La Méthode TI

De

Améliorer son crawl par une méthode révolutionnaire : la méthode Total Immersion. Particulièrement adaptée aux triathlètes, elle permet, quel que soit l'âge ou la condition physique, d'améliorer sa technique et son efficacité dans l'eau. Mais c'est aussi une façon d'intégrer l'entraînement dans la vie quotidienne, de choisir une voie vers l'épanouissement personnel.


Publié le : mardi 15 octobre 2013
Lecture(s) : 122
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782841412778
Nombre de pages : 300
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Contenu

  1. Chapitre 1
  2. Nager des longueurs… qui ne mènent nulle p
  3. Chapitre 2
  4. Nager mieux sans augmenter sa force ? Mais
  5. Chapitre 3
  6. Le nageur fluide
  7. Chapitre 4
  8. Réglage du moteur : utiliser la puissance
  9. Chapitre 5
  10. Du nerf ! Une façon toute neuve de s’entra
  11. Chapitre 6
  12. Les Exercices : la voie la plus rapide ver
  13. Chapitre 7
    1. Si vous le sentez bien, faites le.
    2. Pratiquez un entraînement de qualité et ri
    3. Pour une bonne pratique sensorielle: va do
    4. Éliminateurs de brasse et Crawl Golf
    5. Les éliminateurs de brasse.
    6. Le jeu de Crawl Golf
    7. ESP: comment les champions gagnent…en nage
  1. Chapitre 8
    1. Leçon 1: détendez-vous en apesanteur
      1. 1.1 Le Vol plané de SUPERMAN
      2. Les sensations que vous devez mémoriser:
      3. La « Bonne Recette » pour l’entraînement.
    2. 1.2 LA TORPILLE
      1. Les sensations que vous devez mémoriser:
      2. La « Bonne Recette » pour l’entraînement.
    3. 1.3 LA TORPILLE pivotée
    4. Les sensations que vous devez mémoriser:
      1. La « Bonne Recette » pour l’entraînement.
    5. Leçon 2: La voie du moindre effort
    6. 2.2 De SUPERMAN au SKATE
      1. Les sensations que vous devez mémoriser:
      2. La « Bonne Recette » pour l’entraînement.
    7. 2.3 SKATE AVEC MOUVEMENTS DE BRAS
    8. Leçon III: respirer facilement
    9. 3.1 La RESPIRATION simple
      1. Les sensations que vous devez mémoriser:
      2. La « Bonne Recette » pour l’entraînement.
    10. 3.2 La RESPIRATION continue.
      1. Les sensations que vous devez mémoriser:
      2. La « Bonne Recette » pour l’entraînement.
    11. Leçon IV: apprenez à nager avec votre corp
    12. 4.1 Le SWITCH simple
      1. La « Bonne Recette » pour l’entraînement.
    13. Leçon V: propulsion sans effort: le transf
    14. 5.1 Le SWING en position de SKATE
      1. Les sensations que vous devez mémoriser:
      2. La « Bonne Recette » pour l’entraînement.
    15. Pour être en forme, nagez malin!
  2. Chapitre 9
  3. Chapitre 10
  4. Chapitre XI
    1. Les Intervalles de Base: 4 façons d’utilis
  5. Chapitre XII
    1. Être prêt, vraiment prêt
  6. Chapitre XIII
  7. Les accessoires d’entraînement ?
    1. Dites simplement non aux planches
    2. Perdez la bouée !
    3. Des mains futées valent mieux que du plast
    4. Enfiler des palmes?
    5. Les bancs de natation
    6. Les extenseurs
    7. Le métronome du bassin : le tempo-trainer
    8. Les longes de natation
  8. Chapitre XIV
  9. Comment perdre ses kilos à la piscine
  10. Chapitre XV
  11. Rester fort, souple et sans blessure
  12. Chapitre XVI
  13. Vous êtes attendu par des amis…
  14. En guise de conclusion
  15. Nager en pleine conscience pour enrichir s
    1. Et maintenant, jetez vous dans le bain…
    2. exemples de programmes d’entraînement
      1. Allons plus loin: construire intelligemmen
  16. Terry Laughlin

 

Terry Laughlin

&

John Delves

 

 

 

 

 

 

La Méthode TI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Éditions L’Ancre de Marine

2, rue des 4 Moulins

27400 – LOUVIERS –FRANCE

www.ancre-de-marine.com

 

ISBN : 9782841412662

© Franck Martin – 2 013 — Louviers – France

pour la présente édition.

Tous droits réservés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lettre ouverte à ceux qui aiment nager...

 

 

Chers nageurs, nageuses, triathlètes et nageurs en herbe

 

Quelques hommes ont marqué ma vie. Terry Laughlin est sans conteste l’un eux. C’est donc un véritable honneur de pouvoir participer à la parution de son premier livre en français. Terry a passé vingt cinq ans à développer Total Immersion Swimming et continue chaque jour à faire évoluer la méthode avec une approche similaire à celle des arts martiaux, en développant la conscience des mouvements.

Grâce à ces développements tirés de l’observation des meilleurs champions mondiaux, Terry lui même est devenu champion des Etats-Unis des Masters en crawl, et ne s’est pas arrêté là. Mais TI n’est pas uniquement destinée aux nageurs de compétition ou aux triathlètes, elle s’adresse à tous ceux, jeunes ou âgés, qui veulent s’améliorer rapidement et rationnellement, et qui veulent tirer une satisfaction intense de la natation.

TI est non seulement une technique de natation cartésienne qui nous apprend à nager de façon fluide et efficace, mais aussi, et c’est peut-être le plus important, une méthode d’apprentissage adaptée à un sport éminemment complexe et technique, qui permet de mesurer continuellement sa performance et donc de donner les outils nécessaires pour progresser. Elle utilise les techniques les plus modernes d’enseignement issues de la recherche sportive.

Ce matin encore je traversais la baie de St Jean de Luz en prenant du plaisir à profiter de ces sensations de glisse et de puissance sans effort.

La nage régulière me permet d’affronter une carrière professionnelle intense et je suis devenu «addict» à TI. Le plaisir que je retire de la natation est immense et je n’ai pas une minute d’ennui à l’entrainement. Je ne me déplace plus sans mes affaires de piscine. totale immersion est maintenant une partie indispensable de ma vie.

Et pourtant je détestais le crawl : j’ai passé 42 ans à l’éviter. Je suis tombé sur TI en 2005 via Internet par un des hasards de la vie, un ami participant à l’Ironman m’avait donné envie d’essayer d’apprendre à bien nager.

Je suis ingénieur, issu d’une grande école française et j’ai mon brevet de pilote. Toute cette théorie hydrodynamique de TI avait donc du sens : si les avions volent mieux quand ils sont plus aérodynamiques, les hommes ne devraient-ils pas essayer de nager plus efficacement avec une meilleure fluidité dans un milieu qui est 55 fois plus visqueux que l’air ? Et réduire la résistance au mouvement avant d’ajouter de la puissance ?

Je suis passé par toutes les étapes : le livre, le DVD et ses leçons dont j’ai commencé à pratiquer les exercices dans des piscines parisiennes bondées. Les autres nageurs me regardaient faire mes exercices dans le bassin d’apprentissage avec un air... sceptique.

Puis un week-end de stage TI dans la banlieue de Washington, et des cours de rappel à Calgary, San Francisco, Philadephie, et à New Paltz lors de voyages d’affaires. Enfin j’ai suivi à plusieurs reprises des stages d’une semaine à Coral Springs en Floride. Les derniers m’ont appris les éléments de coaching.

Avec TI, on n’en finit pas de s’améliorer et de viser la perfection. C’était d‘ailleurs le but de Shinji Takeuchi, notre coach japonais. Il a aussi appris TI sur le tard. Pendant 2 ans, il a nagé 5 heures par nuit dans une piscine à contre-courant, filmé par 3 caméras, pour lui permettre de se corriger.

Il avait pour objectif de devenir le nageur le plus gracieux au monde. Dites moi si vous pensez qu’il a atteint son objectif : sa vidéo est d’ores et déjà la vidéo de crawl (freestyle swimming en anglais) la plus vue sur Youtube dans le monde, devant Michael Phelps et les autres champions. Allez aussi regarder la vidéo de Paul Lurie, nouvel apprenti TI à 95 ans.

Qui pourra dire qu’apprendre le crawl est hors de portée ?

L’animation de stages me permet aujourd’hui de transmettre et démontrer les principes de TI et d’en voir les effets spectaculaires, sur le nageur de crawl novice ou le triathlète. Ce dernier étant souventdésemparé par l’ épreuve de natation où la force brute n’est pas reine et l’efficacité est vitale.

TI est sans doute d’ores et déjà la méthode de la natation la plus enseignée au monde.

Déjà présente dans 29 états américains, mais aussi en Australie, au Canada, en Chine, à Dubai, à Hong Kong, en Israel, au Japon, en Malaisie, en Pologne, à Singapour, en Espagne, à Taiwan, en Turquie, au Royaume-Uni, elle est maintenant enfin traduite en français !

Mais attention, ouvrir ce livre n’est pas un geste anodin, il risque de vous contaminer et faire un vous un autre passionné de TI.

Bonne lecture !Thank you Terry !

 

 

 

 

 

 

Christophe Douat(Ecole des Mines Paris Tech, MS, MBA.) est dirigeant d’entreprise, et démonstrateur en France de la méthodeTotal Immersion.

christophetotalimmersion@gmail.com

 

Les vidéos citées dans cette Lettre ouverte sont visibles sur Internet :

 

http://www.youtube.com/watch?v=rJpFVvho0o4 ( plus de 4 millions de vues !)

http://www.youtube.com/watch?v=yYl-raGuzIE

 

Vous trouverez ces vidéos - et bien d’autres - sur le site de L’Ancre de Marine :www.ancre-de-marine.com

 

table des matières

 

Introduction : Lettre ouverte à ceux qui aiment nager

 

Chapitre 1 Nager des longueurs… qui ne mènent nulle part

Chapitre 2 : Nager mieux sans augmenter sa force ? Mais oui !

Chapitre 3 : Le nageur fluide

Chapitre 4 : Utiliser la puissance de votre crawl

Chapitre 5 : Du nerf ! Une façon toute neuve de s'entraîner

Chapitre 6: Les Exercices : la voie la plus rapide ...

Chapitre 7: Eveillez vos sens par la Pratique Sensorielle

Chapitre 8 : A l'école des poissons-nageurs

Chapitre 9 : La condition physique : comment l'obtenir

Chapitre 10: Nager sans se faire suer

Chapitre 11: Nager avec le chronomètre

Chapitre 12 : La compétition ? C'est l'entraînement…

Chapitre 13 : Les Accessoires d'entraînement ? Moins vaut mieux…

Chapitre 14: Comment perdre ses kilos à la piscine

Chapitre 15 : Fort, souple, sans blessure : l'entraînement au sec

Chapitre 16 : Avec qui nager ? Et où nager ?

 

En guise de conclusion : la natation en pleine conscience…

 

Appendice : Jetez vous à l'eau ( programme(s) d'entraînement)

 

Chapitre 1

 

Nager des longueurs… qui ne mènent nulle part

 

Pourquoi les nageurs ont-ils tant de mal à atteindre la vitesse ou la fluidité de nage qu’ils recherchent ? Il n’y a pas de mystère, la réponse est simple : ils font (on leur fait faire) tout à l’envers !

« Ne vous inquiétez pas si votre style est loin d’être parfait »assènent leurs profs, entraîneurs, coaches…

« Faites des longueurs de bassin, toujours plus de longueurs. Au fil du temps, vous deviendrez assez forts pour développer une nage plus fluide et plus puissante. »En fait, c’est l’inverse qui est vrai, mais c’est ainsi qu’on a enseigné la natation.

Jusqu’à aujourd’hui. Laissez-moi vous raconter comment j’ai découvert ce que bien nager voulait dire. Laissez-moi vous dire ce que cela représente pour celui qui préfère passer du temps à s’entraîner pour sentir son corps devenir de plus en plus rapide et de plus en plus fluide plutôt que de le sentir seulement de plus en plus fatigué. Et qui veut y arriver le plus tôt possible, aussi vite que possible.

Mais d’abord, une confession. Je suisaccroà la natation. Je quitte mon domicile à 5 heures 30 presque chaque jour pour prendre ma dose quotidienne de natation. Je m’aligne dans des compétitions en bassin et des courses en ligne, en eau libre, autant de fois que je le peux.Last but not least,je gagne ma vie en enseignant à d’autres adultes comment deveniraccroà leur tour.

Il m’est difficile de voir la vie autrement : pour moi, nager est la chose la plus amusante que l’on puisse faire, plus amusante que tout ce que l’on peut faire tout habillé. La sensation est énorme et, aussi dur qu’ait été l’entraînement, il vous laisse si rafraîchi, si plein d’énergie, qu’aucun défi de la vie quotidienne n’apparaît insurmontable.

Nommez-moi un autre sport qui vous apporte autant ! La course à pied du matin laisse des traces douloureuses pendant la journée et souvent la journée qui suit. Le vélo est très sympa, tant que le soleil brille et qu’il ne fait pas froid ou venteux. La musculation est un excellent sport, mais lorsque j’ai fini de soulever les poids, il me reste à peine assez de force pour porter mon sac de gym à la voiture.

La natation, c’est autre chose. Je me sens toujours mieux après mon entraînement qu’avant mon entrée dans le bassin. C’est ce qui rend si facile le fait de quitter un lit confortable avant le lever du jour, par un froid glacial ou une aube d’été étouffante, pour arriver à l’heure à la piscine.

Appeler la natation l’exercice idéal est peut-être exagéré… mais il vous sera difficile de trouver un meilleur prétendant au titre. La natation fait travailler plus efficacement votre cœur et vos poumons, augmente la force et l’endurance de vos muscles, améliore la souplesse, vous aide à réduire votre stress.

Et pourtant, la natation est moins nocive pour vos articulations que tout autre exercice dont la pratique augmente sensiblement le rythme cardiaque. À l’exception du ski nordique, la natation met en jeu plus de muscles que tout autre exercice. Et c’est bien le seul qui donne la sensation d’être libéré de toute pesanteur.

Fatigué de la bataille sans fin contre les blessures des autres sports aérobiques ? La pratique de la natation ne provoque pratiquement pas de blessure. Disparus, les chocs à secouer les os des sports terrestres, ce qui fait disparaître les douleurs du dos et des articulations qui infestent tant de joggeurs et de cyclistes.

L’eau est bienfaisante pour les muscles. Son effet de massage et la résistance fluide et régulière qu’elle procure éliminent une très large part des douleurs musculaires, si fréquentes dans les sports terrestres.

Le coup de chaleur est pratiquement inconnu en natation, de même que la déshydratation. L’eau est vingt fois plus conductrice de la chaleur du corps que l’air, vous pouvez donc vous entraîner durant l’été, à une intensité bien supérieure sans craindre l’hyperthermie et la déshydratation qui gênent l’entraînementterrestre.

La natation est sans discrimination : tout le monde ou presque peut faire de la natation un vrai sport pour tous. Même si votre poids, un handicap physique, une blessure, vous éloigne de la pratique d’un sportterrestre, vous pouvez, probablement, nager quand même. En fait, beaucoup d’athlètesterrestresutilisent la piscine pour retrouver la forme et la force après une blessure, bien avant de pouvoir recommencer l’entraînement dans leur sport d’origine.

Des articulations raidies par l’âge ? L’une des plus importantes raisons pour un adulte de se mettre à la natation est bien le retour de la souplesse, car ce sport améliore la mobilité articulaire plus que tout autre exercice aérobique.

Même si la natation ne peut être une fontaine de jouvence pour le cœur, il n’en reste pas moins qu’une étude, réalisée par des cardiologues et des spécialistes de la physiologie de l’effort au Health Science Center de l’université du Texas en 1988, a prouvé que des adultes sédentaires amélioraient leurs fonctions cardiaques significativement, à peine trois mois après le début d’un programme d’entraînement à la natation.

Leurs cœurs battaient plus lentement, puissamment et la circulation du sang s’en trouvait plus efficace. Les nageurs réguliers ont fréquemment des pressions sanguines plus basses, un pouls plus lent et une tolérance à l’effort plus importante que les sédentaires du même âge. Par-dessus le marché, les bénéfices aérobiques gagnés par 1 500 mètres de natation valent ceux d’une course à pied de plus de cinq kilomètres.

Du temps où je m’entraînais à l’université, rien de tout cela ne comptait. L’entraînement à la natation était une affaire simple : pour sortir du rang, il faut avaler une potion amère.

Si vous avaliez suffisamment, aussi souvent que possible, vous gagniez la course pour laquelle vous programmiez votre entraînement. Un entraînementcensévous faire souffrir, vous faire mal. Sinon, vous n’aviez aucun droit à prétendre devenir un nageur de compétition. Et lequel de nous pouvait se poser des questions, avec un cœur cognant sans cesse et des muscles douloureux, sans trêve ni repos ?

Mais le temps des questions est enfin venu. Je commençais à me les poser après l’université, au début d’un parcours de trente ans, comme entraîneur. Enfin, je pouvais voir les nageurs comme seul un entraîneur peut le faire, du bord de la piscine.

Quelle révélation ! Finalement, mes yeux se sont ouverts en observant que quelques nageurs doués étaient capables de nager extrêmement bien, sans même s’essouffler. J’ai pris en charge, en tant que coach, certains de ces nageurs doués. Et je fus abasourdi de constater qu’ils pouvaient nager si bien avec relativement peu d’effort, en les comparant à d’autres. Et cette efficacité naturelle, non leur capacité à encaisser une quantité de travail éreintante leur gardait de bonnes longueurs d’avance sur leurs rivaux, de façon permanente.

« S’agit-il d’un don naturel ou d’une qualité de nage qui peut être enseignée ? »C’est la question que je me suis posée. Trop tôt pour trancher avec certitude, mais bien des signes montraient la voie. De temps en temps, des nageurs moyens amélioraient soudainement leurs performances, dès que j’arrêtais de les écraser sous un dur entraînement pour commencer des exercices et des routines qui permettaient d’utiliser plus efficacement la puissance acquise par leur corps.

À dire vrai, j’ai pris plaisirà tricher avec le système. En enseignant à mes athlètes comment être plus efficace que leurs rivaux, je leur donnais une marge leur permettant de surclasser des nageurs qui passaient beaucoup de plus de temps à s’entraîner.

Allons, soyons honnêtes. Aussi dévoué soit-il, un coach prend peu de plaisir à passer d’interminables heures à regarder des gens aligner sans fin des longueurs de piscine monotones. En devenant unprofesseur de nageplutôt qu’un répétiteur de préparation physique, je gagnais du temps libre.

Puis, en 1988, les pièces du puzzle commencèrent à se mettre en place et le vrai secret de la réussite en natation s’éclaircit. Le destin a voulu que cette année-là, je rencontre Bill Boomer. À la suite de cette rencontre, je quittais mon statut d’entraîneur d’équipes universitaires pour travailler exclusivement avec des adultes. Dans mes ateliers de natation, je fais de si nombreuses références à Bill Boomer que certains participants finissent par penser qu’ils l’ont rencontré en personne. Bill Boomer était l’entraîneur responsable de l’équipe de natation de l’université de Rochester, proche de New York.

Dans le monde de la natation américaine, une légende entourait Boomer, propagée par d’autres entraîneurs universitaires de l’Est des États-Unis, entraîneurs dont les équipes affrontaient régulièrement celle de Rochester, sans succès la plupart du temps. Les idées de Boomer sur la natation étaient étiquetées comme radicales, sans concession, voire révolutionnaires. De toute évidence, elles méritaient d’être écoutées.

Journée mémorable que celle où Boomer prit la parole devant les coaches d’un séminaire auquel j’assistais. L’un après l’autre, les orateurs précédents avaient insisté sans discontinuer sur la façon dont ils entraînaient leurs nageurs en« développant le moteur et le réservoir de carburant »pour ainsi dire, leur imposant une telle quantité de dur travail que leur corps n’avait d’autre choix que de construire résistance et endurance.

Enfin Boomer grimpa sur l’estrade et lâcha sa bombe. Il posa une question évidente, mais qu’en vingt ans de participations à de tels séminaires ou conférences je n’avais jamais entendu poser.

« Comment enseigner à nager, pour une vitesse donnée, en fournissant moins d’effort ? »Sa réponse fut désarmante de simplicité et tout aussi radicale :« En redessinant la coque du navire ! »Après tout, nageurs et bateaux sont fort similaires. Raisonnant comme un architecte naval, Boomer avait compris qu’il était possible d’améliorer l’efficacité du dessin de lacoquedes nageurs.

Les grands constructeurs automobiles s’étaient attelés à une tâche semblable dans le design des voitures, dès que le prix du pétrole s’était envolé dans les années 70, mais personne, avant Boomer, n’avait pensé à visualiser la natation dans cette optique d’économie d’énergie pour une performance identique. Il avait apporté un œil neuf et un esprit ouvert, n’étant pas lui-même un nageur, mais ayant étudié la science du mouvement et pratiqué le coaching d’équipes de foot américain et d’athlétisme.

Il arriva dans la natation dépourvu du bagage habituel de l’entraîneur qui met l’accent sur la quantité, mais connaissant en profondeur la façon dont le corps humain exécute un mouvement donné. Ce qui lui permit de voir… ce que nous avions loupé.

Boomer ne me l’a pas répété deux fois : j’étais certain qu’il était tombé sur idée cruciale et mon travail exclusif avec des adultes me donnait l’occasion unique de tester, développer, raffiner ce principe.

Mes ateliers deTotal Immersionont mis en place une approche qu’aucun entraîneur de natation n’avait jamais essayée : enseigner une technique de natation plutôt que d’organiser des séances de travail.

D’une certaine façon, mon travail s’est rapproché de celui des professeurs de golf ou de tennis. Et ma spécialisation vers les nageurs adultes m’offrait un panel d’athlètes idéal pour développer ma méthode. Au fur et à mesure que mon enseignement devenait plus sophistiqué que« des longueurs de bassin, toujours plus de longueurs de bassin »pour se tourner vers la mise en place d’unetechnique précise, il s’avérait indispensable que les exercices les plus avancés soient praticables par des nageurs plus âgés, dont la plupart n’avaient que peu d’expérience du sport et aucune idée de ce qui les faisait vraiment avancer dans l’eau. Je n’arriverais à rien si je ne parvenais à définir comment distiller une méthode relativement complexe et avancée à travers une série d’exercices simples et logiques, que chacun pouvait mettre en pratique seul.

Obligé de sillonner les États-Unis de piscine en piscine, semaine après semaine, délivrant mon enseignement en quelques jours à un nouveau groupe de nageurs à chaque étape, ma méthode devait être facilement compréhensible, rapidement assimilée, et simple à répéter après mon départ.

Depuis ce temps, des milliers de nageurs ont fréquenté mon atelier. Mes étudiants sont également des partenaires, dans un laboratoire de recherches à long terme. Ils me disent clairement quelles instructions sont trop difficiles à comprendre ou produisent des résultats négligeables. Ils m’aident à perfectionner les techniques qui portent les meilleures promesses de résultat et ils sont, à part entière, acteurs de cette quête pour une route plus directe, plus simple, plus facile vers une meilleure nage.

Tout au long de ce chemin, j’ai appris que l’approche traditionnelle « Nage tes longueurs et tais-toi ! »n’est pas seulement inefficace, elle peut s’avérer nuisible.

Si votre façon de nager rend la natation difficile pour vous et que vous répétiez ce geste encore et encore, les yeux rivés sur la ligne noire du fond du bassin, ce mauvais geste va se dégrader de plus en plus et deviendra bien pire qu’un mauvais geste : une mauvaise habitude. Et il est difficile de rompre avec de mauvaises habitudes, même lorsque vous avez décidé de changer de style.

Aujourd’hui, il est clair que la natation ne peut être ni analysée à fond, ni enseignée correctement si l’on ne voit pas ce sport tel qu’il est :un sport d’adressecomme le golf, le tennis, voire le ski et non un sport d’endurance et de résistance comme la course à pied ou le cyclisme.

Mais il est encore plus difficile d’accepter, pour nombre de gens, que votre style est beaucoup plus influencé par la position de votre torse et de votre tronc que par l’action de vos bras et de vos jambes.

Théorie fantaisiste ? Pas du tout. Vous le découvrirez plus loin en lisant ce livre, les meilleurs spécialistes au monde de la natation ont découvert cette vérité en étudiant comment nagent les détenteurs de records du monde.

Un style aussi beau qu’efficace, la nage sans effort qu’il délivre ne sont pas la récompense inaccessible réservée aux plus chanceux qui ont reçu ce don à la naissance ou qui ont passé leur adolescence à perfectionner leur style. On peut enseigner la belle natation. Contrairement à la rumeur qui persiste encore, un style quasi-parfait n’est pas un avantage acquis à un prix écrasant.

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