
syndicalisme agricole à vocation générale, il a très tôt opté
pour la défense et l’organisation de la production laitière
au niveau départemental et national. Président de l’Institut
de l’Elevage pendant dix ans, il y a découvert la rigueur
et l’intérêt de la recherche appliquée et fondamentale ainsi
que la grande diversité des situations régionales.
Parallèlement, il a été élu local pendant trente-sept ans,
dont vingt-cinq ans maire de sa commune et quinze ans
président d’une communauté de communes de vingt-neuf
mille habitants.
Dans ce livre, il nous confe ses idées, ses doutes, les
interrogations de son parcours personnel et sa réfexion
dans le but de nous les soumettre, autant pour nous les
faire partager que pour construire avec le lecteur un
modèle d’avenir. Rédigé dans un style agréable et clair, cet
ouvrage est une réfexion approfondie et sans concession
sur les principaux questionnements qui ont accompagné
la vie professionnelle, familiale et l’engagement public
de l’auteur : les différentes étapes de la vie, la famille et
3ses valeurs, la vie dans la société et ses implications sur
la morale, sur la politique, sur la religion, la notion de
bonheur…
Ces réfexions s’appuient sur son vécu particulièrement
riche, qu’il nous dévoile avec modestie, presque avec
pudeur, à travers de nombreuses anecdotes, judicieusement
choisies tout au long de son histoire personnelle. Ces
anecdotes, présentées avec simplicité et souvent avec
humour, sont autant d’exemples qu’il utilise pour illustrer
l’évolution de la société qu’il a connue et dont il analyse
les forces et les faiblesses avec lucidité et pertinence. Plutôt
que de limiter son propos au seul récit d’une vie, Laurent
Beuchée élargit son propos aux sujets d’actualité qui
interrogent notre société (éducation des jeunes, évolution
des valeurs morales, de la notion de travail telle qu’elle
est perçue aujourd’hui, environnement…). Ceci l’amène
à formuler des souhaits, voire à faire des propositions sur
l’avenir de la profession agricole et plus largement de la
société dont il accepte les transformations actuelles, tout en
rappelant l’importance des valeurs fondamentales qui ont
permis sa spectaculaire évolution, notamment au sein du
monde rural.
L’ouvrage est riche de citations variées pour appuyer ou
pour expliquer le propos. C’est un véritable recueil de
pensées qui débouchent sur de multiples conseils et sur des
propositions pour construire un avenir basé sur le bon sens,
4le raisonnable, le consensuel et la tolérance, mais aussi
sur l’esprit d’entreprendre, le risque mesuré, le respect du
partenaire ou de l’interlocuteur et la confance en l’avenir.
Ce sont là, autant de valeurs que Laurent Beuchée a mises en
œuvre et appliquées tout au long de sa carrière au service de
l’agriculture, de ceux qui s’y consacrent et plus largement
de ses compatriotes. C’est un message d’optimisme qu’il
leur adresse à la lecture de cet ouvrage.
Pierre THIVEND
Ingénieur agronome
Directeur honoraire d’Agrocampus Ouest
5« IL M’EST ARRIVÉ DE PENSER CELA »
Né au Pays de la Roche-aux-Fées à la veille de la seconde
guerre mondiale, j’ai eu la chance de connaître une
époque de grands changements et de progrès. Nos enfants
en connaissent une également et nos petits enfants en
connaîtront une aussi.
« Dans les vingt prochaines années, vous verrez plus de
changements qu’il n’y en a eu depuis un siècle… », écrit
Dennis Meadows, physicien américain. On n’arrête pas la
recherche ! Mais est-ce que ce sera également une période
de progrès ?
Je n’ai pas envie de raconter ma vie, mais j’éprouve le besoin
d’écrire ce que je ressens, ce que je pense, de le partager.
J’ai classé ce livre par thèmes ou centres d’intérêt ; certaines
notes sont transversales, d’autres non. Est-ce un jeu ou un
exutoire ? Je n’en sais rien.
Depuis mon adolescence, j’ai souvent noté mes réactions,
mes réfexions, mes doutes par rapport à la vie et à la
société ainsi que quelques faits, anecdotes ou citations qui
me paraissent intéressantes ; un peu comme un journal mais
avec moins de rigueur. Ceci donne indirectement une trace
de mon cheminement.
7Ce n’est pas une recette de vie, ni une autobiographie,
même si cela peut y ressembler pour partie ; c’est un regard
sur la vie, une invitation au dialogue. Ces quelques pages
peuvent être assimilées à des Mémoires.
Dans ces quelques lignes, tout peut être partagé, tout peut
être contesté, à vous de choisir.
Ce livre est à mettre entre toutes les mains, il peut être
avalé d’un seul trait. Vous pouvez également vous ménager
quelques poses si vous le souhaitez ou firter avec le texte.
Si vous partagez ces quelques notes et si par hasard quelques
unes d’entre elles vous aident à avancer plus facilement sur
le chemin de la vie ou à nourrir votre réfexion personnelle,
elles n’auront pas été complètement perdues.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Laurent
8PARTIE I
LA VIEJEUNESSE
La maison où je suis né a connu mes grands parents. Elle
a vu naître mon père. Ce n’est pas un château mais elle est
belle et harmonieuse. Si vous voulez la découvrir, choisissez
le chemin et allez jusqu’au bout. Elle vous attend, sa porte
est ouverte.
Elle a su s’adapter avec le temps. Ses fenêtres sont
devenues plus nombreuses et elle s’est dotée d’un escalier pour
être plus spacieuse mais elle a su garder son équilibre. Ses
matériaux du pays, bois de chêne et pierres de Sainte Croix
(schiste pourpre) n’ont pas vieilli. Ils ont gardé leur
fraîcheur et leur beauté. Un grand chêne, plusieurs fois
centenaire, perché sur un bout de talus la protège quand le soleil
prend de la hauteur.
Lorsque les oiseaux chantent au printemps, elle ouvre ses
fenêtres pour nous faire partager la vie qui renaît autour
d’elle. En été, elle baisse ses rideaux pour nous garder de la
fraîcheur et mieux nous accueillir. Quand arrivent les pluies
d’automne qui ruissellent sur les vitres de ses fenêtres, la
mélancolie nous envahit, elle nous fait penser à un bateau
qui glisse sur l’océan ou rêver à je ne sais quel pays lointain
dont nous aurions la nostalgie.
11Avec l’hiver, elle fait du feu dans sa cheminée pour nous
réchauffer et nous éclairer de ses fammes qui dansent au
rythme des histoires que l’on se raconte en famille ou entre
amis.
J’ai gardé un souvenir inoubliable de ces soirées familiales
quand j’avais une dizaine d’années. Nous étions rassemblés
au coin du feu, autour de châtaignes grillées arrosées avec
du cidre. Elles étaient belles, bien dorées, elles étaient
bonnes et puis c’était une occasion unique pour faire état de
nos petits problèmes ou soucis.
Lorsque la fatigue n’était pas trop grande et qu’il n’était pas
trop tard, Papa dessinait des personnages avec un charbon
de bois sur la plaque de fonte. C’était le moment idéal pour
laisser libre cours à ses pensées et faire des confdences « au
coin du feu ». Parmi celles-ci, j’en ai retenu une « Si tu veux
que ton sillon soit droit, attache ta charrue à une étoile ».
Les veillées de Noël de cette époque sont restées très
présentes dans ma mémoire. Nous allions à pied, en famille,
pour partie à travers champs à la soirée théâtrale donnée au
bourg par des jeunes de la commune. Ensuite, c’était les
trois messes de minuit, qui duraient près de deux heures.
Retour à pied parfois en chantant, il ne faisait pas toujours
très chaud mais nous étions impatients de découvrir une
orange dans notre chaussure bien cirée ou notre sabot que
nous avions mis au coin de la cheminée avant de partir à la
soirée ; parfois il y avait un cadeau !
12Nous n’étions pas riches mais nous étions heureux. Je ne
dirais pas c’était le bon temps car la vie était dure. Je souhaite
simplement que nous sachions préserver la mémoire de ces
moments de grande communion, de complicité, ces temps
forts qui font le bonheur et qui soudent une famille.
Cette maison a une âme qui a façonné la mienne. Elle a
été construite pour accueillir la vie et la protéger, c’est la
maison de mon enfance.
L’enfance, c’est l’âge où l’on veut être grand comme ses
parents. L’adolescence, c’est l’âge où l’on veut être différent
de ses parents, personne n’y échappe. L’âge adulte, c’est
l’âge où l’on devient soi-même, tout le monde n’y arrive pas.
Etant gamins, nous allions avec mon frère cadet à l’école
du village à pied. Une partie du parcours se faisait à travers
une prairie. Sur le premier tronçon de celui-ci, il y avait
à l’emplacement de chaque pied une dalle (pierre plate
posée au sol), on l’appelait un « pas », puis nous passions
un ruisseau « le ricordel » sur une grosse planche fxée
aux rives à chaque extrémité. Ensuite nous traversions
un deuxième pré par une « rote » sur une cinquantaine de
mètres environ.
Au printemps, quand l’herbe était haute, maman passait
devant nous avec un balai de genêts pour faire tomber la
13rosée et éviter ainsi que nous ayons les pieds trempés toute
la journée. A la limite du pré, il y avait une brèche, dans
la haie, que nous empruntions pour accéder au champ.
Là, nous longions cette haie sur trois cent mètres et nous
laissions ensuite nos sabots sales chez un voisin, puis nous
poursuivions avec des chaussures propres les deux tiers du
chemin restant par la route départementale. Une chaussée
faite de terre et de pierres mélangées. Au retour, c’était tout
naturellement l’exercice inverse.
Un matin, notre plus proche voisine est partie très tôt avec
un cheval et sa calèche faire des courses au bourg. Quelle
aubaine, elle nous prit au passage avec son fls quelques
années plus âgées que nous. Un vrai bonheur d’être bercé
dans le fond de la voiture et d’arriver comme des princes
avant l’heure à l’école, et sans le moindre effort.
Le départ en vacances a toujours été pour les enfants un
moment d’euphorie. Le dernier soir d’école, avant les
grandes vacances, avec mon ami Jean-Marie, ne sachant
comment manifester notre joie : « vive les vacances !.. »,
nous décidons de jouer aux palets. Un vrai caprice, on savait
à peine jouer ! Peu importe, nous allons voir la dame où
j’échangeais mes chaussures matin et soir et sans détours
nous lui demandons une planche et des palets. La dame
amusée, nous regarde avec un large sourire, puis après un
moment d’hésitation part et revient avec une planche et des
palets mais, oh surprise, avec un bonbon pour chacun de
14nous. Je crois qu’elle s’était encore plus amusée que nous,
tant notre demande a dû lui paraître insolite. Ce n’est pas
nouveau les désirs, les incartades des enfants sont souvent
imprévisibles.
La vie est tellement longue que je n’en vois pas les limites.
(En 1954 j’ai pensé cela ! Il est permis de changer d’avis...).
Vivre intensément sans penser à demain ! Ce sont bien
souvent nos parents qui nous font penser au lendemain, à
notre avenir et nous incitent à le préparer ; sans eux nous ne
nous en soucierions pas si tôt !
Lorsque nous avions entre quinze et vingt ans, avec mon
frère cadet, nous passions beaucoup de nos soirées d’hiver
à suivre des cours de formation générale et agricole par
correspondance. Lorsque ce n’était pas le cas, notre
chambre étant commune et nos deux lits très proches,
nous parlions souvent ensemble. Je ne sais pas dire si
nos discussions étaient sérieuses ou pas, mais elles se
prolongeaient souvent.
Il arrivait que notre père nous rappelle à l’ordre « il est temps
de dormir ! ». Alors on baissait d’un ton avant de couper
le son défnitivement. Nous étions très proches. C’est sans
doute pour cela que j’ai gardé un souvenir très fort de ces
soirées de réelle complicité.
15Découvrir tout, son entourage, la vie, les désirs qui montent
en nous, le besoin d’exister, d’agir, de conquérir. Vouloir
tout tester, tout savoir et en même temps voir beaucoup de
murs, d’interdits, d’impossibles, de portes fermées. Tels
sont les contradictions et les obstacles auxquels tous les
jeunes doivent faire face. Découvrir la condition humaine et
ses limites et devoir s’engager dans la vie, la préparer. Mais
comment et pour en faire quoi, de cette vie qui s’annonce
devant nous ? Telles sont les contraintes auxquelles tous les
jeunes sont confrontés. (1955).
L’année où notre frère aîné, notre grand-frère était
« conscrit », l’usage voulait que ceux-ci, après le recensement
à la mairie du canton, aillent de maison en maison, de ferme
en ferme avec des cocardes tricolores, en chantant, faire la
fête et aussi de bonnes blagues à leur entourage. Un jour
quatre d’entre eux avaient réussi à hisser une charrue à
chevaux (les tracteurs n’étaient pas encore arrivés à cette
époque) dans un pommier ! Il fallait y penser et aussi
oser le faire. Le bouche à oreille répandit cette anecdote
surprenante et cocasse dans tout le pays. J’ai appris depuis
que ce n’était pas aussi rare que je le croyais.
Parfois, certains étaient un peu fatigués, mais ce n’était pas
dangereux car ils se déplaçaient à vélo ou à pied. Le soir, ils se
retrouvaient chez les parents de l’un d’entre eux pour manger
et danser, accompagnés d’un accordéoniste, parfois très tard
dans la nuit. Bien sûr, les flles de la classe et les voisines
16

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