Biographie universelle ancienne et moderne/BOISTE (Pierre-Claude-Victoire)

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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843Tome 4 page 606 à 607BOISTE (Pierre-Claude-Victoire)BOISTE (Pierre-Claude-Victoire),né à Paris en 1765, et mort a Ivry-sur-Seine, le 24 avril avait depuis longtemps altéré sa santé parses immenses travaux, malgré la vie paisible et régulière qu’il menait. C’était un homme laborieux et consciencieux, mais de peu degoût et de jugement. Ses lectures prodigieusement étendues, quant au nombre de volumes, n’avaient pas été soumises à un contrôleassez sévère, surtout n’avaient jamais été suffisamment classées dans sa tête. Son style est souvent peu net et quelquefois trivial. Ona de lui :e1 (en collaboration avec Bastien) Dictionnaire universel de la langue française, 1800, in-8° ; 2e édit., vol. in-8° ; 3e, 1808 ; 4e, 1812,in-4° oblong, et 2 vol. in-8° ; 5e, 1819, in-4° oblong, et 2 vol. nî-8° ; 6e, Verdière, 1825, in-4°, où 2 vol. in-8° ; 7e édit., 1854, in-4°. Cegrand ouvrage est sous quelques rapports un des meilleurs que nous ayons dans notre langue. Ses définitions ne manquent pointd’exactitude ; ses exemples éclairent et prouvent, ses autorités sont bien choisies : il épuisé les sens divers dû même mot, et souventles échelonne, lès gradue avec bonheur. En revanche on lui a reproché, outre des omissions réelles et quelques fautes qui sont lecontraire des qualités générales spécifiées ci-dessus, la multiplicité des abréviations et des signes presque hiéroglyphiques quirendent difficile l’usage de son ...
Publié le : jeudi 19 mai 2011
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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843 Tome 4 page 606 à 607
BOISTE (Pierre-Claude-Victoire)
BOISTE (Pierre-Claude-Victoire),né à Paris en 1765, et mort a Ivry-sur-Seine, le 24 avril avait depuis longtemps altéré sa santé par ses immenses travaux, malgré la vie paisible et régulière qu’il menait. C’était un homme laborieux et consciencieux, mais de peu de goût et de jugement. Ses lectures prodigieusement étendues, quant au nombre de volumes, n’avaient pas été soumises à un contrôle assez sévère, surtout n’avaient jamais été suffisamment classées dans sa tête. Son style est souvent peu net et quelquefois trivial. On a de lui : e 1 (encollaboration avec Bastien) Dictionnaire universel de la langue française, 1800, in-8° ; 2e édit., vol. in-8° ; 3e, 1808 ; 4e, 1812, in-4° oblong, et 2 vol. in-8° ; 5e, 1819, in-4° oblong, et 2 vol. nî-8° ; 6e, Verdière, 1825, in-4°, où 2 vol. in-8° ; 7e édit., 1854, in-4°. Ce grand ouvrage est sous quelques rapports un des meilleurs que nous ayons dans notre langue. Ses définitions ne manquent point d’exactitude ; ses exemples éclairent et prouvent, ses autorités sont bien choisies : il épuisé les sens divers dû même mot, et souvent les échelonne, lès gradue avec bonheur. En revanche on lui a reproché, outre des omissions réelles et quelques fautes qui sont le contraire des qualités générales spécifiées ci-dessus, la multiplicité des abréviations et des signes presque hiéroglyphiques qui rendent difficile l’usage de son livre, la négligence avec laquelle il a glissé sur la prononciation, l’idée bizarre qu’il a eue de ne pas admettre dans le corps de l’ouvrage, et en conséquence de rejeter à la fin, sous la forme d’un lexique particulier, une foule de mots scientifiques de jour en jour plus familiers, et qui d’ailleurs ont tout autant la physionomie française que parallélipipède, hypothénuse [1] et sphéroïde (1)Mais les tables d’homonymes et de paronymes, le recueil de synonymes avec les sens et les nuances de chacun d’eux, les dictionnaires de noms propres historiques, mythologiques, géographiques et autres, le dictionnaire de rimes, le tableau synoptique de grammaire française, tous ces appendices fort considérables, joints au corps de l’ouvrage, sont autant de services rendus à toutes les classes de lecteurs ; et il est certain que jusqu’à ce que l’on ait fait mieux, l’ouvrage de Boiste sera le vrai manuel de la langue française. On raconte à propos de la deuxième édition de ce Dictionnaire, imprimée en 1803, une anecdote assez curieuse. A côté de chaque mot sujet d’un article, l’auteur plaçait une autorité : il se trouva qu’à la suite du mot SPOLIATEUR était écrit Bonaparte. La police eut vent de cette inadvertance ou de cette malice ; on exigea de l’auteur un carton, et Frédéric le Grand remplaça Bonaparte. e 2 NouveauxPrincipes de grammaire, suivis de noies grammaticales élémentaires, de solutions de questions et difficultés grammaticales d’après ces principes, de réflexions sur la génération des idées, sur le langage et l’harmonie, avec un appendice sur la philosophie et une lettre sur la critique, Paris, 1820, I vol. in-8°. e 3 Dictionnairedes belles-lettres, contenant les éléments de la littérature théorique et pratique appuyés d’extraits raisonnés des écrits didactiques d’Aristote, de Cicéron, d’Horace, de MM. de Barante, Lefebure, Guizot, etc., Paris, 1821-24, in-8°, 5 vol. (on en promettait 10). Cet ouvrage, avec les deux précédents, devait, selon les idées de Boiste, former un Art d’écrire et de parler français ; et ces mots se retrouvent effectivement comme faux-titre sur le premier recto de chacun des trois. e 4 Dictionnairede géographie universelle, ancienne et moderne, comparée, rédigé sur le plan de Vosgien, Paris, 1806, vol. in-8°, avec un atlas de 51 cartes coloriées. e 5 L’Univers,poëme en prose et en douze chants, publié sous le voile de l’anonyme, Paris, an 9 (1801) ; 2e édit., 1802, 2 vol. in-8° ; 5e édit., 1805 ; puis reproduit sous le titre de l’Univers délivré, narration épique en 25 livres, 1809, in-8°, fig. Ce poëme prétendu est accompagné de notes et observations tant sur le système de Newton que sur la théorie physique de la terre, Boiste se proposait d’y combattre certaines théories cosmogoniques et métaphysiques, fausses selon lui. Malheureusement il raisonnait physique comme un poète, et maniait la langue poétique comme un physicien. On est demeuré d’accord que son Univers était le chaos ; et, s’il est vrai que ce poëme en prose ait eu quatre éditions réelles, on peut tenir pour certain qu’il n’en aura pas une cinquième. VAL. P.
1. ↑ (1)En récompense Boiste affectionnait des mots qui ne sont pas encore admis dans notre langue, tels que étroitesse, vastitude, littorurer, etc. On connaît le paradoxe qu’il à mis en avanl dans son article APOLOGUE et qu’il a défendu contre les critiques dans son article FABLE : il prétend que les fables de la Fontaine sont immorales et dangereuses, et, pour justifier cette étrange accusation, il rapporte ces vers si connus :
La raison du plus fort est toujours la meilleure.
Ce droit, vous le savez, c’est le droit du plus fort. D-R-R..
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