BOTSWANA

De
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C O U N T R BotsBotswana www.petitfute.com Y G U I D E Le spéciaListe du Voyage au Botswana Le Botswana sur Mesure ou en Petit GrouPe QuaLité - exPertise - CoMPetitivité Votre voyage conçu sans intermédiaire par des experts qui connaissent le terrain. seCurité - sérénité Garanties d’un tour opérateur français - Plus de 60 Destinations Commencez à voyager sur www.terres-lointaines.com Contactez-nous 01 84 19 44 45 EDITION Directeurs de collection et auteurs : Dominique AUZIAS et Jean Paul LABOURDETTE Dumela ! Auteurs : Martin FOUQUET, Alexia ROBERTSON, Charity ROBERTSON, Julien MARCHAIS, Claire COCHEME, JeanPaul LABOURDETTE, Dominique AUZIAS et alter Directeur Editorial : Stéphan SZEREMETA Pèlerins de sanctuaires naturels, aventuriers amateurs de Responsable Editorial Monde : Patrick MARINGE terres indomptées et d’animaux sauvages – du roi lion au plus Rédaction Monde : Caroline MICHELOT, microscopique des oiseaux – le Botswana est sans doute pour Morgane VESLIN, Pierre-Yves SOUCHET Rédaction France : François TOURNIE, Jeff BUCHE, vous une destination de prédilection !
Publié le : mercredi 22 octobre 2014
Lecture(s) : 77
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
EAN13 : 9782746985506
Nombre de pages : 340
Prix de location à la page : 0,0090€ (en savoir plus)
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7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois


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BotsBotswana
www.petitfute.com
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ELe spéciaListe du Voyage
au Botswana
Le Botswana sur Mesure ou en Petit GrouPe
QuaLité - exPertise - CoMPetitivité
Votre voyage conçu sans intermédiaire
par des experts qui connaissent le terrain.
seCurité - sérénité
Garanties d’un tour opérateur français - Plus de 60 Destinations
Commencez à voyager sur
www.terres-lointaines.com
Contactez-nous
01 84 19 44 45EDITION
Directeurs de collection et auteurs :
Dominique AUZIAS et Jean Paul LABOURDETTE Dumela !
Auteurs : Martin FOUQUET, Alexia ROBERTSON, Charity
ROBERTSON, Julien MARCHAIS, Claire COCHEME,
JeanPaul LABOURDETTE, Dominique AUZIAS et alter
Directeur Editorial : Stéphan SZEREMETA
Pèlerins de sanctuaires naturels, aventuriers amateurs de
Responsable Editorial Monde : Patrick MARINGE
terres indomptées et d’animaux sauvages – du roi lion au plus Rédaction Monde : Caroline MICHELOT,
microscopique des oiseaux – le Botswana est sans doute pour Morgane VESLIN, Pierre-Yves SOUCHET
Rédaction France : François TOURNIE, Jeff BUCHE, vous une destination de prédilection ! Petit joyau de pays enclavé
Perrine GALAZKA, Talatah FAVREAU au cœur de l’Afrique australe, d’aucuns disent qu’il est, avec le
Kenya, l’une des merveilles africaines : entre zones désertiques FABRICATION
Responsable Studio : Sophie LECHERTIER désolées propices à la quiétude et fabuleux paysages frémissants
assistée de Romain AUDREN de la vie d’incalculables populations d’animaux, les ingrédients
Maquette et Montage : Julie BORDES, Élodie CLAVIER, sont tous là. Ne reste qu’à faire bouillir la marmite ! Bien sûr,
Sandrine MECKING, Delphine PAGANO, Laurie PILLOIS
impossible de parler du Botswana sans s’arrêter un instant sur
Iconographie et Cartographie : Audrey LALOY
le fameux delta de l’Okavango, l’un des plus vastes au monde,
WEB ET NUMERIQUE qui compte dans ses rangs une des plus denses populations
Directeur technique : Lionel CAZAUMAYOU d’animaux d’Afrique. Mais ce serait faire fi des autres richesses
Chefs de projet et développeurs : naturelles du pays. Le parc national du Chobe est par exemple Jean-Marc REYMUND assisté de Florian FAZER,
le sanctuaire des éléphants par excellence : tout au long de Anthony GUYOT, Cédric MAILLOUX
l’année, d’impressionnantes colonies de pachydermes viennent DIRECTION COMMERCIALE
s’abreuver aux eaux du fleuve Chobe qui, siècle après siècle, a Responsable Régies locales : Michel GRANSEIGNE
creusé son lit au milieu de collines verdoyantes.Adjoint : Victor CORREIA
Un peu plus au sud, un soleil de plomb inonde de sa chaleur Relation Clientèle : Vimla MEETTOO
les étendues sans fin du Kalahari. Ce désert occupe plus de
REGIE NATIONALE la moitié du territoire et déborde allègrement sur les pays
Responsable Régie Nationale : Aurélien
alentour. C’est aussi là que vit – et a toujours vécu – le peuple MILTENBERGER assisté de Sandra RUFFIEUX
San, également appelé Bushmen. Au nord-est du pays s’étend Chefs de Publicité : Caroline AUBRY, Perrine
DE CARNE MARCEIN, Caroline GENTELET, un autre genre de désert : les Makgadikgadi Pans. Vestiges
Sacha GOURAND, Florian MEYBERGER, d’immenses lacs aujourd’hui asséchés, ce sont des cuvettes
Stéphanie MORRIS, Caroline PREAU, Carla ZUNIGA
salées dont la parfaite platitude n’est dérangée que par de
REGIE INTERNATIONALE drôles de silhouettes géantes. Si les pans sont le royaume du
Directrice : Karine VIROT assistée d’Elise CADIOU
silence, ils sont également le terreau d’innombrables baobabs !
Chefs de Publicité : Romain COLLYER, Enfin, à l’extrême est du pays, niché sur la frontière avec l’Afrique Camille ESMIEU, Guillaume LABOUREUR
du Sud et le Zimbabwe, le Tuli Block ne fait pas encore beaucoup Régie BOTSWANA : Jean-Marc FARAGUET
parler de lui et pourtant ! Cette réserve privée semble taillée
DIFFUSION ET PROMOTION dans la poussière et les paysages rougeoyants de sa géologie
Directrice des Ventes : Bénédicte MOULET
évoquent un Far West à l’africaine. D’ailleurs, ne vous étonnez assisté d’Aissatou DIOP et Alicia FILANKEMBO
pas si vous croisez un cow-boy : la vague heavy metal déferle Responsable des ventes : Jean-Pierre GHEZ
assisté de Nathalie GONCALVES sur la jeunesse botswanaise, qui n’hésite pas à mélanger les
Relations Presse-Partenariats : Jean-Mary MARCHAL codes vestimentaires rock et western !
En effet, si le Botswana possède un sublime patrimoine naturel, ADMINISTRATION
Président : Jean-Paul LABOURDETTE sa trajectoire culturelle et politique n’en est pas moins
impresDirecteur Administratif et Financier : Gérard BRODIN sionnante : depuis son indépendance en 1966, le pays n’a jamais
Directrice des Ressources Humaines : Dina connu de guerre et fait montre d’un exercice démocratique
BOURDEAU assistée de Léa BENARD, Sandra MORAIS exemplaire. Aidés par la manne diamantifère, les
gouverneResponsable informatique : Pascal LE GOFF ments successifs ont su faire un usage prudent des devises
Responsable Comptabilité : Nicolas FESQUET engrangées en les injectant notamment dans les secteurs de
assisté de Jeannine DEMIRDJIAN, Oumy DIOUF,
l’éducation et de la santé. Le Botswana peut se vanter d’avoir Christelle MANEBARD
une des histoires les plus anciennes du monde, les communautés Recouvrement : Fabien BONNAN assisté de
Sandra BRIJLALL des Bushmen en témoignent aujourd’hui : le savoir-faire des
Standard : Jehanne AOUMEUR hommes du désert est peut-être l’une des plus précieuses
richesses du pays Tswana !
LE PETIT FUTE BOTSWANA 2015
Petit Futé a été fondé par Dominique Auzias. L’équipe de rédaction
Il est édité par Les Nouvelles Editions de l’Université
18, rue des Volontaires - 75015 Paris.
REMERCIEMENTS. Pour cette nouvelle édition, nous tenons à & 01 53 69 70 00 - Fax 01 42 73 15 24
Internet : www.petitfute.com nouveau à remercier tous les acteurs du tourisme qui nous ont
SAS au capital de 1 000 000 € - aidés pendant l’enquête. Leur accueil et leur professionnalisme
RC PARIS B 309 769 966
ont été exemplaires et touchants. Nous souhaitons dédier ce Couverture : © ISTOCKPHOTO.COM -
GODDARD_PHOTOGRAPHY guide aux Botswanais. Que la venue de nouveaux voyageurs
Impression : GROUPE CORLET IMPRIMEUR - francophones puisse contribuer au bon développement de leur
14110 Condé-sur-Noireau
nation et de leurs communautés !Dépôt légal : 18/11/2014
ISBN : 9782746978409

Pour nous contacter par email, indiquez le nom
de famille en minuscule suivi de @petitfute.com
Pour le courrier des lecteurs : info@petitfute.comSommaire
Selebi Phikwe .................................105 INVITATION
Francistown ....................................106
AU VOYAGE Palapye ...........................................109
Mahalapye ......................................110Les plus du Botswana ............................7
Serowe 110Fiche technique ......................................9
Idées de séjour .....................................12
GRANDS
DÉCOUVERTE PANS SALÉS
Le Botswana en 20 mots-clés ..............16 Grands Pans Salés ..............................114
Survol du Botswana .............................19 Nwete Pan – Sowa Pan ......................118
Histoire ..................................................30 Letlhakane ......................................118
Politique et économie ...........................40 Orapa ..............................................121
Population et langues 48 Lekhubu Island ...............................121
Mode de vie ...........................................60 Kukonje Island ................................121
Arts et culture .......................................63 Nata Bird Sanctuary ........................122
Festivités ...............................................66 Nata ................................................122
Gweta .............................................122Cuisine locale........................................67
Nxai & Makgadikgadi Enfants du pays ....................................68
Pans National Park ............................124Lexique ..................................................69
Nxai Pans et Baines Baobabs ..........124
Makgadikgadi Pans .........................126
GABORONE ET
LE CORRIDOR EST MAUN
Gaborone et le Corridor Est ..................72 Maun ...................................................132
Gaborone .............................................74 Transports ..........................................132
Transports .........................................78 Pratique .............................................135
Pratique ............................................79 Orientation .........................................148
Orientation ........................................82 Se loger 148
Se loger 82 Se restaurer .......................................152
Se restaurer ......................................86 Sortir .................................................154
Sortir ................................................90 À voir – À faire ...................................154
À voir – À faire ..................................91 Sports – Détente – Loisirs ..................155
Sports – Détente – Loisirs .................93 Visites guidées 155
Visites guidées 93 Shopping ...........................................156
Shopping ..........................................93 Dans les environs ..............................157
Les environs de Gaborone ....................94
Gabane .............................................94 CHOBE Manyelanong Game Reserve .............94
Kanye ...............................................96 Chobe ..................................................160
Molepolole ........................................96 Chobe National Park ..........................161
Mochudi ............................................96 Section Savute ................................165
Tuli Block .............................................97 Section Linyanti ..............................170
Sherwood .........................................98 Section Nogatsaa ............................170
Northern Tuli Game Reserve ..............99 Section River Front ..........................171
Mashatu Game Reserve ..................104 Kasane – Kazungula 173
Nord du Corridor Est ..........................105 Chutes Victoria ...................................190Livingstone .....................................193 NG/31 .............................................236
NG/32 238Victoria Falls ...................................197
Est Delta ............................................239
NG/33 – NG/34 ...............................239 OKAVANGO NG/18 – NG/19 240
NG/14 – Kwando Reserve ...............240Okavango ............................................204
NG/15 – Linyanti .............................241Panhandle ..........................................208
NG/16 – Selinda Reserve ................243Etsha ..............................................210
Moremi Game Reserve .......................244Sepupa ...........................................212
South Gate ......................................248Nxamasere .....................................212
Khwai & North Gate .........................249Shakawe .........................................212
Xakanaxa – Mboma Island ..............250Mohembo .......................................214
Seronga ..........................................215
Tsodilo Hills 217 KALAHARI
Aha et Gcwihaba Hills ........................219
Gantsi ................................................258Aha Hills .........................................219
Central Kalahari Game Reserve (CKGR) 263Gcwihaba Cave ...............................220
Sur la Trans-Kalahari ..........................269Ouest Delta ........................................220
Kang ...............................................270Chief’s Island ..................................220
Kaa Kalahari....................................271Bordure Ouest .................................224
Jwaneng .........................................271Nord Delta .........................................224
Kgalagadi Transfrontier National Park .272NG/20 .............................................224
Tshabong ...........................................275NG/21 225
NG/22 – NG/23 ...............................227
NG/12 229 ORGANISER
NG/24 229 SON SÉJOUR NG/25 .............................................229
Sud Delta ...........................................231 Pense futé ...........................................278
NG/26 231 S'informer 296
NG/27a 232 Comment partir ? ................................303
NG/27b 234 Rester ..................................................327
NG/29 – NG/30 ...............................235 Index ...................................................329
Jeune puku mâle, Chobe River Front.
© MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAIS4 5


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0
100 km
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ZIMBABWE
Ngoma BridgeNgoma Bridge
NAMIBIE
MOZAMBIQUE
BOTSWANA
Namibya
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CHOBE
PANHANDLE ANHANDLE
Mohembo Mohembo
ShakShakawawe e
SangosheSangoshe
SaSavuti vuti
NxamaserNxamaseri i
Mpandamatenga Mpandamatenga
SerSerongaonga
BetshaBetsha
Tsodilo AFRIQUE
Parc National
Hills SepupaSepupa DU SUD
de Chobe
Nxaunxau Nxaunxau
Etsha Etsha
Réserve
NGAMILAND
du Moremi
Delta deDelta de
GumarGumare e
l'Ol'Okavango ango
QubiQubi
Botswana
ShorobShorobe e
Parc National TsebananTsebanana
Nokanenganeng
Nxai Pan
MaunMaun
PhuduhuduPhuduhudu GwetaGweta
Kaoraore e MaitengwMaitengwe e
Nata Nata
Tsau Tsau
ZIMBABWE
Zoroda
Collines HKoanaha
Makgadikgadi
MAKGADIKGADI Dukwee
TutumTutume e
Pans Réserve
Molatswane Molatswane
SehithwSehithwa a Toteng teng
NAMIBIE
Ramokgwebaneamokgwebane
Lac Ngami Lac Ngami NtNtwewetwtwe Pe Paan n
MosetseMosetse
Collines Haina
ChizwinaChizwina
Sukwanewane
MatsitamaMatsitama
Save P Paan n
Siviya Siviya
Ku kkee
Borolong olong
Rakopskops
MosuMosu
Mopipi Mopipi
Francistown ancistown
Orapa Orapa
Mopipi PMopipi Paan n
ShasheShashe
Lac XLac Xaau u
Collines Tsau LLetlhakaneane
D'KD'Karar
Selebi- Selebi-
Réserve Centrale
GubajangoGubajango
GANTSI GANTSI MmashorMmashoro o PhikPhikwewe
du Kalahari CENTRAL
Xade Xade
Serule Serule
TobanTobane e BobonongBobonong
TTamasaneamasane
Mamuno Mamuno MathathaneMathathane
Tswaane Tswaane SeSerowerowe
TTsetsebjwsetsebjwe e
Makunda Makunda Morupule Morupule
PPalapyealapye
Kumchuru Kumchuru
Moijabana Moijabana
NICOJANE RANCHES
TaTakakatswaane tswaane Mhalapitsa Mhalapitsa
SherSherwoodwood
Kule Kule
ShoshongShoshong
LoLokkalanealane
MahalapyeMahalapye
Ncojane Ncojane
Machaneng Machaneng
DinokDinokwewe
LLephepephepe e
PPalamakoloi alamakoloi
Réserve
de Kutse
Sojwe Sojwe MaokMaokane ane
Tsetseng Tsetseng
UkUkwiwi KKang ang
KWENENG
Masama Masama
LLehututuehututu
DutlwDutlwe e
KGATLENG
HukuntsiHukuntsi
LLetlhakeng etlhakeng
MoMototokwkwee
TakatokTakatokwane wane
TshanTshane e
MochudiMochudi
KGALAGADI
KgokongKgokong
PilanePilane
MolepololeMolepolole SiSikwkwane ane
Sekoma Sekoma
Union's End Union's End JwarnengJwarneng
KhakKhakheahea
SOUTHERN
GABORONEGABORONE
RRamotswamotswa a
KaKanynye e
Réserve de
SOUTH EAST
Mabuasehube
WerdWerda a 1000
Parc National
Lobatse Lobatse
de Gemsbok MakopongMakopong
500
Mmathethe Mmathethe
Phepheng Phepheng 0
Nossob Nossob BrBrayay
TsatsTsatsu u
Camp Camp
RRamatlabama amatlabama
Mabule Mabule
Khisa Khisa
Parc et réserve
Maleshe Maleshe
Piste
TshabonTshabong g
KhKhawa awa
Route goudronnée
Mc Mc CaCartrthhy's Rusty's Rust
TwTwee Rivierend ee Rivierend
Capitale
DiDikbkbosos
Camp Camp
Bokspits Bokspits
Ville principale
AFRIQUE DU SUD
Ville secondaire
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Altitude
(en mètres) 5 5


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Collines HKoanaha
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Takatswaane tswaane Mhalapitsa Mhalapitsa
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Kule Kule ShoshongShoshong
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Ncojane Ncojane
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DinokDinokwewe
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Réserve
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Parc et réserve
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Mc Mc Carthy's Rusty's Rust
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Camp Camp
Bokspits Bokspits
Ville principale
AFRIQUE DU SUD
Ville secondaire
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Altitude
(en mètres) 6
Gorges du Zambèze en aval des chutes.
Coucher de soleil sur la rivière Chobe.
Guépards du Delta de l’Okavango.
© PJMALSBURY – ISTOCKPHOTO © MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAIS © MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAIS
© MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAISINVITATION AU VOYAGE
Les plus
du Botswana
mendicité quasiment absente. La démocratie Une nature spectaculaire
est inscrite dans le mode de vie traditionnel Le Botswana est sans conteste une très
des Botswanais qui peuvent être fiers de vivre grande destination de safari. La faune et la
dans le pays le plus pacifique et sûr qui soit. flore sauvage y sont reines et les spectacles
Voyager au Botswana est, par ailleurs, une de la vie sauvage ne trouvent comparaison
expérience confortable, que l’on campe ou que dans peu d’autres pays. L’immensité
que l’on réside en structures hôtelières. L’art des territoires naturels, aux paysages très
du camping y est poussé à sa perfection et variés, permet au voyageur de s’immerger
totalement et d’ouvrir grand ses sens. La très les plus réticents s’y convertissent
volonfaible densité de population du pays (environ tiers. Côté restauration, la culture culinaire
3 hab./km²) et la politique de faible volume n’étant pas très développée au Botswana,
touristique garantissent une observation les repas sont principalement d’influence
privilégiée de la faune sauvage. Ici, il arrive européenne et tout à fait savoureux. Il s’agit
qu’on ne croise pas un seul autre véhicule de d’une destination idéale pour une première
la journée dans les différentes réserves du expérience africaine, un voyage à envisager
pays. Le delta de l’Okavango, Moremi, Chobe, en toute sérénité.
Makgadikgadi, Central Kalahari, Tuli Block
sont des monuments de la nature africaine. Une multitude d’activités
Cette faune, cette flore et ces paysages Une diversité surprenante incroyables appellent et rappellent sans cesse
de paysages les voyageurs qui désirent les approcher de
Malgré sa relative platitude, le Botswana est toutes les façons possibles. Le Botswana
aussi un pays de contrastes et de surprises. permet cette multitude d’approches, en voiture
Les collines de Tsodilo renferment parmi les (game drive, de jour comme de nuit), à pied,
plus belles peintures rupestres de la planète. en avion, en hélicoptère, en bateau à moteur,
Les cuvettes salées du centre du pays – Sowa, en mokoro, à cheval, en vélo et même sous
Makgadikgadi, Nxai et Ntwetwe –, offrent des la protection d’un sympathique éléphant !
paysages d’un vide vertigineux où le regard Tout est mis en œuvre pour profiter le plus
ne rencontre absolument rien à l’horizon. La intensément de cette nature sauvage.
région du Tuli Block présente un relief très
accidenté avec ses chaotiques roches ocre Un peuple fier et souriant
et orangé. Les paysages doux du semi-désert Les Botswanais, d’origines ethniques assez
du Kalahari invitent au repos, les plaines de diverses mais désormais bien intégrées,
la rivière Chobe plongent le voyageur dans forment un peuple uni et fier. Ceci explique
les images classiques de l’Afrique sauvage que la mendicité soit absente, même dans les
à seulement quelques dizaines de kilomètres villages défavorisés. En outre, si les Batswana
des chutes Victoria du fleuve Zambèze. Enfin, ne sont pas extravertis comme certains
le delta de l’Okavango déroule ses paysages peuples d’Afrique de l’Ouest, le voyageur
aussi grandioses que fragiles dans le laby- ouvert recevra chaleureuses salutations et
rinthe des chenaux du fleuve mythique. sourires à chaque rencontre. Les enfants sont
toujours accueillants et répondent volontiers Une destination sûre aux signes de la main du voyageur qui passe.
et tout confort
À la rencontre des culturesSi l’Afrique fait parfois peur aux voyageurs, du
fait de l’instabilité politique ou de l’extrême Si la faune et la flore sont les vedettes de
pauvreté qu’on y rencontre, le Botswana est cette destination, le voyageur curieux se fera
aux antipodes de cette image du continent. le plaisir de découvrir les multiples facettes
Le pays est économiquement prospère et la de la culture botswanaise. 8 ® LES PLUS DU BOTSWANA
Petit lexique introductif
w Motswana : habitant du Botswana.
w Batswana : « batswana » est le pluriel de « motswana ».
w San : peuple premier du Botswana, plus connu sous le nom de Bushmen.
Traditionnellement des chasseurs-cueilleurs.
w Dumela : salutation usuelle, à utiliser sans modération.
w Mokoro : canoë traditionnel utilisé dans le delta de l’Okavango. Aujourd’hui utilisé
par les voyageurs pour découvrir cette célèbre région.
w Game-drive : excursion pour voir les animaux sauvages dans leur habitat naturel.
Il peut durer quelques heures comme plusieurs jours, et se fait dans un véhicule
toutterrain. Le night-drive, sa variante, se déroule la nuit.
Il est ainsi désormais possible de visiter un tout en faisant passer sa sécurité avant tout.
village bayei dans l’Okavango ou basubiya dans Pour profiter pleinement du pays, préparer son
le Chobe, de rencontrer un groupe San par voyage à l’avance est essentiel. Internet y est
l’intermédiaire d’un interprète polyglotte ou de bien développé et la majorité des
professionnels ont un e-mail et un site Internet. Consulter découvrir les cultures tswana. La diversité des
les experts longtemps à l’avance est la clé coutumes et des peuples est un atout de plus
pour réussir son voyage.en plus exploité par l’industrie du tourisme.
L’aventure au choixUn artisanat pointu
Si le touriste est en quête d’aventure, au Le Botswana ne présente pas une diversité
Botswana il la trouvera tant dans la nature artisanale considérable, mais ses spécificités
elle-même que dans la rencontre avec les y sont poussées au niveau d’excellence. Il en va
peuples du Botswana. Le choix est grand : ainsi de la vannerie que les femmes pratiquent
partir à pied dans la savane de l’Okavango dans tout le pays et particulièrement dans
tandis que les prédateurs rôdent, visiter en vélo le Ngamiland. Les paniers, ronds ou plats,
la réserve du Tuli Block, effectuer un safari à fermés ou ouverts, toujours finement décorés,
cheval, remonter un petit chenal de l’Okavango constituent de superbes pièces de décoration.
en mokoro, explorer l’immensité des Pans salés On notera aussi les arts san, largement mis en
ou des vallées fossiles du Kalahari, s’initier aux valeur dans la région de Gantsi. Leurs colliers et
techniques de survie des San, ou encore faire bracelets en cuir et coquilles d’œufs d’autruche
connaissance avec les autres ethnies du pays : sont de la plus haute élégance.
Bayei, Basubiya, Tswana.
L’hospitalité et le
Écotourisme, conservation
professionnalisme touristique et développement
Le professionnalisme du secteur touristique
Voyager au Botswana, c’est avant tout se faire est remarquable au Botswana. Les
tourplaisir, se plonger dans une nature sauvage opérateurs offrent des services de qualité. absolument spectaculaire et s’enrichir de
Les hébergements sont aux standards occi- la rencontre de ses peuples. Ce faisant, le
dentaux tout en gardant leur âme africaine voyageur participe à la conservation de cette
et les différentes activités sont menées de faune et flore par ailleurs menacée et contribue
sorte d’assurer la sécurité des voyageurs tout au bon développement des communautés
villaen leur permettant de profiter au maximum geoises. Un vaste programme visant à protéger
des expériences proposées. Sur la rivière la nature tout en dirigeant les bénéfices de
Chobe, par exemple, on approche en bateau les l’écotourisme vers les communautés les plus
éléphants à quelques mètres et les crocodiles défavorisées est à l’œuvre au Botswana. Le
à quelques centimètres ! Dans l’Okavango, on voyageur, en visitant les réserves naturelles
peut marcher en pleine brousse et approcher du pays, contribue ainsi au dynamisme de son
un troupeau de buffles en restant sous le vent. troisième secteur économique et encourage
Les guides ont en effet à cœur d’emmener le toujours plus ses habitants à protéger et
voyageur aussi loin qu’il est raisonnable d’aller valoriser ce patrimoine naturel et culturel.9Fiche technique
Argent Le Botswana en bref
w Monnaie : le pula (BWP), prononcé Le pays
« poula ». Le pula est divisé en thebe :
1 pula = 100 thebe. Pula signifie « pluie » w Nom officiel : République du Botswana.
en setswana. w Superficie : 581 730 km².
er w Taux de change : au 1 septembre w Capitale : Gaborone.
2014, le taux est de 1 E = 11,71 BWP ou
w Pays frontaliers : Afrique du Sud, Namibie, 1 BWP = 0,08 E.
Zambie, Zimbabwe.
Idées de budget w Régime : République parlementaire.
w Location d’une voiture : 700 BWP par jour w Chef de l’Etat : Seretse Ian Khama (Président)
pour une petite berline et 150 E pour un 4x4. et Mompati Merafhe (vice-président).
w Carburant : 7-8 BWP le litre. w Indépendance : 30 septembre 1966.
w Restauration : compter 100 BWP minimum w Villes principales : Gaborone, Francistown,
pour un repas complet dans un restaurant de Molepopole, Maun, Kasane, Gantsi, Palapye,
cuisine occidentale et 30-50 BWP pour un
Mahalapye, Lobatse, Serowe.
repas botswanais.
La populationw Hébergement : de 50 BWP à 150 BWP
pour un emplacement de camping et 500 BWP w Population : 2 155 784 habitants. Environ
minimum pour une chambre double dans un 39 % de population rurale.
hôtel au confort basique en ville.
w Densité : 3,7 hab./km².
w Nuit en lodge : Les prix varient selon
w Espérance de vie : 54,06 ans.la saison et la région. Pour la formule tout
compris (hébergement, restauration, vol en w Taux d’incidence Sida : 23% (2012). C’est
avion-taxi et activités), compter de 6 000 à le troisième pays au monde le plus touché.
10 000 BWP par personne et par jour. w Taux de natalité : 21,34 ‰ (2014).
w Mobile Safaris : Les premiers commencent w Taux de mortalité : 13,32 ‰ (2014).
à 1 500 BWP par jour par personne pour la
w Taux de migration : 4,62 ‰ (2014).formule tout compris (matériel de camping,
voiture, guide chauffeur, cuisinier et repas). w Mortalité infantile : 9,38 ‰ (2014).
Girafes sous un acacia parasol.
© MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAIS10
Crocodile du Nil.
w Indice de fécondité : 2,37 naissances par Les numéros botswanais sont composés de
femme (2014). 7 chiffres pour les numéros fixes et 8 pour
les portables. Le premier chiffre est l’indicatif w Taux d’alphabétisation : 85,1 % (2011).
régional (par exemple, le 3 se rapporte à
w Langue officielle : anglais. la région de Gaborone, le 2 à la région de
w Langue nationale : setswana. Francistown, le 6 à la région de Maun). Il y a
deux opérateurs de téléphonie mobile et les w Religion : christianisme (71,6 %), sans
mobiles commencent par le chiffre 7.religion (20,6 %) en 2001.
Les données suivantes proviennent du CIA w Téléphoner en France depuis le
World Factbook, et sont valables en juin 2014. Botswana : 00 + 33 (indicatif de la France)
+ numéro du correspondant sans le 0 initial.L’économie
w Voyager avec un mobile : il est facile et
ew PNB (PPP) : 34 milliards US$, 111 rang peu onéreux d’acheter une carte SIM sur place.
mondial. Les deux opérateurs locaux sont Mascom et
w Taux de croissance du PIB : 3,9 % par an. Orange. La couverture est très satisfaisante
dans l’ensemble du pays autour des villes, w PIB par habitant (PPP) : 16 400 US$,
e mais inexistante dans les endroits reculés, 82 rang mondial.
comme les réserves naturelles.
w Principaux fournisseurs : pays de la SADC
w Internet : des accès Internet sont (Communauté de développement d’Afrique
disponibles dans tous les centres touristiques. australe), dont l’Afrique du Sud en tête, puis
Le haut débit est bien installé et le wi-fi se le Zimbabwe.
généralise dans les hôtels en ville. Dans les
w Principaux clients : Union européenne et cybercafés, compter environ 5 BWP pour
pays de la SADC. une connexion de 15 minutes. Les lodges en
w Taux de chômage : 17,8 % (en 2009). brousse n’en disposent pas.
w Population vivant en dessous du seuil Décalage horairede pauvreté : 20,7 % (en 2011).
Le Botswana est à GMT + 2, comme la France.
w Indice de Développement Humain (IDH) : L’heure est ainsi la même en été et le Botswana
0,64/1. est une heure en retard en hiver.
Téléphone Formalités
w Téléphoner au Botswana depuis Un citoyen français, belge, suisse ou canadien
l’étranger : 00 + 267 (indicatif du peut obtenir un visa de tourisme valide
Botswana) + le numéro du correspondant. 90 jours en arrivant sur place. Il faudra juste
© MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAIS11vérifier que votre passeport est bien valide au
moins 3 mois après le jour de votre départ du Le drapeau du Botswana
Botswana. Si les vaccins suivants ne sont pas
obligatoires pour pénétrer dans le pays, ils sont
en outre fortement recommandés : contre la
fièvre jaune, l’hépatite A, l’hépatite B, la rage,
la tuberculose, le tétanos, et la typhoïde. Il est
également conseillé de suivre un traitement
de prévention contre le paludisme. Prenez
rendez-vous chez le médecin afin de vous
assurer de la mise à jour de vos vaccins.
Climat Il est bleu ciel avec une bande horizontale
Le Botswana est un pays à climat semi-aride, noire encadrée par deux fines bandes
à la fois isolé de l’influence directe de l’océan blanches. Le bleu représente l’eau si
de part sa position intracontinentale et sur le précieuse dans ce pays semi-désertique.
tropique du Capricorne. La devise nationale est d’ailleurs : Let
there be rain ! ou « Que tombe la pluie ! ». w Durant la saison sèche, les températures
Le noir et le blanc symbolisent l’harmonie sont douces. La journée, le soleil est toujours
ethnique de sa société et rappellent aussi au rendez-vous et très peu de nuages viennent
le pelage du zèbre, l’animal national du perturber le ciel bleu. Dans le nord du pays –
Botswana. L’équipe nationale de football Maun, Chobe, Okavango –, il fait environ 25 °C
se surnomme en outre les Zebras.à midi, et 10 °C la nuit. Dans le sud – Corridor
Est, Central Kalahari, Pans salés – il fait plus
froid et les nuits s’avèrent souvent glaciales.
irrégulières, sporadiques et imprévisibles, et Les mois les plus frais sont juin, juillet et août. A
des semaines de sécheresse peuvent parfois
partir de septembre, les températures grimpent s’intercaler en saison soi-disant pluvieuse.
et en octobre l’air devient si sec et si chaud Cependant, quand elles adviennent, ce n’est pas
qu’il peut faire 40 °C dans le désert. à moitié. Elles tombent lourdement et parfois
Les grands mammifères sont faciles à observer
avec violence, surtout en janvier et février.
autour des quelques points d’eau permanents. Le niveau des précipitations le plus élevé se
Cependant, dans le Central Kalahari, les points trouve à Chobe, atteignant jusqu’à 650 mm,
d’eau se font tellement rares qu’il est difficile tandis qu’au sud-ouest, la pluviométrie est à
d’y observer la faune. La flore se meurt et se son plus faible, avec moins de 200 mm.
dessèche, sauf dans les régions du delta et du Les animaux sont plus éparpillés pendant cette
Chobe où elle reste très bien irriguée. période mais restent visibles. C’est d’ailleurs la
w Durant l’été austral, il fait chaud et période des amours et des naissances. Pour les
humide. Les températures montent jusqu’à amateurs d’ornithologie ou de pêche, sachez
30 °C, atteignant leur pic en novembre autour que les oiseaux et les poissons seront présents
de 35 °C, dans le nord. Les averses sont en abondance.Idées de séjour
Le Botswana est un pays en très grande partie comme effectuer une marche à pied ou
sauvage. À l’inverse de l’Afrique du Sud et de une randonnée à cheval guidée au cœur de
la Namibie, toutes ses immenses réserves l’Okavango. Il suffit donc de bien choisir ses
naturelles (Moremi, Chobe, Central Kalahari, spécialistes et de se laisser accompagner.
Makgadikgadi Pan, Sowa Pan, Ntwetwe Pan, w Self-drivers. Pour les voyageurs
Nxai Pan, Kgalagadi Transfrontier National expérimentés qui feront le choix de partir
Park, Tuli Block) ne sont accessibles qu’en en self-driving, nous conseillons, en plus de
4x4. Les pistes sont par endroits et selon les cette édition, la lecture de deux guides locaux,
saisons très difficiles à négocier et requièrent qu’on peut se procurer sur Internet : The Shell
une grande expérience de la conduite tout- Tourist Travel and Field Guide of Botswana,
terrain. Du fait de l’immensité des territoires de Veronica Roodt (www.botswana-maps.
et de la politique conservatrice du tourisme co.za) et Discovering… Botswana, de Molly
qui restreint le nombre d’entrées journalières and Susan Joyce, Caltex.
dans les réserves, il convient d’être
parfaiw Solution intermédiaire. Pour ceux qui tement autonome et capable de se sortir de
choisiront de voyager en louant une voiture toutes les situations en brousse. Le fait que
standard (non tout-terrain), pour relier, via ces réserves restent sauvages et difficilement
les axes goudronnés, les principaux centres accessibles constitue l’un des attraits majeurs
touristiques, d’où ils pourront organiser des du Botswana.
excursions avec des tour-opérateurs, ce guide Cependant cette « virginité » n’est pas sans
est aussi utile surtout avant le voyage, en conséquence importante pour les voyageurs.
phase de préparation.En effet, elle impose à celui qui veut découvrir
Compte tenu de sa politique de « faible les beautés du Botswana un choix
fondavolume » en matière de tourisme, on insiste sur mental : self-driver ou tour-opérateur ?
le fait qu’un voyage au Botswana se prépare Inutile de préciser que si l’on n’est pas très
longtemps à l’avance, car il est fortement expérimenté en camping sauvage et en
recommandé de réserver son tour-opérateur conduite tout-terrain, la première possibilité
et ses hébergements plusieurs mois avant la n’est absolument pas envisageable. En effet, le
date du départ.Botswana n’est pas la destination idéale pour
un baptême de self-driving. Les réserves sont
Séjours courtstrop peu fréquentées pour espérer de l’aide
Dans le paragraphe qui suit, sont proposés en cas de problème et la faune sauvage n’est
des circuits pour chacune de ces régions. Le pas sans présenter quelques sérieux dangers.
voyageur pourra à sa guise combiner plusieurs
w Tour-opérateur. La très grande majorité circuits dans son séjour. Ces circuits ne sont
des voyageurs choisira donc de faire appel aux toutefois que des suggestions et le lecteur est
services d’un tour-opérateur et c’est dans ce vivement encouragé à lire les parties du guide
choix que se jouera la réussite du voyage. Il consacrées à chaque région pour en explorer
s’agit de trouver l’agence qui répond le mieux toutes les richesses.
à ses centres d’intérêt (observation de la
faune, rencontres culturelles, contemplation Okavango – Chobe Chutes Victoria
des paysages…) et à son style (campement Circuit quasi imposé pour tout premier séjour
spartiate en pleine nature au lodge luxueux). au Botswana, il traverse les deux réserves
La chance vous sourira, le Botswana est un naturelles qui ont fait la célébrité de cette
pays où le secteur du tourisme est extrême- destination. Selon son budget, on pourra les
ment bien organisé. Le niveau de compé- visiter en safari mobile (camping) ou en flying
tence des guides et des tour-opérateurs est safari (lodge et avion-taxi). Pour les chanceux
très élevé et les différentes activités touris- qui auront accès aux concessions privées de
tiques sont menées par des spécialistes. En l’Okavango, se reporter à la partie du guide
d’autres termes, tout est possible ou presque. qui leur est consacrée. Que les autres se
Installer un campement tout confort au milieu rassurent, la réserve de Moremi possède des
du Kalahari est une pratique courante, tout paysages tout aussi magnifiques.INVITATION AU VOYAGE
IDéES DE SéjOUR √ 13
w j our 1 : arrivée à Maun. Repos dans un l’Okavango dans un bateau-hôtel. La balade
campement et visite d’un point d’intérêt pour en mokoro est un must.
débuter en douceur. w j ours 5-6 : excursion vers les Tsodilo Hills.
w j our 2 : excursion dans le delta de Découvrir les peintures et gravures rupestres
l’Okavango. Balade en mokoro et premiers dans ce site propice à la marche à pied. Il est
contacts avec la faune et la flore du delta. conseillé d’y passer une nuit en camping.
Visite d’un village bayei. On pourra étendre son séjour en passant la
frontière et en visitant les petites réserves w j our 3 : exploration de la réserve de
namibiennes à proximité.Moremi, section Xakanaxa. Game-drive dans
cette superbe partie de la réserve. Les grands pans salés
w j our 4 : Xakanaxa entre terre et rivière. Les cuvettes salées du centre du pays furent,
Game-drive le matin et balade en bateau il y a des millénaires, le lit d’un gigantesque
l’après-midi jusqu’au coucher du soleil. lac. Aujourd’hui, ces vastes espaces
absoluw j ours 5-6 : section Khwai de Moremi. ment vides offrent aux visiteurs des paysages
Game-drive autour de la petite rivière Khwai saisissants. On y consacre au moins 4 jours
qui attire l’ensemble de la faune. Hors de la pour voir les sites les plus exceptionnels.
réserve, en territoire communautaire, il est w j our 1 : départ de Maun. Nuit dans un
possible de faire des game-drives de nuit campement sur les bords de la rivière Boteti,
pour découvrir les mammifères nocturnes. aux portes du Makgadikgadi Pans National
w j ours 7-8 : la mythique cuvette de Savuti. Park. Découverte de sa faune et de sa flore.
Deux jours à Savuti, dans le parc national de w j our 2 : Baines Baobabs et Nxai Pans
Chobe, passeront à toute allure tant la faune National Park. Le célèbre site de Baines
est riche et impressionnante. Les chances de Baobabs est situé non loin de l’axe
Maunvoir les prédateurs y sont maximales. Nata et la petite réserve de Nxai Pan se visite
w j our 9 : transfert vers le River Front. Autre en une journée. Nuit en camping sur place
superbe section du Chobe, on y passera une ou à Gweta.
nuit avant de regagner la civilisation à Kasane w j ours 3-4 (saison sèche) : excursion
le lendemain. vers Lekhubu Island. Ce site est absolument
w j our 10 : boat cruise sur la rivière Chobe. exceptionnel. Il faut y apprécier au moins un
Dernier game- drive le matin, puis balade coucher et un lever de soleil. Retour vers Maun
inoubliable sur la rivière Chobe l’après-midi ou poursuite vers Nata ou Serowe.
jusqu’au coucher de soleil.
w j ours 3-4 (saison pluvieuse) : Nata et De Kasane, on rejoindra évidemment les
son Bird Sanctuary. En été austral, le Bird
chutes Victoria du côté zimbabwéen, à Victoria Sanctuary accueille des centaines d’oiseaux
Falls, ou du côté zambien, à Livingstone. Ce dont des flamants roses et pélicans blancs.
circuit se fait très bien en sens inverse.
Retour vers Maun ou poursuite vers Nata
ou Serowe.Le Panhandle et les Tsodilo Hills
Cette région de l’Okavango est proche de la Le Kalahari
frontière namibienne. On y consacrera 4 jours Le Kalahari, vaste région du centre et de
minimum, mais une semaine facilement pour
l’ouest du pays, comprend la réserve centrale s’y détendre. Les pêcheurs pourront y passer
du Kalahari, la région de Gantsi et le parc l’essentiel de leur séjour au Botswana.
transfrontalier Kgalagadi. Gantsi et la réserve
w j our 1 : départ de Maun ou Gantsi. du Central Kalahari font désormais partie
Première nuit dans un campement au bord des grands sites touristiques du Botswana.
de la rivière. Les concessions sauvages le long de la
w j our 2 : balade en bateau et découverte Transkalahari et la réserve transfrontalière
restent le terrain des aventuriers. Le circuit de l’avifaune. Le bateau est le meilleur moyen
proposé ci-dessous ne relie que les sites les de découvrir les paysages de cette région et
d’observer les oiseaux qui y sont nombreux. plus accessibles.
w j ours 3-4 : excursion à Seronga. Partir voir w j our 1 : départ de Maun. Nuit dans un
ce village tourné vers le fleuve, y rencontrer campement au nord du Central Kalahari ou
ses habitants et dormir en campement, ou sur dans la réserve, proche de Deception Valley.14 ® IDéES DE SéjOUR
w j our 2 : exploration de Deception Valley semaines, on pourra astucieusement
et des pans alentours. La section Nord du combiner sa visite avec les pays voisins,
ce qu’invitent d’ailleurs à faire les parcs parc est la plus riche en faune. Les pistes
transfrontaliers qui voient progressivement forment de multiples boucles à emprunter
le jour. Les indépendants pourront aisément pour surprendre la faune sauvage.
visiter la Namibie ou une partie de l’Afrique w j our 3 : en route vers Xade. Observation
du Sud avec le Botswana. Ceux qui voyagent
de la faune en route. Nuit à Xade. en avion-taxi et en lodges pourront associer
w j our 4 : en route vers Gantsi. Dernier l’Okavango, le Chobe avec les régions les
game-drive dans la section de Xade et route plus arides de Namibie (le Damaraland, le
vers Gantsi. Nuit dans un campement aux Kaokoland et le Namib). Enfin, on se rendra
alentours de Gantsi. certainement, au moins pour le temps d’un
crochet, au Zimbabwe ou en Zambie pour w j our 5 : rencontre avec le peuple san.
contempler les chutes Victoria.Dans un campement ou auprès de la Kuru
Family à D’Kar, découverte de cette culture Séjours thématiquesancestrale. Les voyageurs particulièrement
intéressés pourront poursuivre l’expérience Tourisme nature
pendant plusieurs jours afin de comprendre Le Botswana propose avant tout un tourisme
en profondeur le mode de vie san. autour de cette thématique centrale, des
variations sont possibles et conseillées. Le Tuli Block
Elles correspondent aux différents moyens dans le Corridor Est
de transport utilisables. L’approche classique
Le Corridor n’est pas encore une région
étant la voiture tout-terrain (game-drive), on
touristique. Elle est pourtant intéressante pourra ainsi tenter divers moyens de
déplaced’un point de vue culturel et renferme deux ment : la marche à pied, le VTT, le mokoro, le
joyaux naturels : le Khama Rhino Sanctuary
cheval, le bateau à moteur ou encore la marche
et surtout le Tuli Block. Le circuit proposé auprès des éléphants habitués à l’homme pour
pourra se faire au départ de Gaborone ou mieux connaître ces magnifiques créatures.
de Nata ou encore Maun, bien que la route Les pêcheurs pourront de leur côté s’adonner
jusqu’à Serowe soit un peu longue. à leur activité préférée dans le panhandle de
w j our 1 : Khama Rhino Sanctuary. Game l’Okavango ou dans la région de Kasane à la
drive dans le sanctuaire pour y observer les confluence de la rivière Chobe et du fleuve
rhinocéros et les antilopes bien présentes Zambèze.
dans la petite réserve. Nuit sur place.
Séjour culturel
w j our 2 : route vers le Tuli Block. Via Selebi
Normalement diffuses dans un safari, les Phikwe, rejoindre le Tuli Block par le Nord et
activités culturelles pourront former le cœur atteindre la Northern Tuli Reserve. Profiter
d’un séjour au Botswana où les excursions du coucher de soleil sur les chaos rocheux
nature ne feront qu’agrémenter le voyage. de la région.
L’exemple le plus évident est la rencontre du
w j ours 3-4 : exploration de la réserve peuple San et l’immersion pendant plusieurs
en 4X4, à pied, en vélo, à cheval… pour y jours dans leur mode de vie traditionnel très
observer la faune et les sites archéologiques. proche de la nature. On pourra également
faire connaissance avec les autres peuples w j ours 5-6 : visite d’une autre réserve
du Botswana en organisant un séjour le long du Tuli Block. De retour vers l’axe
prolongé dans un village, bayei dans l’Oka-Gaborone-Francistown, on pourra se détendre
vango, basubiya dans la région de Chobe ou et faire un peu de marche à pied dans une
tswana dans le Corridor Est. On pourra aussi réserve privée le long du Limpopo avant de
organiser un séjour centré sur l’archéologie rejoindre Gaborone ou le nord du pays.
en visitant les sites de Tsodilo Hills, Lekhubu Noter que l’on peut, dès le jour 4, gagner
Island et du Tuli Block. On pourra enfin l’Afrique du Sud.
découvrir le Botswana moderne en prenant
Les circuits transfrontaliers comme fil conducteur les excellents romans
Bien que le Botswana ait suffisamment à d’Alexander McCall Smith (Mma Ramotswe,
offrir pour combler un séjour de plusieurs The No.1 Ladies’ Detective Agency).DÉCOUVERTE
Le bâillement des
hippopotames est
un signe
d’énervement.
© MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAISLe Botswana
en 20 mots-clés
désastre économique au Botswana, grand Amarula
exportateur de viande. Pour éviter qu’une autre Cette liqueur crémeuse est très populaire et se
catastrophe de ce genre ne se produise, et savoure au dessert ou comme digestif. Elle est
conformément aux règles strictes de l’Union, fabriquée à partir du fruit du marula, un arbre
5 000 km de barrières furent érigés à travers qui pousse dans le nord du Botswana. Vous
tout le pays. Ceci eut parfois des consé-aurez peut-être l’occasion de le croiser au
quences dramatiques pour la faune sauvage. cours d’un game-drive, si les éléphants ne sont
Certaines barrières ont coupé les routes de pas passés avant pour le dépouiller car, tout
migration de très nombreux herbivores, zèbres comme nous, ils raffolent de ce fruit. Ce dernier
et gnous notamment. Heureusement, tirant les fermente directement dans leur estomac, et
leçons du passé, le tracé des barrières est en parfois, on peut voir des éléphants marcher
train d’être revu et modifié pour respecter les en zigzag, pompettes après un marula de trop !
besoins des populations d’ongulés sauvages.
Baignade
Boma
Étant enclavé et semi-désertique, le Botswana
Une fois par semaine, les villageois se réunissent n’est pas une destination balnéaire. Néanmoins,
tous pour partager un dîner typique, chanter, les voyageurs profiteront des piscines présentes
danser et festoyer tout bonnement ensemble. dans de nombreux hébergements, notamment
Le boma est à la fois le nom donné au lieu de de septembre à avril quand la chaleur se fait
la réunion, un espace à ciel ouvert, clôturé et sentir. À la même époque, une baignade à ne
construit en rond autour d’un immense feu de pas manquer est celle dans les eaux «
cristalcamp et le nom de la soirée. Cette ancienne lines » du delta de l’Okavango : purifiées par
coutume se pratique encore aujourd’hui des milliers de joncs, papyrus et roseaux, elles
dans les villes et villages du Botswana. Dans s’écoulent, transparentes comme un torrent de
beaucoup de lodges, vous entendrez vos hôtes montagne et tiède comme une mer du Sud. Les
vous parler de la boma night, qui se déroule tiges des nénuphars s’y entrelacent et un sable
à l’intérieur du lodge, quand l’ensemble des blanc, très fin et très doux, tapisse le fond des
employés vous donnent un aperçu de cette chenaux et des lagunes. Nulle piscine au fond
tradition.turquoise ne pourrait être plus attirante que ces
petits cours d’eau bordés de palmiers… Mais Combi
attention, l’Okavango n’est pas l’île Maurice
Les villes du Botswana ne sont certes pas les et, à la différence des barrières de corail, les
points d’intérêt principaux du pays mais elles barres de papyrus ne protègent guère des
ont au moins le mérite de proposer un moyen animaux sauvages. Les guides sauront vous
de transport en commun efficace : le combi. désigner les endroits relativement dépourvus
Ces fameuses petites camionnettes blanches de crocodiles ou d’hippopotames.
zigzaguent à travers la ville et s’arrêtent pour
ramasser et déposer leurs clients quand cela Barrières vétérinaires
les arrange. Même si la place manque parfois Les routes et pistes du Botswana rencontrent
un peu, l’expérience doit être tentée !régulièrement les barrières vétérinaires, ou
veterinary fences, qui sillonnent le pays.
Donkey cartLeur raison d’être est de séparer les zones
Avant l’apparition de la voiture et des moyens sauvages des zones agricoles et d’éviter
de transport modernes, l’âne servait aussi ainsi les épidémies de fièvre aphteuse. Cette
bien de bête de trait pour l’agriculture que maladie, qui peut affecter les bovins, est le
de moyen de locomotion. Le donkey cart est cauchemar des éleveurs. Elle entraîne un
une charrue tirée par un ou deux ânes, voire arrêt automatique de la vente du bétail à
l’U.E., principale importatrice. C’est ce qui plus. Ces voitures pittoresques sont encore
arriva en 1977-1978, provoquant un véritable fréquentes dans les villes du Kalahari.Découverte
17Le Botswana en 20 mots-cLés √
d’un exercice tout simple requiert en fait Gin & Tonic
un excellent sens de l’équilibre. Pour s’en Au Botswana, le Gin Tonic est un peu la boisson
convaincre, tenter l’expérience lors d’une des dieux, le nectar que l’on savoure à chaque
balade en mokoro en choisissant une zone où braaï ou cocktail, le sirop que l’on prescrit au
l’eau est peu profonde et surtout suffisamment Sud-Africain malade, le spiritueux qui remplace
éloignée d’une famille d’hippopotames.le petit pastis du Midi. Plus sobrement, c’est un
cocktail parmi d’autres, comme le Rock Shandy, Poncho
apprécié particulièrement à l’heure de l’apéro,
Vous êtes venu passer votre été au Botswana ? surtout lors d’un Sun Downer.
Vous avez emporté avec vous des tongs et des
chapeaux de paille ? Erreur, c’est l’hiver ! Les Impala
game-drives commencent à 6h du matin au Il ne peut pas vous avoir échappé. Cette belle
plus tard, bien avant que le soleil ne se lève, bête à la queue et au ventre blancs ressemble
et il fait un froid de canard dans le véhicule de à un mélange de gazelle et d’antilope. On
safari. Rassurez-vous, si vous êtes chanceux, le l’observe dans quasi tous les parcs et réserves
chauffeur détient un coffre rempli de couvertures du Botswana et plus généralement dans
de laine et de ponchos dignes d’une randonnée l’ensemble de l’Afrique australe. Il n’est pas
dans les Alpes.rare d’entendre un guide le surnommer « le
fast-food du Botswana », sans doute à la fois Préservatifsparce qu’on le retrouve aisément partout mais
Malgré le passage des missionnaires anglais, également parce que ses prédateurs n’en font
les mœurs restent libérales au Botswana. Dans qu’une bouchée et ont de nouveau faim deux
ce pays fortement touché par le virus du Sida, heures après !
le préservatif n’est pas un accessoire tabou. On
en vante les mérites sur de grands panneaux Kgotla
publicitaires et les pharmacies rivalisent de Fortement ancré dans les mœurs des
choix et de modèles fantaisistes. En général, Batswana, le système de la kgotla n’est
différentes marques aux parfums et couleurs autre que celui de la démocratie participative.
variés sont exposées bien en vue au niveau Grâce à ce type d’organisation politique, le
des caisses. Les boîtes de nuit sont pourvues pays ne connut jamais de dictateur, de roi, ni
de guichets automatiques et dans les offices aucune forme de despotisme. Sans doute cette
de tourisme ou les toilettes publiques, ils sont tradition de la kgotla fut-elle le terreau qui
distribués gratuitement.permit à la démocratie nationale de s’imposer
sans difficulté après l’indépendance. Si elle a, Pulade nos jours, un peu perdu de sa vigueur, la
Terme sacré aux yeux des Botswanais, doté tradition de la kgotla subsiste néanmoins. C’est
de sens multiples, ce mot désigne avant tout en effet dans les kgotlas que les politiciens
la pluie bienfaitrice. C’est donc tout naturel-viennent discourir lors de leurs campagnes
lement que la monnaie nationale a pris ce et que les délits mineurs sont jugés. Tout ce
nom en 1976 quand elle a remplacé le rand qui a trait au quartier, au village, à la région
sud-africain. C’est également le mot qu’on et même à la nation, y est encore discuté.
utilise pour porter un toast.
Pan Saluer
Ce terme anglophone signifiant « cuvette » ou
Le salut courant consiste en une poignée de « bassin de sédimentation » désigne en Afrique
main. Similaire à la nôtre, elle diffère néanmoins australe d’immenses dépressions, vestiges
par un détail d’importance. Comme un peu d’anciens lacs desséchés datant de la période
partout en Afrique, il convient de saluer avec où le pays jouissait d’un climat tempéré et
les deux mains en signe de respect. On place où l’Okavango poursuivait sa course jusqu’à
alors sa seconde main (non engagée dans la l’océan. On les trouve un peu partout dans le
poignée) sous ou sur son avant-bras. On trouve Kalahari et les plus célèbres, par leur taille et
quelques variations régionales avec des jeux surtout leur blancheur due aux dépôts de sel à
leur surface, sont ceux de Sowa et de Ntwetwe. de poignées qu’il sera très facile de relever.
Poler Sausage tree
Le poler est le conducteur du mokoro, l’équi- Le sausage tree ou Kigelia africana est l’un des
valent du gondolier en somme. Ce qui a l’air arbres les plus curieux du Botswana. 18 ® Le Botswana en 20 mots-cLés
Comme son nom l’indique, il se reconnaît Sun Downer
à ses fruits : d’énormes saucisses géantes Il s’agit du petit apéro qu’on prend au coucher
pouvant mesurer plus de 50 cm de long et du soleil, après avoir traqué pendant plusieurs
15 cm de diamètre, et peser jusqu’à 5 kg ! Ces heures mammifères et oiseaux en tout genre.
étranges spécimens de la flore ont tendance à Spécialité des lodges haut de gamme, ce petit
rester très longtemps accrochés sur l’arbre et cocktail convivial se tient, comme il se doit, en
tombent de façon impromptue. Amateurs des plein cœur de la brousse, à l’heure enivrante
doux ombrages, s’abstenir, il pourrait vous en où les bruits montent et où les prédateurs
coûter la tête ! se mettent en mouvement dans les couleurs
rouges du soleil couchant.
Sister
Plutôt que « Mademoiselle », vous serez appelée Zèbre
« Sister », et « Brother » sera utilisé pour les La rayure noire est au zèbre ce que l’empreinte
jeunes hommes. digitale est à l’humain : une marque
d’appartenance à une même espèce, mais aussi un
Staff box signe de distinction individuelle. Ces animaux,
Le staff est l’ensemble des employés d’un camp pourtant intelligents et inoffensifs, n’ont jamais
ou d’une compagnie, par opposition au mana- pu être domestiqués par les hommes. C’est
gement, ou « direction ». Plus la compagnie est sans doute ce mélange de caractère sauvage
grande, plus on trouve des subtilités du type et grégaire qui a tant séduit le peuple
botswamanaging staff. Peu importe, pour le voyageur, nais, qui se reconnaît assez pour avoir choisi le
l’important est de comprendre que la staff box zèbre comme animal national. Les joueurs de
est la « boîte à pourboires » que les employés l’équipe de football nationale, en se nommant
se partagent à la fin du mois. les Zebras, lui font également honneur.
Faire – Ne pas faire
Faire
w Garder ses papiers officiels toujours sur soi, des fortes amendes pouvant tomber.
w s’assurer d’être un conducteur chevronné avant de partir seul sur une piste isolée.
w montrer patience et courtoisie envers les forces de l’ordre. L’excitation et
l’empressement agacent les Botswanais qui ont alors tendance à se braquer et à prendre
beaucoup plus de temps à résoudre les problèmes.
w Prendre garde aux animaux sauvages et à leurs passages intempestifs, surtout la nuit.
w serrer la main avec l’autre posée sur son avant-bras. Cela revient à donner les
deux mains à son interlocuteur. S’il s’agit d’une personne âgée, plier légèrement les
genoux ou incliner la tête. Ce sont des signes habituels de respect et d’humilité.
w sourire et user des formules de politesse, sans limite.
w Pour recevoir un cadeau, tendre les deux mains, même s’il s’agit de nourriture ou
d’une simple boisson.
Ne pas faire
w Descendre sans l’accord préalable du guide.
w Parler fort, ou s’habiller dans des couleurs vives et flashy, cela peut perturber
les animaux, sans parler des autres voyageurs.
w Jeter ses mégots dans la brousse. En plus de la nuisance visuelle et de la pollution
que cela cause, il y a un risque d’incendie.
w Photographier les bâtiments officiels ou les personnes en uniforme.
w manifester des signes affectifs envers son partenaire, car cela ne fait pas encore
partie des mœurs vraiment tolérées.
w critiquer ouvertement le gouvernement.Découverte
Survol du
Botswana
Malgré l’incroyable beauté de son patri- des égards. Havre de paix et de prospérité dans
moine naturel et la richesse, certes discrète, un continent en situation difficile, le Botswana
de son héritage culturel, le Botswana reste possède de surcroît des paysages d’une très
une destination encore ignorée des franco- grande beauté, des espaces sauvages intacts,
phones. Pourtant ce territoire, d’une superficie une faune et une flore fascinantes. D’aucuns
(585 370 km²) légèrement supérieure à celle de disent que le nord du pays est le dernier éden
la France métropolitaine, est merveilleux à bien véritablement sauvage de l’Afrique.
GÉOGRAPHIE
La topographie plate du Botswana n’est guère Puis les premières formes pluricellulaires
propre à exciter l’imaginaire. C’est un pays apparaissent ensuite dans le milieu aquatique.
enclavé, bordé à l’ouest par la Namibie, au La vie va alors progressivement conquérir le
nord par la Zambie, la bande de Caprivi et milieu terrestre. Vers 570 millions d’années,
l’Angola, à l’est par le Zimbabwe et au sud par de nombreux fossiles attestent de la diversité
l’Afrique du Sud. Le Botswana est constitué remarquable des premiers invertébrés. À cette
d’un vaste plateau monotone au relief très époque, la terre présente plusieurs continents
peu accidenté (900 à 1 300 m, moyenne de que la tectonique des plaques fait « migrer »
960 m au-dessus du niveau de la mer). Situé d’un hémisphère à l’autre.
à cheval sur le tropique du Capricorne, il se Il y a 270 millions d’années, un nouveau
continent unique se reforme, La Pangée, dont trouve couvert à 80 % par le semi-désert du
Kalahari qui étend ses langues sablonneuses la dislocation, il y a à peu près 200 millions
bien au-delà du territoire, en Angola, Namibie d’années, va donner Le Gondwana, comprenant
et Afrique du Sud. Si sur les axes principaux la grossièrement les continents au sud du monde
diversité ne semble guère être la caractéristique actuel et la Laurasie, contenant ceux situés au
nord. À l’époque, l’Afrique est proche du pôle première du Botswana, de subtiles variations
sud et touche à peine l’équateur. Les tétrapodes, y sont cependant à l’œuvre et c’est hors des
axes routiers que la variété des paysages se ancêtres des amphibiens, reptiles, oiseaux et
manifeste, dans toute sa splendeur, avec en mammifères, ont plus de 100 millions d’années
point d’orgue l’unique et sublimissime delta d’évolution et c’est vers 230 millions d’années
que sont apparus les premiers mammifères.de l’Okavango.
Leur ère n’est pas encore arrivée, c’est alors
Aux origines géologiques celle des grands sauriens (dinosaures) qui
domineront le paysage faunistique jusqu’au du Botswana
début de l’ère tertiaire, vers 65 millions L’histoire de la Terre débute il y a quelque
d’années. L’Afrique est alors à peu près à la 4,5 milliards d’années à l’époque où la planète
place équatoriale qu’elle occupe actuellement, initialement gazeuse se solidifie. La vie apparaît
étant sans cesse dans un mouvement sud-nord dans le milliard d’années qui suit en restant
depuis plus de 200 millions d’années. C’est très longtemps sous forme unicellulaire. Vers
à cette époque que Madagascar s’éloigne 3,5 milliards d’années, la terre a atteint la
du continent. Le règne des mammifères a structure géologique (noyau, manteau, croûte)
commencé. Pour l’Afrique australe, la base qu’on lui connaît aujourd’hui. La photosynthèse
géologique est établie. Les laves du Karoo ont des premières algues unicellulaires va former
été déposées et profondément, sous l’effet peu à peu l’atmosphère riche en oxygène dont la
de considérables pressions, les minerais qui composition gazeuse est globalement la
composition actuelle. Un continent primitif unique feront sa richesse, les filons de diamants
« flotte » sur un océan immense omniprésent. notamment, sont constitués. 20 ® survoL Du Botswana
Le climat tropical est alors très aride et faille, la faille de Gumare, qui, dans un premier
l’érosion commence son interminable travail temps casse la pente, créant la zone
maréd’aplanissement des reliefs. C’est à cette cageuse de Linyanti puis, dans un second,
époque que se déposent très probablement force un virage à 90 % vers le nord-est. Le
les sables du Kalahari qui couvre une grande fleuve prend alors le nom des marécages et,
partie de l’Afrique australe. plus loin, après une autre légère bifurcation,
Entre 65 et 4 millions d’années, la grande devient enfin la rivière Chobe qui rejoint le
faune africaine que nous admirons aujourd’hui Zambèze près de Kasane.
apparaît. Les grands mammifères évoluent L’Okavango connaîtra un sort plus radical.
à la faveur de l’ouverture des forêts et de La faille de Gumare, coupera net la pente
l’aridification du continent. Les grandes du fleuve au niveau de Seronga, formant
savanes requièrent de grands mouvements ainsi le delta. Trois bras principaux vont se
de migration pour suivre les pluies et les former Thaoge à l’ouest, Jao-Boro au centre et
grands herbivores apparaissent. Les primates Nqogha à l’est. Ce que l’on appelle désormais
évoluent dans un premier temps en Amérique le Selinda Spillway est un vestige de l’union
et en Europe mais c’est en Afrique, dans la passée de l’Okavango et de Kwando. Ses
vallée du Rift, vers 4 millions d’années que les bras vont eux-mêmes se diviser et se divisent
premiers hominidés (Australopithèques) font encore selon un dynamisme très particulier qui
leur entrée dans le royaume animal. fait la splendeur du delta. Ce delta intérieur
À cette époque, le Botswana est probable- se termine alors en buttant au sud sur une
ment très différent. On pense que les fleuves seconde faille : la faille de Thamalakane, qui
Okavango, Kwando et Zambèze ne forment récupère ainsi toutes les eaux de l’Okavango.
qu’un cours d’eau qui traverse tout le Kalahari Aujourd’hui, le bras principal est celui de
pour rejoindre le Limpopo au sud-est du pays Jao-Boro, c’est donc celui-ci qui nourrit
mais plusieurs théories s’opposent sur la principalement la rivière Thamalakane,
question. juste à l’est de Maun. Cette dernière court
Survient alors, liée à la formation de la vallée alors vers l’ouest avant de bifurquer vers
entre 2 et 4 millions d’années, une série le sud-est dans la rivière Boteti qui pour sa
de mouvements sismiques qui auront pour part finit par complètement s’évanouir dans
conséquence de barrer la direction nord-sud les sables du Kalahari. C’est ainsi que, en
du cours d’eau et de favoriser la formation du résumé, l’Okavango est un fleuve qui n’atteint
grand lac intérieur du Makgadikgadi, dont jamais l’océan. Contrairement à ce qu’on lit
le fond correspond aux Makgadikgadi Pans parfois, ce n’est ni le seul fleuve qui n’atteint
actuels. Ce lac immense aurait atteint une pas l’océan, ni le delta intérieur le plus vaste
étendue record de 80 000 km² couvrant les au monde. C’est néanmoins, sans contexte, le
cuvettes d’aujourd’hui, Savuti et le delta de plus connu et le plus beau à maints égards !
l’Okavango et persista jusqu’à - 10 000 ans. Le grand lac du Makgadikgadi fut alors privé de
Les San ont donc vu ce grand lac, les collines sa source, la rivière Boteti ayant un débit très
rocheuses que l’on trouve aujourd’hui à Savuti faible. Le lac survécut pendant un temps grâce
ou à Lekhubu Island étaient alors des îlots. à des périodes climatiques plus arrosées mais
On y remarque d’ailleurs aisément les formes finit par s’assécher laissant ces immenses
d’érosion créées par les vagues. cuvettes salées connues sous le nom collectif
Le niveau du lac varia évidemment grandement des Makgadikgadi Pans dont le Sowa Pan est
avec les variations climatiques à la fois à la le plus impressionnant.
source du cours d’eau et dans le reste de
son bassin. Les peintures rupestres que l’on Les grandes régions
trouve aujourd’hui à Savuti ou Lekhubu Island et leurs paysages
ont sans doute été réalisées lors de périodes
Les paysages du Botswana contemporain d’assèchement du lac. Pendant ces derniers
sont le résultat de l’histoire géologique de la millions d’années, le jeu des failles continua
région. Voici un descriptif succinct de chaque selon le même axe nord-est – sud-ouest et
grande région.les trois fleuves ne se rejoignirent plus. Le
Zambèze fut pris dans la faille et, alors qu’il w Le corridor est. Tout d’abord, le Corridor
descendait vers le sud, il bifurqua fortement Est, dont on n’a pas encore parlé dans ce
vers l’est où il court toujours actuellement. Le chapitre, est la seule région à ne pas être
fleuve Kwando subit un sort similaire. Coulant située dans le bassin du Kalahari. Elle jouit
vers le sud-est, il rencontre brutalement une d’une pluviométrie plus élevée qu’à l’ouest Découverte
21survoL Du Botswana √
(550 contre 250 mm) et de sols plus fertiles. un bourbier qui ne pardonnent pas. Il faut
C’est là que se concentre 80 % de la population attendre le mois de mai, voire juin, pour s’y
et qu’ont été construits les trois plus grands aventurer car si la croûte redevient sèche
centres urbains, dont Gaborone, la capitale. dès la fin des pluies, en profondeur, l’argile
C’est là également que se trouve le magnifique est encore trempée et colle aux roues des
Tuli Block qui va devenir très certainement 4x4 de manière féroce. On peut tout de même,
une prochaine destination touristique du depuis le Nata Sanctuary Bird, approcher les
Botswana tant pour ses paysages, sa faune pans à la saison des pluies et y admirer les
que pour ses vestiges archéologiques. Son milliers d’oiseaux migrateurs, flamants roses
relief est plus accentué que dans le reste notamment, qu’ils attirent.
du pays. Ses grandes collines granitiques w La région de chobe. Le Nord-Est est la
prennent toute leur beauté à la pointe Est, où région la plus arrosée. Les vastes plaines
la faune abondante de Mashatu Game Reserve, inondées de la rivière Chobe accueillent une
s’épanouit dans un chaos rocheux absolument faune extrêmement abondante, surtout en
magnifique le long du fleuve Limpopo. saison sèche. Des dizaines de milliers de zèbres
w Le semi-désert du Kalahari. Tout l’ouest, et d’éléphants peuvent y être observés, ainsi
le sud et le centre du pays sont couverts par qu’une multitude de girafes, cobes à croissant,
le semi-désert du Kalahari. Le paysage, s’il babouins, impalas. C’est ici que les chances
est assez monotone, varie tout de même de croiser les magnifiques hippotragues noirs
selon que l’on se trouve dans la réserve sont les plus fortes. Les prédateurs ne sont
du Central Kalahari, dans le Kgalagadi pas en reste, même si moins nombreux qu’à
Transfrontier Reserve ou dans la région des Savuti et que dans l’Okavango. La végétation
Tsodillo Hills. Il ne s’agit pas de paysages de cette région est plus proche de celle trouvée
aussi spectaculaires que les grands pans ou en Zambie et au Zimbabwe, plus boisée, plus
ceux de l’Okavango, mais le Kalahari a ses luxuriante. Sur les bords de la rivière Chobe,
charmes. Dans le sud-ouest, on trouve les on est déjà dans une autre Afrique, en route
douces collines orangées partagées avec la vers le bassin du Congo !
Namibie. Au centre, on trouve une série de
w L’okavango et son delta. L’Okavango vallées fossiles occupées désormais par de
enfin est sans conteste le joyau naturel du superbes étendues de savane, très riches en
Botswana. Sa formation géologique ne dit faune (oryx ou antilopes notamment). Les
pas grand-chose de ses paysages. Pour collines Tsodillo constituent un site à part,
prendre toute la mesure de ce delta intérieur, propice aux randonnées. Partout dans le
il est idéal de le survoler. Au sol, on peut Kalahari, l’isolement est la règle. On se sent
également comprendre son dynamisme vraiment loin du reste du monde. La saison
paysager moyennant les explications d’un des pluies est particulièrement conseillée,
bon guide local. Voici en quelques lignes car le semi-désert reverdit et la végétation
comment se forment et se défont les paysages est magnifique. Les ciels sont par ailleurs
magiques de l’Okavango. Si la lecture de impressionnants, les cumulonimbus y forment
ces lignes ne permet pas de le visualiser, le les véritables montagnes du Botswana.
mieux est de reprendre cette explication une w Les grands pans salés du makgadikgadi.
fois sur place accompagné d’un bon guide, Les pans salés du Makgadikgadi sont l’une
si possible. Ainsi, du ciel comme du sol, le des curiosités les plus fascinantes de toute
paysage du delta est composé d’une mosaïque l’Afrique australe. Ces étendues désertiques
complexe à première vue. Il y a, avant tout, les infinies, immenses cuvettes de couleur
chenaux qui correspondent au delta du fleuve blanche témoignant de l’existence de
Okavango. En général, une fine ligne d’eau l’ancien grand lac, envoûtent par leur nudité
dégagée est perceptible, le reste étant occupé excessive et par leurs îlots rocheux plantés
par des algues, nénuphars et autres plantes de baobabs gigantesques. Lekhubu Island
aquatiques. On voit alors de nombreuses et Baines Baobabs sont les sites les plus
traces couper perpendiculairement les recommandés pour prendre toute la mesure
chenaux. Quand il s’agit d’une petite lagune de ces paysages incroyables. Contrairement
isolée, les traces convergent vers lui, puis au reste du Kalahari, la saison des pluies est
à éviter formellement. De novembre à mars, divergent en formant des radiales. Il s’agit en
la croûte argileuse, trop saline pour accueillir fait des passages des animaux : éléphants,
la vie, se gorge d’eau et les pans deviennent hippopotames, buffles, zèbres et antilopes. 22 ® survoL Du Botswana
Autour de ces chenaux, de chaque côté, on environ 16 000 km² varie selon l’axe
nordtrouve souvent un linéaire plus ou moins large ouest – sud-est du delta. En effet, au
nordde roseaux et de papyrus, et on distingue des ouest, proche du panhandle, c’est-à-dire de
bandes de terre, très peu élevées, aux formes la région en amont de la création du delta, les
très variables (rondes, en chapelet, longi- chenaux sont très importants, ressemblant à
lignes…) dont les bords sont généralement de grandes rivières. Les plaines inondables
bien boisés. Ce sont les îles de l’Okavango ! Ce sont nombreuses et la plupart du temps en
tableau est toujours surprenant et il faut le voir eau. Les zones de marécages,
caractéripour bien le comprendre. Ces îles, toujours au sées par les champs de roseaux et papyrus,
sec comme leur nom le sous-entend, peuvent les connectant sont très vastes. Les îles
être aussi petites qu’une termitière (quelques ont un aspect plus linéaire. Ensuite, quand
mètres de diamètre) et aussi grandes que on progresse vers le sud-est, les bras du
Chief’s Island, la grande île au centre du delta fleuve deviennent très fins et se divisent en
de plus de 50 km de longueur. de nombreux chenaux encore plus fins. Leur
Enfin, outre les chenaux et les îles, on trouve place est donc moins importante. Les plaines
de grandes plaines herbeuses, tantôt sèches, inondables sont plus vastes et surtout plus
tantôt en eau, qui sont les plaines inondables à sec une grande partie de l’année et les
du delta. Il convient d’avoir en tête que la îles plus nombreuses, plus rondes et surtout
composition de cette mosaïque qui couvre plus vastes.
CLIMAT
Le Botswana fait partie des pays de la au sud qu’au nord du pays. Inversement, la
zone intertropicale de convergence qui ne masse d’air équatoriale remonte le plus au
reçoivent qu’une saison des pluies du fait nord et c’est en juillet-août que la bande
de leur position extrême sur les tropiques. sahélienne, du Burkina Faso, Sénégal ou
Ainsi, la masse équatoriale d’air humide qui Mali par exemple, connaît son unique saison
se charge d’eau en permanence au-dessus annuelle de pluies. Entre ces deux régions, de
du bassin du Congo descend le plus au sud la Côte d’Ivoire à la Zambie, les pays reçoivent
en janvier-février et frappe à cette époque le deux saisons des pluies.
pays. Logiquement, le nord du Botswana est D’autre part, la situation enclavée du Botswana
beaucoup plus arrosé (entre 600 et 700 mm) fait que les différences de saison sont plus
que le sud (environ 250 mm). Le reste de marquées.
l’année est en saison sèche, saison qui est, Enfin, signalons que le vent dominant au
pour les mêmes raisons évidentes, plus longue Botswana est à l’est.
PARCS NATIONAUX
Grâce à une densité de population très faible, du cursus scolaire et les jeunes générations
3,7 hab./km², et une politique de conservation sont très tôt sensibilisées à la préservation
de l’environnement et à la conservation du remarquable, le gouvernement du Botswana,
via son département de la Nature et des Parcs patrimoine naturel.
On distinguera parmi les différentes aires Nationaux (Department of Wildlife and National
naturelles protégées :Parks DWNP), peut être fier d’annoncer que
17 % du territoire sont des espaces protégées w Les réserves nationales dont celle
directement par l’Etat. En France il s’agit de de Gaborone qui ne couvre que quelques
moins de 2 %. Le DWNP est en outre épaulé kilomètres carrés, tandis que celle du central
par un réseau d’ONG, d’acteurs privés conces- Kalahari s’étend sur 52 000 km². La plus
sionnaires et de communautés villageoises, visitée est évidemment la réserve de Moremi
qui gèrent, sous sa supervision, un territoire dans le delta de l’Okavango. Mais on compte
au moins aussi grand sous la forme de Wildlife également la réserve de Khutse et le côté
botswanais du Kglagadi Transfrontier Game Management Areas (WMA). De plus,
l’éducation à l’environnement fait partie intégrante Reserve.Découverte
23survoL Du Botswana √
w Les trois parcs nationaux Chobe, Nxai et Botswana observa sur son sol les dégradations
Makgadikgadi sont tous magnifiques, Chobe liées au trop grand nombre de visiteurs du
en tête. Chobe River Front près de Kasane.
On notera particulièrement le rôle croissant w Les réserves privées entourant les
des communautés villageoises. L’idée est de réserves et parcs nationaux. Ces réserves
faire des villageois les premiers bénéficiaires pour la plupart consacrées à l’élevage dans
le passé se sont reconverties en réserves de la valorisation des espaces sauvages. Il
touristiques majoritairement ou de chasse. semble aujourd’hui que ce n’est que justice,
Cependant ces derniers sont désormais en puisque ce sont eux qui ont su bien préserver
net déclin. leur territoire et qui, de plus, portent les effets
négatifs de la proximité de la grande faune w Les aires communautaires ou les
sauvage (ravages dans les cultures par les concessions privées, gérées selon un cahier
herbivores et prédation du bétail par les des charges rédigé par l’état et valorisées soit
par la chasse sportive, soit par l’écotourisme. carnivores). Aussi étonnante qu’elle puisse
Ce dernier étant largement majoritaire. paraître, cette politique, somme toute logique,
La politique nationale étant de conserver les est relativement récente et historiquement la
espaces naturels aussi sauvages que possible, tendance, partout en Afrique a été d’exclure
ces zones protégées n’ont guère fait l’objet les communautés rurales de la gestion des
d’aménagement poussé et offrent une nature aires naturelles. Cette politique courageuse
quasiment vierge. Pour éviter également une n’est pas sans connaître de grands défis,
surexploitation des territoires préservés, le mais le Botswana fait partie des pays qui
Botswana pratique un tourisme low volume, peuvent s’enorgueillir d’être à la pointe de la
low impact, high income, c’est-à-dire de conservation de la Nature.
« faible volume », donc à « faible impact »,
w De gigantesques réserves trans-mais à « hauts revenus ». Le nombre d’entrées
frontalières ont été établies, comme celle dans les réserves est ainsi limité et permet
en cours de création incluant une quarantaine aux chanceux voyageurs de s’offrir une
expéde réserves prestigieuses dans la région du rience exceptionnelle en immersion dans la
Kavango-Zambèze entre l’Angola, la Namibie, nature sauvage. Cette stratégie a été mise en
le Botswana, la Zambie et le Zimbabwe. place dans les années 1980 quand le Kenya
connaissait les premiers effets pervers du Comme chacun le sait, la faune ne connaît
tourisme nature trop volumineux et quand le pas de frontières administratives.
© MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAIS24 ® survoL Du Botswana
FAUNE ET FLORE
La faune sauvage du Botswana est sans rents paysages et écosystèmes. Voici, dans
aucun doute le centre d’intérêt principal de les grandes lignes, les principaux types de
la plupart des visiteurs de cette région du végétation et leur association aux paysages
monde. Le premier attrait du Botswana est évoqués plus haut.
de facto sa nature exceptionnelle. Aussi, les w Les savanes du Kalahari. Le substrat
guides se sont-ils particulièrement formés à la sableux du Kalahari et relativement pauvre
connaissance des animaux et de la végétation en eau ne permet pas de supporter de grandes
du pays. Si nous considérons que les guides forêts et demande aux quelques arbres qui y
locaux qui connaissent très bien leur région ont poussent une grande résistance à la sécheresse.
le dernier mot en matière de faune et de flore, Les arbres qui dominent ces savanes sont les
nous donnons tout de même aux voyageurs Acacia, Terminalia et Combretum.
intéressés une initiation non exhaustive à la Le paysage le plus monotone, sur les sables
faune et la flore et une liste de références les plus infertiles, est animé par un ensemble
en français et en anglais pour aller plus loin. continu d’arbustes composé de Terminalia
Nous recommandons d’ailleurs d’acquérir au sericea, de Lonchocarpus nelsii, de Burkea
moins un guide sur la faune sauvage et la flore africana et de Combretum collinum. Le sol est
car l’approche académique de leurs auteurs relativement nu sous ces arbustes. Dans le
complète très bien le savoir plus pratique des lit des rivières fossiles, leurs racines puisant
guides locaux. profondément dans la nappe phréatique, on
trouve de très grands Acacia erioloba. Cet La flore
arbre, nommé Kameeldoring en afrikaans
Avec plus de 3 500 espèces végétales, dont (camelthorn en anglais) par Jacobus Coetse
plus de 1 000 pour le seul delta de l’Okavango, en 1760, est l’acacia à girafe et non l’acacia
le Botswana, pays semi-aride, est une
fascià chameau comme son nom peut le laisser nante destination pour les botanistes et les amis
croire. Cette possible confusion vient en fait
des plantes. Des guides sont particulièrement du nom scientifique Camelopardis de la girafe.
experts dans ce domaine, à commencer par les
Sous ces grands arbres, le couvert végétal est San qui connaissent à la perfection la végétation
très épars. Enfin, le paysage végétal le plus de leur région : leurs propriétés médicinales,
beau du Kalahari est à notre sens composé par leur toxicité utile dans la confection du poison
de très vastes savanes herbeuses, jaunes et nécessaire à la chasse et leurs emplois dans
blanches, qui ondulent sous le vent. Elles sont l’alimentation humaine. Nous recommandons
ponctuées, ici et là, d’un ou plusieurs arbres, particulièrement les livres de Veronica Roodt,
souvent des acacias parasol ou des acacias notamment le premier tome sur les arbres
tortilis. Le sol est plus riche en nutriments et et le second sur les plantes herbacées et les
les sables moins profonds. En revanche, ces petits buissons. Attention tout de même, ils ne
savanes étant exposées à la saison sèche, concernent que le delta de l’Okavango. Ils ne
les plantes annuelles dominent largement seront donc que très partiellement utiles dans
et les arbres sont tous des épineux capables le Chobe ou dans le Kalahari.
de supporter de longues périodes sans pluie.En effet, les communautés végétales des
différents paysages sont spécifiques. Conditionnés w Les baobabs des grands pans salés.
par de nombreux facteurs physico-chimiques et La végétation des grands pans salés est
biologiques, les végétaux sont de fait répartis évidemment limitée. La plupart du temps, la vie
selon leurs besoins précis et selon des associa- végétale est tout simplement absente. Pendant
tions spécifiques. Voici les principaux facteurs la saison des pluies, la pellicule d’eau qui les
qui entrent en jeu : la température et l’ampli- recouvre connaît une courte prolifération
tude thermique, la pluviométrie, l’humidité d’algues accompagnée de son cortège de
des sols, leurs richesses en nutriments, la micro-organismes végétaux et animaux. Les
salinité, l’acidité ou l’alcalinité du substrat, les oiseaux migrateurs et les flamants roses
en profitent alors pour s’en nourrir. Mais la autres végétaux présents ainsi que la faune
qui participe à la pollinisation et la dispersion véritable beauté végétale des grands pans
des graines. La spécificité des communautés salés est liée aux îles rocheuses qu’on y trouve
végétales permet d’ailleurs de décrire les diffé- comme Lekhubu Island ou Baines Baobabs. Le léopard est connu pour cacher ses proies dans les arbres. 25
© OHANSWANEPOEL - FOTOLIA.COM26
Animal inoffensif, le zèbre n’a jamais pu être domestiqué par l’homme.
© FULL IMAGE - FOTOLIADécouverte
27survoL Du Botswana √
En effet, d’énormes baobabs majestueux y
défient apparemment les lois de la logique.
Dans un univers minéral très aride, ces très
grands arbres, plusieurs fois centenaires, sont
sans doute les témoins de périodes moins
sèches. En tout cas, le paysage qu’il forme
est tout simplement magnifique.
w Les forêts de mopanes du corridor est
et du nord du pays. S’il y a un arbre que tout
voyageur apprendra rapidement à reconnaître,
c’est bien le mopane (Colophospermum
mopane). Cet arbre quasi toujours en feuille
forme de grands boisements monotones où il
règne de manière quasi absolue. Ces feuilles
caractéristiques sont bilobées en forme de
papillon et restent vertes jusque vers la fin de
la saison sèche où elles commencent à brunir
et finissent par tomber. Elles sont alors vite
remplacées par les premières feuilles, d’un
vert quasi fluorescent, qui sortent dès les
premières pluies. Capable de se développer Champ de papyrus.
sur des sols très pauvres, le mopane prend
deux formes : une forme arbustive, très dense
ses larges feuilles, ses fleurs mauves et et aux branches fragiles, sur les sols les plus
roses et son tronc écaillé noir et blanc, il est pauvres, et une forme arborée magnifique sur
particulièrement beau et propose une ombre les sols plus arrosés et plus riches tel celui de
bien agréable pour camper ou pique-niquer.Xakanaka dans le Moremi Reserve par exemple.
C’est aussi dans le Chobe que l’on trouve Le mopane est un arbre très utilisé tant par la
ce qu’on appelle en anglais le Miombo faune sauvage que par la faune domestique
woodlands, poussant sur sol relativement et les habitants. Bois de construction légère,
acide. Majoritaire en Zambie, cette commu-feuilles appréciées par les herbivores, refuges
nauté végétale largement dominée par les pour les écureuils arboricoles, le mopane a de
genres Brachystegia (surtout), Julbernardia très nombreux usages. Il accueille notamment
et Isoberlinia rappelle un peu les bois de pendant la saison des pluies les fameux vers
mopanes, alternant des zones de beaux arbres de mopane si appréciés, frits ou crus, des
avec des zones d’arbustes et de buissons Batswana. Les voyageurs les plus aventureux
selon la richesse du sol. Il est entrecoupé de tenteront l’expérience ! Ces forêts de mopane
dépressions purement herbeuses où aucun se trouvent surtout en bordure du delta de
arbre ni arbuste ne poussent. Pour le voyageur l’Okavango, entre le delta et les marais de
qui visitera surtout la section du River Front Linyanti ainsi que dans la région du Corridor
dans le parc de Chobe, ce sont avant tout les Est, au niveau de Francistown et de la frontière
teks du Zambèze et les grands arbres au bord zimbabwéenne. de la rivière qui caractérisent le paysage.Le reste du Corridor Est présente une
végéw La richesse végétale de l’okavango. On tation similaire à celle du Kalahari, sauf que
les pluies y sont plus fréquentes et que les l’a vu, les milieux et paysages du delta de
arbres y sont donc plus nombreux. l’Okavango sont très variés. L’eau de surface
ou souterraine en contrôle la répartition. w Les riches forêts du nord-est. S’il y a une
Les chenaux sont marqués par les géants région où le voyageur européen pourra voir de
papyrus (Cyperus papyrus) et les roseaux « véritables forêts », c’est dans la vallée de la
(Phragmites autralis et Typha capensis). Dans rivière Chobe, dans la région de Kasane. Ici,
le panhandle, à la base du delta, ce sont des on change de paysage végétal, la pluviométrie
champs immenses qui bordent l’Okavango permet aux arbres à feuilles caduques de
et ses principaux bras. Dans les lagons et largement s’imposer. Le gouvernement ne
les petits chenaux où le courant est moins s’y est d’ailleurs pas trompé en créant les
principales réserves forestières du pays dans marqué, les dépôts sédimentaires constituent
le district. L’arbre qui domine la scène est un milieu très riche pour un cortège de plantes
le tek du Zambèze (Baikeo plurijuga). Avec aquatiques.
© MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAIS28 ® survoL Du Botswana
Parmi les plus évidentes, notons Brasenia l’omniprésent Lonchocarpus capassa – appelé
schreberi aux petites feuilles ovales, Trapa aussi raintree, ou « arbre de pluie », pour une
natans et, bien sûr, les nénuphars Nymphaea raison que nous laissons le soin au voyageur
nouchali caerulea, aux fleurs roses et blanches curieux de découvrir auprès de son guide de
ouvertes de jour, et Nymphaea lotus, aux safari. Pour finir, bien sûr, le grand palmier,
fleurs jaunes et blanches ouvertes en fin de sans qui l’Okavango ne serait pas l’Okavango,
journée et fermées au lever du jour. Parmi les Hyphaenea petersiana.
secondes, plus discrètes, la « laitue d’eau »
La fauneOttelia ulvifolia est très présente.
Les plaines inondables sont des grandes Si l’on vient au Botswana, c’est avant tout pour
étendues herbeuses sinueuses où le voyageur se livrer à la contemplation de la nature et de ses
attentif remarquera le gradient des espèces animaux. Considéré comme l’un des derniers
herbacées en fonction de la pente et donc sanctuaires sauvages de toute l’Afrique, le
de la durée d’immersion. Chenaux, lagons et Botswana se distingue par l’abondance de sa
plaines sont bordés par les îles qui portent faune, exceptionnellement riche dans certaines
les riches forêts « galeries » ou ripariennes parties du pays. Ici, des mammifères et des
ou, pour les plus petites, quelques espèces oiseaux, en voie de disparition ailleurs dans le
de grands arbres particulièrement tolérants monde, s’ébattent en toute insouciance, au cœur
à la grande humidité du sol comme le palmier d’étendues infinies. Voici une brève présentation
Phoenix reclinata et le magnifique figuier de ce que vous pouvez espérer voir en safari.
sycomore (Ficus sycomorus). Parmi les plus
w Les mammifères. En général, c’est à eux remarquables arbres au Botswana on trouve
qu’on s’intéresse en premier lieu et les espoirs les grandes espèces des forêts galerie.
sont rarement déçus : plus de 160 espèces D’abord, le sombre et massif Diospyros
différentes ont été recensées au Botswana. mespiliformis, l’immanquable arbre à saucisse
Les fameux Big five sont présents : le lion, le Kigelia africana, le discret et abondant Croton
léopard, l’éléphant, le buffle, le rhinocéros. megalobotrys et le reconnaissable acacia noir
La population des éléphants d’Afrique est (Acacia nigrescens). Arrêtons-nous sur le
la plus grande, tous pays confondus. Elle célèbre Marula (Sclerocarya birrea caffra) :
représente entre un cinquième et un quart de ses fruits sont prisés des herbivores et des
tous les éléphants d’Afrique. La population des éléphants en particulier, ils servent aussi
rhinocéros est, quant à elle, menacée. Elle a à confectionner la liqueur d’Amarula que
été sérieusement décimée par le braconnage le voyageur bon vivant n’aura pas manqué
et ne peut s’observer que sur Chief’s Island de goûter et c’est l’arbre idéal pour faire le
dans Moremi Game Reserve ou au Khama feu du camp de brousse. Puis, Combretum
Rhino Sanctuary. Le lion, seul chat à gronder, imberbe (appelé en anglais leadwood du fait
de la densité très importante de son bois) et et le léopard, connu pour cacher ses proies
Impala penché sur une saline.
© MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAISDécouverte
29survoL Du Botswana √
en hauteur dans les arbres, sont présents certains oiseaux, dont le plumage multicolore ou
partout au Botswana tant dans le delta que la taille impressionnante forcent l’étonnement
dans le désert du Kalahari. A l’inverse, le buffle et l’admiration. Paradis des ornithologues,
d’Afrique ne se trouve que dans le nord du le Botswana compte plus de 550 espèces
pays, ayant une grande dépendance à l’eau. différentes, dont un certain nombre en voie
On ne compte pas moins de 22 espèces d’anti- de disparition. Parmi les espèces les plus
grandes, on relève la présence de l’autruche, de lopes. Au Botswana il existe une grande variété
l’outarde de Kori (Kori Bustard), du serpentaire, en taille, en apparence et en habitat au sein de
de plusieurs espèces de vautours, du marabout, la famille des antilopes. On trouve tout du petit
et de nombreux aigles. Les oiseaux aquatiques oréotrague, mesurant à peine 50 cm et vivant
ou semi-aquatiques convergent vers le delta de dans les collines ou les régions rocheuses du
l’Okavango, les plaines inondées du Chobe et pays, au grand kudu qui fait le triple de sa taille
les pans de Makgadikgadi, notamment pendant et se démarque par ses cornes torsadées et
la saison des pluies : cormorans, aigrettes, vit dans la savane ou la forêt. Vous
obserflamants, pélicans, martins-pêcheurs, hérons, verez également d’autres espèces connues
spatules, grèbes, jabirus du Sénégal, grues, d’antilopes comme l’élan du Cap, le guib, le
ibis, pluviers, canards, oies etc. Savanes et gnou bleu, l’oryx, l’hippotrague noire, le Cobe
milieux boisés abritent pour leur part faucons, Lechwe, le Puku, le steenbok et, bien sûr,
chouettes et hiboux, rolliers, geais, perroquets, l’impala tant aimé est présent. Pour n’en citer
étourneaux, francolins, calaos, hirondelles, que quelques-unes !
pigeons, tourterelles, huppes fasciées, Chez les non-prédateurs, il reste à citer
l’hippies grièches, pintades, milans, touracos, popotame amphibie, le zèbre de steppe, la
gangas, merles, guêpiers, tisserins etc. On girafe, le phacochère et quelques plus petits :
l’aura compris, les oiseaux occupent toutes les les singes (babouin ou grivet), ke daman des
niches écologiques que les guides savent faire rochers, l’igel, le galago ou même le lièvre des
découvrir aux voyageurs. De par la richesse de buissons et le porc-épic.
ses milieux, le delta de l’Okavango bat tous les Chez les prédateurs, le choix est large, on
records de fréquentation notamment pendant compte plus de 30 espèces différentes. On
la saison des pluies, de novembre à avril, quand pense en premier lieu aux félins, le lion, le
les migrateurs arrivent par milliers.léopard, le guépard, le chat sauvage, et le petit
w Les reptiles et amphibiens. Environ chat à pieds noirs qui pèse moins de 2 kg !
170 espèces ont été recensées, du petit Ensuite viennent l’hyène, tachetée ou brune,
gecko endémique des collines de Tsodilo aux le renard du Cap, le chien sauvage africain
crocodiles gigantesques du nord-ouest de (cynhyene), le chacal, et le ratel qui pourrait
l’Okavango, en passant par les tortues, les bien être, contre toute attente, le prédateur le
caméléons, les varans et les très nombreuses plus vicieux car le plus tenace. Ce dernier est
variétés de serpents. Chez les serpents, le capable de se retourner à l’intérieur même de sa
python bat tous les records de taille, certains peau et fait preuve d’une endurance au combat
spécimens atteignent plus de 5 m de long, et indéniable. Ne vous y frottez surtout pas !
constituent la seule espèce ophidienne protégée L’observation des mammifères sera sans doute
au Botswana.l’activité primordiale d’un safari. Les guides
de terrain, pour la plupart, excellent à trouver w Les poissons. Des recherches récentes
les animaux, positionner le 4x4 pour bien les ont montré l’existence d’environ 80 espèces
observer sans les déranger. Ils connaissent différentes, le plus souvent confinées aux eaux
normalement très bien leurs caractéris- permanentes de l’Okavango et du Chobe et, à
tiques : taille, poids, comportements, orga- moindre échelle, à celles du fleuve Limpopo.
nisation sociale, statut de conservation etc. Les poissons les plus couramment pêchés sont
Les voyageurs sont donc avant tout invités la brème, la carpe, le barbeau, le brochet et
à suivre leur explication et à leur poser des le fameux poisson-tigre, aux dents aiguisées
questions. Nous conseillons au voyageur comme un couteau !
d’acquérir, avant le départ ou sur place, un w Les invertébrés. Souvent boudés par les
ou deux livres spécialisés sur les mammifères voyageurs, les insectes sont également source
sauvages. Mammals of Botswana de Veronica de fascination pour celui qui s’y intéresse. Tout
Roodt est un excellent choix. voyageur notera la présence des termitières,
w Les oiseaux. Si la plupart des voyageurs se fascinantes architectures des savanes. Pour
montrent attirés surtout par les mammifères, ils entrer dans le monde passionnant des
n’en sont pas moins captivés par la beauté de invertébrés, un bon guide sera nécessaire.Histoire
La préhistoire et l’histoire d’un pays sont au Botswana, mais aussi dans une grande
connues grâce à l’effort continu des historiens partie du continent.
et des archéologues pour collecter et d’inter- On distingue les San, « ceux qui font la
cueilpréter des traces d’occupation humaine, des lette », des Khoi, « les hommes des hommes ».
traditions orales et des manuscrits anciens. Le Le mode de vie des San est typique du
chasconcours de plusieurs sciences est nécessaire seur-cueilleur nomade, hautement adapté à
pour valider une réalité historique et l’état de l’environnement difficile du Kalahari. Lors
nos connaissances actuelles n’offre qu’une des périodes plus humides, il est probable
vision, certes la plus objective possible, des que les San aient été plus sédentaires et
faits exposés ci-dessous. éleveurs. Avec l’arrivée des Bantous, leur
Pour le Botswana, les fouilles archéologiques mode de vie va rapidement évoluer. Les Khoi
ont permis de repérer des traces d’occupation sont plus volontiers associés à l’élevage et on
humaine datées entre 30 000 et 60 000 ans, estime qu’il y a plus de 3 000 ans, les Khoi
la transmission orale remonterait pour sa part avaient déjà du bétail. C’est cependant avec
à 700 ans et les manuscrits les plus vieux l’avènement de l’âge de fer en Afrique, sous
correspondent à l’arrivée des Européens au l’influence première de peuples originaires
eXVIII siècle. Voici donc comment s’est peuplé d’Ethiopie et d’Afrique de l’Ouest que
l’agrile territoire du Botswana actuel et comment culture s’est généralisée en Afrique australe,
il a évolué au cours des derniers millénaires. quelques siècles avant l’an 1. La généralisation
du bétail, apportée par les peuples bantous
Les premiers habitants migrant vers le sud et les pratiques agricoles
Pour remettre l’Homo sapiens à sa juste place, ont pu être amenées en Afrique australe grâce
rappelons en introduction que le big-bang a aux outils de fer.
Quand les premiers migrants hollandais se eu lieu il y a plus de 13 milliards d’années et
que la Terre est vieille de 6 milliards d’années sont installés sur l’actuelle Afrique du Sud,
eenviron. Ensuite, rappelons que l’histoire des au XVII siècle, les peuples khoi présentaient
mammifères ne date que de 300 millions une société plus hiérarchique que celle des
d’années, que les hominidés ont divergé des San. Les différents clans présentaient des
autres grands singes, il y a 9 millions d’années chefs responsables d’assurer la protection
des terres et surtout des puits contre des et qu’après une succession d’espèces encore
mal connue, la nôtre a supplanté les autres clans concurrents, notamment en période
humains, il y a seulement 300 000 ans. de sécheresse. Cette organisation sociale se
L’Homo sapiens a très probablement évolué reflétait dans la structure du village, centrée
en Afrique, dans la fameuse vallée du rift, et autour des enclos à bétails, richesse du clan.
c’est vers l’an – 60 000 qu’il a foulé pour la Le long de la rivière Boteti, au sud de
l’Okavango, des traces de ce type de village ont première fois le sol d’Afrique australe et donc
edu Botswana. Ses premiers habitants n’avaient été retrouvées et remonteraient au XIII siècle.
rien des femmes voluptueuses et des hommes Les cornes et squelettes d’animaux permettent
longilignes qu’on y croise majoritairement d’identifier les espèces domestiques et les
aujourd’hui. Petits, les pommettes saillantes, espèces sauvages fréquemment chassées.
la peau brunâtre et très ridée, ces derniers se Il apparaît que les San ont été sans doute
partiellement réduits en esclavage par les caractérisaient plutôt par leur physique de type
mongoloïde et portaient le nom de Khoisan. Khoi. Les San étaient notamment chargés de
Les Khoisan ont occupé une grande partie la collecte des plantes sauvages.
de l’Afrique australe et orientale. C’est sans Lorsque les Bantous ont été bien implantés
doute à eux que nous devons l’ensemble dans la région, les Khoi ont commercé avec
des peintures et gravures rupestres de la eux, de l’ivoire et des peaux contre des outils,
du cuivre et du tabac.région (Gobabis Hill et Tsodilo Hills). Certains
auteurs leur attribuent même les peintures San et Khoi ont fait partie de l’âge de pierre
que l’on trouve dans le Sahara. Leur domi- tardif. Leurs outils, faits de bois, d’os et de
nation est archéologiquement évidente de pierre, avaient atteint un certain degré de
– 60 000 à – 3 000 environ, non seulement raffinement, notamment grâce à l’alliage de Découverte
31Histoire √
Peintures rupestres dans les collines de Tsodilo.
ces trois matières. On date vers – 15 000 l’in- Khoi et des San vers les terres les plus arides
vention de l’arc dans la région – l’arc aurait du Kalahari, là où l’agriculture ne peut être
été inventé plusieurs fois dans l’histoire de développée.
l’humanité. Les San notamment avaient un Les Bantous, forts de leur outillage de fer,
mode de vie incroyablement intégré à leur sont des agriculteurs. Ils sèment, cultivent et
environnement et un impact quasi nul sur récoltent. L’élevage fait également partie de
les ressources naturelles et renouvelables leurs activités. Sans doute mieux nourris, ils
des terres qu’ils parcouraient. L’arrivée des sont plus grands et plus forts que les Khoisan.
Bantoues dans la région y sonna l’âge du fer Leur peau est plus noire et leur organisation
et la fin de cette complicité avec la nature. sociale plus hiérarchique. Ils dominent à la
guerre les peuples encore installés dans l’âge
L’arrivée des peuples de pierre. Pourtant, la présence de
commude langue bantoue nautés khoi dans la région de la rivière Boteti
eau XIX siècle confirme que la cohabitation est Les peuples de langue bantoue forment
pacifique et basée sur l’enrichissement mutuel. une famille linguistique extrêmement riche
Les mariages mixtes sont fréquents, à tel et diverse. Leurs origines sont encore peu
point que le peuple actuel du Botswana est en connues. Géographiquement, on les situe
quelque sorte l’enfant de cette union. De peau entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest
en général plus claire, les habitants actuels du et historiquement, leur émergence daterait
Botswana portent les traces d’une ascendance d’environ – 10 000 ans.
khoisan, avec des yeux plus en amande et des Leur arrivée en Afrique australe se fait
probajoues plus hautes que les peuples d’origine blement en deux vagues. Vers – 200 ans,
plusieurs peuples bantous atteignent les bantoue plus au nord sur le continent.
rives du Zambèze en provenance d’Afrique Il serait erroné de penser que les
migrade l’Ouest. Dans la région de l’Okavango et du tions bantoues se limitèrent aux deux vagues
Makgadikgadi, la rencontre avec les Khoi se d’immigration initiale évoquées plus haut.
Les peuples bantous arrivèrent par vagues fait pacifiquement, semble-t-il. Des poteries,
successives, par différents chemins et retracer désignées de type khoi par les archéologues,
témoignent d’un transfert de compétences. leurs histoires se révèle être extrêmement
Vers – 20 ans, une seconde vague de peuples ardu. Les traces archéologiques de l’avancée
bantous arrivent de l’est de l’Afrique. Là aussi, de forges sur le territoire du Botswana font
la cohabitation se fait plus ou moins sans état d’un mouvement plus complexe qu’un
heurt, moyennant tout de même un repli des simple flux nord-sud.
© MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAIS32 Chronologie
w entre 30 000 – 60 000 ans > Les San (ou boom économique, développement des
Bushmen), puis les Khoi-Khoi (Hottentots), infrastructures botswanaises.
arrivent dans le Kalahari. w 1976 > Ian Khama, le fils aîné de Seretse,
er e se fait instituer Kgosi (chef) de la tribu des w i -ii siècles > Arrivée des premiers
agriculteurs et des pasteurs de langue Bangwato. Il l’est encore aujourd’hui.
bantoue. w 1976 > Création d’une nouvelle monnaie,
ew Xiv siècle > Les Kgalagadi, premier peuple le pula, qui remplace le rand sud-africain.
de langue tswana parvenue au Botswana, w 1980 > Mort de Sir Seretse Khama. Le BDP
atteint le Transvaal. continue de détenir la majorité au Parlement.
ew Xviii siècle > L’éclatement pacifique des Le Botswana connaît une croissance
peuples bantous se généralise. Emergence des économique rapide.
grands groupes tswanas modernes. w 1998 > Démission du président Quette
e Masire ; Festus Mogae, ancien vice-président w XiX siècle > Une partie du peuple herero,
nomade et essentiellement pasteur, fuit la et ministre des Finances, assure l’intérim
jusqu’aux prochaines élections.colonisation allemande en Namibie et se fixe
au nord-ouest du Botswana. Regroupement w 1999 > Le BDP du président Mogae
des Tswanas, jusqu’alors dispersés, en une remporte la majorité aux élections d’octobre.
société plus structurée. w 2000 > Selon les Nations unies, le pays
w 1885 > Après la première guerre anglo- compte le plus fort taux au monde d’adultes
boer, lors du partage de l’Afrique à Berlin, atteints du sida : 36 %, soit un actif sur quatre.
le Botswana est proclamé protectorat du En décembre, lancement par le président
Bechuanaland, et ses frontières actuelles Mogae d’un vaste programme de prévention
sont définies dans leurs grandes lignes. du VIH.
Une certaine forme de colonisation avec
w octobre 2004 > Elections législatives
l’arrivée importante des commerçants et et présidentielles. Réélection du président
des missionnaires bouleverse les rites et Mogae. Le vice-président est un Ian Khama,
les traditions. Introduction de la technologie l’actuel président.
occidentale et de l’économie numéraire. Les
w Décembre 2007 > Décision de justice en hommes partent travailler dans les mines
faveur des San contre le gouvernement qui sud-africaines laissant femmes et enfants
doit respecter leurs droits de vivre, chasser garder le bétail et surveiller la maison.
et cueillir sur les terres du Kalahari.
w 1956 > Seretse Khama, héritier du trône
w octobre 2009 > Elections législatives et Bangwato, devient vice-président du conseil
présidentielles. Ian Seretse Khama, qui a pris Ngwato.
la présidence en 2008 après la démission
w 1960 > Création du Bechuanaland People’s programmée de Festus Mogae, est élu avec
Party (BPP), à visée nationaliste. Seretse la majorité absolue du BDP.
Khama fonde deux ans plus tard un autre
w Janvier 2011 > Une décision de justice, parti plus modéré, le BDP (Buchuanaland
après un tribunal historique, rend compte que le Democratic Party), dont il est nommé
traitement des Bushmen par le gouvernement président.
est « dégradant » et inconstitutionnel, donnant
w 1966 > Le pays accède paisiblement à aux Bushmen l’accès à l’eau courante dans
l’indépendance. la réserve du Kalahari.
w 30 septembre 1966 > Seretse Khama, w 2012 > Le parti au pouvoir, le BDP,
élu premier président de la République, est ecélèbre son 50 anniversaire. L’Umbrella for
anobli par la reine d’Angleterre. Democratic Change (UDC) regroupe trois partis
w 1967 > Découverte des premiers gisements d’opposition : BMD, BNF et BPP.
de diamants. w 2013 > Transparency International élève le
w À partir de 1971 > Mise en exploitation Botswana au rang de pays le moins corrompu
de plusieurs mines : déclenchement du d’Afrique.Découverte
33Histoire √Chronologie
On trouve par exemple trace d’une forge de sécheresse et donc de besoin d’expansion,
dans les collines de Tswapong au sud du ont donné lieu à une série de scissions et de
pays (vers 190) avant d’en trouver dans les migrations.
collines de Tsodillo (vers 550). Pour résumer, Ainsi, trois tribus ont émergé dans les années
l’installation bantoue a été progressive et 1500-1600 : les Bakgalagadi, les Batswana
multiple pendant les 10 premiers siècles de et les Basotho. Les premiers partent s’établir
notre histoire. L’intégration du peuple khoi a à l’ouest du Transvaal et à l’est de l’actuel
été globalement paisible. Les San en revanche Botswana, aux abords du Kalahari. Les
sont sans doute restés plus isolés, confinés autres vont occuper l’est et le centre du
dans les parties les plus difficiles du Kalahari. Transvaal ainsi que la région correspondant
Peu à peu, des tribus s’organisent dans à l’actuel Magaliesburg. Plus tard, les Basotho
toute l’Afrique australe, des sociétés dynas- émigrent à nouveau et partent s’installer dans
tiques puissantes émergent et une succes- les montagnes du Drakensberg, l’Etat libre
sion de conquêtes s’enchaîne jusqu’aux d’Orange et le sud-ouest du Transvaal où on
fameuses guerres de la Difaquane. On notera les trouve encore aujourd’hui.
e enotamment l’empire du Mapungubwe constitué Au cours des XVI et XVII siècles, à force
eau XII siècle à la confluence des fleuves de scissions entraînant des migrations, les
Limpopo et Shashe puis peu de temps après Batswana atteignent l’actuel Botswana dont
l’empire remarquable du Great Zimbabwe qui ils occupent de vastes territoires au début
eva étendre son influence et son pouvoir du du XVIII . Entre 1700 et 1750, à l’aube des
Limpopo au Zambèze. guerres de la Difaquane, le paysage du sud
L’importance de cet empire est considérable du pays est marqué par plusieurs villes
fortidans l’histoire de la région. On pense qu’il prit fiées relativement importantes, implantées au
sans doute le contrôle d’une bonne partie du sommet de collines.
commerce régional et qu’il devint le plus grand
Les guerres difaquanecentre de rencontres des régions d’Afrique
eaustrale et centrale. Sa puissance est telle Lors de la première moitié du XVIII siècle,
que ses échanges commerciaux s’étendent l’accroissement de la population d’Afrique
au-delà du continent africain, jusqu’en Inde, australe, notamment de l’actuelle Afrique
Perse et Chine où son ivoire et son or sont du Sud, et la succession malheureuse de
exportés. Pour couronner cet apogée, une sécheresses furent tels que les conflits tribaux
capitale est érigée, au centre du Zimbabwe atteignirent une nouvelle échelle. En outre,
actuel. Son architecture de grandes murailles de l’expansion agressive de la colonie du Cap
pierre concentrique est caractéristique de cette au Sud-Ouest et le fort développement des
époque. D’ailleurs, sur le territoire actuel du comptoirs marchands (esclaves, or et ivoire)
Botswana environ 150 villages ont été construits sur la côte de l’actuel Mozambique aggravèrent
sur ce modèle, des rivières Tati et Motloutse les tensions entre peuples rivaux. Ainsi furent
jusqu’au Zambèze et au pan de Ntwetwe. On déclenchées les guerres dites de la Difaquane,
en voit notamment de magnifiques vestiges ou « du dispersement ». Entre 1750 et 1840,
sur Lekhubu Island au cœur du grand Sowa les peuples de la région se firent la guerre,
Pan. L’organisation sociale de ces nouvelles les uns cherchant à étendre leur territoire et à
sociétés est plus hiérarchique, plus guerrière capturer des esclaves à vendre aux Européens,
également. Les villages sont ainsi situés sur le les autres cherchant à fuir les premiers. Parmi
sommet des collines et protégés par des murs les grandes figures de cette époque, on ne
de pierre. Les chefs accumulent le pouvoir et peut pas ne pas citer Shaka, le grand leader
les richesses tandis que les classes sociales zoulou, qui initia le Mfecane (« l’écrasement »,
apparaissent nettement. appelé la Difaquane par les Tswana) et qui
A cette même époque, c’est-à-dire entre les occupa une grande partie du Natal vers 1810.
e eXII et XVI siècles, le peuple tswana s’établit Les années qui suivirent cette longue période
dans la région du Transvaal. de guerre permirent aux Tswana de se
réorganiser, non sans plusieurs vagues de scissions
Origine des Tswana et de migrations qui expliquent l’établissement
Le peuple tswana, dont est issue la majorité progressif des tribus Tswana. Malgré les
des Botswanais actuels, est donc un peuple assauts qu’ils subirent, les Tswana tirèrent un
de langue bantoue originaire d’Afrique du avantage des guerres Difaquane en asseyant
Sud, de la région du Transvaal. Des conflits leur pouvoir sur le territoire du Botswana aux
entre dynasties, souvent liés à des périodes dépens des autres peuples occupant la région. 34 ® Histoire
Dans les années 1840, les peuples ngwaketse, dans les heures sombres de l’esclavagisme,
kwena et ngwato connurent une phase de l’Afrique va peu à peu perdre ses traditions et
prospérité, supplantant les autres peuples ses savoirs artisanaux. Comme pour valider
tswana, commerçant notamment l’ivoire et ce nouveau système et cette nouvelle
domiles plumes d’autruche avec la colonie du Cap. nation, les marchands aventuriers sont suivis
Leurs leaders prirent peu à peu une dimension de près par les missionnaires chrétiens. Leur
plus importante. objectif premier est d’évangéliser les peuples
Ce fut alors le début d’une autre période, du continent mais, rapidement, leur influence
l’arrivée massive des Trekkers Boers et des politique s’avère considérable, ouvrant la voie
missionnaires chrétiens. des colonisations.
eDe fait, le XIX siècle est en Europe le grand
Marchands et missionnaires siècle de la colonisation et des missions. Des
Avant même la fin des guerres de la Difaquane, associations se créent dans toutes les grandes
edès le premier quart du XIX siècle, des aven- villes et envoient leurs prêcheurs partout
turiers en quête de nouvelles opportunités et dans le monde : des missionnaires (dont les
de nouveaux territoires de chasse arrivent au célèbres John Campbell, Robert Moffat, David
Botswana. Le contexte international a changé. Livingstone et John Mackenzie…) arrivent
La grande période de l’esclavage touche à ainsi en Afrique australe et se mêlent aux
sa fin avec l’avènement de l’ère industrielle. populations locales, s’impliquant dans les
eSi l’Europe et les Etats-Unis du XVIII siècle affaires politiques dans le but de convertir le
ont eu besoin des esclaves pour les travaux plus d’individus possible.
epénibles, le XIX siècle et les progrès tech- Ainsi Robert Moffat, de la London Missionnary
niques rendent bientôt l’esclavage inutile et les Society Church installe une mission à
voix des abolitionnistes se font enfin entendre. Kudumane dans le sud-est du Botswana. Il
Cette transition est bien sûr progressive car sera rejoint en 1841 par David Livingstone
le développement des pays occidentaux n’est qui y épousera en 1845 sa fille, Mary Moffat.
pas homogène, mais rapidement la stratégie Livingstone s’installe alors parmi les Bakwena
de charger les peuples africains côtiers d’aller et baptise son roi Sechele (1829-1892). Il
chercher des esclaves parmi les peuples de côtoie également les Bamangwato de la
l’intérieur est remplacée par la conquête dynastie ngwato alors installée à Shoshong.
directe de nouveaux marchés. Ce peuple dont est issue la célèbre famille
Ainsi les marchands européens, les guiqua Khama, dont nous reparlerons beaucoup,
(métis de Blanc et de Khoï) et les rolong domine déjà la scène politique du pays. Leur
(ancêtres des Kalanga) s’aventurent dans puissance leur permet de contenir la poussée
l’intérieur avec la motivation principale de faire des marchands occidentaux vers le nord et
fortune. Ils transportent avec eux les produits d’avoir ainsi la mainmise sur le commerce
de la révolution industrielle : vêtements, sel, des produits sauvages trouvés plus au nord
couvertures, tissu, tabac, vaisselle, couteaux, du pays. Le chef d’alors, Sekgoma I, échange
haches, porcelaine de Chine, perles, armes, de manière intense avec Livingstone, mais
vins et alcools forts qui sont échangés très résiste à son évangélisation, protégeant ainsi
avantageusement contre ivoire et peaux le savoir-vivre traditionnel de son peuple.
d’animaux sauvages. La chasse tradition- Cette résistance n’est que de courte durée. Si
nelle, peu destructrice, devient massive et Livingstone part en expédition dès 1849 vers
l’impact sur la faune est désastreux. Déjà, à le lac Ngami, puis vers les chutes Victoria,
cette époque, les touches des pianos et les et ne revient plus évangéliser le Botswana,
boules de billards menacent les populations d’autres missionnaires poursuivent leurs
d’éléphants. efforts dans la région et gagnent l’intérêt
Les chefs Tswana et des autres peuples du des fils de Sekgoma, notamment celle de
Botswana y voient bien sûr une opportunité son fils aîné, Khama le Grand.
pour asseoir leur pouvoir en échangeant ivoire Khama est un leader charismatique et un fin
et peaux contre des armes à feu et outils politique. Il comprend l’avantage de
l’évanmodernes. Le commerce inéquitable des gélisation et du commerce avec les blancs.
biens industriels marque une nouvelle phase Ce faisant, avec d’autres chefs tswana,
dans l’histoire des relations entre l’Afrique et il favorise le travail ambigu des
missionl’Occident. Après avoir perdu ses forces vives naires, consistant à la fois à se développer Découverte
35Histoire √
et à assurer une domination géopolitique. point tel que les chefs tswana décident dès les
En effet, si les missionnaires ont apporté années 1850-1870 de demander la protection
au Botswana en particulier, et en Afrique en de la couronne britannique par l’entremise
des missionnaires. Ne voyant aucun intérêt général, des savoir-faire utiles comme
l’agriculture moderne, l’irrigation, la charrette pour stratégique dans ses terres, l’Angleterre ignore
dans un premier temps cette requête.le transport, les écoles pour l’enseignement
En 1884 cependant, la colonisation par les et les dispensaires pour le soin des malades
Allemands de l’actuelle Namibie (alors appelée et des femmes enceintes, ils ont imposé
South West Africa) donne un nouveau tour aux Africains une autre vision du monde.
à la situation. En effet, une alliance avec Les considérant comme une race inférieure,
les Boers du Transvaal aurait pour effet de comme des peuples barbares à éduquer et à
couper la colonie anglaise du Cap de la route évangéliser, ils ont nié leur savoir-faire et leurs
du Nord (Zimbabwe-Zambie). Cette route du cultures locales. Faussement apolitiques, ils
Nord, aussi appelée la route des mission-ont peu à peu soutenu les chefs évangélisés
naires (Kudumane, Vryburg, Mafikeng, Kanye, et ont défait les résistants. Ils ont combattu
Dimawe, Molepolole, Shoshong, Bulawayo et, les sorciers et les faiseurs de pluie, gardiens
plus tard, Victoria Falls), devient en effet une de la sagesse traditionnelle, et surtout ont
route stratégique du fait des grands gisements justifié la domination économique des blancs
de minerais découverts dans les années 1860. sur les noirs.
Ainsi, le 30 septembre 1885, le Botswana est A partir de 1880, chaque village majeur du
déclaré protectorat du Bechuanaland et ses Botswana abrite un missionnaire-résident,
frontières actuelles sont définies dans leurs dont l’influence est souvent considérable.
plus grandes lignes (le territoire ne s’étendra S’appuyant sur les chefs évangélisés, ils
au nord du 22° de latitude qu’en 1894).
combattent les rites liés à la cosmologie tradi- Ce revirement de situation surprend les chefs
tionnelle. Ils s’opposent à certaines pratiques tswana qui se méfient et négocient le fait
comme le bogadi (dot de bétail donné par le que le gouvernement britannique ne devra
jeune homme aux parents de la jeune fille qu’il en aucune façon influer sur leurs lois et leur
souhaite épouser), le bogwera et le bojale autorité. De même, aucun des territoires
(initiation rituelle des jeunes gens et jeunes tswana ne pourra être vendu. Ces conditions
filles). De concert avec les marchands, ils posées et acceptées, des procédures
adminisassurent des profits considérables à leur patrie tratives sont mises en œuvre, parmi lesquelles
d’origine et ils utilisent les luttes intestines et l’instauration d’une taxe sur les huttes, à
la division des peuples pour former le terreau acquitter en échange de la gestion anglaise
de la colonisation et de la domination politique. du protectorat. Cette forme d’imposition a des
Ceci se vérifie un peu partout en Afrique, répercussions importantes sur la vie
quotimais au Botswana, ironie de l’histoire, Khama dienne des habitants et entraîne de nombreux
le Grand et d’autres chefs demanderont à changements sociaux et économiques. Pour
la couronne britannique son protectorat payer ce dû et gagner également de l’argent
pour éviter la colonisation par les Boers du liquide afin d’acheter des produits occidentaux,
Transvaal et l’annexion à la Rhodésie du les hommes partent travailler dans les mines
Bechuanaland, évitant par là à son pays les sud-africaines, laissant femmes, parents et
affres de la colonisation. enfants garder le bétail et surveiller la maison.
Ainsi, les chefs Tswana s’allient encore plus Parallèlement, les chefs locaux s’enrichissent
fortement avec les missionnaires anglais, car ils perçoivent 10 % des recettes lors de la
en partie à leurs propres dépens. En effet, collecte de l’impôt. Ainsi débute le protectorat
au sud de l’actuel Botswana, les fermiers du Bechuanaland.
boers poussent régulièrement vers les terres
Le protectorat britannique et des Tswana et les attaquent avec une grande
brutalité. En 1852, ces derniers écrasent les les manœuvres de Cecil Rhodes
Bakwena à Dimawe et attaquent les villages En Europe, la révolution industrielle bat son
ede tous les chefs tswana qui ne veulent pas se plein à la fin du XIX siècle. Le besoin de
soumettre. Ils brûlent les maisons, détruisent matières premières au plus bas prix se fait
les récoltes et enrôlent les vaincus comme sentir tout comme la nécessité de trouver des
esclaves dans leurs fermes. Dans les années marchés aux productions. L’or, le charbon et
qui suivent, cette oppression s’intensifie à un d’autres minerais sont convoités. 36 ® Histoire
La marche vers les colonisations est entamée. Ces concessions sont censées être cédées
L’Angleterre, la France, l’Allemagne et le honnêtement, c’est-à-dire dans le respect des
Portugal se lancent dans le partage de l’Afrique intérêts des peuples et territoires colonisés.
et de ses richesses, en se passant évidemment Dans les faits, les hommes d’affaires tels
de l’avis des peuples autochtones. Ainsi, la que Rhodes usent de la corruption pour les
colonie anglaise du Cap va se tourner vers obtenir, incitant les chefs illettrés à signer des
l’intérieur de l’Afrique australe. Originellement, traités de partenariat, qui étaient en réalité des
traités de cession des richesses. Ce fut par il s’agissait surtout de sécuriser un port près
exemple le cas en 1889 quand la BSAC obtint du Cap de Bonne Espérance sur la route des
Indes. A partir des années 1880, il s’agit le droit d’exploiter les richesses minières des
d’exploiter les richesses minières. Justement, Amandabele de l’actuel Zimbabwe.
en 1886, les Boers, que les Anglais avaient Le protectorat du Bechuanaland faillit subir
repoussés à l’intérieur de l’Afrique du Sud, le même sort. En effet, Rhodes voulut mettre
dans le Transvaal, découvrent les mines d’or la main dessus, non seulement car le sud-est
présentait quelques mines d’or et d’autres du Witwatersrand, près de Johannesburg. Plus
minerais mais encore, car il lui fallait sécuriser haut, sur les terres de l’actuel Zimbabwe et
une voie de chemin de fer entre la colonie et de la Zambie, des richesses minières sont
également découvertes. Pour les Botswanais, ce qui devenait la Rhodésie (Zimbabwe au
les conséquences vont être doubles. D’une sud et Zambie au nord). Une autre raison le
part, ils vont être fortement encouragés (sous motivait également et plus secrètement. Il
souhaitait encadrer le Transvaal pour l’attaquer pression financière et fiscale) à partir travailler
et prendre le contrôle des riches mines du dans les mines du Gauteng, dans les
condiWitwatersrand. Le gouvernement promit à la tions extrêmement difficiles que l’on connaît.
BSAC de lui céder l’annexion du protectorat si D’autre part, ils vont avoir à craindre l’annexion
les chefs botswanais apportaient leur accord de leur pays par les puissances coloniales.
à ce projet.Très vite, en effet, dès la fin des années 1880,
une foule de concessionnaires déferlent à la
La campagne des trois chefs et recherche de terres nouvelles où implanter
l’échec du Jameson Raiddes industries. Ils sont les fers de lance de la
colonisation britannique. Parmi eux, un certain Malgré les manœuvres de Rhodes et de la
Cecil Rhodes, politicien et homme d’affaire BSAC, les chefs botswanais les plus influents
richissime anglais influent de la colonie du comprirent les enjeux et résistèrent. Si certains
Cap formule déjà le projet de coloniser le chefs Tswana donnèrent, sans réaliser ce
Bechuanaland et l’actuel Zimbabwe. En qu’ils faisaient, des concessions à la BSAC,
1888, il fait partie du consortium De Beers le gouvernement naissant des Botswanais
et possède une partie de la mine de Kimberley opposa la loi interdisant toute vente de
terri(Afrique du Sud) et en 1889, pour asseoir son toire dans le protectorat. L’Angleterre avait
dessein, fonde la British South Africa Company cependant des intérêts importants à gagner et
(BSAC), dont l’objectif est de mettre la main à protéger dans la région, et si Cecil Rhodes ne
sur les richesses minières de la région. Rhodes lui faisait pas honneur, son efficacité la servait.
avait déjà fait partie des tractations pour l’ins- Ainsi, en été 1895, quand les chefs Khama
tauration du protectorat britannique qu’il ne le Grand, Bathoen et Sebele écrivirent puis,
voyait que comme une étape temporaire vers devant le silence qu’on leur opposait, se
la colonisation. Se joua alors une manœuvre rendirent à Londres pour plaider leur cause
politique subtile entre la couronne et sa colonie auprès du gouvernement, ils essuyèrent un
du Cap, censée servir ses intérêts. Alors premier échec.
qu’en 1885, la couronne souhaite transférer Dès le début de leur entreprise, Rhodes tenta
le contrôle du Bechuanaland à sa colonie, de les bloquer au Cap. Ensuite, à Londres, lors
ni la métropole, ni la colonie ne souhaitent d’une rencontre avec le secrétaire général des
en porter les coûts (excepté le visionnaire colonies britanniques, Joseph Chamberlain, ce
Cecil Rhodes). Mais, en quelques années, dernier leur expliqua que la promesse faite à la
la tendance géopolitique et les perspectives BSAC ne pouvait être retirée, quitte à ne pas
économiques ont changé la situation. Une respecter les règles sur lesquelles était fondé
nouvelle loi en Angleterre autorise compa- le protectorat. Les trois rois demandaient à
gnies et individus à coloniser les territoires où nouveau que le protectorat reste directement
les chefs africains cèdent des concessions. sous la supervision de la Reine, que l’auto-Découverte
37Histoire √
nomie de leurs royaumes soient préservés, ligence avec les autorités du Protectorat, son
que leurs territoires ne puissent en aucun cas influence grandit. La capitale des Bamangwato
être vendus et que le commerce de l’alcool fut transférée de Shoshong à Palapye puis
soit prohibé dans le protectorat. Chamberlain à Serowe en 1902 car les sources d’eau y
demeura intraitable, expliquant aux chefs tarirent. Serowe était alors alimentée par les
que la BSAC était elle-même supervisée par rivières Sepane et Manonnye – les deux étant
la reine et qu’il leur fallait en conséquence actuellement asséchées. Depuis sa nouvelle
trouver un accord avec Rhodes. capitale, Khama continua à administrer son
Les trois chefs partirent alors en campagne peuple et resta vigilant au sort que réservait
autour de l’Angleterre. L’histoire a ses raisons l’Angleterre à son protectorat.
que la raison ne connaît pas. Ainsi, la London L’empire britannique se montrait peu
Missionnary Society, qui favorisa un demi- dépensier envers cette colonie très pauvre.
siècle plus tôt l’implantation et la supré- Le Bechuanaland n’avait que peu d’intérêt
matie anglaise dans la région, finança cette et ce qui devait être mis sous son contrôle
campagne. Les mentalités avaient sans doute l’était déjà. En outre, la guerre anglo-boer
changé et les groupes modérés, les anties- (1899-1902) accapara l’énergie de
l’Angleclavagistes et les mouvements humanistes terre qui enrôla les Botswanais dans leurs
soutinrent la campagne. L’opinion publique armées. Khama et les autres chefs Tswana
était sollicitée et les hommes d’affaires devaient donc protéger leurs intérêts contre
influents, voyant venir le risque d’une guerre leurs propres protecteurs qui cherchaient par
coûteuse dans la colonie se rangèrent à leur tous les moyens à les pousser à abandonner
requête. Chamberlain, de retour de congé, leur pouvoir sur le protectorat. Ainsi, quand,
prit acte de la nouvelle donne et craignant un en 1910, l’Union d’Afrique du Sud fut créée
revers politique lors des prochaines élections, par le rassemblement des quatre états blancs
accéda à la demande des Batswana en (Le Cap, le Natal, l’Etat libre d’Orange et le
négociant tout de même la possibilité pour Transvaal), l’intention était d’y intégrer le
la BSAC de construire une voie ferrée vers Bechuanaland, le Swaziland, le Basutoland
la Rhodésie et une nouvelle taxation pour (actuel Lesotho) et la Rhodésie, afin de fournir
financer le protectorat. une main-d’œuvre bon marché et des terres
Ce qui fut accepté publiquement et politique- aux fermiers blancs. Khama, accompagnés
ment, pouvait, semble-t-il, être bafoué par les des chefs des autres peuples tswana,
résisarmes. Ainsi, un mois après la campagne des tèrent à nouveau. Ayant conscience du sort
chefs Tswana, en octobre 1895, Jameson difficile réservé aux Botswanais qui partaient
attaqua le Transvaal depuis le Bechuanaland y travailler ainsi que de la politique
ségrégasur ordre de Rhodes. Le prétexte invoqué tionniste qui s’y mettait en place, ils luttèrent
fut l’iniquité des traitements réservés aux une nouvelle fois pour leur autonomie politique
Non-Boers dans le Transvaal. Le Jameson et opposèrent une résistance farouche à cette
Raid échoua face à l’efficacité des redoutables nouvelle volonté d’assujettissement.
commandos du président Kruger. L’embarras Survint alors la première guerre mondiale qui
dans lequel cet échec plongea la couronne soulagea la pression que faisait peser l’Union
britannique fut tel qu’elle retira à la BSAC les de l’Afrique du Sud sur le Bechuanaland. Entre
terres Tswana cédées pendant la négociation. les deux guerres, le pouvoir des Bamangwato
Le 7 novembre 1895, le statut de protectorat s’installa peu à peu.
fut officiellement reconduit comme en 1885. En 1926, Khama disparut laissant la régence
Les intérêts économiques ne pouvaient à Tshekedi Khama, fils d’un second mariage.
cependant être abandonnés et le gouver- Son petit-fils Seretse, légitime chef, avait
nement britannique finit par céder à Rhodes alors 4 ans, ce qui laissa Tshekedi au pouvoir
l’exploitation de certaines des terres qu’on jusqu’en 1959. Il fut un gouvernant
pragmaappela diplomatiquement les « blocks » de tique et sage. Mettant l’accent sur l’éducation
la Couronne, notamment celles du Tuli Block. et le bien collectif, il favorisa la construction
Les « blocks » de Gaborone, Tati, Gantzi et d’écoles primaires puis envoya les jeunes
Lobatse restèrent sous contrôle du protectorat. en Afrique du Sud pour qu’ils reçoivent une
éducation. Au cours du temps, plusieurs écoles
L’essor de la dynastie ngwato primaires ouvrirent leurs portes et un collège
Après la campagne de 1895, Khama le Grand vit le jour. Tshekedi trouva un équilibre
remaravait assis son autorité sur le pays. Avec sa quable entre l’héritage culturel des Botswanais
conversion au christianisme et sa bonne intel- et la culture occidentale.38 ® Histoire
En outre, chose remarquable et visionnaire, Londres et réglèrent leur différend. Seretse
Tshekedi imposa au sein du collège de Serowe put alors rentrer au Botswana en acceptant de
une règle inédite en Afrique australe : le trai- ne pas prendre la chefferie. Ce changement
tement équitable des enseignants blancs et de situation a plusieurs raisons.
noirs qui partageaient les mêmes locaux. A D’une part, le peuple ngwato souhaitait
l’heure où l’Union d’Afrique du Sud s’orientait retrouver son chef légitime et montra son
vers l’Apartheid et où l’Amérique connais- désaccord avec le régent et d’autre part,
sait encore les affres de la ségrégation, le l’accord de Seretse était nécessaire à la
Botswana imposait l’égalité des races au signature d’un important contrat minier. Enfin,
sein de son système éducatif. Cette ouverture la politique d’apartheid menée en Afrique du
d’esprit valut pourtant à Tshekedi une situation Sud devient de plus en plus gênante pour
historique paradoxale. l’Angleterre qui va peu à peu prendre ses
distances. L’Angleterre accepta donc le retour
Le mariage scandaleux de de Seretse qui fut accueilli triomphalement
Seretse Khama et Ruth Williams avec sa femme et ses enfants le 26 septembre
de cette même année.Seretse, selon la philosophie du régent
Dans les années qui suivirent, Tshekedi Tshekedi, fut éduqué à l’étranger, à Londres
et Seretse Khama continuèrent à jouer et Oxford notamment. Pour le préparer à sa
un rôle essentiel dans la vie politique du tâche de leader, Tshekedi envoya son neveu
protectorat qui prenait déjà la voie de l’indé-recevoir la meilleure éducation possible. En
pendance. En 1961, l’Union sud-africaine 1948, sa surprise fut grande quand il reçut une
devient la République sud-africaine, quitte lettre de Seretse l’informant de son dessein
le Commonwealth et entre dans une période d’épouser une anglaise, Ruth Williams.
d’isolement politique et commercial. Au Tshekedi ne pouvait accepter ce projet et
Botswana, la direction politique est toute expliqua à son neveu que devenir chef imposait
autre. Les chefs tswana s’organisent pour de faire passer l’intérêt de son peuple devant
prendre leur indépendance et s’affranchir ses intérêts personnels. La descendance de
du protectorat britannique et du contrôle Seretse était destinée à prendre la chefferie
blanc. Ainsi la même année une constitution et, traditionnellement, la femme du chef ne
est proposée et un conseil législatif élu pour peut être choisie que par morafe, c’est-à-dire
remplacer les assemblées locales consul-par le groupe. Seretse opposa son droit à
tatives. Seretse Khama en fait partie. Le épouser qui il souhaitait.
Le mariage n’aurait pas été si scandaleux et le Botswana s’engage alors vers la constitution
problème aurait été sans doute réglé par les d’un état noir et devint alors, quelques années
plus tard, l’une des bases de résistance des chefs, si le gouvernement britannique n’était
Sud-Africains noirs contre l’Apartheid.pas intervenu d’une manière si peu subtile. En
effet, le protectorat déclara Seretse inapte à
L’indépendancel’accession de la chefferie et déclara un exil de
La vague de nationalisme que connaît l’Afrique 6 ans après l’avoir invité à Londres. Les Anglais
bannirent également Tshekedi et le remplacèrent dans les années 1950 et surtout n’épargne pas
par un chef qu’ils avaient choisi. Cette politique le Botswana. Face à l’accession à
l’indépenfut condamnée par l’opinion internationale et les dance du Ghana en 1957, Tshekedi, Seretse
et Bathoen II réclament déjà l’institution d’une Botswanais, comme à leur habitude, résistèrent
assemblée législative au Bechuanaland. En pacifiquement. Faisant campagne en Angleterre,
1960, deux partis politiques nationalistes refusant de payer les taxes et de se soumettre au
nouveau chef choisi, les Bamangwato connurent voient le jour : Motsamai Mpho, membre de
une vague de répressions sévères de la part de l’African National Congress, et Philip Matante,
l’autorité britannique. Plus tard, des documents membre du Pan African Congress, forment
alors confidentiels, confirmèrent que cette le Bechuanaland People’s Party (BPP). KT
politique était menée pour rendre service à Motsetse en est le président fondateur et
écrira plus tard Bénis soient ces nobles terres, l’Union d’Afrique du Sud, alors grand partenaire
commercial de la couronne, qui codifia l’année l’hymne national. Le BPP demande aussitôt
même du mariage ses lois ségrégationnistes. Les l’indépendance, en soulignant que
l’adminisSud-Africains blancs virent donc d’un mauvais tration britannique n’a absolument pas cherché
œil cette union mixte au sommet du pays voisin. à développer le Bechuanaland pendant son
En 1956, Tshekedi et Seretse se revirent à protectorat.Découverte
39Histoire √
En 1962 et 1963, Matante se rend même en Seretse Khama, élu premier président de la
Grande-Bretagne, mais les réformes obtenues République, est anobli par la reine d’Angleterre
demeurent mineures. De plus, le BPP connaît Elisabeth II.
d’importantes dissensions internes : exclus Treize ans plus tard, en 1979, le fils aîné de
en 1962, Mpho fonde son propre parti, le Seretse, Ian Khama, tire définitivement un trait
sur les polémiques historico-traditionnalo-Botswana Independance Party (BIP) en
sentimentales liées au mariage de son père 1964. Matante, plus énergique et engagé,
et se fait instituer kgosi, chef suprême de la devient leader à la place de Motsete, jugé trop
tribu des Bangwato. Il l’est encore aujourd’hui flegmatique. Malgré les réorganisations, les
et est également le quatrième président du divergences subsistent et le parti fondateur
Botswana.perd progressivement tout crédit. Le danger
d’un mouvement nationaliste, porté par les Un pays paisible townships de l’est du pays est réel et Seretse
et démocratiqueKhama y voit le risque d’une dérive violente.
Après l’indépendance, l’histoire du Botswana Aussi, entre-temps, fonde-t-il un nouveau
est liée à celle de son développement écono-parti avec quatre autres leaders éclairés : le
mique, présenté dans un chapitre suivant. Botswana Democratic Party (BDP), dont il est
Disons simplement que le Botswana, à l’heure nommé président au côté de AM Tsoebebe,
de sa naissance en tant que nation, est un vice-président, et de Ketumile Masire,
pays économiquement peu développé qui ne secrétaire général. Les fondateurs sont bien
possède ni infrastructure, ni industrie. Très éduqués et ont avec eux la force des pouvoirs
peu de citoyens sont qualifiés ou formés à traditionnels et le soutien de la population.
de hautes fonctions, et plusieurs ministres Masire est un homme du peuple originaire du
et hauts fonctionnaires sont ainsi issus de nord du pays, Khama est originaire du sud et
l’administration du protectorat.chef légitime du peuple le plus important du
Cependant, un an plus tard, avec la découverte pays. Le programme du BDP vise à instaurer
des premiers diamants en 1967 à Orapa, le une société démocratique et multiraciale,
Botswana est lancé dans une rapide transfor-assortie d’un multipartisme politique.
mation. Cette manne providentielle propulse le Dès 1963, des pourparlers constitutionnels
pays dans une grande croissance économique, sont entrepris, amorçant le processus
d’indépassant du statut d’une des 20 nations les pendance. En juillet 1963, l’accord de Lobatse
plus pauvres du monde à l’un des plus riches prévoit une autonomie du Bechuanaland,
Etats du continent africain.
avec notamment l’élection d’une Assemblée Le régime politique, issu d’élections libres,
Nationale et la formation d’un cabinet exécutif. démocratique et non racial maintient une
Masire en prend alors la tête, se félicitant des
stabilité certaine dans le pays. Celle-ci repose
efforts mutuels entre les deux nations. Le sur le multipartisme et sur un jeu d’équilibre
Royaume-Uni, qui voit son intérêt à développer entre les huit grands clans tswana. Le pays
un partenariat avec ses futures ex-colonies, se développe bien avec un taux de croissance
investit d’ailleurs de manière notoire dans le envié à la fois en Afrique et en Europe, même
protectorat qu’elle a si longtemps laissé pour si le chômage a fait une réelle apparition ces
compte. Des investissements massifs sont vingt dernières années.
déployés pour mettre en place la nouvelle Le climat social est salutaire pour cette nation
administration, et la capitale est déplacée d’Afrique australe et lui vaut en partie son
de Mafikeng en Afrique du Sud à Gaborone, succès. Le pays a été jugé assez sûr par les
dans le Corridor Est. États-Unis pour qu’ils y établissent une base
erLe 1 mars 1965, des élections très paci- militaire, à Molepolole et la Southern Africa
fiques ont lieu sur la base de la constitution Development Community (SADC) a choisi d’y
de 1963. Le BDP remporte 28 sièges sur installer son secrétariat et son assemblée.
les 31 de l’Assemblée nationale et Seretse Aujourd’hui, le Botswana fait donc ainsi
Khama devient le premier Premier ministre figure d’exception régionale. Son économie
élu du premier gouvernement du Botswana. est prospère, sa politique est stable et les
Il demande aussitôt l’indépendance, qui est Botswanais, à l’image de Mma Ramotswe,
décidée lors de la conférence constitutionnelle héroïne des célèbres romans de McCall Smith,
de Londres en février 1966 et déclarée officiel- peuvent être fiers de leur pays qui n’a pas
lement le 30 septembre 1966. Le même jour, connu la guerre.Politique
et économie
POLITIQUE
Structure étatique Partis
En raison de 85 années d’influence britan- Le paysage politique, originellement très simple,
nique, le système politique du Botswana est s’est quelque peu compliqué et diversifié depuis
calqué sur celui de Westminster. Le pouvoir les législatives de 1989. Plusieurs partis se
exécutif est confié à un président qui, élu partagent désormais la scène, dont deux
tous les cinq ans, est à la fois chef de l’Etat seulement bénéficient d’une véritable audience
et du gouvernement. C’est lui qui choisit les nationale : le Botswana Democratic Party (BDP),
15 ministres parmi les membres de l’Assem- formation conservatrice et libérale, au pouvoir
blée nationale et nomme le vice-président. Le depuis l’indépendance, et le Botswana Congress
pouvoir législatif est détenu par le Parlement, Party (BCP), issu de l’historique Botswana
élu au suffrage universel tous les cinq ans. Une National Front (BNP), parti socialiste fondé en
dissolution anticipée est cependant possible. 1966 par le Dr Kenneth Koma. En dehors de ces
Sa tâche est de voter les lois, d’évaluer et deux grands mouvements qui monopolisent tous
amender la politique du gouvernement et les sièges de l’Assemblée, on note l’existence
de gérer et contrôler les dépenses de l’Etat. de cinq autres formations qui se présentent
A cette formation majeure, s’ajoute la House aux élections. On a le Botswana People’s Party
of Chiefs, sorte d’équivalent historique de (BPP), le Botswana Independance Party (BIP),
la House of Lords en Grande-Bretagne. Elle le Botswana Progressive Union (BPU), parti de
regroupe les huit chefs des principales tribus l’opposition fondé en 1982 par Daniel Kwele,
Tswana accompagnés de sept autres membres le Botswana Movement for Democracy (BMD),
représentant les autres peuples du pays. Bien et enfin le Botswana Freedom Party (BFP),
que n’appartenant pas officiellement au corps formation menée par Leach Tlhomelang et
législatif, sa fonction est de rendre compte à issue de la scission avec le BNF et à tendance
l’assemblée nationale des projets de loi qui économique protectrice.
représentent une menace pour les traditions Si le Botswana est souvent cité comme
ou les territoires tribaux. Son pouvoir tend à modèle démocratique africain en raison de
diminuer avec le temps. ce multipartisme exemplaire, le fait est que,
Sur le plan judiciaire, la constitution botswa- depuis l’indépendance, le BDP se maintient à
naise a connu très peu de modifications depuis la tête de l’Etat. Pour tenter d’enrayer cette
l’indépendance. On relève, dans ce domaine, domination, trois partis de l’opposition (BPP,
l’existence de deux grands secteurs. D’une BNF et BMD) ont décidé en 2012 de faire cause
part, la cour d’appel, la Haute Cour et le commune en créant le Umbrella for Democratic
tribunal d’instance qui fonctionnent selon la Change (UDC). Dans une volonté de solidifier le
loi statutaire. D’autre part, la cour des « droits multipartisme politique du pays, le Parlement a
coutumiers », tribunal traditionnel présidé par adopté en novembre 2013 une motion
autoriles chefs tribaux et portant le nom de kgotla. sant le financement des partis politiques, ce
Sur le plan de la justice aussi, les instances qui n’empêche pas certaines voix de s’élever
traditionnelles perdent en vigueur face aux pour réclamer une plus grande indépendance
instances « modernes ». Signe des temps, de la Commission électorale indépendante
les postes de police s’installent désormais (CEI), formée en 1998 et chargée d’organiser
dans les villages proches des kgotla pour peu les élections. La formation ou l’exercice d’un
à peu les contrôler et les supplanter. Il n’y a parti n’ont jamais été interdits et le pourcentage
pas si longtemps, quelques décennies, tout de participation électorale des Botswanais est
règlement de conflit passait par cette instance. comparable à celui des Européens.Découverte
41PoLitique et économie √
cependant le droit de décider où ces services Enjeux actuels
seront prodigués et il est économiquement et
w La faiblesse de l’opposition. Le BDP est logistiquement très compliqué de les apporter
au pouvoir depuis l’indépendance et rien, au cœur du Kalahari. Ainsi, le gouvernement a
aujourd’hui, ne laisse penser que le pouvoir relocalisé des campements san plus proches
changera bientôt de mains. des axes routiers. Ne prenant pas vraiment en
A l’Assemblée, le BDP est plus que dominant, compte la spécificité san, le gouvernement ne
ce qui fait que le BNF ne peut que très
difficireconnaît pas leur mode de vie de chasseur-lement se faire entendre. Le parti du président
cueilleur. En outre, il ne souhaite pas non plus
bénéficie en outre du système électoral adopté a priori reconnaître l’oppression des San à
par la constitution, c’est-à-dire le scrutin
travers l’histoire et donc ne leur reconnaît majoritaire uninominal à un tour qui, tout en
pas de territoire. Les San n’ont d’ailleurs pas permettant de dégager une majorité, conduit
de représentants dans la House of Chiefs.à une représentation parlementaire
inégaliUne des difficultés réside dans le fait que taire. Pour obtenir plus de sièges, l’opposition
les San ne forment pas, comme on l’a dit sait qu’elle doit s’unir. La première tentative
plus haut, un peuple uni et donc une force sérieuse a eu lieu lors des élections 2009,
politique consolidée. Les droits des San sont lorsque le BCP et le BNF s’étaient unis dans
donc défendus par des organisations tierces, une coalition d’opposition qui paraissait plutôt
associations locales (comme l’excellente Kuru solide. Cependant la coalition s’est éclatée
Family) ou ONG internationale comme Survival quasiment la veille des élections,
permetInternational. Le bras de fer avec le gouver-tant au BDP de gagner la majorité absolue
nement du Botswana a donc débuté depuis une fois de plus. En novembre 2012, le BPP,
quelques années et se faire une opinion nous le BNF et le BMD ont monté une nouvelle
semble bien difficile.coalition, cette fois peut-être plus unie, le
La question du territoire san cristallise Umbrella for Democratic Change (UDC), en
aujourd’hui le débat. En effet, la réserve du prévision des élections législatives prévues
Kalahari Central (52 000 km² tout de même !) pour octobre 2014.
a été créée en 1961, à la fin du protectorat Le parti au pouvoir semble toujours bénéficier
britannique pour assurer aux San un espace où d’un avantage conséquent à l’aube de chaque
ils pourront vivre leur mode de vie traditionnel élection. A l’instar du système britannique, il
dans un espace aux ressources suffisantes. est possible pour le président de démissionner
A cette époque, on estime à 5 000 le nombre avant la fin de son mandat et de laisser le
de San habitant dans la réserve. A la fin des pays aux rênes de son vice-président. Le
années 1990, ils ne sont déjà plus que 1 500 et vice-président candidat part alors avec une
avance considérable sur ses compétiteurs probablement encore moins aujourd’hui. Les
défenseurs des San opposent au gouverne-pour les élections à venir puisqu’il est le
ment que le territoire des San existe bien président sortant qui fait ses preuves mais qui
ne porte pas pour autant les erreurs de son et qu’il ne le respecte pas. Selon eux, la
prédécesseur. Ainsi s’est transmis systéma- réserve devrait être laissée aux San ainsi que
tiquement le pouvoir depuis 1966 et l’alter- l’usufruit de l’exploitation des ressources qui
nance semble donc difficile à envisager. La s’y trouvent. Survival International accuse
faiblesse de l’opposition s’explique aussi par notamment le gouvernement d’expulser les
l’heureuse non-intervention des grands clans San pour prospecter des mines de diamants
ethniques en matière politique. Aujourd’hui, et les exploiter. Festus Mogae a clairement
le seul véritable contre-pouvoir repose donc répondu à ces accusations en affirmant que si
sur la presse indépendante, qui peut parfois des prospections avaient eu lieu, aucun plan
se révéler très critique à l’égard du parti d’exploitation n’était envisagé et a souligné
dominant. que, contrairement à ce que pensait l’ONG
occidentale, les San souhaitent eux aussi w La place du peuple san dans la nation
bénéficier des avantages de la modernité botswanaise. Le gouvernement suit depuis
comme l’eau courante et l’électricité.l’indépendance une politique d’intégration
Et là repose bien sûr toute la question. Que équitable pour tous. Il n’y a pas de San mais
souhaitent vraiment les San ? Il y a certai-des Batswana qui ont droit comme tous les
citoyens aux services publics, à l’éducation nement autant de réponses qu’il y a de San
et à la santé. Le gouvernement se réserve ou du moins de peuples san. 42 ® PoLitique et économie
Si la position du gouvernement qui ne reconnaît question San et de la place que leur accorde le
pas la spécificité san est critiquable, la position gouvernement botswanais dans une économie
de l’ONG Survival International semble trop mondialisée. Le point de bascule sur lequel
agressive et généralisatrice. La gestion de se construit le film est un cactus, le Hoodia
la problématique par les associations et les Gordonii, utilisé par le peuple San depuis
acteurs locaux, au cas par cas, paraît plus toujours dans leur pharmacopée traditionnelle
raisonnable. et devenu objet de convoitise d’entreprises
On citera à ce propos le film documentaire spécialisées dans les produits
pharmaceusud-africain de Rehad Desai, Le Jardin secret tiques amincissants. Volontiers polémique et
des Bushmen, sorti en 2006, qui, avec pour parfois très direct, le réalisateur a le mérite
toile de fond le désert du Kalahari, traite de la de pointer le problème du doigt.
ÉCONOMIE
Le Botswana fait partie de ces miracles teurs les moins privilégiés en difficulté pour
africains, avec une croissance de près de 10 % acquérir les biens de première nécessité.
de moyenne depuis l’indépendance à la fin du En outre, sur le plan national, la fin annoncée
siècle et de 4 à 7 points dans les années 2000. des réserves de diamants (à moins que
Fort d’une balance commerciale positive, le d’autres soient découvertes et mises en
pays possède de solides réserves de devises exploitation), place le pays face au défi de
étrangères et sa gestion des affaires est jugée la diversification économique. En ces temps
exemplaire par les institutions internationales de crise économique mondiale, il ne sera
telles que le FMI ou la Banque Mondiale. Sa certainement pas aisé à relever.
monnaie, le Pula, est considérée comme une Le Botswana exporte vers l’Union européenne
devise stable et solide. (UE) en premier lieu (77 %, notamment la
Son économie florissante repose essentielle- Suisse, la Norvège et la Grande-Bretagne) ;
ment sur l’exploitation des ressources natu- puis vers l’Afrique du Sud (18 %) et vers le
relles, minières notamment. Les diamants Zimbabwe (3 %). Les diamants seuls
reprérestent en effet la première source de revenue sentent 75 % des exportations, le dernier
du Botswana. L’élevage continue à être la quart étant composé du bétail, de quelques
force traditionnelle de l’économie agricole. produits manufacturés et d’autres minerais
Le tourisme est devenu le second secteur pour l’essentiel.
économique en termes de rentrée de devises, Côté importation, les échanges se font en
derrière les diamants. Les services de
télépriorité avec, en tête, l’Afrique du Sud (plus de communications et financiers sont
perfor75 %), l’UE (10 %) et la Corée du Sud (5 %). mants, mais le secteur industriel ne parvient
Les biens importés sont surtout les produits pas à percer.
agricoles, le pétrole et l’électricité, ainsi que Cette économie prospère fait du Botswana
de nombreux produits industriels.une suisse africaine. Son PIB par habitant est
Sur le plan international, le Botswana est l’un des plus élevés du continent (16 400 US$
plutôt discret, mais non absent : c’est en par habitant en 2013). Globalement, les fruits
effet lui qui accueille le secrétariat inter-de la croissance sont bien répartis et investis
national de la SADCC (Southern African dans les services publics, mais le tableau
Development Coordination Conference) n’est pas tout rose.
créée en 1980 et rebaptisée SADC (Southern On estime qu’environ un tiers de la population
African Development Community) le 17 août vit sous le seuil de pauvreté. La population
1992. Cette union économique des pays dans son ensemble est par ailleurs gravement
d’Afrique australe regroupait à l’origine des affaiblie par l’épidémie de VIH-SIDA. La
nations désireuses de devenir autosuffisantes maladie toucherait plus d’un tiers de la
population selon les régions. L’espérance (notamment sur le plan alimentaire) et surtout
de s’affranchir de l’Afrique du Sud. Elle de vie n’est située qu’à 55 ans malgré un
rassemble désormais 15 pays : le Botswana, réseau de dispensaires et d’hôpitaux tout à
fait remarquables. le Zimbabwe, le Mozambique, la Namibie, le
La croissance économique est accompagnée Malawi, le Lesotho, le Swaziland, l’Angola, la
d’une forte inflation, qui place les consomma- Tanzanie, la Zambie, la république démocra-Découverte
43PoLitique et économie √
L’élevage extensif du Botswana est d’excellente qualité.
tique du Congo, les Seychelles, l’île Maurice, partie du continent pendant les 85 années
Magagascar et la République sud-africaine. de son protectorat. Le pays ne possédait
Les principaux objectifs de cette organisation ni infrastructures ni industries et comptait
sont d’œuvrer pour la croissance économique, très peu de citoyens qualifiés, éduqués ou
d’éliminer la pauvreté, d’améliorer le standard formés pour assumer de hautes fonctions. Il
et la qualité de vie des populations d’Afrique dépendait en outre très étroitement de l’Afrique
australe et de favoriser une meilleure intégra- du Sud pour quasiment tous ses besoins :
tion régionale. La SADC – dont les objectifs et des productions agricoles aux matériaux de
la répartition des activités font ainsi penser construction, en passant par la technologie,
à la Communauté économique européenne les voitures, etc. Le Botswana traversait une
(CEE) à ses débuts –, a toutes les chances période de sécheresse très sévère qui
appaude faire parler d’elle à l’avenir. vrissait les sols déjà médiocres et décimait
Le Botswana fait par ailleurs partie de le bétail. On faisait donc très peu cas de cet
nombreuses organisations liées au commerce état qui n’avait rien pour lui. Pourtant, un
mondial et les accords de libre-échange sont quart de siècle plus tard, la situation était
nombreux avec l’Union européenne et les devenue bien différente : villes et complexes
industriels poussaient à la lisière orientale du Etats-Unis notamment, mais surtout au sein
de l’Union Douanière d’Afrique Australe où pays, le niveau de vie de chaque citoyen s’était
les produits circulent librement sans droits brusquement accru et l’économie connaissait
de douane ni restrictions de volume. une croissance spectaculaire. Les richesses
du sous-sol s’étaient révélées dans toute
Principales ressources leur divine abondance… Si le Botswana est
Lorsque le Botswana accéda à l’indépendance dorénavant considéré comme le champion
en 1966, c’était un pays économiquement africain de la croissance, il le doit bien sûr
peu développé. Classé parmi les 20 nations en grande partie à sa réelle stabilité politique
les plus pauvres du monde, il n’avait guère et à la solidité de sa monnaie mais surtout à
suscité l’intérêt de l’administration britan- ses ressources premières et à l’ampleur de
nique, qui avait proprement négligé cette son cheptel bovin.
© MARIE GOUSSEFF / JULIEN MARCHAIS44 ® PoLitique et économie
w Diamants. La découverte de diamants, du secteur est la relocalisation de Londres
qui allait déclencher un boom économique à Gaborone du pôle commercial de la De
au Botswana, se produisit un an et Beers, la Diamond Trading Company (DTC) en
demi seulement après la déclaration de novembre 2013. Ce déménagement ainsi que
l’indépendance. A la suite de 12 années de la décision du gouvernement d’octroyer un
recherche, les géologues de la société sud- pourcentage de la production à la
transformaafricaine, De Beers, leader mondial dans tion du produit brut sur place devraient avoir
l’exploitation de mines de diamants, trouvèrent des conséquences positives sur l’économie
en effet le gisement d’Orapa dans le centre botswanaise du diamant.
du Kalahari et, peu de temps après, celui w or : quatre mines sont actuellement
de Letlhakane, 40 km au sud-est d’Orapa. exploitées dans les environs de Francistown
Deux mines furent successivement mises en qui, pendant des années, fut considérée
exploitation en 1971 puis 1977, et entraînèrent comme la ville des pionniers et des chercheurs
un développement soudain des infrastructures d’or. La renommée de l’endroit s’est de nos
botswanaises. En 1973, des dépôts très jours complètement étiolée corrélativement
importants de kimberlite diamantifère étaient
aux faibles quantités de métaux précieux qui découverts au niveau de Jwaneng, dans le
sont extraites chaque année.sud du Kalahari.
w charbon : des réserves très importantes, La chance venait pour la troisième fois de
qui s’élèveraient à plus de 17 milliards de frapper aux portes du pays. Considérée comme
tonnes, auraient été découvertes en 1973 dans la plus grande mine mise en service depuis
la région de Serowe et de Palapye. Cependant, 100 ans, Jwaneng fut rapidement classée,
en raison de la faiblesse des cours mondiaux après son ouverture tardive en 1982, comme
et de l’intérêt mineur présenté par cette le premier site du monde pour la richesse et
ressource, beaucoup moins prisée que par la qualité de ses gemmes. Elle conduisit le
Botswana aux tout premiers rangs mondiaux le passé, seule une mine est actuellement
pour la production en volume de diamants en service à Morupule, près de Palapye. Elle
bruts avec, par exemple, une production de produit 1 million de tonnes de charbon par an
17,35 millions de carats en 1990 et de plus de et ses stations procurent de l’électricité pour
20 millions de carats en l’an 2000. Exploités et une grande partie du pays.
gérés par la Debswana, une compagnie dont w cuivre et nickel : contrairement à l’or,
le capital est partagé entre l’Etat botswanais l’exploitation du cuivre et du nickel est assez
et la De Beers, les trois gisements découverts productive. Quatre mines sont actuellement
dans les années 1970 permettent au Botswana en service dans les environs de Selebi-Pikwe
d’être actuellement classé premier producteur et exploitent deux gisements découverts au
mondial de diamants. Si ce minerai compose début des années 1970. Selon les travaux et
environ 75 % du total des exportations et son recherches de Marie Lory, réunis dans le livre
exploitation produit près d’un tiers du PIB du qu’elle consacre essentiellement à l’histoire
Botswana, ses réserves ne sont cependant et l’économie du Botswana, la production de
pas éternelles et devraient, au rythme actuel mattes de cupronickel équivaudrait à 50 000 t
d’exploitation, être épuisées d’ici 40 ans. par an, soit 8 % du PIB. Ce chiffre évoluerait
Les prospections, néanmoins, continuent,
toutefois à la baisse.et de nouvelles zones de kimberlite auraient
w soude et sel : l’exportation de soude et été découvertes près de Tsalong et Kukong,
de sel à partir du pan de Sua est le projet ainsi qu’à 150 km au nord de Jwaneng.
le plus récent du Botswana. Réalisée par L’exploitation de la mine de Ghaghoo, dont on
la Soda Ash Botswana (un accord entre le espère tirer entre 200 000 et 220 000 carats
gouvernement botswanais et trois compagnies à l’année, vient quant à elle tout juste d’être
sud-africaines), l’exploitation n’a officiellement lancée.
été mise en service qu’en 1991 et a coûté une En octobre 2013, l’Okavango Diamond
véritable fortune. Il a même fallu construire Company a permis de dynamiser l’industrie
du diamant en réalisant sa première vente 174 km de voies de chemin de fer pour relier le
à grande échelle à 76 entreprises du secteur site au réseau ferroviaire existant. Le potentiel
diamantifère, tandis qu’une dizaine de licences de production est néanmoins considérable et
ont été attribuées à des entreprises de taille devrait représenter 10 % des exportations du
et polissage, atteignant ainsi le nombre de pays avec 300 000 t de soude et 650 000 t
27. Toutefois, l’événement le plus marquant de sel produites par an.Découverte
45PoLitique et économie √
w autres. Le Botswana exploite donc d’autres et le Tuli Block présentent une richesse
minerais que le diamant, pourtant le pays n’a extraordinaire faisant du Botswana une très
pas encore exploité toutes ses ressources : grande destination de safari. Les magnifiques
le sud du Kalahari recèlerait des gisements paysages du pays, ainsi que sa faune et sa
de chrome, d’amiante, de manganèse et flore sont aujourd’hui ses plus importants
de platine, tandis que les sables de l’Ouest attraits touristiques, mais la diversité de la
recouvriraient du pétrole et du gaz naturel. culture botswanaise doit encore être mise en
valeur et peu à peu de nouvelles destinations w Bétail. Au Botswana, l’élevage se
apparaissent plus orientées vers le tourisme pratique depuis plus de 2 000 ans. Partie
culturel.traditionnellement intégrante de la culture
Déjà deuxième source de devises étran-tswana, la possession de bétail joue un rôle
essentiel dans la société. C’est d’abord un gères pour le pays, le tourisme, s’il est bien
géré, présente un autre avantage majeur : il signe extérieur de richesse et de prestige,
propose un grand nombre de métiers pour les qui détermine le statut et le pouvoir d’un
homme. C’est, ensuite, la « monnaie » utilisée Botswanais. Toutefois, si le tourisme est une
lors des transactions matrimoniales, puisque source d’emplois considérable, soulignons que
la famille du futur époux se doit d’offrir des selon les statistiques du Botswana Tourism
bovins à celle de la mariée. C’est, enfin, un Board, seulement 10 % des recettes liées à
cadeau de dédommagement (lors de petits ce secteur ne quitte pas le pays. Les chaînes
délits ou de torts causés à autrui). Malgré d’approvisionnement sont largement gérées
l’importance sociale accordée au bétail, seuls par des entreprises étrangères, tandis que les
55 % des citoyens possèdent des bovins et réservations à caractère touristique sont pour
5 % des fermiers sont des grands propriétaires la grande majorité enregistrées en Afrique du
terriens qui détiennent la moitié du cheptel Sud. La tendance actuelle est à l’écotourisme,
national. Le bétail joue également un rôle c’est-à-dire un tourisme responsable limitant
économique important : source principale de son impact sur l’environnement et
particidevises jusqu’en 1977, l’exportation de viande pant au développement des communautés
fut la première entreprise du pays et le point villageoises. Ainsi, le pays s’est doté d’une
d’appui d’une économie novice. stratégie dont voici les grandes lignes :
En 1993, près de la moitié de la surface du
w Le prix des entrées dans les parcs est pays était encore utilisée en zones de pâture
assez élevé et des quotas de nuitées dans les pour l’élevage.
réserves nationales et les concessions privées De nos jours, l’élevage est passé au troisième
et communautaires permettent de limiter rang national des entrées de devises et compte
l’impact du tourisme sur les espaces naturels.pour moins de 4 % du total des exportations.
Les principaux importateurs sont l’Union w Les petites structures avec un nombre
Européenne et l’Afrique du Sud, vers lesquels très limité de lits sont privilégiées et les
12 000 à 15 000 t de viande sont exportées par normes environnementales sont toujours
an. La gérante de cette vaste entreprise est la plus renforcées. Par exemple, le gouvernement
BMC (Botswana Meat Commission), société prévoit le passage obligatoire à l’énergie
d’Etat géante créée en 1965 avec l’abattoir solaire pour toutes les structures touristiques
de Lobatse. Après une enquête parlemen- au sein des parcs d’ici 5 ans.
taire menée en 2012, il semblerait que cet w Les terres appartiennent toujours
organisme souffre de problèmes de gestion
au gouvernement. Même si elles importants, poussant certains à s’interroger
sont développées par les acteurs du sur la pertinence d’un tel monopole.
tourisme, elles ne leur appartiennent jamais
à quelques très rares exceptions près. Elles Place du tourisme
leur sont louées par le gouvernement ou les Le pays dispose d’un potentiel touristique
communautés pour des durées de 10 à 20 ans. absolument exceptionnel. 17 % de son
Ce qui permet de garder le contrôle sur la territoire est protégé en réserves et parcs
terre et la façon dont elle est mise en valeur.nationaux mais c’est en fait de 30 à 40 %
qui sont laissés à l’état naturel. La répartition w Les concessions communautaires
des animaux n’est pas partout la même, mais donnent en priorité des emplois aux membres
certaines régions comme l’Okavango, les de ces communautés souvent les moins
rives de la rivière Chobe, le Central Kalahari privilégiées. 46 ® PoLitique et économie
En outre, l’exploitation de leur concession Ainsi, dans ce domaine aussi, le gouvernement
génère pour elles des revenus communs du Botswana fait preuve d’une bonne gestion.
qu’il est possible d’investir pour le bien de On peut cependant noter quelques
améliorala communauté. tions à prévoir pour le futur : la répartition des
revenus en faveur des Botswanais les moins w L’investissement des étrangers dans
privilégiés devrait encore être mieux équili-les compagnies touristiques est désormais
brée, les réservations touristiques passant réglementé et, à qualification similaire, la
majoritairement par des entreprises sud-priorité nationale s’applique pour les guides
africaines.et les employés des structures touristiques.
Le gouvernement rend difficile l’obtention
Enjeux actuelsdu permis de travail pour les étrangers. Ils
doivent impérativement démontrer que le Le Botswana, pays prospère, n’est pas sans
travail qu’ils vont réaliser ne pourrait pas défi pour son avenir. Sa dépendance en
importations à l’égard de l’Afrique du Sud, être effectué par un local et renouveler leur
permis tous les 2 ans. la diversification économique et la lutte contre
Et la France dans tout ça ?
Selon les indicateurs économiques analysés par les institutions internationales et
nationales, une poignée de pays africains offrent aux investisseurs un risque moyen ou quasi
nul, parmi lesquels la Tunisie, la Namibie, l’Afrique du Sud et le Botswana. Le Botswana,
engagé dans une série de privatisations, comme celle de Air Botswana (la compagnie
nationale d’aviation en situation de quasi monopole sur le pays) et de BTC (Botswana
Telecommunications Corporation) favorise d’ailleurs l’investissement étranger. Ses
accords de libre échange et son faible taux de taxation (en 2001 cependant, la TVA a été
introduite au taux de 10 %), ainsi que sa grande stabilité politique, forment un terrain
particulièrement favorablement à l’investissement.
Pourtant, les entreprises françaises demeurent en nombre très limité au Botswana et
peuvent se compter quasiment sur les doigts d’une main. Le champion toutes catégories
et pilier de la coopération française est Merial (filiale de Rhône-Poulenc et Mercks),
qui offre depuis 1978 une assistance technique directe dans la fabrication de vaccins
(surtout ceux visant à lutter contre la fièvre aphteuse, maladie bovine qui, si elle n’était
pas contrôlée, constituerait un véritable fléau économique pour l’élevage). Air Liquide et
Total (dont les centres de distribution sont à Gaborone) constituent également deux grands
investisseurs industriels indirects (puisqu’ils passent par les filiales sud-africaines des
groupes français) tout comme, à moindre échelle, Bic (par le biais de sa filiale britannique
couvrant l’Afrique anglophone).
Bouygues et Spie Batignolles ont réalisé de grands projets au Botswana comprenant
l’exploitation d’une mine de cuivre et de nickel à 40 km de Francistown, la construction
de l’hôpital privé de Gaborone, de l’hôpital public de Francistown et de l’ex-hôtel Sheraton
(aujourd’hui repris par la chaîne sud-africaine Protéa), ainsi que la construction d’une
immense base militaire à Mapharangwane (à 15 km de Molepolole). Renault, Peugeot et
Citröen sont également présents au Botswana pour la distribution de leurs voitures mais
on ne peut pas dire que leur succès soit éclatant sur ce marché. En revanche, Orange
s’est imposé comme un leader de la téléphonie mobile aux côtés de Mascom. Sa présence
publicitaire est d’ailleurs fort remarquée.
On peut regretter que la France et les pays francophones ne soient pas plus présents
au Botswana. Des échanges approfondis avec ce pays, remarquable à bien des égards,
seraient certainement enrichissants. L’investissement au Botswana est très clairement
régulé avec une prise de participation limitée entre 10 et 55 % selon la taille de
l’entreprise et le contexte politico-économique est favorable. l’International Financial Services
Center a été mis en place ces dernières années pour informer et faciliter la venue des
investisseurs, mettant notamment en avant les avantages fiscaux du pays. Mais le
marché limité de 2 millions de Bastwana serait-il le facteur limitant pour que la France
s’y intéresse davantage ?Découverte
47PoLitique et économie √
le Sida sont les principaux challenges actuels. mique du pays et donc également des San
La dépendance énergétique et agricole du qui sont également citoyens à part entière du
Botswana vis-à-vis de son grand voisin du Botswana, le débat n’est pas clos et surtout
sud est une constante historique dans les n’est pas simple.
derniers siècles de l’histoire du pays. Le sol La situation sanitaire liée à l’épidémie de
du Botswana est pauvre pour l’agriculture VIH-SIDA est, elle aussi, préoccupante même
et l’eau y manque partout. Seules environ si le Botswana a su prendre l’initiative de
1 % des terres sont cultivées et seules 5 % mesures préventives très tôt et avec force.
sont considérées comme arables. L’actuel Ainsi la population, grâce au soutien
d’orgagouvernement cherche pourtant à renforcer la nisations internationales comme la fondation
sécurité alimentaire du pays. Avec seulement Bill Gates, bénéficie d’un large accès à la
2,1 millions d’habitants, la situation pourrait trithérapie, ce qui a réduit drastiquement les
être améliorée. Ainsi, l’accent est mis dans la prévisions de mortalité liée à la maladie. Les
région nord-est pour produire de manière plus campagnes d’informations sur les risques
conséquente le sorgho, le maïs, le millet, le de contamination sont omniprésentes et
blé, les haricots, les bananes et les agrumes les visiteurs trouveront certainement des
dont le pays a besoin. Du point de vue éner- préservatifs distribués gratuitement dans
gétique, la question est aussi récemment les chambres d’hôtels. Dans les districts
revenue sur le devant de la scène avec la du nord, plus touchés, les pouvoirs publics
fin d’un accord entre les deux pays. Alors multiplient les programmes de prévention et
que l’Afrique du Sud connaissait un nombre se focalisent sur l’une des grandes priorités, à
croissant de coupures, le Botswana restait savoir l’enrayement de la transmission
mèreprotégé par un accord garantissant une four- enfant du VIH. Les femmes enceintes
séroniture continue d’électricité. La fin de l’accord positives bénéficient ainsi d’un programme
vit la fin de cette garantie et le Botswana AZT gratuit très efficace. Mais, comme le
connaît désormais plus de coupures que par soulignent les responsables du PNUD (le
le passé. Une formidable opportunité s’offre programme de développement de l’ONU),
aujourd’hui à lui par le biais des énergies l’accès aux trithérapies n’est pas tout. Il faut
renouvelables. Le taux d’ensoleillement étant que la médication s’inscrive dans la durée,
extrêmement élevé, plus de 300 jours par dans un programme général de prévention
an, le pays pourrait bien parier sur l’énergie et surtout dans les mentalités. L’interruption
solaire, à condition que les rendements de d’un traitement AZT rend le virus du Sida
cette « nouvelle » source d’énergie électrique plus combatif et plus résistant. En outre, très
soient suffisants. Déjà, les panneaux solaires récemment, suite aux recherches médicales,
se multiplient dans le pays, sur les toits des le Botswana a décidé de financer la
circoncimaisons et des entreprises. sion des hommes en menant une campagne
La fin annoncée des richesses du sous-sol d’information appropriée sur le sujet. Le pays
place le gouvernement devant une situation se montre donc combatif face à ce fléau.
inédite depuis l’indépendance. Il faut diver- Ouvert aux conseils extérieurs, le Botswana
sifier l’économie au plus vite (une «Initiative déploie toute la panoplie de l’arsenal à
dispode diversification économique» a été mise sition contre l’épidémie. En quelques années
en place en 2011), développer les services seulement, les efforts produits ont déjà porté
(banques, télécommunications), assurer leur fruit et le Botswana a pu céder, en 2008,
une certaine sécurité alimentaire et trouver le triste titre du pays le plus touché par la
remplaçant pour la rentrée de devises étran- maladie (plus haute prévalence) à son voisin
gères. L’option de trouver d’autres gisements le Swaziland.
est bien sûr tentée et les prospections dans le Le pays doit donc prendre toujours plus soin
Kalahari vont bon train. Ce faisant, le gouver- de sa population, de sa santé dans un premier
nement fait face à une opposition interna- temps et de ses emplois dans un second
tionale déterminée contre la spoliation des temps. Si la croissance peut difficilement
terres des San et, en décembre 2007, la haute atteindre les chiffres des dernières décennies
ecour de Gaborone contraint le gouvernement du XX siècle, il faudra qu’elle soit
accomà reconnaître les droits des Bushmen sur pagnée par une réelle baisse du chômage
les terres du Kalahari. Entre respect des et qu’elle repose donc plus sur le travail de
peuples premiers et développement écono- ses habitants.Population
et langues
La constitution du Botswana veut que tous les peuples en étudiant leur langue. Les peuples
citoyens soient égaux. L’unité du pays et son africains sont nombreux et l’étude de leur
extraordinaire stabilité sont le résultat de cet histoire est passionnante. Beaucoup ont des
état d’esprit. Au Botswana, on se considère langues proches, mais la variété des langues
en premier lieu comme un Botswanais – africaines est remarquable et certaines
c’est-à-dire un citoyen du Botswana – avant langues sont totalement différentes. Nous
d’être membre d’un des peuples tswana, restons toujours admiratifs quand on réalise
bayei, hambukushu, herero, san, ou encore le nombre de langues parlées par un Africain
bakalanga qui composent la nation. Si les « moyen ». Ce sont en général trois ou quatre
quatre cinquièmes des habitants descendent langues africaines qui sont utilisées
quotieffectivement d’ancêtres tswana présentés diennement en plus de la langue coloniale,
dans le chapitre consacré à l’histoire du pays, souvent devenue langue officielle.
le dernier cinquième tire son origine de groupes Les linguistes ont classé 20 grandes familles
ethniques extrêmement divers et parfois même de langages à l’échelle mondiale et parmi elles,
sans relation aucune avec le peuple majoritaire. quatre, toutes africaines, sont singulièrement
Avant de présenter les différentes ethnies, différentes. Sur ces quatre familles, deux nous
il convient de définir les termes que nous intéressent au Botswana, la famille khoisan et
allons utiliser car, d’une part, ils peuvent être la famille bantoue (probablement née entre les
interprétés différemment selon les lecteurs bassins du Niger et du Congo). La diversité des
et, d’autre part, leur sens même est parfois langages du continent est l’un des multiples
trop vague. Nous choisirons donc de parler des arguments avancés en faveur de l’origine
peuples du Botswana même si, aujourd’hui, africaine de l’homo sapiens. De la diversité
on peut parler de manière globale du peuple originelle, une branche de l’espèce seulement
botswanais. Nous pourrions aussi choisir le se serait répandue dans le reste du monde,
terme « ethnie » s’il ne risquait d’être considéré réduisant sa variabilité linguistique et génétique.
comme péjoratif par certains lecteurs. Il en La génétique apporte d’ailleurs des preuves
va de même pour le terme « tribu », dont la concordantes. Ainsi, l’étude de l’ADN
mitodéfinition ne semble pas faire l’unanimité. Le chondrial ainsi que nucléaire (du
chromoterme « clan » pourra être utilisé à l’occasion some Y en particulier), montre une diversité
car il est plus précis et sous-entend une génétique incroyable en Afrique au regard de
proximité parentale de ses membres mais, la relative homogénéité génétique des autres
de manière générale, nous préférerons le peuples du reste du monde. La couleur de la
terme « peuple » pour présenter les différentes peau est donc en grande partie trompeuse et il
origines ethniques des Botswanais. faut se méfier des différences morphologiques.
Néanmoins, il faut garder en tête le fait que la Le mélanisme de la peau est a priori une
réalité d’un peuple, d’une tribu ou encore d’une adaptation au climat et donc une convergence
ethnie est une réalité dynamique qui évolue génétique. Cette homogénéité de couleur
avec le temps. Les témoignages historiques cache donc une bien plus grande génétique.
étaient en partie subjectifs quand les traces et Au Botswana, les premiers habitants de la
vestiges étaient partiels, il faut nous contenter région étaient les Khoisan, suivis par les
de ce que nous pouvons déduire avec certitude Bantous puis les Européens et, plus récemment,
tout en gardant à l’esprit cet aspect contes- par les expatriés du monde entier (asiatiques
table et incomplet. Quelques outils tels que et indiens notamment). La globalisation des
la linguistique et la génétique peuvent aider échanges et la modernisation des transports
à retracer le parcours d’un peuple. font que les mélanges interpeuples se
multiLa linguistique est un outil précieux pour plient. Entre peuples d’origine bantoue, la mixité
étudier l’évolution des peuples et de manière est déjà bien avancée et la réalité du peuple
similaire à la génétique nous pouvons mesurer botswanais, uni et pacifique est évidente. Seuls
la proximité et l’origine commune de deux les San et les Européens restent plus isolés.Découverte
49PoPuLation et LanGues √
réel. Les campements du Kalahari proposant Les San (ou Bushmen)
cette rencontre le font pourtant généralement Nous privilégions l’appellation « san » à celle de
avec le plus grand respect des San partageant « bushmen » ou encore à celle de « basarwa »,
leur culture avec les visiteurs.couramment employée au Botswana, car il
Nous invitons donc le voyageur à se placer dans semble qu’un relatif consensus s’installe sur le
cet état d’esprit s’il projette d’aller rencontrer les sujet. Ce sujet est épineux car aucune de ses
San. Dans de telles dispositions, la rencontre appellations n’est vraiment utilisée par les San
lui sera alors pleinement profitable, lui offrant eux-mêmes. Quand on les interroge, les San
une occasion exceptionnelle de découvrir une indiquent leur appartenance ethnique selon la
autre façon de vivre et de s’interroger sur notre langue qu’ils parlent – il y a une douzaine de
mode de vie, sur la notion de développement langues san – mais le peuple san ou bushmen
et sur notre empreinte écologique. Les San ne correspond à aucun sentiment identitaire
montreront comment ils chassaient, de manière propre au groupe. S’il est donc loin d’être
traditionnelle, avec une flèche et un arc, ou parfait, « san » semble donc le terme le plus
comment ils pratiquaient la cueillette.acceptable de nos jours, « bushmen » étant à
Afin d’avertir pleinement le voyageur, la partie la fois péjoratif et sexiste et « basarwa »
franconsacrée aux San est volontairement très chement méprisant car il signifie « mendiant »
développée car une rencontre avec ces en setswana. Ceci étant dit, san signifierait
peuples premiers ne se décide pas à la légère.également « mendiant » en langue nama de
Namibie. Nous choisissons donc san pour w o rigine. Les fouilles archéologiques
caractériser ce peuple de la manière la plus font remonter à 40 000 ans la présence
des Khoisan – groupe ethnique incluant les neutre possible.
Le ou plutôt les peuples san constituent l’une Khoi et les San – dans la région du Kalahari.
des plus belles et épineuses richesses cultu- Leurs caractéristiques morphologiques sont
relles du Botswana. L’existence de ce peuple relativement distinctives : un teint brun jaune,
premier est à la fois une chance mais devient les yeux en amande et les joues bien saillantes,
aussi une problématique politique pour ce pays les Khoisan ont une stature visiblement légère.
dont l’objectif est d’intégrer également tous Les vestiges archéologiques et les peintures
ces concitoyens. L’exception san est d’ailleurs rupestres attestent qu’ils occupaient toute
fascinante pour les voyageurs mais il s’agit l’Afrique australe. Certains chercheurs pensent
d’être averti avant d’aller à leur rencontre. même qu’ils ne seraient pas étrangers aux
Cette rencontre peut être en effet extrême- peintures rupestres trouvées dans le Sahara.
ment enrichissante, mais elle peut être aussi Une étude génétique récente, à la recherche
embarrassante. De prime abord, le risque le premier homme, s’est basée sur l’étude du
d’avoir le sentiment de faire du voyeurisme est chromosome Y.
Les croyances mystiques des San
Les San croient que le Créateur modela d’abord la Terre, puis les plantes qui allaient
la recouvrir. Ensuite seulement, il songea aux différents animaux qui allaient peupler
l’Univers. Arrachant par ses racines un énorme baobab, il demanda aux animaux de
surgir, pour la première fois, vers la lumière du jour. Au fur et à mesure que ceux-ci
apparaissaient d’entre les racines, se frayant un chemin à travers une immense fissure,
le Créateur leur donnait un nom et leur assignait une demeure. Malgré toute l’aide
apportée par Mantis, un être surnaturel qui était l’assistant du Créateur, cette tâche
ardue fut très longue. A la fin apparut l’homme. Ne restait alors, dans le grand schéma
de la vie, qu’un seul rôle à distribuer : celui de chasseur-cueilleur. Le Créateur et Mantis
l’assignèrent au San, qui honora ce rang avec foi et dignité, s’attachant à vivre en
parfaite harmonie avec les animaux et les plantes.
Mantis revient souvent dans la mythologie san. Il emprunte fréquemment l’aspect d’une
mante religieuse et porte différents noms selon les traditions. Dans la plupart des récits,
Mantis, doté de pouvoirs surnaturels, peut se changer en animal, en rocher, en arbre ou
en eau. Il présente également des caractères très humains. Il se révèle parfois jaloux et
coléreux, aime manger, boire et faire l’amour, se plaît à jouer des tours et à être lui-même
dupé, notamment par les femmes. Il lui arrive même de commettre des erreurs !

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