Shooting Brake

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"Un premier polar, une réussite" L.R. Un polar à toute vitesse, efficace et sans temps mort. Marc Oettinger un inspecteur borderline, terrassé par un drame personnel. Izmaar Eagle est la nouvelle star montante du hip-hop. A priori, rien ne les relie. Pourtant, quelqu'un dans l'ombre orchestre une danse macabre qui n'épargne personne. L'ennemi intime de Marc est de retour, décidé à se venger. Le temps est compté, la vie de plusieurs adolescents est entre les mains de personnes peu scrupuleuses. Marina Marquance, l'impétueuse commissaire de police, ne le sait que trop. L’indéfectible amitié des deux policiers sera-t-elle de taille à enrayer l’engrenage infernal mis au point par Cash ?

Publié le : jeudi 20 juin 2013
Lecture(s) : 33
EAN13 : 9782368920206
Nombre de pages : 161
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Shooting Brake Raphaël Nomézine Roman Photographie : Yentel Sanstitre Editions L’ivre-Book
« Mon ami que vous ne connaissez pas, et je le regrette, déborde de larmes chaudes. (...) Son cœur est ainsi, comme les sommets andins, de neige et de feu avec des coulées d'or sur ses blessures. » Bernard Giraudeau, Cher Amour « Ma vengeance est perdue s’il ignore en mourant que c’est moi qui le tue. » Jean Racine, Andromaque
Avant-propos
J'ai voulu cette histoire très imagée, comme pour lui imprimer une dynamique semblable à celle d'un long métrage cinématographique, aux réalisations de Fred Cavayé, Alexandre Arcady, Luc Besson, Alain Corneau ou encore Jean-Pierre Melville. De fait, je l'ai séquencée, dialoguée comme un film, j'ai même créé sa bande originale puisée dans le répertoire existant... J'assume totalement cette approche artistique un brin iconoclaste dans l'univers littéraire. Parce que l'intrigue et la manière dont je voulais la narrer l'exigeaient. Parce que je voulais rendre mes personnages vivants, palpables, presque réels…
Générique d'ouverture : Contact
Interprétée par le groupe Kyo Paroles et musiques du groupe Kyo 2004 Aveuglés par nos larmes, on devient des pions ; Le sort s'acharne au fond quand naît l'opinion ; Si la meute t'accepte au final, pourquoi ? Ne pas filer droit, ne pas finir sec, ne pas dévier tes pas ? J'veux marcher sans regret, brûler des pages entières, Même semer les secrets, apprivoiser mes peines ; Lesté de nos silences, j'ai trop perdu ma foi ; Aussi loin qu'il le faut, j'irai trouver au bout le contact, Aussi loin qu'il le faut... Et l'onde de choc propage le message, Et je quitte le sol, l'orage se prépare... Abusés par le calme jusqu'à fuir le front, Jusqu'à l'abstinence, au fond jusqu'à l'obstruction, Pour fermer nos sens, sans cesse noyer nos silences Dans le moindre fracas, dans l'espace de nos corps, Dans le vide sous nos pas... La tête bien dans l'eau, j'ai décidé qu'aussi loin Que supporte mon corps ou plus loin s'il le faut, J'irai reculer mon heure, soudoyer le passeur ; Aussi loin qu'il le faut, j'irai trouver au bout le contact, Aussi loin qu'il le faut... Et l'onde de choc propage le message, Et je quitte le sol, l'orage se prépare... Contact, Contact, Aussi loin qu'il le faut... Contact, Contact…
Prologue : Quand l'aigle attaque… RN 184-La Francilienne (95) Fin janvier 2011 20h30 Le premier jour 140 km/h. Même à cette vitesse, Samir n'arrivait pas à semer ses poursuivants. Il avait beau cravacher les 75 modestes chevaux de sa Xsara tunée, le monstrueux Hummer H2 lancé à sa suite se rapprochait de plus en plus. Le jeune maghrébin transpirait à grosses gouttes. Il avait l'impression de rejouer une scène deDuel, le premier long métrage de Spielberg primé au festival d'Avoriaz. Et il n'en menait pas large. Flash. Le radar automatique venait de le prendre en flag, en grand excès de vitesse sur la Francilienne. Le pare-buffle du SUV vint lécher le parechoc de la Citroën. Première touchette, juste assez violente pour intimider l'adversaire. Samir se cramponna au cerceau de sa bagnole et se mit à slalomer entre les véhicules, mais le 4x4 américain s'accrochait. Le deuxième choc fut plus brutal. Le jeune conducteur manqua de perdre le contrôle de son auto et flirta avec le rail central de sécurité, griffant ainsi la peinture fluorine de l'aile avant. Dans le rétroviseur intérieur, la masse sombre percée d'yeux blancs globuleux et d'un sourire carnassier chromé était plus menaçante que jamais. Elle fondait sur la minuscule berline à une vitesse ahurissante. Troisième choc. Samir partit en tête à queue. Grâce à un habile coup de volant, il se remit dans le sens normal de marche, et pritin extremisla sortie la plus proche : Rue de Paris. Saint-Ouen-l'Aumône. Son territoire. Il se disait qu'en ville, il aurait davantage de chance d'avoir le dessus. Las, le vrombissant V8 US n'abandonnait pas la partie. Le jeune homme devait à tout prix trouver une échappatoire. Il bifurqua sans crier gare pour pénétrer dans un parking souterrain privé. Il pulvérisa la barrière qui protégeait l'entrée des indésirables et aborda la rampe d'accès à vive allure. Les appendices aérodynamiques de la Xsara surbaissée portaient les stigmates de la conduite musclée de son pilote, souvenirs douloureux d'improbables rencontres avec de trop hautes bordures. Le large Hummer y laissait aussi des plumes sans pour autant abdiquer. Samir s'engagea alors dans une allée sans issue et pila face au mur de parpaings. Il allait enclencher la marche arrière quand son élan fut stoppé par la vision de l'imposant SUV lui barrant le passage. Trois hommes en descendirent et s'approchèrent de la Citroën. Samir avait actionné la fermeture centralisée du véhicule, mais la portière avant céda sous la pression d'un pied de biche. Le jeune homme fut extirpé de la berline sans ménagement. Légèrement sonné, il fut relevé par les deux colosses qui semblaient obéir à un homme coiffé d'unstetsonLes deux armoires à glace plaquèrent noir. Samir contre le mur et le maintinrent ainsi jusqu'à ce que l'homme austetsonles rejoigne. Il donnait l'impression de flotter dans l'air avec son long cache-poussière sombre, son regard perçant de serpent, son juvénile visage abrupt à la Lee Van Cleef. Le faible halo de lumière se reflétait dans la boucle de son ceinturon, ornée d'une tête d'aigle, et le bruit des pas qu'il martelait au sol était rythmé par le tintement des éperons qui habillaient ses santiags. Il ôta son cigarillo de sa bouche et l'écrasa sur le revêtement grisâtre du parking. Un rictus cynique figea son expression. – Assouyef Junior, je n'aime pas beaucoup qu'on se paye ma tête ! Ne me dis pas que
tu n'as pas reconnu mon carrosse... – Je t'emmerde Izmaar ! Samir cracha à la figure du Caïd de Sarcelles. Celui-ci s'essuya la joue, plongea sa main dans la poche de son manteau et en ressortit un poing américain estampillé de son rapace fétiche. Il glissa ses doigts à l'intérieur et frappa le jeune maghrébin dans l'abdomen, lui arrachant un cri de douleur. – Tu me déçois beaucoup Samir, je croyais qu'on était amis... – Je ne serai jamais ami avec une enflure de ton espèce ! Izmaar lui asséna un nouveau coup. Le jeune homme était plié en deux. – Ton frère est beaucoup moins arrogant que toi quand il s'adresse à moi, et tu devrais t'en inspirer... – Va te faire foutre ! – Tu as du cran, c'est bien ça... Maintenant, écoute-moi bien, petite bite, tu me dois 50 000 euros. Tu as deux jours pour me rembourser. – Je les ai pas, merde ! J'ai balancé la dope pour pas me faire pécho par les keufs... – Ça c'est ton problème, Samir. Deux jours. Le coup de poing américain s'enfonça une dernière fois dans l'abdomen du dealer occasionnel. Les deux molosses le relâchèrent et il s'écroula sur le béton encrassé. – Premier avertissement. Si je n'ai pas mon fric dans deux jours, c'est la gueule de ta meuf que j'éclate à grands coups de lattes. Ça m'étonnerait qu'après ça elle puisse encore courir les castings de top-modèles. – Si tu la touches, je te crève Izmaar, t'entends ? Je te crève ! – Embrasse ta jolie Melody de ma part. À très bientôt, Samir... Le Caïd et ses sbires regagnèrent leur Hummer. – On fait quoi maintenant, Izmaar ? – On accentue la pression. Sagirl-friendest à ma merci. Grâce à Gilberte. Le 4x4 quitta le parking. Samir mit plusieurs minutes avant de reprendre pied. Il chercha son portable dans la poche intérieure de son blouson. Batterie faible.Merde. Il parcourut néanmoins le répertoire pour contacter son frère. – Allo ? – Allo, Karim ? C'est Samir, il faut que tu viennes me chercher. – Mais tu es où ? – Dans le parking souterrain de l'immeuble où on jouait...Bip bip bip! Batterie HS. Samir se mit à trembler de froid. Des sanglots secouèrent tout son corps. Il pleurait et avait peur. Pour lui, mais surtout pour Melody.
Échec & Cash
1 : Retour de flamme Bureau de Police, DDPU 95 26 rue Général Leclerc Saint-Ouen-l'Aumône (95) Fin janvier 2011 Le premier jour 14h15 – Putain, mais je l'ai pas tuée je vous dis ! Je vous jure que c'est vrai, madame la commissaire, il faut me croire... – Alors comment expliques-tu qu'on ait retrouvé l'arme du crime, maculée de tes empreintes, planquée sous ton matelas ? – J'en sais rien moi... – Arrête de me prendre pour une blonde, Shakes ! Pièce à conviction n°1, colt 45. Assise en face de l'homme suspecté de meurtre, Marina Marquance, commissaire de police à la Crim' depuis quatre ans, joignit le geste à la parole et sortit du tiroir le pistolet sous scellé plastique marqué de ses références. Elle l'agita sous le nez du coupable présumé et poursuivit, virulente. – C'est quand même pas un flingue de midinette ça ! Me dis pas que c'est pour aller taquiner le moineau le dimanche matin à la chasse... Ben non, toi tu pionces le dimanche matin ! Un bruit sourd retentit lorsqu'elle posa violemment l'objet du délit sur le meuble en acier galvanisé. – Il est pas à moi, cegun, je vous jure... Je travaille en douceur, moi ! Vous le savez bien, madame la commissaire. Marina commençait à perdre patience. Elle ouvrit à nouveau son tiroir et s'empara d'un deuxième sachet plastique qu'elle plaça à côté du revolver. – Pièce à conviction n°2. L'un de tes boutons de manchettes a été retrouvé près du corps de la victime. Il n'y a que toi qui portes ce genre de fringues ringardes parce que tu te prends pour Al Capone. Rien qu'avec ça, Shakes, je peux t'envoyer au trou pour un bon bout de temps.Capice? Avec sa coiffure en arrière, luisante, suintant outrageusement le gel Vivelle Dop, son petit costard cintré d'inspiration italienne, sa fine cravate unie et ses pompes bicolores cirées, Shakes avait tout du mac' des années 50. – Pourquoi j'aurais buté Mathilda, hein ? Pourquoi ? Je la baisais à l'œil ! – Va savoir, la jalousie, l'amour, toutes ces conneries... – C'était une pute, Mathilda ! OK ? J'avais pas de raison d'être jaloux... – Sauf qu'elle était aussi la maîtresse de Marchand, et que ça, ça te déplaisait au plus haut point. – N'importe quoi ! J'étais son mec, son régulier... – Alors on va pouvoir ajouter à ton joli palmarès déjà copieusement rempli proxénétisme et meurtre. – Vous délirez ou quoi ? Il est où votre collègue Marco ? Il me connaît, lui. Il sait que je suis réglo. Marina contourna le bureau, saisit l'oreille du délinquant et lui plaqua la tête contre le plan de travail.
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