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La Justice La Science - Concours commun des IEP - Questions contemporaines 2013

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Réussissez l'épreuve de « Questions contemporaines » au concours commun des IEP 2013 grâce à ce livre numérique « tout en un » proposé par Eric Cobast.
Pour chacun des deux thèmes – La Justice et La Science –, vous trouverez :
- Une synthèse détaillée des éléments de culture générale
- Une bibliographie
- Des citations
- Un lexique
Vous découvrirez également une méthodologie propre à cette épreuve unique en son genre à laquelle les lycéens qui préparent le Bac ne sont pas formés. Car cette épreuve originale n’est pas une épreuve de philosophie, même si on est amené à manipuler des notions, à travailler assez subtilement un énoncé ; ce n’est pas une épreuve de connaissances de l’actualité ni de l’histoire contemporaine ; ce n’est pas une épreuve de « sociologie »… c’est un peu tout cela à la fois, mais c’est aussi et peut-être surtout une épreuve de « rhétorique » où la composition et l’expression entrent pour l’essentiel dans l’évaluation.

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ÉRIC COBAST

LLAA JSUCSIETINCCEE

Concours
commun des IEP

Questions
contemporaines
3102

Les thèmes détaillés

Des sujets inédits

Méthodologie

Questions contemporaines

Concours commun des IEP de province 2013

La justice

La science

Éric Cobast

Sommaire

Avant-propos, par Éric Cobast
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

6

PARTIE1
La justice
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

9

Introduction : Les trois acceptions du mot « justice »
. . . . . . . . . . . . . . .

1
Chapitre 1 – L’extension du domaine du droit
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

13
Failles du droit, faiblesses de la justice [p.13] • L’inflation législative et la
prolifération contractuelle [p.15].
Chapitre 2 – Quel pouvoir judiciaire?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

18
Un « gouvernement des juges »? [p.19] • En France, la justice n’est pas
un pouvoir mais une autorité [p.21].
Chapitre 3 – La justice est-elle parfois injuste?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

24
La machine infernale :
LeProcès
comme métaphore de l’absurdité [p.25]
• L’instruction en question [p.29].
Chapitre 4 – Punir
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

33
Peine ou châtiment? [p.33] • Une peine définitive : la mort [p.36].
Chapitre 5 – Justice et valeur, la justice sociale
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

4
L’avènement du droit naturel [p.40] • La justice sociale [p.43].
Chapitre 6 – Sujets possibles commentés
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

5
Le rapport de la justice à l’idée de pouvoir [p.50] • La justice sociale
[p.54].
Chapitre 7 – Éléments pratiques
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

56
Lexique sur le thème de la justice [p.56] • Citations utiles sur la justice
[p.61] • Les dates-clés de la justice [p.63] • Bibliographie [p.65].

PARTIE2
La science
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

67

Introduction: Un peu de vocabulaire et quelques arguments
pour faire de la science « une question contemporaine »
. . . . . . . . . .

68
La science représente la réalité [p.68] • De l’ivresse de la toute-puissance
à l’expérience du négatif [p.70].
4

Chapitre 1 – Penser la réalité et conquérir le monde
. . . . . . . . . . . . . . . .

73
La quête du savoir [p.73] • À la conquête du réel… [p.77].
Chapitre 2 – L’épreuve du négatif
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

81
Des scientifiques peu rassurants [p.81] • Le discours de la déconstruction
[p.83].
Chapitre 3 – Incertitudes, prudence et précautions
. . . . . . . . . . . . . . . . . .

88
Quelle éthique pour la science? [p.88] • Méfiances [p.91].
Chapitre 4 – Sujets possibles commentés
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

98
Chapitre 5 – Y a-t-il des recoupements possibles
avec la justice?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

13
Chapitre 6 – Éléments pratiques
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

15
Le lexique sur le thème de la science [p.105] • Des citations utiles sur la
science [p.111] • Les dates-clés de la science dans le monde contempo-
rain [p.113] • Bibliographie [p.114].

PARTIE3
Méthodologie de la dissertation
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

116

Chapitre 1 – Sur la dissertation en général et sur celle portant sur
les « questions contemporaines » en particulier
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

119
Quelques rappels utiles [p.119] • La problématique [p.121] • Construire
une argumentation [p.123].
Chapitre 2 – Introduction: ouverture et vitrine.
Conclusion: dernière impression avant la note. Paragraphe:
détail déterminant
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

13
La vitrine de la copie: l’introduction [p.130] • Point final! [p.131] • À
construire! [p.132].
Chapitre 3 – Conseils pratiques pour mieux rédiger
. . . . . . . . . . . . . . . . .

134
Les fautes de français qu’il faut éviter le jour du concours [p.134] • À
quoi bon se relire! [p.136] • Dix conseils efficaces pour améliorer son
style à l’écrit [p.137].

5

Avant-propos

e concours commun des six IEP de province propose une
L
parent le bac ne sont pas formés. Ce sont les « Questions
épreuve unique en son genre, à laquelle les lycéens qui pré-
contemporaines ». Concrètement, il s’agit bien d’une disserta-
tion de trois heures au cours desquelles il est demandé au candi-
dat de répondre à une question posée à partir d’un programme
« tournant » connu dès le début de l’année. À une exception
près jusqu’à aujourd’hui (en 2011, l’un des deux sujets revêtait
singulièrement une forme strictement nominale : «Argent et
démocratie»), la formulation interroge directement (même si
l’ellipse du verbe donne parfois un aspect plus polémique) : «Le
sport, une affaire d’État(s)?» ou «La laïcité, garantie des libertés
religieuses?» (en 2012).

Cette épreuve originale n’est pas une épreuve de philosophie,
même si on est amené à manipuler des notions, à travailler assez
subtilement un énoncé; ce n’est pas une épreuve de connaissances
de l’actualité ni de l’histoire contemporaine; ce n’est pas une
épreuve de « sociologie »… c’est un peu tout cela à la fois mais
c’est aussi et peut-être surtout une épreuve de « rhétorique » où la
composition et l’expression entrent pour l’essentiel dans l’évalua-
tion. Ce qui signifie qu’il ne faut pas exagérer l’ampleur des
connaissances requises : les concepteurs de l’épreuve sont des pro-
fessionnels réalistes, ils savent bien qu’un lycéen de terminale n’a
pas le loisir (ni d’ailleurs les cours adaptés) pour devenir un « spé-
cialiste » de telle ou telle question.

En outre, le format même de l’épreuve (3heures) limite considé-
rablement les ambitions.

6

Certes un minimum d’informations sont nécessaires, encore faut-
il que ce « minimum » soit pertinent et ne soit pas le recyclage
d’un cours préexistant plus ou moins à jour! En effet, rappeler la
signification du mot « contemporain » est une précaution indis-
pensable avant de se lancer dans la préparation de ces « Questions
Contemporaines » : ce qui est contemporain, c’est ce qui est de
notre temps.

Une question contemporaine, c’est une interrogation actuelle,
c’est une demande du présent, un appel des circonstances.
Jusqu’où remonter le temps de ce qui nous est contemporain? Il
est raisonnable de le situer au lendemain du Second Conflit mon-
dial. Le changement sera net : c’est une autre société qu’on doit
alors construire! Voilà qui limite d’emblée le champ des savoirs à
mobiliser. Bien sûr, il convient au préalable de procéder à des défi-
nitions et d’établir un rapide historique de la question, ne serait-
ce que pour percevoir la rupture.

Mais l’étudiant qui prépare le concours doit conserver constam-
ment à l’esprit cette question : en quoi est-ce aujourd’hui diffé-
rent? Pour l’adapter à notre programme de 2013 : qu’attend-on
aujourd’hui de la justice? Quelles sont les requêtes de justice
propres à une démocratie moderne? La science occupe-t-elle
aujourd’hui une place comparable à celle qui fut la sienne dans
les grands pays modernes du XIX
e
siècle? Voilà pourquoi les
longs rappels qui renvoient à l’Antiquité sont inutiles, que la
liste des théories du passé n’a guère de sens, y compris celles des
Modernes. Que l’on rappelle Montesquieu et Beccaria, mais
pour souligner ce que leur doit notre justice aujourd’hui! En
revanche, il est important de pouvoir sortir du cadre franco-
français et de nourrir la réflexion d’exemples prélevés dans le
monde entier. Il ne s’agira donc pas de limiter l’examen de la
justice à la France…

7

Même si – et c’est bien naturel – l’accent porte sur l’Hexagone, il
ne faut pas que la dissertation tourne à la monographie.

C’est dans cet esprit que fut conçu ce petit livre destiné aux étu-
diants de terminale, désireux de préparer par eux-mêmes cette
épreuve un peu particulière. Mais c’est aussi une première : un
livre parascolaire numérique qui présente deux avantages :
– il est plus rapidement disponible qu’une version papier, ce qui
permet de commencer plus tôt ses révisions;
– il est évidemment beaucoup moins cher, ce qui permet au plus
grand nombre de bénéficier de ses contenus (ce qui reste dans la
droite ligne de notre action sur les blogs).
Par ailleurs, grâce au Blog Sciences po (http://blog.letudiant.fr/
concours-sciences-po-iep/) que j’anime pour
l’Etudiant
ou mon
compte Twitter (@EricCobast), il est possible de me poser les
questions suscitées par la lecture du texte. Cette interactivité est
évidemment un atout considérable et une grande nouveauté.

Le texte se compose de trois parties. Les deux premières abordent
les deux « questions » de cette année. C’est un cours structuré
dont le contenu est totalement inédit. Il va à l’essentiel. Je n’ai
retenu que ce qui me semble vraiment indispensable et nécessaire
pour aborder de façon autonome les sujets possibles (une liste de
ces sujets est toutefois proposée à la fin de chaque partie). La troi-
sième partie est une méthodologie accompagnée des conseils
utiles pour bien organiser ses révisions, optimiser son temps et
progresser jusqu’au bout dans le maniement des techniques
requises pour l’exercice.

8

Partie 1

La justice

9

INTRODUCTION
Les trois acceptions
du mot « justice »

ne femme, les yeux bandés, tenant dans la main droite un
U
sentation allégorique de la justice à laquelle nous sommes
glaive et dans la main gauche une balance, telle est la repré-
habitués. La force des armes et la recherche de l’équilibre (il faut
noter que la balance mesure moins des quantités qu’elle n’établit
un « rapport ») semblent ainsi caractériser la justice. Quant à ce
« bandeau », il est plus difficile à interpréter : est-ce prétendre –
comme on l’entend parfois – que la justice est « aveugle »?
Étrange métaphore alors, puisque ce que l’on attend d’elle au
contraire c’est qu’elle examine au plus près ce qui lui est soumis,
qu’elle fasse preuve de sagacité, de clairvoyance,etc. Qu’elle juge
« en équité », c’est-à-dire en tenant compte des cas particuliers.

À l’origine, de fait, ce bandeau n’existe pas. C’est un voile qui dissi-
mule la face de cette femme, pour signifier qu’elle n’a pas de visage,
pour rappeler que ce qu’elle déclare n’est en rien personnel. Mais si
l’allégorie rend sensible des caractéristiques, elle ne fait rien connaî-
tre de la justice, la réduisant d’ailleurs à la seule institution.

Or « justice » se dit en trois sens principaux qui trouvent leur
unité dans l’idée d’une conformité, d’une adéquation à des prin-
cipes, des règles, des normes, des valeurs.

L’horizon d’où se détache l’idée de justice est tracé par la convic-
tion que les actes doivent être évalués, récompensés ou punis
selon leur mérite, au regard du droit ou de la morale, du légal ou
du légitime.

01

La justice est d’abord une vertu, une qualité positive dominante et
permanente. Pour les Anciens, parmi les vertus « cardinales » (au
nombre desquelles il faut aussi compter la sagesse, le courage et la
tempérance), la justice est considérée comme «la plus parfaite des
vertus» ou encore «la somme de toute vertu».

Aristote dans
ÉthiqueàNicomaque
précise : « Elle tient le juste
milieu entre les vertus dianoétiques et les vertus éthiques, entre
vertus de l’intellect et vertus du caractère. Le bon jugement n’est
pas seulement une affaire d’intelligence, c’est aussi une affaire de
sensibilité. Elle donne ainsi une unité à l’âme humaine : elle per-
met de relier l’intellect et le désir, le cerveau et le cœur. »

La justice apparaît bien comme une aptitude à la bonne mesure
des choses, un sens de l’équilibre, de l’adéquation, évidemment
une finesse d’évaluation et de jugement qui rapproche au plus
près la pensée de ce qui est.

La justice, c’est aussi l’administration du droit. C’est une institu-
tion, un ministère, des fonctions et des magistratures à tenir. De la
justice dépendent les tribunaux et les établissements péniten-
tiaires. Cette justice est frappée de l’instabilité du droit positif et
de l’arbitraire du pouvoir politique mais elle peut aussi bien cher-
cher à se constituer en contre-pouvoir et proposer une alternative
juridique à l’impuissance politique.

Enfin, et tout particulièrement aujourd’hui, la justice sous-entend
« justice sociale ». Elle interroge alors la structure de la société, sa
constitution, son organisation. Elle remet en cause les inégalités de
conditions ou bien s’efforce de les justifier. Elle se nourrit d’un
sentiment que chacun des membres des sociétés développées d’au-
jourd’hui éprouve en certaines circonstances : cela ne devrait pas
être, cela n’aurait pas dû arriver, ce n’est pas juste. Autrefois mou-

11

vement de révolte en direction de la justice divine, aujourd’hui,
indignation des peuples qui descendent dans la rue pour accuser
ceux qui les ont trop longtemps mal dirigés.

Ces trois acceptions sont liées depuis longtemps et leur unité fait
l’objet de l’un des plus étonnants livres de philosophie du monde
antique,
LaRépublique
de Platon. Mais elles sont plus étroitement
associées encore aujourd’hui du fait de l’essor du droit dans le
monde contemporain. La justice ne serait pas une « Question
contemporaine » sans cette extraordinaire extension du domaine
du droit…

21

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