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Le Paraha peue, Platax orbicularis

De
62 pages

A partir de travaux scientifiques menés par le Service de la pêche de Polynésie française (SPE) et par l'Ifremer, cet ouvrage propose un éclairage sur la biologie du Platax, son cycle de vie, le comportement mimétique de ses juvéniles, sa place dans la filière du poisson lagonaire.

Il présente les éléments novateurs: une méthode fiable d'obtention d'alevins de qualité et les perspectives de production de poissons de taille commerciale avec un référentiel d'élevage sécurisé. Ces résultats ont permis d'amorcer un transfert de savoir-faire vers la profession, essentiel au bon développement de l'activité. Les aquaculteurs, les environnementalistes, les aménageurs et toutes les personnes curieuses de pisciculture tropicale trouveront un intérêt à ce travail, ouvrant sur des perspectives de développement durable.


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couverture
 

Le Paraha peue

 

Platax orbicularis

 

 

Biologie, pêche, aquaculture et marché

 

 

Éric Gasset et Georges Remoissenet

 

 
© Éditions Quæ, 2011
ISBN : 978-2-7592-1733-5
ISSN : 1952-1251

Éditions Quæ

RD 10

78026 Versailles Cedex, France

www.quae.com

Le format ePub a été préparé par Isako www.isako.com à partir de l'édition papier du même ouvrage.

Table des matières

Préface

Remerciements

Introduction

1 - Bases biologiques

Description morphologique

Répartition géographique et bathymétrique

Reproduction - stades larvaires et post-larvaires dans le milieu naturel

Cycle de reproduction des poissons récifaux

Morphologie et comportement des alevins de Platax

Alimentation dans le milieu naturel

2 - Aquaculture et marché

Aquariologie

Marché des poissons lagonaires en Polynésie

Sélection de P. orbicularis pour la pisciculture

Données technico-économiques

3 - Reproduction en captivité

Constitution des stocks de reproducteurs

Productivité et qualité des pontes

Induction et reproduction artificielles

Sex-ratio, dimorphisme sexuel pondéral

4 - Production d’alevins en écloserie et grossissement en cages

Développement morpho-anatomique et production larvaire

Performances biologiques (croissance/alimentation/charge)

Qualité de la chair et transformation

Conclusion

Références bibliographiques

Glossaire

Sigles & acronymes

 

Préface

Synthétiser les connaissances acquises sur une espèce aquatique pour les rendre accessibles au plus grand nombre est toujours un travail long et délicat mais lorsqu’il s’agit d’une espèce que l’on cherche à domestiquer pour en faire un produit d’aquaculture, l’exercice devient indispensable. Éric Gasset est arrivé en poste au centre Ifremer du Pacifique, en Polynésie française, en 2006, avec déjà une longue expérience en pisciculture. Le challenge était assez clair : réussir la domestication du Platax orbicularis pour en faire l’espèce phare attendue pour le développement d’une filière piscicole polynésienne. Bien que les recherches en pisciculture tropicale aient connu dans le passé de bons résultats sur le plan scientifique et technique à Tahiti, la phase de développement d’une véritable filière piscicole n’a jamais été atteinte. Le choix d’espèces exogènes, le problème du foncier en bord de mer, les coûts de production, la rentabilité économique sont quelques-uns des problèmes difficiles à résoudre avec des espèces pas forcément très prisées par le consommateur polynésien habitué à capturer, le plus souvent lui-même, de délicieux poissons sauvages dans les lagons.

Le Service de la pêche et de l’aquaculture du ministère des ressources marines de la Polynésie française (SPE), conscient du potentiel aquacole du pays, ne ménage pas ses efforts depuis de nombreuses années pour favoriser la création de cette filière piscicole, potentiellement créatrice d’emplois. Les collaborations étroites avec l’équipe scientifique du centre Ifremer du Pacifique à Vairao ne datent pas d’hier ! C’est un véritable partenariat qui a conduit les agents du SPE et de l’Ifremer à fusionner dans une équipe mixte engagée vers un objectif commun : favoriser l’émergence d’une filière piscicole rentable en Polynésie française. Cet objectif nous renvoie quelques années en arrière, après de nombreux tests et analyses de diverses espèces, c’est finalement le Paraha peue (Platax orbicularis) qui sera choisi. Espèce locale, devenue rare dans les lagons polynésiens compte tenu de la qualité de sa chair, très recherchée sur le marché local, avec une croissance particulièrement rapide (1 kg en 1 an environ), ce poisson est assurément un des meilleurs candidats pour cette filière, pour peu que son cycle d’élevage puisse être maîtrisé par nos spécialistes !

C’est justement la prouesse réalisée par l’auteur, Éric Gasset et ses collègues du SPE : Moana, Vaiana, Rarahu, Thierry, Alexandre, Sylvain… avec le soutien quasi quotidien de Georges Remoissenet (responsable de l’aquaculture au SPE) et l’assistance de l’équipe logistique du centre Ifremer. En quelques années, cette équipe a fait passer le Platax orbicularis du statut d’espèce sauvage à la biologie peu connue, au statut de poisson piscicole au cycle d’élevage parfaitement maîtrisé. Au-delà de cette aventure scientifique et technique réussie par une équipe de jeunes Polynésiens motivés à laquelle l’auteur, Éric Gasset, a apporté toutes ses compétences et toute son implication, l’aventure du Paraha peue est aussi celle d’un bon exemple de synergie positive entre le pays et l’État, et qui aboutit aujourd’hui au lancement d’une véritable filière piscicole, porteuse d’espoir pour le développement économique et la création d’emplois en Polynésie française. Cet ouvrage nous révèle les connaissances et quelques-unes des étapes qui ont permis de domestiquer cette nouvelle espèce pour l’aquaculture polynésienne.

 

Marc Taquet

Directeur du centre Ifremer du Pacifique

 

Remerciements

Au terme de ce travail, les auteurs tiennent à adresser leurs remerciements aux institutions de la Polynésie française et de l’État, pour leur soutien continu, apporté au projet de mise au point et de développement de l’aquaculture du Platax :

• le ministère en charge des ressources marines de Polynésie française ;

• le Haut-Commissariat ;

• le Service de la pêche ;

• la direction régionale de la Recherche et de la Technologie (Pierre Mery) ;

• la délégation à la Recherche de Polynésie française (Tea Priscille Frogier).

Un grand merci aussi à l’ensemble des relecteurs (Marc Taquet, Marielle Thomas, Béatrice Chatain, Yannick Guéguen, Jean-Claude Falguière, Gilbert Dutto, Cyrille Pryzbyla, Sylvie Gasset).

Un merci sincère à tous les scientifiques (chercheurs et techniciens) de l’Ifremer, du Service de la pêche et des autres organismes (comme le Criobe) qui ont collaboré à ce projet de R & D, sans oublier Édouard Lehartel, propriétaire de la ferme Bora-Bora Aquaculture qui a été le premier à nous fournir plusieurs géniteurs de Platax orbicularis, contribuant ainsi au développement du programme.

Enfin, Éric Gasset tient à remercier tout particulièrement Denis Covès et Dominique Buestel pour la confiance qu’ils lui ont témoignée tout au long de cette aventure polynésienne.

 

Introduction

En 2011, la contribution des produits aquatiques dans la consommation humaine de protéines animales avoisine celle des porcs et est très supérieure à celle des ruminants. En trente ans, elle a évolué de 6,5 kg à 13,8 kg par personne et par an. L’aquaculture est devenue un secteur essentiel à l’apport nutritionnel avec un taux de croissance annuel mondial moyen de 11 % au cours de la dernière décennie et la fourniture de près de 50 % du poisson consommé.

Dans le Pacifique, et plus particulièrement pour l’ensemble des pays insulaires de la Polynésie, l’augmentation de la consommation de produits de la mer par la Commission du Pacifique Sud est estimée à 12,5 % entre 2010 et 2030.

Depuis 2004, les importations de produits marins pour l’alimentation humaine en Polynésie française sont devenues largement supérieures aux exportations. L’aquaculture (pisciculture et crevetticulture en particulier) semble pouvoir apporter une réponse à ce déséquilibre.

Platax orbicularis est l’espèce emblématique sur laquelle est basé le développement de la pisciculture en Polynésie française. Ce choix a été guidé par le fort potentiel économique de l’espèce dû à sa raréfaction et à sa notoriété sur le marché local du poisson lagonaire. Des travaux de R & D, menés conjointement par le Service de la pêche de Polynésie française (SPE) et l’Ifremer, se sont focalisés sur l’acquisition des connaissances et du savoir-faire pour la maîtrise zootechnique et sanitaire de l’élevage de ce poisson. La mise au point d’une méthode, fiable et reproductible, et d’un référentiel d’élevage sécurisé va rendre possible la production d'animaux de qualité. Ces paramètres vont permettre d’entrer dans la phase de transfert du savoir-faire à la profession, essentielle au bon démarrage d’un développement durable de cette activité.

L’ouvrage informe sur la biologie du genre Platax dans le milieu naturel, le cycle de vie particulier de ces poissons récifaux et le comportement mimétique des juvéniles. Il présente la filière du poisson lagonaire (pêche et marché) en Polynésie et laisse entrevoir le fort potentiel de cette aquaculture nouvelle.

Enfin, ce livre fait un tour d’horizon du savoir-faire unique acquis en termes de maîtrise d’élevage de cette espèce dont les seules connaissances concernaient jusqu’à présent quelques rares essais réalisés en aquariophilie.

1

Bases biologiques

Le poisson-lune (Platax orbicularis, Forsskål, 1775), nommé poule d’eau ou poisson chauve-souris orbiculaire en français et Batfish par les Anglo-Saxons, est un perciforme qui appartient à la famille des Ephippidae. Cette famille compte sept genres dont les plus connus sont Chaetodipterus et Platax. Le genre Platax nom vernaculaire français généralement utilisé par les plongeurs et les aquariophiles, se caractérise en particulier par une large distribution géographique dans les trois océans. Il est composé de cinq espèces : Platax orbicularis, P. batavianus P. boersi, P. pinnatus et P. teira. Différentes appellations locales sont reportées dans le tableau 1, dont l’appellation polynésienne « Paraha peue ».

 

Tableau 1.Différentes appellations locales de Platax orbicularis (© Ifremer, Éric Gasset).

Nom commun

Zone géographique

Poule d’eau

Île Maurice

Circular batfish/Puna

Îles Salomon

Copper batfish

Fidji

Round batfish/Muna

Indonésie

Feuille de Palétuvier/Peka Peka

Nouvelle-Calédonie

Paraha peue

Tahiti

Pe’ape’a

Samoa

Description morphologique

Platax orbicularis est un poisson gracieux qui se reconnaît à l’âge adulte par sa forme arrondie (du latin orbicularis), haute et comprimée (du grec platos) qui évoque celle d’un disque pouvant atteindre jusqu’à 60 centimètres de diamètre (FAO, 2001). Sa robe a une couleur dominante argentée et se caractérise par deux...

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