Sick Sex

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« Ses yeux sont magnétiques, à un point tel que je suis tombé en amour avec elle dès le premier regard qu'elle m'a jeté. Elle est mon fantasme, littéralement. Même si son passé est fait d'un brouillard qui ne se dissipera jamais, je suis prêt à tout pour elle. Tout. Y compris me frotter à des morts rancuniers. »



Sick sex, c'est l'histoire d'un homme qui s'éprend de Karla Omolka à sa sortie de prison. Complice de Paul Bernardo, le couple maudit a abusé sexuellement de quelques jeunes femmes, parmi lesquelles la propre soeur de Karla. Cette affaire sordide a fait beaucoup de bruit, les meurtriers étant allés jusqu'à filmer leurs victimes. Elle a eu un écho particulièrement fracassant au Canada anglais, les événements tragiques s'étant déroulés en Ontario. Karla Omolka est actuellement emprisonné au Québec.



Profondément subversif, ce nouveau roman de Maxime Roussy pousse à leurs extrêmes limites les questions d'ordre moral qu'il aborde. Que se passe-t-il dans la tête de ceux qui franchissent les frontières de l'humanité ?
Publié le : mercredi 1 janvier 2003
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 2895490961
Nombre de pages : 193
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CHAPITRE 2 En tout, le Club a reçu onze textes. Moi, les sept flûtes traversières, le gay qui signorait, la fille qui se baladait avec Titi la chauve-souris en plastique et un putain de Vietnamien qui avait tous les talents. Bref, un succès. Voici la nouvelle que jai soumise. Bon, je sais que la mise en abyme nest pas vraiment à la mode, mais la nouvelle nest pas longue et elle vous permettra de mieux me connaître. Désolé pour les maladresses et les fautes, javais seize ans. La surprise Une nouvelle par Dante Mullin (pseudonyme) Cest un concours de circonstances qui ma fait connaître Maryse St-Denis. Elle est apparue en plein milieu du mois de février dans mon cours de biologie. Comme tous les élèves qui arrivaient dune autre école, elle était passée au microscope par les autres étudiants. Qui était donc cette fille qui osait briser la routine ? Dans le temps, mon meilleur ami était David Sénéchal, un fou qui se battait tout le temps et qui nattendait que son seizième anniversaire pour quitter lécole. Voilà, le jour de son anniversaire, ce fut le jour où Maryse St-Denis fit son entrée dans la classe de biologie. Et parce que David était dans ma classe et quil avait laissé une place libre à mes côtés, le professeur demanda à Maryse de venir sasseoir à côté de moi. Maryse était ce quon pourrait appeler une fille étrange. Elle ne portait pas de vêtements à la mode. Elle ne portait pas de soutien-gorge. Elle ne se rasait pas les aisselles. Mais elle était
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belle. Très belle. Des yeux bleus hypnotiques. Des cheveux soyeux dun blond surréaliste. Et un sourire ravageur. Bien entendu, elle devint en moins de temps quil ne le faut pour crier « harcèlement » le mouton noir de lécole. Les filles, par jalousie probablement, riaient de son accoutrement (mais jamais de sa beauté qui était indéniable) et les gars affirmaient ne pas vouloir la toucher, pas même avec un bâton. Maryse faisait partie de presque tous mes cours. Aussi, par pitié (mais aussi parce quelle mattirait), je décidai de lui venir en aide parce quelle accusait beaucoup de retard sur les autres étudiants. Malgré les sarcasmes de mes amis, tous les soirs après lécole je les passais à la bibliothèque pour lui faire faire du rattrapage. Cétait une fille qui sexcusait pour tout et me remerciait sans cesse. En fait, mon aide était intéressée parce que pour être tout à fait honnête, jétais follement en amour fou avec elle. Des fois, quand je pensais à elle, je demandais au professeur de sortir quelques minutes pour aller à la salle de bains afin de me masturber frénétiquement. Elle nétait pas comme les autres filles. Je laimais. Un soir, elle ma demandé si je voulais aller chez elle après lécole au lieu de nous rencontrer à la bibliothèque. Jai dit oui. Elle habitait un bloc appartement avec son père qui était toujours absent en raison de son métier de camionneur. Un appartement qui sentait le tabac froid et qui était mal entretenu. Elle ma fait visiter et elle ma dit quelle devait aller à la salle de bains. Je me suis assis sur son lit dans sa chambre et je lai attendue. Lorsquelle est apparue, elle était nue. Et cétait mieux que dans mes fantasmes les plus fous. Ses seins étaient lourds et ses mamelons foncés et gros. Sa toison pubienne était fournie et noire comme une forêt interdite. Elle ma violé. Littéralement. Cétait la première fois que je faisais lamour et ce fut bien même si jai éjaculé en moins de dix secondes après lavoir pénétrée. Jétais le seul de mon groupe damis à lavoir fait, mais je ne pouvais pas en parler : cétait inavouable, un crime de lèse-majesté, presque. Maryse ne ma jamais demandé officiellement de devenir son copain, ce qui ma soulagé grandement.
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On a vite laissé tomber les études pour nous consacrer uniquement aux plaisirs de la chair. Nous faisions lamour souvent, à tous les soirs de la semaine. Maryse aimait que je lui fasse mal. Au début, ce nétait que des tapes sur les fesses. Puis elle a voulu que je lui tire les cheveux. Lorsquelle a volé une brocheuse au professeur de biologie et ma demandé de brocher ses seins, son ventre et ses cuisses, jai obéi, mais je me dis quelle était vraiment bizarre. Pendant un cours, elle ma glissé un papier et a écrit dessus : « Cest quoi ton fantasme ? » Je lui ai répondu : « ? » « Allez, un effort. » Le problème résidait dans le fait que je ne savais pas cétait quoi, un fantasme. Un autre point dinterrogation. Elle a écrit : « Tu veux maider à réaliser le mien ? » Je lui ai souri. Le samedi suivant, elle ma dit darriver chez elle à 21 heures. Ce que jai fait. Jai averti préalablement mes parents que jallais découcher chez David. Jai frappé à la porte de Maryse, pas de réponse. Ce nétait pas verrouillé. Je suis entré. Une note sur la table : « Je suis sortie, de retour bientôt, fais comme chez toi, il y a un verre de jus sur la table, tu dois le boire au complet. » Cétait du jus dorange et il avait un goût affreux. Jai quand même vidé le verre, javais soif. La première demi-heure, jai fait les cent pas dans lappartement. Puis, je suis entré dans la chambre de Maryse et jai fouillé dans ses tiroirs. Rien dintéressant hormis des médicaments aux noms bizarres, dont lun que ma mère prenait depuis quelle avait fait sa dépression. Lentement mais sûrement, le sommeil ma gagné. Je me suis couché sur le lit de Maryse et, tout en pensant à ce quelle allait me faire subir, je me suis endormi. Jignore combien dheures plus tard, mais jai rouvert les yeux et je me suis rendu compte que le jour était levé. Jai fait le tour de lappartement : pas de trace de Maryse. Puis, jai entendu un son qui ressemblait à un bourdon-nement. Cela provenait de la chambre de Maryse. Pas de trace de cadran. En fait, le bruit émanait de la garde-robe. Jai ouvert la porte. Le cadran était bel et bien là. Il y avait aussi Maryse.
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Elle était pendue par le cou, nue. Ses seins étaient à la hauteur de mes yeux. Elle avait collé un papier sur son ventre. Cétait écrit : « Je me suis pendue dès que je tai entendu entrer dans lappartement. Maintenant, il faut que tu maides à réaliser mon fantasme. Baise-moi. » Je nai pas gagné le concours de nouvelles. En fait, javais signé Dante Mullin, mon pseudonyme, mais je navais pas fourni mon vrai nom dans une enveloppe fermée, tel que demandé. Le concours fut annulé et le directeur tenta désespérément de trouver lauteur de cette nouvelle. Il vint me voir et minterrogea pendant une demi-heure. Je lui jurai que je ne savais pas de quoi il parlait. Il me dit que cétait un scandale. Le fait que personne ne savait que jécrivais me sauva. Le problème, parce quil y en avait un, était que Maryse St-Denis avait bel et bien existé. Même si elle nétait pas tout à fait comme je lavais décrite, cétait clair que cétait delle que je parlais. Elle sétait suicidée au début de lannée scolaire. Cétait ma copine, ma première copine, celle que lon noublie jamais. Je laimais.
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