Le défi des investissements français en Chine

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Le défi des investissements
français en Chine
Livre Blanc Cet ouvrage a été réalisé en collaboration entre les Missions Economiques de Chine, les
Conseillers du Commerce Extérieur et la Chambre de Commerce Française en Chine.
L’édition de l’ouvrage a été financée par la section Chine des CCE et réalisée par la
CCIFC.
Il se fonde sur des entretiens individuels réalisés auprès de 88 entreprises françaises, dont
la liste figure en annexe page 57 (à l’exception de 3 entreprises qui n’ont pas souhaité être
citées). Ces entretiens ont été réalisés par Hubert Testard, Benjamin Dubertret, appuyés
par Marie-Chantale Piques, Hélène Hovasse, Alain Berder, Thibaut Fabre, Stéphane Piskorz
pour les Missions Economiques de Chine, ainsi que par Emmanuel Suquet, stagiaire ENA
et Cécile Stos, directrice du développement de la CCIFC, en collaboration avec Bathilde
Delafuys, Camille Giraudo et Melinda Sellin. Le document de synthèse a été rédigé par
Benjamin Dubertret pour les trois premiers chapitres et Hubert Testard pour le dernier
chapitre.
Le China World Trade Center, le cœur du quartier d’affaires, dans le district de Chaoyang.
© I
mag
ine China Préface
os relations économiques avec la Chine, entend-on souvent dire,
n’ont pas la même intensité, la même qualité que notre relation Npolitique, qui s’est enracinée depuis dix ans dans un partenariat
stratégique global ambitieux. Ce Livre Blanc, réalisé conjointement par
les Conseillers du Commerce Extérieur, les Missions ...
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Le défi des investissements français en Chine Livre Blanc Cet ouvrage a été réalisé en collaboration entre les Missions Economiques de Chine, les Conseillers du Commerce Extérieur et la Chambre de Commerce Française en Chine. L’édition de l’ouvrage a été financée par la section Chine des CCE et réalisée par la CCIFC. Il se fonde sur des entretiens individuels réalisés auprès de 88 entreprises françaises, dont la liste figure en annexe page 57 (à l’exception de 3 entreprises qui n’ont pas souhaité être citées). Ces entretiens ont été réalisés par Hubert Testard, Benjamin Dubertret, appuyés par Marie-Chantale Piques, Hélène Hovasse, Alain Berder, Thibaut Fabre, Stéphane Piskorz pour les Missions Economiques de Chine, ainsi que par Emmanuel Suquet, stagiaire ENA et Cécile Stos, directrice du développement de la CCIFC, en collaboration avec Bathilde Delafuys, Camille Giraudo et Melinda Sellin. Le document de synthèse a été rédigé par Benjamin Dubertret pour les trois premiers chapitres et Hubert Testard pour le dernier chapitre. Le China World Trade Center, le cœur du quartier d’affaires, dans le district de Chaoyang. © I mag ine China Préface os relations économiques avec la Chine, entend-on souvent dire, n’ont pas la même intensité, la même qualité que notre relation Npolitique, qui s’est enracinée depuis dix ans dans un partenariat stratégique global ambitieux. Ce Livre Blanc, réalisé conjointement par les Conseillers du Commerce Extérieur, les Missions Economiques et la Chambre de Commerce Française en Chine, concernant l’implantation de nos entreprises sur le continent chinois, permet d’enrichir et d’améliorer notre vision de cette relation économique. La présence de nos entreprises en Chine est certes récente, puisqu’elle ne remonte guère en moyenne à plus de 10 à 15 ans, mais elle est déjà considérable, tant par les chiffres d’affaires réalisés qui représentent deux fois et demie nos exportations directes, que par l’emploi créé qui atteint 250 000 salariés. Et les témoignages rapportés dans le Livre Blanc montrent que nous ne sommes qu’au début de cette histoire. Les rythmes de progression de l’activité sont rapides (+20 à 25% en moyenne), les prises de participations stratégiques se développent, de plus en plus de nos entreprises, grandes comme petites, nourrissent des perspectives très ambitieuses. La Chine n’est pas seulement une opportunité de marché, elle est aussi une composante stratégique de la compétitivité de nos entreprises, qui doivent faire face à des exigences croissantes de globalisation des achats et des plates formes de production, et d’innovation. Leurs activités sont dès lors multiformes, alliant achats de composants, production locale, importations d’équipement clés à partir de France ou d’Europe, création de centres de recherche-développement. Mais, contrairement aux idées reçues, seule une infime minorité d’entreprises voit la Chine comme une terre de délocalisation. Les témoignages recueillis montrent également qu’il n’est pas facile de travailler en Chine. Les pièges sont nombreux, qu’il s’agisse des problèmes de partenariat, de concurrence déloyale, d’obstacles non tarifaires, de contrefaçons, d’incertitudes juridiques. Mais l’un des messages principaux de ce Livre Blanc est que les difficultés d’accès au marché chinois n’empêchent pas nos entreprises de réussir et d’avoir de vastes projets. Etre en Chine comporte des risques, mais pour la quasi-totalité de nos entreprises, ne pas y être se traduirait par une perte d’opportunité, et dans de nombreux cas par un risque compétitif majeur. Je voudrais en conclusion remercier les Conseillers du Commerce Extérieur, la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine et les Missions Economiques pour avoir réuni leurs forces dans cette œuvre collective. J’espère que toutes celles de nos entreprises qui s’interrogent actuellement sur l’intérêt d’une présence en Chine trouveront dans ce Livre Blanc matière à réflexion et inspiration. Elles trouveront toujours en « l’équipe France » en Chine aide et conseil : plus que jamais, nous sommes à leurs côtés pour les aider à mener leurs projets à bien. Hervé Ladsous Ambassadeur de France en Chine   Avant propos i, depuis le milieu des années 90, nombreux sont ceux qui débattent de l’opportunité, des risques et des avantages d’être Sprésent en Chine, un millier d’entreprises françaises - de la PME personnelle a la grande multinationale - ont déjà franchi le pas et participent directement sur place à l’ouverture de ce grand pays. L’objet de notre Livre Blanc est de faire un point d’étape de cette grande aventure, car il faut bien appeler cela une aventure. Ses conclusions peuvent se résumer en deux points forts: la Chine est aujourd’hui un pays incontournable, et s’y développer nécessite pour les entreprises françaises de travailler en équipe soudée. Quelle que soit la nature de son activité, une PME ayant décidé de s’implanter en Chine se trouve confrontée à un vrai parcours d’obstacles auquel elle ne peut pas faire face par ses propres moyens. La nécessaire mutualisation de ces moyens est illustrée par le concept de “chasse en meute” développé par les Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCE). Impliqués dès l’origine dans le développement des implantations françaises par le biais du conseil aux entreprises et au gouvernement français, les CCE ont aujourd’hui une mission beaucoup plus ciblée d’aide aux PME. Spécialistes de l’international, les quelques 80 CCE de Chine sont prêts à apporter leur expérience et leurs réseaux, en essayant de rassembler les PME pour améliorer leur efficacité et diminuer leur vulnérabilité et, plus concrètement en parrainant certaines entreprises, en leur offrant un portage ou en hébergeant des VIE. Gérard Deleens Président de la section Chine des Conseillers du Commerce Extérieur   Avant propos epuis sa création en 1992, la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine (CCIFC) s’est donné comme Ddouble objectif d’accompagner le positionnement des entreprises françaises sur le marché chinois, et d’appuyer celles qui ont fait le choix de s’y implanter dans leur développement. On recense désormais plus de 1 800 implantations françaises en Chine. Près de onze cents sont enregistrées à la Chambre de commerce, ce qui nous permet de vous présenter un « portrait robot » de l’entreprise française implantée en Chine. En effet, 60% de nos membres sont installés depuis moins de 5 ans sur le territoire chinois. Majoritairement contrôlés à 100% par des capitaux français, ils sont également massivement installés à Shanghai ou dans les régions avoisinantes. 65% de ces entreprises emploient moins de 100 salariés en Chine, et 40% d’entre elles moins de 250 personnes dans le monde. Enfin, plus de deux tiers des maisons- mères de sociétés implantées localement sont originaires de la région parisienne. Le marché chinois reste très attractif pour les PME françaises, qui sont toujours plus nombreuses à nous rejoindre. La CCIFC a enregistré cette année plus de 130 membres supplémentaires, et aura accompagné, à la fin de l’année, environ 200 nouvelles entreprises sur le marché chinois. Plus de 50% d’entre elles mènent des projets d’export. La valorisation de l’investissement français en Chine passe désormais par la remise en cause de certaines idées reçues. C’est donc avec enthousiasme que nous nous sommes associés à la démarche initiée par les Missions Economiques de Chine et les Conseillers du commerce extérieur, visant à mettre en valeur les retombées positives pour la France de l’investissement de ses entreprises en Chine. Annick de Kermadec-Bentzmann Présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine   Sommaire INTRODUCTION 6 LE DEVELOPPEMENT DES IMPLANTATIONS FRANÇAISES 8EN CHINE EST UN PHENOMENE ENCORE RECENT Les trois vagues successives d’implantation 8 ü  Les précurseurs des années 1980 8 ü  La grande vague des années 1990  ü  L’approfondissement des années 2000 5 La présence géographique de nos entreprises se diversifie pro- gressivement 18 ü  La Chine de l’Est consolide son rang de première destination des implantations françaises 8 ü  Pékin intéresse toujours nos entreprises pour sa proximite du pouvoir central et son accès à la Chine du Nord-Est 8 emeü  La province du Guangdong est la 3 province d’accueil de nos investissements 9 ü  La diversification vers le Centre et l’Ouest est encore timide, sauf sur les pôles de croissance de Chongqing, Chengdu, Wuhan et Xian 9 ü  Historiquement, Hong Kong est souvent utilisée comme base d’approche du marché chinois 0 Le poids de la Chine pour nos sociétés est encore modeste, mais son importance est stratégique 21 ü  A quelques exceptions près, la Chine ne contribue encore que faiblement à l’activité globale de nos sociétés  ü  La Chine représente néanmoins déjà un enjeu jugé stratégique  L’ACCES AU MARCHE CHINOIS DEMEURE LA MOTIVATION PRINCIPALE DE L’IMPLANTATION, MAIS LES AUTRES FACTEURS JOUENT UN ROLE CROISSANT 24 Les implantations répondent principalement à une ambition commerciale en Chine 24 ü  La production locale n’est en moyenne que très faiblement exportée  ü  Quel marché ? 6 Dans une moindre mesure, la Chine est aussi pour nos entreprises une base d’exportation, essentiellement régionale 28 ü  Pour une minorité d’entreprises, la Chine est principalement une base d’exportation à bas coût d’investissement et de production 8 ü  Les exportations de nos entreprises depuis la Chine pourraient se développer, malgré la croissance du marché chinois 9   La Chine est d’ores et déjà pour nos entreprises une plate-forme mondiale d’achats qui leur permet d’améliorer leur compétitivité globale 30 ü  La Chine est devenue le pivot des politiques d’achat de nombreuses 0 sociétés ü  Cette tendance devrait s’accélerer au cours de prochaines années 32 La Chine commence à accueillir quelques centres d’innovation d’entreprises françaises 33 ü  Certaines sociétés ont mis en place de véritables moyens de recherche en Chine 34 ü  Les motifs et les limites de cette évolution 35 L’IMPLANTATION : DIFFICULTES RENCONTREES ET 36SOLUTIONS TROUVEES Les freins à l’implantation se sont récemment plutôt renforcés 36 ü  L’investissement reste contraint dans certains secteurs sensibles, qui sont autant de points forts de nos entreprises 6 ü  Le cadre général des investissements étrangers s’est resserré depuis 2006 9 Les principaux risques d’une implantation en Chine 41 ü  La question centrale du partenariat capitalistique 43 ü  Les atteintes à la propriété intellectuelle 50 ü  Le défi des ressources humaines 55 L’IMPACT DES IMPLANTATIONS EN CHINE EST GLOBALE- MENT FAVORABLE POUR LES ENTREPRISES COMME POUR L’ECONOMIE FRANÇAISE 59 Contrairement à une idée reçue, de nombreuses entreprises fran- çaises sont profitables en Chine 59 Du point de vue de l’économie française 60 ü  Les effets sur l’emploi 60 ü  L’effet d’entrainement des PME 63 ü  Les flux financiers rapatriés 63 ü  Les effets induits 64 CONCLUSION: DEMAIN, QUELS ENJEUX? 65 5  Introduction L’importance des investissements français en Chine est largement méconnue. Les statistiques n’en rendent que très imparfaitement compte : selon les chiffres publiés 1par la Banque de France, le stock d’investissements directs français en Chine atteignait 2,7 Mds d’euros fin 2005, avec des flux en nette augmentation ces dernières années par rapport à la moyenne des années 1990. Les statistiques chinoises dressent pour leur part un tableau assez différent de la situation, avec un stock d’investissement français estimé à 6,8 Mds de dollars US en 2005 et un flux 2005 de 600 M de dollars US, en stagnation. Que retenir de ces chiffres qui ne convergent pas? Rapportés à des données comparables, ils tendent à montrer que l’investissement français en Chine est encore relativement marginal, d’un point de vue français comme d’un point de vue chinois : la Chine ne représenterait que 0,3 % du stock total de nos investissements à l’étranger, nos investissements ne s’y élèveraient qu’à 1,2% du total accueilli par la Chine ; la France ne èmeserait ainsi que le 10ème investisseur mondial en Chine et le 3 européen. Est-ce à dire que nos investissements en Chine sont encore insuffisants, au moins en termes comparatifs ? Certainement. Mais à l’inverse, ces chiffres minorent considérablement le poids réel de nos investissements, qui transitent en grande partie par des pays tiers (Pays-Bas ou parfois paradis fiscaux) et ne sont donc plus comptabilisés comme français. Surtout, l’investissement tel qu’il est mesuré ne donne pas une image fidèle de la présence et de l’activité de nos entreprises, dont l’intensité capitalistique est extrêmement variable selon les secteurs. La présence française en Chine peut être estimée, selon les dernières données recueillies par les Missions économiques de Chine à la mi-2007 à près de 1 800 implantations réalisées par 850 entreprises. Ces sociétés appartiennent pour moitié à l’industrie, à 40% au secteur des services et à 10% à l’agro-alimentaire et aux biens de consommation. Elles emploient près de 250 000 personnes. Mais pour mieux saisir l’importance relative de la présence économique française en Chine, il faut rapporter le chiffre d’affaires des filiales chinoises d’entreprises françaises au montant des exportations depuis la France. Ce chiffre d’affaires cumulé a été évalué par la Mission économique de Pékin à plus de 20 Mds d’euros en 2006, sur la base d’une enquête spécifique auprès de 109 groupes français, à comparer à près de 8 Mds d’Euros d’export la même année. Autrement dit, le chiffre d’affaires de nos entreprises en Chine représente au moins deux fois et demie celui qu’elles réalisent sur ce pays à partir de la France. Alors que l’attention se focalise souvent sur notre seul commerce extérieur – et sur le creusement de notre déficit avec la Chine – le véritable enjeu économique paraît plutôt aujourd’hui tenir à la capacité de nos entreprises à développer leur activité sur le territoire chinois. La véritable nature des investissements français en Chine est également trop souvent mal comprise. Alors que l’émergence économique et commerciale de la Chine inquiète et que les  Données les plus récentes disponibles à la date d’édition de ce document. 6  délocalisations industrielles hors de France sont une réalité dans plusieurs secteurs, certains assimilent hâtivement les investissements en Chine à des délocalisations. Or la réalité est tout autre : la Chine n’est pas une destination privilégiée pour les . Celles-ci sont plus fréquentes vers les pays de l’Est ou le Maghreb, pour des raisons de proximité et de facilité de réalisation de l’investissement et l’on peut affirmer que les cas de délocalisations vers la Chine sont extrêmement rares. Quant à l’idée que l’implantation se substituerait à l’exportation depuis la France, et que l’investissement en Chine serait donc nuisible à notre commerce extérieur et à l’emploi en France, si elle peut être exacte dans quelques rares cas, elle ne résiste pas globalement à l’épreuve des faits, comme le savent de nombreuses entreprises qui continuent à exporter depuis la France, voire ont accru leurs exportations depuis leur implantation. Investissement et commerce extérieur apparaissent bien plus complémentaires que substituables. Pour donner une image plus fidèle du développement de la présence des entreprises françaises en Chine, dans toutes ses dimensions, les Missions économiques de Chine, les Conseillers du commerce extérieur de Chine et la Chambre de Commerce et d’Industrie française en Chine ont conjointement décidé de la rédaction d’un livre blanc. Ce document, public, a été établi principalement sur la base d’entretiens en face-à-face avec les responsables de 88 sociétés françaises implantées en Chine. Ces sociétés ont été sélectionnées pour obtenir un échantillon représentatif de notre présence – même s’il est nécessairement imparfait – en termes de secteur d’activité, de taille et de localisation géographique. On y retrouve aussi bien Carrefour, premier employeur français du pays, avec 40 000 salariés, que des entreprises qui y comptent moins de 10 salariés. Même si aucune entreprise ayant échoué dans son implantation en Chine n’a été interviewée – l’intégralité du travail de recherche pour ce rapport ayant été réalisé sur place – il a été pris soin de ne pas écarter les témoignages d’entreprises qui ont connu ou connaissent encore des difficultés, parfois importantes, du fait de leur implantation en Chine. La liste des entreprises interviewées figure en annexe à ce rapport ; s’y ajoutent quelques autres qui ont souhaité témoigner de manière anonyme. Le rapport s’articule autour de quatre grandes questions, auxquelles il s’efforce de répondre objectivement, à la lumière des expériences vécues par les entreprises rencontrées : ß  Depuis quand et où les entreprises françaises s’implantent-elles en Chine ? ß  Pourquoi ces entreprises viennent-elles en Chine ? ß  Quelles sont les difficultés rencontrées et quelles solutions ont pu être trouvées ? ß  Quel est l’impact de ces implantations, pour les entreprises comme pour l’économie française ?   Le développement des implantations françaises en Chine est un phénomène encore récent Les trois vagues successives d’implantation Les précurseurs des années 980 Il n’existe quasiment pas d’entreprises dont la présence en Chine continentale puisse être retracée, de manière continue, antérieurement à l’ouverture économique du pays, amorcée en 1979 par Deng Xiaoping. Si des entreprises françaises avaient bien sûr abordé le marché chinois auparavant, le cas échéant en s’y implantant physiquement, les bouleversements du XXème siècle en ont effacé les signes. Ó  Dans la chronologie des implantations françaises, deux entreprises font figure de pionniers, avec une implantation antérieure à 1979 Air France, après avoir ouvert une ligne sur Hong Kong en 1938, a ouvert une ligne sur Shanghai dès 1966 ; celle-ci a été fermée en 1973 au profit de Pékin, la Chine n’autorisant à l’époque qu’une seule ligne par compagnie étrangère. Il faudra attendre 1998 pour que la liaison sur Shanghai soit réouverte, puis 2004 et 2006 pour relier respectivement Canton et Chengdu à Paris (via Amsterdam par un vol KLM). Technip est la seconde exception notable. A la suite de la reconnaissance de la République populaire de Chine par le Général de Gaulle en janvier 1964, un accord a été trouvé pour faire réaliser par la France un complexe pétrochimique à Liaoyang, dans le Liaoning. Technip qui, allié à Speichim, emmène un consortium d’entreprises françaises, ouvre un bureau de représentation en 1975 après avoir signé un premier contrat au début de la décennie et fait venir sur site un grand nombre d’expatriés avec leurs familles ; une école est ouverte. Le complexe, construit par l’armée, sera achevé en 1979. Jusqu’à la fin des années 1980, le bureau de représentation s’avèrera adapté pour soutenir le flux d’exportations d’études et d’équipements depuis la France. Ce n’est qu’au milieu des années 1990 que le tarissement de ce flux impose de créer une véritable filiale pour relancer l’activité. C’est donc seulement à la toute fin des années 1970 que remonte le premier véritable mouvement d’implantation de nos entreprises en Chine. Encore ne s’agit-il que de cas isolés, qui concernent quasi-exclusivement des grands groupes, essentiellement dans le secteur industriel. Les premiers résultats ont d’ailleurs été parfois modestes, marquant une forme de faux départ. Ó  Les grands groupes industriels ouvrent la voie Dès 1979, Alstom ouvre son bureau de représentation à Pékin. La même année, Elf et Total font leurs premiers pas en Chine dans l’exploration offshore, en partenariat avec une société chinoise qui est devenue par la suite la China National Offshore Oil Company (CNOOC). Les recherches d’Elf sont restées sans résultat ; Total a exploité pendant 4-5 ans un petit champ pétrolier jusqu’à sa restitution à CNOOC. Le véritable retour du groupe Total dans l’exploration en Chine ne s’effectuera que plus de 20 ans après avec le contrat 8 
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