ENTREVUE AVEC SOLENE DUMORTIER 28 FEVRIER 2009 PAR NATHALIE ALLAIN ...

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ENTREVUE AVEC SOLENE DUMORTIER 28 FEVRIER 2009 PAR NATHALIE ALLAIN ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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ENTREVUE AVEC SOLENE DUMORTIER
28 FEVRIER 2009 PAR NATHALIE ALLAIN
LRDJ : Bonjour Solène et bienvenue à LRDJ ! Et ne prends pas mal ma première question : tu as déjà pensé
à aller chez le coiffeur ces dernières années ?
SD : J'y pense mais c'est difficile de franchir le cap. Ces dreads sont un bout de moi. On s' attache à ces
petites choses, c'est comme le doudou qu'on traine depuis l'enfance...
LRDJ : Solène, tu n'es pas du coin...
SD : Je suis une picarde ! Une des régions françaises en voie de disparition !
LRDJ : Tu veux dire qu'il y a réellement une identité picarde ?
SD : Mais oui ! : l'accent (ba ouais hein gamin!), les betteraves, les chips Vico, les « VRP », les « Fatals
Picards... » !
LRDJ : Comment es-tu arrivée à Melle ?
SD : En fait, j'ai fait des études d'animation socio-culturelle dans le bordelais. Je me suis spécialisée dans le
développement local durable en Dordogne. J'ai atterri à Melle dans le cadre de mon stage de fin d'études à
l'association « Accueil Paysan ». Mes diplômes me permettent de faire de l'accompagnement de projets. Je
ne connaissais pas les deux-Sèvres avant de débarquer ici... Et puis, j'ai rencontré un amoureux et du
coup...
LRDJ : Du coup tu es enchaînée au 79 à cause de ton prince charmant ?
SD : Pas vraiment. J'ai toujours bougé dans toute la France et je continue. Je pars pour un stage de 3
semaines dans une ferme bio du Calvados. Je vais participer aux activités de la ferme et partager des
moments de vie avec des petits bouts d'humains.
LRDJ : Ce genre d'expérience est important pour toi ?
SD : Absolument ! Cela favorise les échanges d'idées et les réflexions sur nos modes de vie. Et même au-
delà des réflexions, il s'agit d'échanger des pratiques.
LRDJ : Ca te permet d'avancer ?
SD : Oui. Ca me permet de continuer à réfléchir sur un mode de vie pour le rendre plus cohérent compte
tenu des enjeux actuels liés à l'économie, l'environnement... Puis, c'est aussi continuer à me former dans
l'optique pourquoi pas de m'installer, de créer une structure qui ferait le lien entre activité agricole et
animation.
LRDJ : Penses-tu que la société soit réceptive à ta problématique ?
SD : Ca dépend de quel milieu on parle. On est parfois étiqueter « écolo de base ». Mais, en discutant en
profondeur avec les autres (qui viennent tout de même d'un milieu sensibilisé), on se rend compte que
beaucoup y sont sensibles même si ils ne le revendiquent pas et peuvent se montrer réticents. C'est le cas
notamment au Boulevard.
LRDJ : Penses-tu que le Café du Boulevard soit un lieu propice aux échanges polémiques mais respectueux
?
SD : Oui, même si les échanges ne sont pas conflictuels, les points de vue sont nuancés.
LRDJ : Comment as-tu vécu ton intégration dans la vie locale ?
SD : Ca a été plutôt facile parce que je suis arrivée tout de suite dans un réseau associatif ce qui m'a permis
de rencontrer rapidement des personnes avec qui je partageais des convictions. Et puis le Café du
Boulevard est un sacré carrefour de
rencontre: même quand on y vient seul, on n'y reste pas seul très longtemps. Les gens vont vers les autres
assez facilement.
LRDJ : Et la place de la culture et de la musique dans tout ça ?
SD : Pour moi, la musique : c'est la fête. A travers ma formation (option Art, Culture et
Médiation), j'ai été confrontée à une vision assez show-business de la musique et de l'art. Or, ce que j'aime
dans l'art et la culture en général, c'est l'humanité. L'art ne doit pas être commercial mais juste un moyen de
vivre, humblement.
LRDJ : Une fête bien réussie, c'est quoi pour toi ?
SD : C'est partager de bons moments, danser, chanter, boire des coups (bière bio locale de préférence!).
LRDJ : Pourquoi as-tu choisi d'adhérer à LRDJ ?
SD : Parce que je fricote avec l'ancien trésorier... Du coup, j'ai commencé à m'investir de façon ponctuelle
en faisant des intermèdes musicaux avec mon accordéon diatonique aux Nuits Romanes et à la Fête du
Parc; j'ai donné quelques coups de main pour les installations, les buvettes. J'ai eu envie de formaliser tout
ça.
LRDJ : Qu'as-tu envie de faire avec LRDJ ? Fricoter avec tout le CA ?
SD : (rires) Adhérer, c'est un engagement. Mais, comme je bouge beaucoup, tout cela sera assez ponctuel.
J'ai pas envie de participer aux décisions du CA, j'ai juste envie de participer à mon niveau au projet
associatif de LRDJ, de vivre des moments de convivialité, de participer à la vie locale.
LRDJ : Qu'est-ce que tu attends d'un artiste ?
SD : De ressentir les émotions qu'il peut créer, que l'art soit un espace d'expression. J'aime bien les artistes
qui parlent de quotidien, de relations entre humains, de rapport à la société. J'aime bien la musique
traditionnelle du monde (France, pays de l'est, flamenco...) pour cela : c'est une musique populaire, souvent
festive qui exprime le vécu de peuples. J'aime aussi le blues, la chanson française...
LRDJ : Pour toi, une chanson, c'est avant tout des paroles...
SD : Au-delà des paroles, musicalement c'est dans l'intensité, le rythme, les sonorités... qu'il y a expression
sans pour autant que ce soit concret.
LRDJ : Et tu as choisi l'accordéon diatonique...
SD : J'aimais bien cet instrument, le fait que ce soit justement un instrument populaire, un instrument de
transmission orale qui se pratique dans la fête et qui ne demande pas la pratique du solfège. Mais c'est un
instrument limité au niveau des tonalités. Donc, je suis en train de me mettre à l'accordéon chromatique.
LRDJ : Tu joues avec d'autres personnes.
SD : Oui, ce qui compte c'est l'apprentissage et les échanges avec d'autres.
LRDJ : En plus du trad, tu échanges avec « Groupe électrogène » de Laurent Perrin.
SD : Oui, le groupe cherchait un accordéon diatonique... Mais comme c'est un instrument limité : on
bidouille. Et puis, pour pouvoir élargir ma participation au groupe, je m'essaye aussi au chromatique. C'est
des moments sympas avec les textes poétiques et drôles de Laurent. Ils ne se prennent pas au trop au
sérieux, mais ils ont envie de faire de la qualité donc j'ai du boulot !
LRDJ : Ca t'apporte quoi de passer de l'autre côté et d'être sur scène ?
SD : Ca a un côté valorisant. Quand tu joues, tu participes. Par exemple, pour la Nuit Romane de St-Hilaire,
on a fait danser des gens. Et ils étaient heureux de danser ! Procurer du bonheur aux gens, c'est ça qui est
valorisant.
LRDJ : Et pour conclure ?
SD : J'espère que je vais rester dans cette petite ville rurale qui bouge bien , avec ce fort tissu associatif.
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