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Un week-end bouleversant

De
160 pages
Cinq cent mille dollars ! Julianna est sidérée. Qui peut bien vouloir offrir une telle somme à son association caritative en échange d’un week-end passé avec elle ? C’est insensé ! Lorsqu’elle découvre l’identité de son mystérieux admirateur, Lia sent cependant une vague de panique l’envahir. Car Ben Carter est non seulement l’homme d’affaires qui cherche à racheter l’entreprise de ses parents, mais également celui qu’elle a toujours soigneusement évité – trop consciente de l’effet que son charme exerce sur elle. Cette fois pourtant, Lia le sait, pour le bien de la cause qu’elle défend, elle ne pourra pas reculer… 
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Couverture : Abby Green, Un week-end bouleversant, Harlequin
pagetitre

Prologue

Benjamin Carter était confortablement assis dans l’un des profonds fauteuils du club privé qu’il avait l’habitude de fréquenter. Il s’agissait de l’un des endroits les plus chics, les plus raffinés et les plus secrets de New York.

C’était d’ailleurs ce qui l’avait convaincu d’y organiser la rencontre au sommet dont il était l’instigateur. Face à lui se trouvaient trois des hommes les plus riches et les plus puissants de la planète.

Le cheikh Zayn al-Ghamdi était le souverain d’un pays qui détenait la troisième plus grande réserve de pétrole et de gaz de la péninsule arabe.

Dante Mancini, quant à lui, avait bâti sa fortune sur les énergies renouvelables. Les diverses entreprises qu’il détenait de par le monde étaient toutes des leaders incontestés dans le domaine du solaire, de l’éolien, de la géothermie ou des bioénergies.

En dépit de cette spécialisation salutaire pour la planète, Dante n’avait rien d’un ange : c’était un homme d’affaires redoutable. Ben avait pu le constater personnellement, quelques années plus tôt. L’affaire avait d’ailleurs laissé des séquelles et les deux hommes entretenaient des relations très tendues.

Le troisième participant à cette réunion informelle était Xander Trakas, le multimillionnaire grec qui dominait le monde du luxe. Comme à son habitude, il arborait une expression parfaitement indéchiffrable qui dissimulait une concentration sans faille et une perspicacité peu commune.

Ben lui-même n’était pas à plaindre. Il avait commencé sa carrière comme architecte. Une série de contrats profitables lui avait permis de monter sa propre entreprise de travaux publics. En quelques années, il était devenu l’un des entrepreneurs les plus riches et les plus influents de Manhattan.

Rien ne les prédisposait à se retrouver tous les quatre assis autour de la même table. Au fil des années, ils avaient accumulé assez de différends et de rancœurs pour se considérer sinon comme des ennemis, du moins comme d’inconciliables rivaux.

Se préparant à la confrontation qui les attendait probablement, Ben prit une profonde inspiration.

— Je vous remercie tous d’avoir accepté mon invitation, commença-t-il.

— Une invitation ? répéta Zayn al-Ghamdi en haussant un sourcil ironique. Convocation serait plus juste.

— Si j’avais dû attendre que nous nous mettions d’accord sur un jour, une heure et un lieu, nous serions encore en train d’échanger des mails, répondit Ben.

— Je suis vraiment curieux de savoir ce que tu peux bien avoir de si important à nous dire, intervint Xander Trakas.

— Qui sait ? ironisa Dante en faisant tourner doucement le whisky ambré que l’on venait de lui apporter. Peut-être a-t-il décidé de se retirer des affaires ?

— J’imagine que c’est au sujet de cette campagne de diffamation lancée par ce torchon ? reprit Zayn al-Ghamdi dont le regard s’était fait aussi froid et dur qu’un éclat d’obsidienne.

— C’est exact, acquiesça Ben. Ce n’est pas la première fois que nous faisons l’objet d’articles désagréables de ce genre. Mais jamais encore les choses n’avaient pris de telles proportions. Celebrity Spy nous traîne dans la boue de façon méthodique. Il ne s’agit plus seulement de ragots mais bien d’une campagne de calomnie délibérée.

— En effet, concéda Zayn al-Ghamdi. Cette mise en cause systématique de mon intégrité morale m’a déjà coûté très cher. Dans mon pays, les gens ne prennent pas ce genre de choses à la légère.

— Ce n’est pas beaucoup plus facile en Italie, remarqua Dante. L’un de mes plus vieux clients m’a récemment laissé entendre qu’il préférait travailler avec quelqu’un dont il partage les valeurs.

— Ne m’en parlez pas ! s’exclama Xander Trakas. Tout le monde semble convaincu que je passe le plus clair de mon temps à faire la fête et à dilapider mon argent. Ma crédibilité en a pris un sacré coup.

— Et la mienne ! renchérit Ben. L’une de mes meilleures amies m’a demandé si j’étais vraiment aussi odieux avec les femmes qu’on le laissait entendre dans Celebrity Spy. Elle me connaît pourtant depuis des années. Je vous laisse imaginer la réaction des gens qui ne savent de moi rien de plus que ce qu’ils lisent dans ce genre de journaux…

— Je comprends ce que tu ressens, acquiesça Zayn al-Ghamdi. Jusqu’à présent, je n’avais pas accordé une importance démesurée à toutes ces absurdités. Je me disais que Celebrity Spy finirait par se lasser et par trouver d’autres victimes. Mais récemment, on m’a laissé entendre que si ce genre de rumeurs continuait à se propager, cela risquait de compromettre les chances de mariage de ma petite sœur. Et cela, je ne peux le tolérer.

Ben acquiesça.

— Il n’y a pas que nos affaires et nos familles respectives qui risquent de souffrir de cette campagne de diffamation, reprit-il. Il y a quelques jours de cela, la Fondation Hope m’a demandé de ne plus leur verser le moindre sou. Ils ne veulent plus que leur nom soit associé au mien…

Ses trois interlocuteurs se rembrunirent simultanément. S’il y avait une chose qui les unissait, par-delà leur rivalité professionnelle, c’était leur attachement aux causes humanitaires et sociales qu’ils défendaient.

Tous quatre figuraient parmi les principaux mécènes de la Fondation Hope qui s’engageait en faveur des enfants défavorisés et finançaient de nombreux projets éducatifs de par le monde.

La convention annuelle de Hope était d’ailleurs l’une des rares occasions lors desquelles ils étaient sûrs de se retrouver. Et l’événement faisait l’objet d’une couverture médiatique qui, jusqu’à présent, s’était toujours révélée très bénéfique.

— Penses-tu qu’ils vont nous demander la même chose ? s’enquit Xander.

— C’est malheureusement probable, acquiesça Ben. Or à nous quatre, nous représentons près de la moitié du budget annuel de la Fondation. Ce sont donc des milliers d’enfants de par le monde qui vont souffrir à cause de ce maudit tabloïd.

— C’est inacceptable ! décréta Zayn.

— Pour une fois, je crois que nous sommes tous d’accord, murmura Dante.

— Toute la question est de savoir ce que nous allons bien pouvoir y faire, observa Xander.

— J’imagine que vous avez déjà réfléchi à la question et que vous êtes parvenus à la même conclusion que moi : intenter un procès à Celebrity Spy serait inutile, voire contre-productif.

Tous acquiescèrent. Une telle procédure ne ferait que renforcer la conviction de ceux qui accordaient du crédit à ces racontars.

— Il ne serait pas plus efficace de publier un démenti. Cela ne ferait que donner encore un peu plus de retentissement à toute cette histoire.

— L’un de nous pourrait racheter ce maudit journal, suggéra Xander.

— On nous accuserait de vouloir museler la presse, objecta Ben.

— Effectivement, approuva Zayn. À vrai dire, j’ai déjà considéré les différentes solutions qui s’offraient à moi dans cette affaire et je suis parvenu à la conclusion qu’il n’en existait qu’une qui puisse être efficace.

— Nous sommes pendus à tes lèvres, ironisa Dante.

— C’est très simple : il nous suffirait de nous marier.

Un silence accueillit cette suggestion inattendue.

— Tu ne plaisantes pas, n’est-ce pas ? grommela Xander.

— Pas du tout. Un tel mariage nous débarrasserait une fois pour toutes de ces spéculations absurdes. Il nous permettrait de redorer notre image et de rassurer nos clients et nos fournisseurs sur notre moralité. Ce serait même l’occasion de bénéficier d’un peu de publicité gratuite. Et puis, à nos âges, il est temps de penser à l’avenir. Nous avons tous fondé de véritables empires mais aucun d’entre nous n’a d’héritier à qui léguer ses biens, le moment venu…

— On dirait que tu as beaucoup réfléchi à la question, murmura Xander.

— Certes, concéda Dante. Mais cette proposition présente quand même une difficulté majeure.

— Laquelle ?

— Trouver une épouse n’est pas aussi simple que de choisir une nouvelle maîtresse.

— C’est vrai, renchérit Ben. Il faut que ce soit quelqu’un de confiance, quelqu’un auprès de qui on s’imagine vivre plusieurs années, quelqu’un avec qui on partage des valeurs et qui soit capable de les transmettre à un enfant…

— Tout un programme…, commenta Dante, goguenard.

— Sans compter que pour que ton plan fonctionne il faudrait qu’un tel mariage ait lieu assez rapidement, renchérit Ben. Cela me paraît pour le moins compromis.

— Pas sûr, intervint Xander, pensif.

Les trois autres tournèrent vers lui un regard interrogatif.

— Je connais peut-être quelqu’un qui pourrait nous aider à résoudre ce dilemme.

— Vraiment ? s’exclama Dante, dubitatif.

Xander hocha la tête.

— Elle a monté une agence de rencontres destinée aux gens comme nous.

— Des victimes de Celebrity Spy ? ironisa Zayn.

— Des hommes riches et influents qui ne peuvent se permettre de sortir avec la première croqueuse de diamants venue.

— Et qui est cette fille, au juste ? s’enquit Dante. L’une de tes anciennes conquêtes ?

— Cela n’a aucune importance, répondit Xander avec une pointe d’humeur. Tout ce qui importe, c’est qu’Elizabeth connaît bien notre monde. Elle possède un excellent carnet d’adresses et est fine psychologue. Si quelqu’un peut nous trouver rapidement des épouses dignes de ce nom, c’est bien elle…

— Je suis partant, déclara Zayn. Après tout, l’avantage de passer par une telle agence, c’est que si les personnes que trouve ton amie ne nous conviennent pas nous pourrons toujours décliner poliment.

— C’est vrai, concéda Ben. Nous n’avons pas grand-chose à perdre.

— D’accord, soupira Dante sans grand enthousiasme. Je ne voudrais pas être le dernier à m’attirer les foudres de Celebrity Spy pendant que vous convolez tous en justes noces. Mais très franchement, je doute que ce soit si facile…

— Comme le dit Ben, nous n’avons pas grand-chose à perdre, conclut Xander. Je vous enverrai les coordonnées d’Elizabeth dès ce soir. Et qui sait ? La prochaine fois que nous nous reverrons, ce sera peut-être pour le mariage de l’un d’entre nous ?

1.

Ben Carter se tenait face à l’immense baie vitrée qui tenait lieu de mur à son bureau. Elle offrait une vue imprenable sur Manhattan et, tandis qu’il laissait errer son regard sur ce paysage familier, il aperçut plusieurs grues frappées du logo de sa compagnie.

Pour une fois, cette vision ne lui procura aucune satisfaction. Il était bien trop préoccupé par la discussion qu’il venait d’avoir avec Elizabeth Young, la jeune femme que Xander Trakas lui avait recommandée.

Sur le moment, cette idée de mariage lui avait semblé judicieuse. Elle permettrait effectivement de résoudre le problème auquel il se trouvait confronté. Mais Ben n’était ni assez naïf, ni assez cynique pour penser que les choses seraient aussi simples.

Était-il prêt à se marier ? À passer le reste de sa vie avec quelqu’un ? À lui être fidèle ? À avoir des enfants ?

Bien sûr, il s’était toujours dit que le jour viendrait où il finirait comme tout le monde par fonder une famille. Mais l’occasion ne s’était jamais présentée. Et, à dire vrai, il n’avait rien fait pour que cela arrive…

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4eme couverture