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Point vif

de publie.net

INTRODUCTION
Pourquoi ce livre consacré à lArt de gérer son Argent? Après tout, allezvous me dire, «mon banquier est là pour me conseiller et mexpliquer ce que je dois faire» ! Certes, mais êtesvous si sûr quil mette à votre disposi tion le meilleur produit au meilleur prix ? Autrefois, placer son argent nétait pas très compliqué ; les solutions se résumaient pratiquement à « limmobi lier de rapport », au foncier (terres, forêts, domaines de chasse), à lor, aux rentes dEtat, aux livrets dépargne réglementés. Un peu de bon sens suffisait à laffaire. De nos jours, tout est devenu très complexe : linventivité des établissements financiers(les « fonds profilés », les « trackers », les fonds dits « à pro messe ») ainsi que celle des pouvoirs publics pour orienter lépargne (le Plan dépargne en actions, les FCPI qui financent les jeunes entreprises innovantes, limmobilier « de Robien ») ont rendu la matière des placements totalement ésotérique : pour comprendre et prendre la bonne décision, on doit acquérir une science ; les règles juridiques, qui étaient autrefois à peu près lisibles, ne le sont plus du tout, même pour les meilleurs avocats et les notaires les plus habiles ; la fis calité est devenue aussi changeante quincompréhen sible pour la plupart des citoyens. Laccumulation des impôts en tous genres quentraîne la dérive endémique des comptes publics a suscité lavènement de ce quon appelle « lingénierie patrimoniale » à base de montages dits de « défiscalisation » ;
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 et puis, enfin, le «marketing», cestàdire lart de présenter les choses pour séduire et vendre, a accentué les risques de « se faire avoir » en plus des pièges que recèlent en abondance tous les codes de notre système juridique et fiscal. Alors, me direzvous, «vous voyez quon ne peut que faire confiance aux spécialistes qui, eux, savent ce quon doit faire». Bien au contraire !Plus que jamais vous devez vous impliquer personnellement dans la défense de vos intérêts. Plus que jamais le bon sens et les idées simples doivent reprendre le dessus et évacuer lécran de fumée du marketing financier et de limbroglio juridicofiscal pour y voir clair dans la défense de vos intérêts. Une autre évolution doit être mise en exergue : cest ce que jappelle la « massification de lépargne ». Les éta blissements financiers, pour optimiser leurs coûts de gestion, cherchent au maximum à vendre des produits collectifs en tout genre (sicav, assurancevie, SCPI, PERP). Jy vois là une forme de menace pour le libre arbitre de lépargnant puisque ces produits de masse ont pour but de ne plus laisser aucun choix à linvestisseur. Cest lère du « prêt à placer », du « fast food » des pla cements. On étiquette loffre « retraite », « défiscalisa tion », « protection du capital » et vous navez plus quà prendre le stylo pour signer. Nestil pas étrange que les gens se donnent souvent du mal pour gagner leur vie alors que si peu cher chent à protéger et à faire fructifier au mieux le fruit de leur travail ?Cette question, je lai eue souvent à lesprit lors de discussions avec des épargnants. Je me souviens en particulier de Madeleine (je ne connais que son prénom). Janimais une émission à France Bleu le jeudi sur le thème « comment placer son argent » ; les auditeurs appelaient en direct pour poser leur question. «Ditesmoi, jai pris quelque chose qui sappelle Stratégis, 12
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cest bien comme placement». Je ne connais pas forcé ment tous les produits de tous les réseaux, aussi lui ai je demandé : «Cest quoi exactement, expliquezmoi !» Etonnée, sur un ton de reproche, elle minterpelle : «Je ne comprends pas, cest à vous de me le dire, cest vous lex pert !» Madeleine avait placé 15 000 euros sur un « quelque chose » dont elle ne savait rien. Elle voulaita posteriorique je lui confirme quelle avait bien fait. Demander à son banquier un « bon » placement, cest comme réclamer à un épicier un « bon » produit, à un concessionnaire une « bonne » voiture La comparai son est osée ! Non, pas tant que cela. Le consommateur, lui, se montre souvent exigeant sur ses choix alimen taires ou vestimentaires ; il se préoccupe de la prove nance, de la composition et de la qualité des produits quil achète ; mais, étrangement, son réflexe de vigilance est comme anesthésié lorsquil sagit de protéger son épargne. Paradoxalement, on ne décrypte souvent pas avec la même attention létiquette dun vêtement ou dune télévision que la notice dun placement. Il nest pas fré quent dentendre un client dire «je vous fais confiance» dans une boutique ou dans une épicerie alors quon sen remet couramment au professionnel pour effectuer un placement.
1. Quel expert ? Les spécialistes des placements objectent quils détien nent le savoir, de la même manière que le médecin peut vous administrer le bon traitement pour vous soigner. Ils délivrent dailleurs un «diagnostic patrimonial». «Il est dangereux de sautomédicamenter, remettezvous en à lexpert autorisé», expliqueton aux réfractaires qui voudraient garder leur pouvoir de décision.
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En vérité, cette argumentation souvent entendue relève de ce quon appelle un sophisme : la démonstration a lapparence de la pertinence mais elle défie le bon sens. Pourquoi ? Mais parce que la thérapie du médecin sou mis au serment dHypocrate et à de solides années détudes nest pas comparable au discours dun vendeur commissionné à qui lon a enseigné des rudiments de marketing en quelques mois. La gestion de patrimoine, ce nest pas cela. Même dans les grands établissements, on nest jamais sûr que le conseiller financier sollicité ait le temps et la formation globale suffisante pour vérifier que les produits propo sés sont vraiment adaptés à votre cas personnel claire ment analysé. Ne confondez pas des commerciaux avec des experts financiers et juridiques de confiance. Il existe de vrais spécialistes, certes pour les patrimoines dune certaine envergure (supérieurs à 150 000 euros environ). Certains notaires, certifiés officiellement en « spécialisa tion de gestion de patrimoine », peuvent aussi apporter une vraie qualité de conseil dans les montages adéquats et dans lorganisation des transmissions. Mais, le meilleur conseiller cest vous, cest votre bon sens, votre méfiance face à lemphase des commerciaux. Et vous verrez que lon peut faire aujourdhui bien mieux quautrefois en trouvant les vraies bonnes oppor tunités dans tout ce dédale doffres commerciales et dans ce labyrinthe juridique et fiscal. Lambition de ce guide est dêtre votre « fil dAriane » entre les bonnes et les mauvaises voies pour faire fructifier votre épargne.
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