Biographie universelle ancienne et moderne/BAYLE (Gaspard-Laurent)

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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843Tome 3 page 344 à 345BAYLE (Gaspard-Laurent)BAYLE (Gaspard-Laurent), l’un des médecins les plus distingués qui aient paru en France depuis le renouvellement de l’école demédecine, naquit au Vernet, village des montagnes de la Provence, le 18 août 1774. Les principes de dévotion dans lesquels sesparents l’avaient élevé lui inspirèrent d’abord le désir de se consacrer à l’état ecclésiastique mais au moment où les ordres allaient luiêtre conférés, il craignit de ne point être assez parfait pour remplir les devoirs imposés aux prêtres, et se décida pour la professiond’avocat. Quoiqu’il n’eût encore que dix-neuf ans, ses concitoyens, dont il avait su se concilier l’estime, le nommèrent secrétaire del’administration du district de Digne. Ce fut en cette qualité que, quand Barras et Fréron parurent dans le Midi, envoyés par laconvention nationale, Bayle, chargé de les haranguer au nom de la ville de Digne, eut la noble hardiesse de leur dire qu’ils venaientsans doute pour rétablir l’ordre et la justice dans les campagnes, et que les félicitations devant être le prix des services rendus, onattendrait, pour leur en décerner, qu’ils eussent accompli ce dont on les supposait chargés. Le lendemain, ses parents alarmés lefirent partir pour Montpellier, et c’est ainsi qu’il se trouva conduit par hasard à étudier la médecine. Ses cours terminés, il alla auxarmées, revint à Paris en 1798, et s’y fit recevoir docteur ...
Publié le : jeudi 19 mai 2011
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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843 Tome 3 page 344 à 345
BAYLE (Gaspard-Laurent)
BAYLE (Gaspard-Laurent), l’un des médecins les plus distingués qui aient paru en France depuis le renouvellement de l’école de médecine, naquit au Vernet, village des montagnes de la Provence, le 18 août 1774. Les principes de dévotion dans lesquels ses parents l’avaient élevé lui inspirèrent d’abord le désir de se consacrer à l’état ecclésiastique mais au moment où les ordres allaient lui être conférés, il craignit de ne point être assez parfait pour remplir les devoirs imposés aux prêtres, et se décida pour la profession d’avocat. Quoiqu’il n’eût encore que dix-neuf ans, ses concitoyens, dont il avait su se concilier l’estime, le nommèrent secrétaire de l’administration du district de Digne. Ce fut en cette qualité que, quand Barras et Fréron parurent dans le Midi, envoyés par la convention nationale, Bayle, chargé de les haranguer au nom de la ville de Digne, eut la noble hardiesse de leur dire qu’ils venaient sans doute pour rétablir l’ordre et la justice dans les campagnes, et que les félicitations devant être le prix des services rendus, on attendrait, pour leur en décerner, qu’ils eussent accompli ce dont on les supposait chargés. Le lendemain, ses parents alarmés le firent partir pour Montpellier, et c’est ainsi qu’il se trouva conduit par hasard à étudier la médecine. Ses cours terminés, il alla aux armées, revint à Paris en 1798, et s’y fit recevoir docteur en 1801. Six ans après il obtint la place de médecin de la Charité, puis celle de médecin par quartier de l’empereur Napoléon, et partit en cette qualité pour l’Espagne. De retour en France, il se livra assidûment à la pratique, conservant toujours une tournure simple, qui contrastait avec sa pénétration extraordinaire et sa profonde connaissance des hommes. Il paraissait peu sensible, parce que de bonne heure il avait pris l’habitude de réprimer en lui l’élan de toutes les passions. Une mort prématurée mit fin à sa carrière, le 11 mai 1816. Il était membre de la société royale de médecine de Paris, et associé de celle de Montpellier. Observateur excellent, Bayle fut un de ceux qui apprécièrent le mieux l’importance de l’anatomie pathologique, aux progrès de laquelle il a puissamment contribué, en marchant avec éclat sur les traces de Morgagni. On peut lui reprocher de n’avoir pas mis assez d’attention à observer les causes des maladies et la dépendance mutuelle qui lie les affections morbides les unes avec les autres ; mais, à part ce défaut, il n’est aucune de ses productions qui ne mérite d’être lue et méditée avec attention. Les observations qu’on y trouve consignées sont surtout remarquables par l’extrême exactitude qu’il a mise dans la description des maladies. On y rencontre presque à chaque pas des vues profondes, dont plusieurs sont devenues depuis en quelque sorte vulgaires, mais qu’il a émises le premier. Outre divers articles remarquables insérés dans un des journaux de médecine de Paris et dans leDictionnaire des sciences médicales, il a publié : e 1Considérations sur la nosologie, la médecine d’observation et la médecine pratique, suivies de l’histoire d’une maladie gangreneuse non décrite jusqu’à ce jour, Paris, 1802, in-8°. Cette maladie est la pustule maligne, qui n’avait point encore été décrite avec soin, et dont Bayle a tracé une excellente monographie. e 2Recherches sur la phthisie pulmonaire, Paris, 1810, in-8°. Cet ouvrage, riche de faits, est une production du premier ordre, qui a établi la réputation de l’auteur sur des fondements solides. Une critique sévère peut y relever des imperfections, des erreurs, même quelques fautes graves, elle peut surtout se plaindre du laconisme avec lequel est traité tout ce qui concerne les indications curatives ; mais elle doit convenir aussi que nulle part on n’a mieux décrit les traces cadavériques des maladies, ni mieux fait [1] connaître leurs connexions avec les symptômes capables d’en révéler l’existence pendant la vie des malades (1). J-D-N.
1. ↑(1) Bayle s’était occupé depuis longtemps de rassembler les matériaux d’an grand ouvrage sur les maladies cancéreuses qui doit, dit-on, être publié par son neveu, M. le docteur Bayle. D-R-E.
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