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Will & Patrick rencontrent la famille ( se réveiller mariés : épisode 2)

De
170 pages

Rencontrer sa belle-famille est éprouvant pour n’importe quel nouveau couple. Mais pour Will et Patrick, les moments un peu gênants en famille n’en deviennent qu’hilarants – et pénibles – quand ils doivent cacher la vérité sur leur situation aux personnes qu’ils chérissent le plus.

Ajoutez la tension sexuelle qui règne entre eux, les inconfortables rencontres avec le tout récent ex de Will, un papa poule mafieux, et un espion de la mafia les filant autour de Healing, dans le Dakota du Sud, et vous avez la recette parfaite pour des rires effrénés, et de surprenantes sensations qui font chaud au coeur.


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Gay
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Publié par

JUNO PUBLISHING

19 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 92100 Boulogne-Billancourt

Tel : 01 39 60 70 94

Siret : 819 154 378 00015

Catégorie juridique 9220 Association déclarée

http://juno-publishing.com/

 

 

 

Will & Patrick rencontre la famille

Copyright de l’édition française © 2017 Juno Publishing

Copyright de l’édition anglaise © 2015 Leta Blake & Alice Griffiths

Titre original : Will & Patrick Meet the Family

© 2015 Leta Blake & Alice Griffiths

Traduit de l’anglais par Flora Guillemin et Jade baiser

Relecture française par Valérie Dubar

 

Conception graphique : Dar Albert


Tout droit réservé. Aucune partie de cet ebook ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :

http://juno-publishing.com/


ISBN : 978-2-37676-029-0

Première édition française : Juillet 2017

Première édition : novembre 2015

 

Édité en France métropolitaine

 

 

 

 

 

Table des matières

Avertissements

Remerciements

Dédicace

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

À propos des Auteurs

Résumé

 

 

 

 

 

 

 

Avertissements

 

 

 

Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.

Cet ebook contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.

 

 

 

 

 

Remerciements

 

 

 

Les auteurs souhaitent exprimer leur gratitude et leur appréciation à Vanessa North pour ses commentaires et ses conseils, et à Keira Andrews pour une correction rapide et minutieuse. Merci à Jenn pour les informations sur le diabète. Leta souhaite remercier ses amis et sa famille pour leur soutien sans fin. Alice souhaite remercier Leta d’avoir été une merveilleuse partenaire d’écriture et pour tous les fous rires. Leta aimerait remercier Alice pour la même chose. C’était génial !

 

 

 

 

Dédicace

 

 

 

Cette série est pour les Girls Who Cried Havoc et consorts pour célébrer la communauté d’écrivains en herbe dans laquelle nous nous sommes joyeusement fait les dents et avons exercé notre créativité.

 

WILL & PATRICK

RENCONTRENT LA FAMILLE

Se réveiller mariés

Volume 2

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Leta Blake & Alice Griffiths

 

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Chapitre 1

 

 

 

 

Patrick n’aurait jamais pensé qu’il devrait un jour rencontrer des beaux-parents. Il préférerait plutôt manger des cerveaux de yak, visiter la Russie en hiver ou s’immoler. D’accord, peut-être pas s’immoler. Mais il serait partant pour les hivers russes ou les cerveaux de yak si cela pouvait le sortir de là.

Alors que Will parle beaucoup trop fort à sa mère au téléphone, Patrick a de plus en plus l’impression que sa merveilleuse sieste va être écourtée.

— Euh, qu’as-tu entendu ? demande Will, se grattant nerveusement derrière l’oreille. Maman, maman, calme-toi. Tout va bien.

Il y a un long silence.

— Oui. Mais ce n’est pas ce que tu crois ! Eh bien, si. Mais je ne suis pas en danger. Tout va bien. Ce n’est rien de tel.

Patrick enfonce sa tête sous l’oreiller. Les mères inquiètes sont fatigantes.

— Ryan ? Bien sûr qu’il est venu te rapporter cela.

Une autre pause.

— Maman, mes chiffres sont bons. Je me teste. Je vais bien. Oui, oui, vraiment. Maman, je ne peux pas te donner de détails au téléphone.

Patrick grogne.

— Ce n’est pas Le Parrain, rappelle-t-il à Will qui le fusille du regard.

— Maman, te souviens-tu de ces règles qu’Owen nous a expliquées lorsque j’ai touché l’héritage des Molinaro ? Tu sais, au sujet de l’argent qui m’a servi à fonder Good Works ? Eh bien, disons que c’est une bonne chose que mon mariage avec Patrick soit conforme à chacune d’entre elles, car j’ai reçu un gros bouquet de félicitations de la part des Molinaro le lendemain.

Roulant sur le dos, Patrick soupire. D’accord, c’est un peu comme Le Parrain. Il espère que la population équine de Healing ne va pas perdre la tête.

— Écoute, pouvons-nous parler de cela plus tard ? demande Will. Oui, d’accord.

Il raccroche et redresse les épaules.

— Lève-toi. Tu dois rencontrer ma famille.

Ils font le trajet chez la mère de Will en silence. Les sièges sont chauffés et la voiture est chaude. On entend doucement les cantiques de Noël à travers les haut-parleurs. Patrick se demande s’il va souffrir d’un TSPT après ce traumatisme. Il se rappellera toujours avoir été piégé dans l’enfer du Dakota du Sud chaque fois qu’il entendra des grelots.

La BMW est agréable, mais Patrick ne peut pas s’empêcher de faire des critiques.

— Une berline de la série 6 ? Vraiment Will ? Est-ce que tu essaies de ne pas trop paraître comme un gosse de riche ? Si c’est le cas, cela ne fonctionne pas.

Will ne dit rien.

Patrick hausse les épaules.

— Je préfère la 650i, mais chacun ses goûts.

— J’ai deux petites sœurs et un petit frère, d’accord ? Parfois, j’aide en les conduisant où ils veulent aller. Malgré ce que tu penses, je ne fais pas que m’amuser dans la vie.

Patrick lève ses mains en signe de reddition. Will est de toute évidence sur les nerfs, et Patrick ne peut pas lui en vouloir. Il n’y a rien de tel que le sentiment nerveux de ramener chez sa mère un inconnu avec lequel on a couché pour le présenter comme son tout nouveau mari.

— J’aurais pu rester à l’hôtel, tu sais.

— Non. Cela aurait été suspicieux. Les Molinaro se seraient demandé pourquoi je n’étais pas fier de te présenter.

La voix de Will est crispée.

— Il y a de quoi être fier ! Je suis brillant, beau, doué au lit et tu es fou amoureux de moi. Alors, courage, cow-boy. Tu vas y arriver.

Will ricane.

— J’aurais aimé que tu sois amoureux de moi.

— Je te demande pardon ?

Le cœur de Patrick fait une embardée dans sa poitrine.

— Non.

Will repousse ses mots de la main avant d’agripper à nouveau le volant.

— Je veux simplement dire que j’ai toujours imaginé que cela serait différent. Je pensais que si je me mariais, ce serait avec Ryan, ou au moins avec un homme qui est aussi fou de moi que je le suis de lui. Pas… pas ça.

Patrick hausse les épaules et se dit que Ryan n’aurait jamais rempli cette condition de toute façon.

— Oui, ça craint pour toi.

— Je pense que ça craint également pour toi, Patrick.

— De ne pas être amoureux de toi ? Nan. Jusque-là, cela m’a bien servi. D’après ce que je comprends, ça va rendre cet éventuel divorce sacrément plus facile.

— Tu sais ce que je voulais dire.

Will ne sourit même pas.

Patrick ouvre la boîte à gants, regarde à l’intérieur et le referme en soupirant.

— Quoi ?

— Il n’y a que le mode d’emploi à l’intérieur.

— Et alors. Qu’est-ce que tu espérais y trouver ?

L’estomac de Patrick gargouille et Will lève les yeux au ciel.

— Non, laisse-moi deviner. Une petite épicerie qui sert des sandwichs chauds et des frites.

Patrick laisse échapper un petit sourire.

— Un paquet de fruits secs, des M&M’s, des bonbons à la menthe, ou même un flacon de glaçage ferait l’affaire. Surtout avec ton diabète.

— J’ai mon kit d’urgence ici, dit Will en tapotant le compartiment entre les deux sièges.

— Il contient une piqûre de glucagon ?

— Bien sûr.

— Eh bien, tu devrais avoir des barres protéinées. Ou des pots de beurre de cacahuète. Et de l’eau. Est-ce que tu as de l’eau ? Tu devrais avoir de l’eau.

— Dans le coffre. C’est dingue ce que tu es autoritaire.

— J’ai aussi faim.

— Tu es un puits sans fond, et je refuse de continuer à t’approvisionner.

Patrick hausse les épaules.

— Comme je le disais, la nourriture me réconforte. Ne dénigre pas mon mécanisme de survie. Tu devrais toi-même en utiliser des meilleurs.

Will lui lance un regard narquois.

— Quoi, boire des litres d’alcool pour faire face aux tracas de la vie ne t’impressionne pas ?

— Non.

— Oh, allez, Dr McCloud. Cela n’avait pas l’air de te déranger l’autre soir. Et puis il y a cette petite, toute petite chose que l’on appelle l’hypocrisie. Elle est là à crier à la vue de tous. Après tout, tu étais ivre aussi.

Patrick regarde Will, le soleil brillant sur son profil, et admire la torsion malicieuse de sa bouche.

— Je ne suis pas alcoolique. Toi, oui. D’ailleurs, je pense que nous savons tous les deux que les choses ne sont pas les mêmes que deux nuits auparavant.

Will hoquète un rire nerveux.

— Oui, on est fichus.

— Bien dit.

Ils se garent dans la petite voie privée d’un bardeau gris foncé de construction récente et d’une maison à deux étages, ornée de couronnes de rubans rouges à chaque fenêtre et porte. Des lumières de Noël décorent les buissons, malgré le fait qu’elles ne soient pas allumées pour l’instant, et un père Noël géant gonflable avec son renne vacillent devant la maison. Celle-ci n’est pas aussi grande que ce à quoi Patrick s’attendait, mais elle n’est pas petite pour autant.

— Alors, qu’attends-tu de moi ? demande-t-il alors qu’ils se garent à côté du garage.

— J’imagine que c’est trop te demander de rester discret.

Patrick hausse les épaules. Il ne se considère pas tellement comme une personne bavarde, mais il semble que des choses sortent toutes seules de sa bouche.

— Écoute, sois toi-même, d’accord ? Je vais prendre sur moi, soupire Will. Patrick. Essaie simplement de garder à l’esprit qu’il s’agit de ma mère. S’il te plaît ? Tu ne te soucies probablement pas du tout de ce qu’elle pense, mais moi, oui. Et c’est assez humiliant comme cela.

Patrick hoche la tête. Il comprend. Vraiment. Il y a quelques personnes au monde qu’il n’aimerait pas qu’elles sachent au sujet de ce mariage forcé par la mafia de Will. Des personnes qu’il détesterait décevoir. Et il est honnête lorsqu’il dit qu’il n’humilie pas par plaisir. Que Dieu lui vienne en aide, il commence à apprécier Will. Ou peut-être l’a-t-il apprécié depuis le début. Quoi qu’il en soit, il ne veut pas lui faire honte. Will a déjà assez honte comme cela.

En marchant sur l’allée de pierre du perron, un pick-up vrombit sur la route, crisse sur l’allée et s’arrête en tremblant à côté de la voiture de Will. Le conducteur agité s’extirpe de la cabine. Patrick reconnaît Kevin Patterson des photos d’archives du Hurting Times.

Il est grand, large et fort, et son manteau d’hiver ne dissimule pas son allure athlétique. Il a peut-être dix ans de plus que les trente-cinq de Patrick, et il porte un jean et des bottes marron. On peut facilement deviner qu’il est apparenté à Will. Il a la même beauté : les cheveux blonds brillant sous les rayons du soleil d’automne, venant illuminer son beau visage. Ses yeux vert-gris brillent de colère alors qu’il s’approche d’eux, les poings serrés sur les côtés.

Patrick déduit avec malaise qu’il autoriserait avec plaisir l’oncle gay et triste de Will à le sauter. Pendant des heures. Et des heures. Comme si… waouh. Si la situation était complètement différente, bien sûr. Et si Kevin arrête de le dévisager comme s’il prévoyait de le tuer sur place, sans poser de question, et de se débarrasser de son corps dans la réserve.

Patrick se rapproche de Will en espérant que celui-ci le protègera si le poing de Kevin lui atterrit dessus.

Will enfonce sa main dans sa poche en rougissant.

— Qu’est-ce qui se passe, Will ? demande Kevin tandis que la porte d’entrée s’ouvre en grand.

— William Patterson ! Ramène tout de suite tes fesses à l’intérieur, jeune homme.

La voix stridente de la mère de Will résonne dans l’air et tout le monde sursaute pour lui obéir immédiatement.

La maison sent le pain d’épice et la cannelle. L’estomac de Patrick gargouille. Will lui lance un regard furtif alors que sa mère les conduit à travers le couloir bien aménagé. Au centre, près du long escalier, se trouve un grand vrai sapin de Noël, décoré de boules et de lumières clignotantes assorties et surmonté d’un cheval portant un chapeau de Noël.

La mère de Will est une beauté blonde éblouissante, avec de grands yeux verts ancrés dans un visage qui a soit bien vieilli, soit qui a déjà rencontré le bistouri d’un chirurgien. Comme Kevin, elle doit avoir environ quarante-cinq ans. Ses longues jambes sont enfermées dans un jean bleu moulant et elle porte un chemisier bleu en soie qui met en valeur sa poitrine.

Oui, décide Patrick, Will est naturellement beau. Kimberly Patterson est une poupée. Ou est-ce Kimberley Molinaro ? La mère de Will a été mariée et a divorcé plus de fois que Patrick n’a eu de dîners réchauffés au micro-ondes.

Le salon dans lequel elle les emmène est spacieux avec de grandes fenêtres et un tapis tellement douillet que Patrick serait heureux de s’y allonger pour faire une sieste. Le canapé et les fauteuils sont assortis, et il y a une table dans le coin de la pièce où sont empilés des fournitures d’art et des outils pour enfants. Des jeux et des poupées, des peluches et des chaussures dépareillées sont rangées dans des corbeilles au pied de la table. Ils débordent sur ce qui serait autrement un sol immaculé.

Patrick dirige son attention sur Kimberley qui entraîne Will par le bras devant la cheminée en pierre. Les chaussettes éclatantes de Noël des petits sont pendues juste derrière lui. Patrick se place à côté de Will. En tant que prétendu mari de Will, sa place est là.

Kimberley croise les bras sur sa poitrine et leur lance à tous les deux un regard furieux.

— Donc, c’est Patrick, n’est-ce pas ?

Elle le regarde de haut en bas comme s’il s’agissait d’un meurtrier.

Patrick comprend. Personne n’aime rencontrer l’étranger qui a enfoncé son sexe dans les fesses de son petit garçon jusqu’à ce qu’il hurle et éjacule des seaux de sperme. Mais le regard de haine est un peu de trop.

— Pour vous, Dr McCloud, dit Patrick.

Will lui donne un violent coup de coude et Patrick se frotte le bras.

— Ignore-le. Il… commence Will, mais Kevin l’interrompt.

— Mais qu’est-ce qui se passe, Will ?

— Il a simplement faim, dit Will sans conviction.

Il passe une main dans ses cheveux.

— On se calme, d’accord ? Si vous pouviez tous les deux vous asseoir et prendre de profondes inspirations…

— Ne me parle pas de profondes inspirations, William ! crie Kimberley.

— Maman, calme-toi. Je vais tout vous raconter.

— Et comment que tu vas tout nous raconter !

Kevin fait les cent pas devant eux avant de faire volte-face afin faire face à Patrick.

— Qui est cet homme ?

Personne ne se déplace vers le canapé. Personne n’offre des encas. Personne ne suggère une quelconque sorte de rafraichissements. Ils se tiennent simplement là à se regarder. Patrick soupire. Il avait espéré au moins des hors d’œuvre de rencontre-avec-le-gendre. Il a entendu que certaines personnes font cela. Dans un endroit qui n’est pas Healing, Dakota du Sud apparemment.

Kevin prend la parole en premier.

— Un étalon a été livré à la ferme ce matin. Un pur-sang de haute qualité avec un mot indiquant qu’il s’agissait d’un cadeau de mariage pour toi, Will, dit-il en serrant la mâchoire. Un cadeau de la part de Tony et de toute la famille Molinaro.

— Un étalon ?

Will se tourne jusqu’à ce qu’il soit dos au dernier rayon de soleil, brillant comme un ange, malgré une bouche grande ouverte.

— Quel genre de cadeau de mariage est-ce ?

— Il aurait pu au moins en envoyer deux. Un pour toi et un pour moi, acquiesce Patrick. Radin.

Kimberley et Kevin le fusillent du regard. Patrick hausse les épaules. S’ils avaient simplement offert de la nourriture, il aurait été heureux de garder la bouche pleine. Il semblerait peut-être que toute la famille de Will soit radine.

— Will, c’est – peu importe ce que c’est – allé trop loin, dit Kimberley. Si Tony sait…

— Si Tony sait quoi ? intervient Kevin. Quelqu’un va-t-il me dire ce qui se passe ?

Patrick presse ses lèvres en une fine ligne, mais ne peut pas s’en empêcher. C’est juste trop bon.

— Surprise ! Je suis le mari de votre neveu !

La rage dans les yeux de Kevin lorsqu’il se tourne vers Patrick lui rappelle soudain qu’il y a de fortes chances pour que cet homme dispose d’un fusil de chasse dans son pick-up et sache comment l’utiliser.

— Patrick, l’avertit Will.

— Avez-vous dit que vous êtes le mari de mon… ? demande Kevin. Will, qui diable est cet homme ?

Will soupire en se frottant le visage comme s’il voulait exfolier ses problèmes. Il se tourne vers Patrick.

— Maman, Oncle Kevin, voici Patrick McCloud.

Docteur Patrick McCloud, corrige Patrick.

Will lève les yeux au ciel.

Kevin tend sa main automatiquement à cette introduction et Patrick la serre, mais les yeux de Kevin sont toujours en pleine évaluation, comme s’il était en train de se demander s’il allait démembrer Patrick, membre par membre. Ou peut-être l’attirer vers lui pour une accolade. Patrick n’est pas entièrement convaincu que l’oncle de Will soit un homme intelligent.

Kimberley place ses mains sur ses hanches et lui jette un regard noir.

— C’est donc vous qui avez profité de mon fils.

— Maman ! Cela ne s’est pas passé comme cela.

— Je ne comprends toujours pas ! dit Kevin.

— Will a épousé cet homme, Kevin !

Kimberley croise ses bras sur sa poitrine en bonne imitation de Will lorsqu’il s’énerve.

— Ce… ce… docteur.

C’est la première fois que Patrick entend ce mot prononcé d’une manière si insultante.

— Si vous me demandez mon avis, je suis un sacré bon parti, note Patrick.

— Personne ne vous le demande, Dr McCloud, crache Kimberley.

Elle se retourne vers Kevin.

— Ils se sont rencontrés à Las Vegas !

Elle fait les cent pas devant le canapé en secouant la tête.

— Où à Las Vegas ? demande Kevin.

— Dans le bar d’un hôtel, ajoute Patrick aimablement. Cependant, je ne travaillais pas en tant que serveuse1, dit-il en chantant ses mots. Ça, c’est la vérité.

Will lui lance un regard incrédule en haussant les sourcils.

Patrick n’arrive pas à y croire. Personne ne sourit.

— Allez, vous connaissez tous la chanson, n’est-ce pas ? Qui ne connaît pas cette chanson ?