Maladie d'Addison

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Maladie d’Addison
La maladie d’Addison est
une maladie rare des sur-
rénales. Elle a pour symp-
tômes fatigue et hypoten-
sion qui détériorent grave-
ment la vie des patients.
Grâce à la recherche, des
traitements efficaces ont
été découverts, mais ils
doivent être pris pendant
toute la vie.
Qu’est-ce que la maladie d’Addison?
La maladie d’Addison se caractérise par une insuffisance ou un dysfonctionnement du
cortex des glandes surrénales, qui ne parviennent plus à sécréter une quantité d’hor-
mones suffisante pour répondre aux besoins physiologiques de l’organisme, malgré la
libération d’hormone adrénocorticotrope (ACTH/Adreno-corticotrophic-hormone) par
l’hypophyse. Le début de la maladie survient au moment où 90% (ou plus) du cortex
ne fonctionnent plus ou ont été détruits.
Les glandes surrénales sont situées à la partie supérieure des reins. Leur cortex sécrè-
te plusieurs hormones stéroïdes, les plus importantes étant le cortisol qui est un glu-
cocorticoïde, l’aldostérone qui est un minéralocorticoïde et une hormone sexuelle, la
déhydroépiandrostérone (DHEA). La maladie d’Addison affecte à la fois les fonctions
glucocorticoïde et minéralocorticoïde. Le cortisol jour un rôle majeur dans la régula-
tion de l’insuline et de la glycémie (taux de sucre dans le sang) et dans l’inhibition de
la synthèse protéique. Il mobilise les acides gras et accroît la capture des acides ami-
nés hépatiques. Le cortisol a également un effet ...
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Maladie d’Addison
Qu’est-ce que la maladie d’Addison? La maladie d’Addison se caractérise par une insuffisance ou un dysfonctionnement du cortex des glandes surrénales, qui ne parviennent plus à sécréter une quantité d’hor-mones suffisante pour répondre aux besoins physiologiques de l’organisme, malgré la libération d’hormone adrénocorticotrope (ACTH/Adreno-corticotrophic-hormone) par l’hypophyse. Le début de la maladie survient au moment où 90% (ou plus) du cortex ne fonctionnent plus ou ont été détruits.
Les glandes surrénales sont situées à la partie supérieure des reins. Leur cortex sécrè-te plusieurs hormones stéroïdes, les plus importantes étant le cortisol qui est un glu-cocorticoïde, l’aldostérone qui est un minéralocorticoïde et une hormone sexuelle, la déhydroépiandrostérone (DHEA). La maladie d’Addison affecte à la fois les fonctions glucocorticoïde et minéralocorticoïde. Le cortisol jour un rôle majeur dans la régula-tion de l’insuline et de la glycémie (taux de sucre dans le sang) et dans l’inhibition de la synthèse protéique. Il mobilise les acides gras et accroît la capture des acides ami-nés hépatiques. Le cortisol a également un effet anti-inflammatoire important par le biais de la diminution du nombre de lymphocytes et du blocage de la production de cytokines. Enfin le cortisol stimule l’appétit et inhibe la synthèse de l’ACTH.
L’aldostérone est libérée en réponse à la stimulation de l’angiotensine 2 (A-2) lors d’une augmentation des taux sanguins en ions potassium ou d’une diminution des ions sodium. Son effet sur l’organe qui est sa cible prioritaire, le rein, est de favoriser la réabsorption du sodium et la sécrétion du potassium ainsi que celle des ions hydro-gène, avec pour résultat, une augmentation de la volémie et de la pression artérielle.
La maladie d’Addison se développe progressivement et se caractérise par de la fati-gue, de l’anorexie, une perte de poids et par une hyperpigmentation cutanée. En règle générale, la peau pr end une coloration bronzée due à l’augmentation des taux san-guins de MSH (melanocyte-stimulating hormone), l’hormone mélanotrope. L’ACTH et la MSH sont toutes deux des composants de la même hormone. Lorsque l’ACTH se sépare du précurseur, il y a libération simultanée de MSH. Dans les années 90 aux Pays-Bas, une enquête rétrospective a montré qu’il fallait pratiquement trois ans pour poser un diagnostic correct après le début d’apparition des symptômes. Selon les
La maladie d’Addison est une maladie rare des sur-rénales. Elle a pour symp-tômes fatigue et hypoten-sion qui détériorent grave-ment la vie des patients. Grâce à la recherche, des traitements efficaces ont été découverts, mais ils doivent être pris pendant toute la vie.
Glande surrénale
Rein
Uretère Glande surrénale et rein 1/3
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auteurs, deux facteurs expliquent cette durée: en premier lieu, la Dix des plaintes et symptômes de la maladie rareté de la maladie d’Addison et en second lieu, le manque de d’Addison non traitée, les plus fréquemment évoqués spécificité des symptômes de cette maladie. D’autres causes phy-Sensation de fatigue ou de faiblesse99 siques ou psychosomatiques peuvent de ce fait être suspectées Augmentation de la pigmentation de la peau pour expliquer ceux-ci. ou des muqueuses97 Perte de poids involontaire89 La maladie d’Addison a été décrite pour la première fois en 1855 Nausées 86 Vertiges en position debout (orthostatiques)84par le médecin britannique Thomas Addison dans son article « On Hypotension 82 the Constitutional and Local Effects of Disease of Supra-Renal Sensation de fatigue ou de faiblesse mentale80 Capsules » (Des effets généraux et locaux de la maladie des surré-Perte d’appétit80 nales), alors qu’il était en poste à l’hôpital Guy de Londres. Initia-Besoin accru de sel78 lement, l’affection était provoquée par une infection des surréna-Vomissements 70 les, la plus répandue étant la tuberculose qui reste la cause prédo-Source: Rapport du NVACP, des Pays Bas (Nederlandse minante aujourd’hui encore dans les pays en voie de développement. Dans les pays Vereniging voor Addison en industrialisés, la maladie d’Addison est plus souvent provoquée par une destruction Cushing Patiënten) auto-immune non spécifique du cortex surrénalien. L’expression d’anticorps au niveau du cortex surrénalien chez un sujet donné représente un risque important d’apparition de la maladie. Infections, cancers, lésions, troubles vasculaires ou événements méta-boliques constituent également d’autres facteurs déclenchants.
Qui est atteint de la maladie d’Addison? Bien qu’il s’agisse d’une maladie rare, la maladie d’Addison est bien connue, l’une de ses victimes célèbres étant l’ancien Président des Etats-Unis, John F. Kennedy. En Euro-pe, sa prévalence est estimée à environ 60 cas par million d’individus, ce qui correspond à environ 24000 cas. La prévalence signalée dans les pays ayant fait l’objet d’un recueil des données est de 39 cas par million au Royaume-Uni et de 60 cas par million au Danemark. L’incidence rapportée est de 5 à 6 par million d’individus et par an.
L’âge auquel se manifeste le plus souvent la maladie chez les adultes est de 30 à 50 ans, mais elle peut survenir plus tôt. La maladie d’Addison idiopathique auto-immune a tendance à être plus répandue chez les femmes et les enfants. Il a été démontré que le rapport hommes/femmes est de 1/2,5. Aucune prédisposition raciale n’est asso-ciée à cette maladie.
La morbidité es thabituellement due au retard pris à diagnostiquer la maladie ou faute d’avoir instauré un traitement substitutif adéquat. Le taux de mortalité de la maladie d’Addison s’élève, selon les estimations, à 1 décès environ par million d’indi-vidus.
Quels sont les traitements actuels? Un traitement corticoïde substitutif doit être poursuivi à vie. Un traitement journalier bien équilibré permet à la plupart des personnes atteintes par la maladie de continuer à mener une vie aussi bien qu’avant la maladie ou presque.
Le cortisol est remplacé par un traitement par voie orale à base de glucocorticoïdes sous forme de comprimés, à raison d’une à deux prises par jour. S’il existe également un déficit en aldostérone, il sera traité avec une dose quotidienne de minéralocorti-coides par voie orale. Il est habituellement conseillé aux patients recevant un traite-ment minéralocorticoïde substitutif d’augmenter leur consommation en sel.
Quels sont les traitements en développement? Un essai clinique de phase I est en cours. Il porte sur l’étude d’un comprimé à libéra-tion prolongée permettant un traitement corticoïde substitutif basé sur le rythme cir-cadien, c’est-à-dire avec des taux élevés le matin et faibles le soir. Le but de ce traite-ment est de procurer une alternative valable aux traitements corticoïdes actuels qui ne reproduisent pas le rythme circadien normal de l’hormone corticoïde naturelle. Ce médicament a déjà obtenu le s tatut de « médicament orphelin » de l’Union Euro-péenne.
Afin de pouvoir diagnostiquer les anomalies surrénaliennes, les scientifiques envisa-gent de porter leurs investigations sur le I-131 iodocholestérol, une molécule chimique expérimentale marquée à l’iode radioactif, actuellement parvenue à la phase III des essais cliniques. Après injection du produit dans la veine du patient, il est absorbé par les surrénales, permettant ainsi une visualisation au moyen d’appareils d’imagerie aux rayons gamma.
Actuellement, l’impossibilité de synthétiser la DHEA qui est associée à la maladie chez les patients atteints n’est pas corrigée. Plusieurs groupes de recherche étudient l’effet d’un traitement substitutif par la DHEA. D’après les premiers résultats, l’évaluation psychologique a fait apparaître une amélioration de l’estime de soi jointe à une ten-dance à plus de bien-être pour les deux sexes. Ces découvertes laissent supposer que la DHEA pourrait agir directement au niveau du système nerveux central et non pas en augmentant la biosynthèse de l’hormone sexuelle mâle au niveau périphérique. Le traitement substitutif par la DHEA dans la maladie d’Addison étant sujet à contro-verses, ces effets justifient des études supplémentaires pour comprendre le rôle de la substitution par la DHEA.
Les recherches actuellement menées s’attachent à clarifier la relation entre la mala-die d’Addison et les autres maladies auto-immunes des glandes endocrines et d’autres organes. Apparemment, il existe un lien entre cette maladie et les syndromes de mal-absorption. Les anticorps dirigés contre les antigènes du cortex surrénalien sont re-trouvés chez 15 % des patients atteints d’une maladie coeliaque.
Les investigateurs cliniques étudient la fonction des surrénales après transplantation rénale à partir d’un donneur vivant. Le succès des transplantations étant entravé par la pénurie de dons d’organes, l’utilisation de reins en provenance de donneurs vivants constitue une stratégie séduisante. Chez le donneur, au cours de l’intervention, il est nécessaire de sectionner l’artère et la veine rénales le plus loin possible de l’organe afin de disposer d’une longueur suf fisante pour effectuer à nouveau le branchement lors de la greffe. Le drainage de la veine du côté gauche de la surrénale étant occlus lors de cette opération, il est très probable que la fonction surrénalienne en soit per-turbée. Une comparaison est faite avec un don du rein droit, cas dans lequel la veine surrénale gauche est intacte.
Quelles sont les perspectives à plus long terme? Des groupes de recherche ont montré récemment que les antigènes cibles du proces-sus auto-immun dans le cortex surrénalien appartiennent à des enzymes essentielles à la synthèse des hormones stéroïdiennes, notamment la 21-hydroxylase, la 17-hydro-xylase et l’enzyme de clivage de la chaîne latérale. Ces découvertes majeures ouvrent de nouvelles perspectives dans la connaissance de la maladie d’Addison et des mala-dies auto-immunes associées.
Les nouv elles mét hodes consis tent à: (i) préparer des auto-antigènes surrénaliens recombinants et des auto-antigènes associés; (ii) caractériser les réponses des leuco-cytes du groupe T-helper et des lymphocytes T cytotoxiques vis-à-vis de tels antigènes; (iii) produire des modèles animaux de cette maladie afin de créer de nouveaux tests diagnostiques immunologiques ainsi que des traitements à base d’immunothérapie.
M I S EE NG A R D E L’EFPIA a tenté tout ce qui peut être raisonnablement attendu afin d’assurer que l’information fournie dans ce PDF soit correcte et à jour. Cependant, l’EFPIA ne peut garantir que l’information est complète ou exacte à tout moment. Vous devez consulter votre médecin ou une personne qualifiée au sujet de tout problème spécifique touchant votre santé. L’information contenue dans ce PDF, réunie sous le titre "Des médicaments au service de l’humanité" est mise à disposition pour autant qu’aucun élément (y compris les photos) n’en soit reproduit ou extrait sans l’autorisation de la Fédération européenne d’Associations et d’Industries pharmaceutiques (EFPIA). Ni les fiches ni les photos ne peuvent, en aucun cas, être utilisées dans le cadre de ou en relation avec des activités commerciales et/ou promotionnelles. Comité de rédaction: Dr. Robert Geursen (Rédacteur en Chef), Peter Heer, Bill Kirkness, Philippe Loewenstein, Steve Mees, Dr. Jean-Marie Muschart, Marie-Claire Pickaert (Coordinatrice). Credits photos: ABPI, Allergan, AstraZeneca, EFPIA/Lander Loeckx, Damian Foundation, Galderma, Hilaire Pletinckx, Roche, sanofi-aventis; Design & Production: Megaluna+Triumviraat
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