Une orientation scolaire a-t-elle un sens ?

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Dans quoi sommes-nous ? Nous avons choisi, ici, d’entrer dans cette question du sens de l’orientation par l’orientation scolaire d’abord, sans omettre évidemment le fait que l’orientation, en France, a toujours été scolaire et professionnelle, depuis son émergence dans les années 1922-1928 jusqu’à aujourd’hui. À preuve Des femmes et des hommes au travail, enjeux pratiques de la découverte professionnelle, EduSarthe (août 2007). 1949 : 5% d’une génération obtient le Bac en France. 1969 : 20% d’une génération atteint le Bac en France [cf. Bac technologique délivré à dater de 1970]. 2009 : 64% d’une génération atteint un Bac en France [cf. Bac professionnel délivré à partir de 1987]. On n’est plus dans le même paysage qu’il y a 60 ans. C’est aujourd’hui à l’école d’abord que, pour les jeunes Français et Françaises, se joue leur orientation. Sur quoi travaillons-nous ?
Jean Guichard : « la question posée à chaque personne est la
suivante : quelle formation choisir compte tenu de mes résultats
scolaires, de l’architecture et des procédures explicites et
implicites de répartition des élèves dans le dispositif scolaire, et des attentes personnelles et familiales relatives à une future
insertion sociale et professionnelle ?» (2006)
Avec qui construire une orientation ? Avec les professeurs, bien sûr, mais seulement avec eux ? En déléguant cette mission aux organisations professionnelles, aux officines privées, à la Toile ? Et les parents, peut-on s’en passer ? Comment, au service des adolescents et des jeunes adultes, construire un vivre ensemble, un apprendre ensemble en orientation entre professionnels de d’orientation – dont on ne saurait se passer ni en faire trop facilement des boucs émissaires –, professionnels de l’enseignement et de l’éducation, professionnels du monde économique et social, et parents d’élèves ? Sur ces derniers, on peut rappeler que c’est seulement après 1968 qu’ils acquirent droit de cité dans les conseils de classe – ou, du moins, leurs représentants – et qu’il fallut attendre 1989 pour que la loi
d’orientation sur l’éducation stipule, dans son article 8, que « le
droit au conseil en orientation et à l’information sur les enseignements et les professions fait partie du droit à l’éducation
». Et que « le choix de l’orientation est la responsabilité de la
famille ou de l’élève, quand celui-ci est majeur ». Ainsi essaiera-t-on de montrer que l’orientation, c’est l’affaire de tous, et… de quelques-uns.
Publié le : vendredi 29 juillet 2011
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