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Partition complète, Thétis et Pélée, Tragédie en musique en cinq actes et un prologue

De
311 pages
Retrouvez la partition de Thétis et Pélée partition complète, tragédies en musique, fruit du travail de Collasse, Pascal. Cette partition baroque célèbre écrite pour les instruments suivants:
  • solistes vocaux
  • chœur
  • orchestre

Cette partition est constituée de différents mouvements: Prologue, 5 Acts et l'on retrouve ce genre de musique classée dans les genres partitions pour voix, langue française, opéras, partitions chœur mixte, partitions pour orchestre, tragédies en musique, pour voix, chœur mixte, orchestre, Stage travaux, pour voix et chœur avec orchestre
Retrouvez dans le même temps tout une collection de musique pour orchestre, solistes vocaux, chœur sur YouScribe, dans la catégorie Partitions de musique baroque.
Edition: Paris: Théodore Michaelis, n. d. (ca. 1881). Plate T. M. 918.
Libbretiste: Bernard le Bovier Fontenelle (1657-1757)
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DE L'OPERA FRANÇAISCHEFS-D'ŒUVRE CLASSIQUES
TRAGEDIE EN MUSIQUE EN 5 ACTES ^UN PROLOGUE
b
6
I(sj]réseniéspur la i'^'fois à ïkaûéme Rojak âeMusiquekUJamkr IIB m
RECONSTITUÉE ET RÉDUITE POUR PIAN ET CHANT
'APAR Louis 50UMIS
[[hef de Chanlde l'Opéra- Comique
EditioR conforme aux Manuscrits etàrF.dilionde 1689
15^PRIX: NET
»
rflgence, mlernalionale âe.^ Meurs, Compositeurs et Ecrivainsà
'^^>^^°^-^--g^*g- #»^'?-#-?'>,-g^-^-;^<iTHÉODORE MICHAELIS.EDITEUR
Pans.fmr f^UBEL.r. Rodier, 53PARIS -45 « RUEDEMAUBEUGE ^S +7 PARIS
BROUDE BROTHERS
MJSIC
66 W. 45th iT., N. Y. 19CHEFS-D'ŒUVRE CLASSIQUES
FRANÇAISL'OPÉRA
LULLY, CAMPRA
RAMEAU, SALIERI, GRÉTRY, etc.PICCINNI,
PELÉETHÉTIS (k
DE COLLASSE
INTRODUCTION
Tremble, malheureux plagiaire,
C'est l'ombre de Lully qui paraît à les yeux ;
Je viens revendiquer les vols audacieux
Que tu m'as osé faire.
C'est ainsi que Collasse, l'auteur de Tkctis el Pelée, est présenté à
l'Histoire par un poète; celui-ci a parlé et THistoire l'a cru sur parole.
Mais ce qui diminue singulièrement l'accusation, c'est que l'accusateur
s'appelle Jean-Baptiste Rousseau, c'est que même dansce Rousseau,
l'année où il écrivait ce dialogue d'une critique sanglante, intitulé
VOmbre de Lully, et dont nous avons quatre vers, avait asseztiré ces
estimé intituléele plagiaire Collasse pour faire avec lui une tragédie
Jason ou la Toison-d'Or, qui avait été janvier 1696.jouée le 6
Ce que Rousseau a bien garde de dire, c'est que son poëme élait
tombé à plat. était tout naturel, d'épi-Il avec force accompagnement
grammes, d'accuser le musicien de cette chute, d'autant plus que celui-ci,
abandonnant son collaborateur, avait après, mêmefait jouer trois mois au
(!"théâtre, avec l'abbé Pic, la Naissance de Vénus mai 1696). Vives que-
relles, récriminations avaient immédiatement suivi l'insuccès de Jason,
et à partir de ce jour, l'irritable poète, poussé par un sentiment abso-
lument étranger à la musique, n'avait cessé larder le musicien de sesde
traits les plus acéré?. En voici un autre échantillon :
527272f]tiiToi places inipudonimcnt
I.G froid Pic au haut du Parnasse,
P.;i<ses-tu, pour ton châtiment,
Admirer les îiirs de Collasse.
Cette épigra,mmQ est datée du lendemain de la représentation de la
Naissance de Vénus. On sait du reste que J.-B. Rousseau ne fut heureux
ni avec lf>s musiciens, ni avec les poètes. Ne sont-ce pas ses couplets
faitcontre Danchet qui Font si sévèrement exiler?
témoignageVoilà donc le du grand Jean-Baptiste Rousseau abso-
lument récusé dans ce petit procès musical. La vérité est moins lyrique
facile prouveret plus à en simple prose. Paschal Colasse ou Collasse,
iiaiinità Reims le 22 janvier 1649. C'est Jal qui, dans son Dictionnaire
critique, donne ci'tle date d'après des documents authentiques. II fit son
éducalion musicale à la maîtrise de Saint-Paul comme enfant de chœur,
tonuina au collège de Navarre.et la
En 1077, LuUi, qui avait conservé pour batteur démesure Lalouette,
avait pris en amitiérenvoya celui-ci. 11 le jeune Collasse, etlui faisait faire
les remplis-ages de son orchestre; toujours fécond et par conséquent
pressé, lu maître se contentait généralement d'écrire le chant et la bisse
Collasse réalisait cette basse et complétaitchiffrée. les parties intermé-
diaires d'instruments et de chœurs. Après le départ de Lalouette, Lully
mieux faire que de mettre sonne pouvait donc secrétaire musical à la
tète de son orchestre.
Collasse fut nommé une des quatreEn 1 083, à places de maîtres de la
musique de la chapelle du roi. On sait que ces places étaient données au
comme dit le Mercure, ceux quiconcours et que, aspiraient étaienty
enfermés pour composer. En 1696, le fameux Lambert mourait et laissait
maître de musique de la chambre.libre la charge de Collasse prit la
succession de Lambert, et paya dix mille livres à ses héritiers; le roi lui
en avait assuré 6,000.
Lully était mort, laissant comme Alexandre un puissant empire à
partager entre ses enfants, qui ne pouvaient le gouverner. En 1696,
Lambert mourait à son tour et avec ces deux hommes disparaissaient les
deux grandes gloires musicales du siècle de Louis XIV. Ce fut donc à
qu'échut la lourde de succéder à ces 4eux maîtres, aussiCollasse charge
catte haute situation dut-elle attirer un grand nombre d'ennemis à notre
compositeur.
n'était seulement l'école de Lully, comme le furentCollasse pas de
ji,isqu'à Rameau les successeurs du maître et même un peu Ramea i li i-ilété àsonccoh^; s'était assimi'é son slvlo^ sa turme etmême, il avait
pouvoir compléterau point de l'esquisse à peine indiquée parsa pensée,
les imitaleurs, ce fut lui qui écrivit Ldlij avec leFlorentin. De tous lele
cette musique venait sous saplun.e, il la reproduisaitplus de fidélité;
une conséquence fatale communion d'idéesnaturellement, c'était de sa
maître; et comment aurait-il évité des ressemblances puisqueavec le
malgré l'introduction de la musique italienne, destrente ans plus tard,
d'un talent supérieur au sien, comme Campra, subissaientcompositeurs
influence? De là au plagiat, loin, maisencore cette souveraine il ay
trop facile pour qu'elle ne fût pas lancée contre unl'accusation était
était enviable. joursdont la situation N'a-t-on pas vu do nosmusicien
avait nom Halévy avoir de-fcndre contre deun grand maître qui à se
semblables calomnies?
chargé de compléler, de lermincr et de mettre ù la scèiioCollasse fut
les opéras posthumes de son maître; il sai-it avec empressement l'occa-
ennemis, lorsqu'il fitjouer les Salons etsion de répondre à ses en 1095,
la Naissance de VénusWniicc suivante. \''oici ce qu'd dit dans la préface
:de la partition des Saisons
delà musique de ce ballet n'a pasjugé à propos de raeslera L'auilieur
la musique qui est de feu M. de Lully avec la sienne. 11 reconnaist avec
aJudralion que tout ce qui est de cet excellent homme ne doit souffrir
publicaucun meslange et que si le a trouvé supportable ce qui est de sa
représentations qu'on eu a faites, c'est n'acomposition, dans les que l'on
pas eu le temps d'en connoislre la différence dans le jeu comme sur le
meslange déplairaitpapier. Il a sceu que ( e à la famille de M. de Lully, à
laquelle.il est fort aise de donner, dans toutes occasions se présen-les qui
teront, toutes les marques d'estime et de respect qu'il a pour la mémoire
homme incomparable ».de cet
Les -Suwo/w eurent un grand succès et, agrémentées d'airs de ballet
ajoutés par Campra, elles furent reprises plusieurs fois, particulièrement
en 1712 et 1722.
fut moins avec la Naissance Je Vénus qu'avec lesCollasse heureux
Saiso}is. Cet ouvrage fit éi'laterla guerre entre le musicien etJean-Baptiste
Rousseau, mais les quelques lignes unqui le précèdent sont encore
argument en faveur du compositeur. Ce court averlissemenl signale en
ces termes les morceaux empruntés loyalement à Lully :par l'auteur
« j\Iémoire do ce que l'on a pris des vieils ouvrages de symphonie do feu
?*1"J.-B. Lully, S. D. R., pour ajouter a. la. Naissance Je Vc/u/s, le sieurque
Collasse, maître de musique de la c'^apelle du Roy, a mis en musique.
» L'auteur a été obligé de mettre ce mémoire faire voir qu'il n'pour i— —4
treizeemprunlé que morceaux de symphonie de M. de Lully, dont l'on a
voulufaire qu'ilse soit servy, pour l'embellissement de cette ouvrage;mais
comme il ne lui a pas été permis de les contentéfaire imprimer, il s'est
seulement de marquer les premières mesures de chaque air ». On le voit,
Collasse était surveillé de près; s'il avait tenté souve-été d'abuser de ses
nirs, on lui eût certainement imposé de force la probité.
La partition de Thélis et Pelée fut écrite par Collasse seul et sans inter-
calation de musique de Lully, son succès fut le premier qui suivit la mort
grand homme, dont Acis et Galalhée avaitdu été la dernière œuvre.
Achille et Polyxène, joué l'année même de sa mort, en l(i87, avait peu
réussi; premier acte seulement était de Jean-Baptiste,le le reste de
Collasse; Zéphijre et Floi-e, de Louis et Jean-Louis de Lully, était tombé
plat. fallait donc un succès pour conso'er l'école mortà Il Lulliste de la
du maître et celui de T/iétis et Pelée hit éclatant. Le prologue était une
allégorie du duc de Bourgogne. Voici dans termes leflatteuse quels
Mercure de janvier 1089 annonça la première représentation de cet opéra,
à Paris, le H janvier. Je fais grâce au lecteurdu compte-rendu détaillé de
de Fontenelle pompeux élogela tragédie et du de ce dernier, pour arriver
aux quelques lignes que le rédacteurdaigne accorder à la musique. «...La
est de Collasse, l'unmusique M. des quatre maîtres de musique de Sa
Majesté. Les habiles connaisseurs assurent que les endroits quidemandent
musique dans cet opéraune belle sont si bien poussés qu'il est impossible
de faire mieux, le reste est traité comme il doit l'être dans les ouvrages
cette nature il serait assez difficile faire autrement.de et de Pour sa sym-
phonie, elle me paraît extrêmement applaudie par tous ceux qui jugent
de bonne foi et sans préuccapation ». L'éloge semble maigre, il est vrai,
mais c'est là tout ce que l'enthousiasme inspirait alors aux critiques
musicaux de l'époque.
L'année suivante, Thélis et Pelée était encore en pleine vogue et à ce
Mercure fèviier 1689 nous donnesujet le de un renseignement curieux :
« Le ballet dont je vous ai fait la description le mois de mai passé (ballet
qui avait été préparéde Flore), et pour le retour de Monseigneur, a été
jouédeux foischaque semaineàTrianon pendant toutle Carnaval et l'opéra
et été joué avecde Thélis Pelée a les habits. Je dis avec les habits, parcey
que les opéras qui ont été faits pour Paris ne sont ordinairement repré-
lasentés qu'en concerta Cour. Monseigneur était venu voir plusieurs fois
cet opéra, mais le Roi et M'°° la Dauphine ne l'avaient pas encore vu et
qu'ils donnèrent furent remarqués tout leles applaudissements dey
monde. Sa Majesté choisit les scènes qui lui plurent davantage pour être—— 5
concerts qui se funt à Versailles les jours d'appar-chantées dans les
tement ».
L'accueil faità la partition de Collasse fut donc des plus brillants et les
lui-même ne l'éclipsèrent puisqu'onsuccès de Campra et de Rameau pas,
1 750 la dernière reprise de Théds et Pelée eut encore un réel succès. Cet
opéra, qui fut créé par Marthe Le Rochois, Dumesny et la demoiselle
eut pour interprètesdans la suite les meilleurs artistes de l'Acadé-Moreau,
mie royale. A la reprise de 1699, c'était la Desmâtins qui chantait Thétis,
la Maupin Cidippe; M"° Antier représentait la Nuit, Thèvenarden 1712,
Neptune. Onze ans plus tard, M"' Antier abandonnait son rôle pour
prendre celui Eremans quiplus important de Thétis. En 1736, c'était M""
interprétait l'air gracieux la Nuit, que M"° Antier chantait lade peadant
Neptune.partiede Thétis; Jelyotte jouait Pelée,Dun,Jupiter et Thèvenard,
EnOn, à la dernière reprise distribuée:de 1730, la pièce était ainsi
Thétis, la demoiselle Chevalier; Pelée, .lelyolte; Jupiler, Le Page;
Neptune, Chassé.
Pour plusieurs de onces reprises et particuHérement celle de 1708,
rajeunit la partition de Collasse avec airs nous indi-des nouveaux que
querons plus loin.
Les deuxscènes principales de l'œuvre, celles dans lesquelles Collasse
semble montrer un talent personnel, Destin.sont la Tempête et l'acte du
Cette tempête est non seulement une page curieuse, maisinstrumentale
elle aie mérite d'être habilement desliée à l'action et au mouvement
personnages. On a toujours beaucoup Marais dansparlé de celle de
Alcyone, il me semble rien et enque celle de Thûtis et Pelée ne lui cède en
est le premier modèle. Beaucoup tempêtes deplus développée que les
LuUy, elle sert pour ainsi dire d'accompagnement à un beau récitatif de
Neptune. Comme le fit tambourplus tard Marais^ Collasse a employé le
dans ce morceau, à cette différence près le mettre dansqu'au lieu de
l'orcJiestre comme son imitateur, il le fit entendre de la coulisse.
Le chœur et avecla Marche des Prêtres du Destin, au troisième acte,
son solo de basse, a un remarquable grandiose etcaractère de pompe
sévère.
Ces pages sont des tableaux d'ensemble, mais si nous en venons aux
détails, nous trouverons reb;ver.de nombreux passages remarquables à
Dans le prologue, les tempscouplets de la Nuit et un rondeau en 3
rappellent(p. 15) les meilleures pages de Lully. Au premier acte, le
chœur des Divinités de la mer duo dedevait être d'un grjud eiïot et le— —(j
Thétis et Pelée qui sert de linal est plein de grâce et d!élé-(p. 84)
gance.
Le second acte débute par un très beau récit de Thétis : « tristes hon-
neurs en 7}ii mineur, et plus loin)), un duo de Jupiter et Pelée d'un tour
assez original, dut plaire beaucoup dans sa nouveauté. Nous avons signalé
plus haut la tempête qui termine cet acte.
Le troisième est rempli, comme nous Pavons dit, par des prêtres du
Destin, mais nous ne devons pas omettre scène de73) une très belle(p.
Pelée, dans laquelle le mélange de la mélodie et du récit fournit au
compositeur puissants moyensde d'expression.
Il en est de même pour la scène de Thétis, qui ouvre le quatrième. Un
bon qui vigueur, sansduo avec Pelée, et un trio des Euménides a de la
atteindre cependant à la puissance de Lully, complètent cet acte. La page
la plus remarquable du cinquième est, à notre aus, le trio dans lequel
Thétis, Mercure et Doris implorent la clémence de Ju[>iter.
Le ballet fut un des plus partition, quelquefoisgrands succès de la
on le joua séparément suivant la coutume de l'époque. Il représentait
tous les peuples du monde venant hommage à la beauté derendre
Thétis sur l'ordre de Jupiter. Le pas des Perses 128), coupé par le(p.
cliœ ir et les strophes de suli, a d'élégance et de facilité; lebeaucoup
chœur slyle vigoureux,des quatre peuples 139) est écrit dans un(p.
ferme et sonore. Mais le morceau principal de ballet est une belle
chaconne, bien écrite et bien développée.
Au point de vue des voix, la musique de Thétis et Vélée est d'une
un ténortessitura généralement très élevée, et le rôle de Pelée exigeait à
la voix haute, sonore et claire.
Telle meilleureest du moins notre opinion, après lecture faite de la,
œuvre de Collasse. Les péripéties poème de Fontenelle sont intéres-du
santes au moins l'être les tragédies lyriques de ceautant que pouvaient
tenirtemps. La musique, sans faire oublier Lully, loin de là, pouvait
honorablement maître.sa place à côté des bonnes œuvres du
parti-M. de Lajarte, dans son excellent catalogue, a donné l'état des
tions de Thétis l'Opéra. Voici celleset Pelée que possède la Bibliothèque de
qui se trouvent à :la Bibliothèque Nationale
—Partition d'orchestre. Paris. Ballard, 1689. In-f".
Seconde é Jition.— avec la basse et deux parties de dessus.Réduite
In-f". Ballard, 17!0.
Une partie de dessus 10-4° oblong.
11 in-folio là tem-est bon de remarquer partitions ,que dans lesdeux
pête est gravée l'ouvrage. Elle porteet non imprimée comme le reste de-,à sa première page cette indication d'orchestre c On entend ici une tem-
pête on se sert d'an tambour, pour imiter le bruit des vents et des
; flots,
en frappant doucement quand le dessus est bas et fort quand il est
».haut
De plus, Bibliothèquela possède un in i' oblong intitulé : Airs nou-
veaux de la composition de MM. Campra et Battistin [Stiick), chantés par
Mesdemoiselles Poussin et Dun, pendant les représentations «de Thétis et
Pelée j>, nos. L'air de Campra « liégnez, régnez, belle Thétis », était
intercalé au premier acte, celui de « Trompettes éclatantes» prenait place
au second, enfin un troisième air « piqué » trouvaitgay et se au cin-
quième. L'air de Battistin est un morceau italien avec accompagnement
de trompettes. ritournelle hautboisLa de trompettes et est curieuse.
Outre ces quatre airs, on trouve encore une ariette de Campra ajoutée
à T/iétis et Pelée o Recueil d'airsdans sérieux et à boire de différents
auteurs (août 1708). Cet air de facture « Quittez, quittez le reste de la
terre » avait été écrit pour M"' Dun.
reste, liste des œuvres de Collasse dansVoici, du la contenues les col-
leciions de la Bibliothèque Nationale :
Achille Polyxcne (avec Lully).et
2""Thétis et Pelée [V et éditions).
Enée et Lavinie.
Astrée (avec Lafontaine). Riche reliure aux armes de la famille
de celle du musicien).Lambert. (Différente
Le Ballet de Villeneuve Saint-Geor<jes.
2"""etLe Ballet des Saisons (l" éditions).
Jason ou la Toison d'or.
Ncissancé^jle Yénus.La
Polyxène et Pyrrhus.
spirituels, In-4«, 1695.Cantiques
cette liste il faut ajouter une nouvelle copie de l'ouverture d'EnéeA
symphonies et cinq airs de Torino,et Lavinie, dans un recueil de
Bononcini, Luigi intercalés dans les Saisons et publiés dans leRebel et
(_Mars, avriltrès curieux recueil d'airs que nous avons cité plus haut. et
3Iercure de juillet 1688mai 1700. Juillet et octobre 1707). De plus, le
Monseigneur le Dau-signale un ballet écrit par Collasse en l'honneur de
Livry. dit-il, est dephin et joué à LÏM'y, chez M. de «La musique,
M. Collasse, l'un des quatre maîtres de musique de la chapelle du roi.
digne d'une telleVous devez être persuadé qu'unhomme qui a été jugé
rien faire bien. »cliarge ne saurait que deFétis signale, de plus, à la Bibliothèque l'Arsenal, une pastoralede de
intitulée Amaryllis; un1689, divertissement pour l'hôtel de Conti,
rAmour et PHymen, un ballet écrit Jésuites, et un autre dans lapour les
collection Philidor, au Conservatoire.
Au résumé, sans compter parmi grands maîtres de l'Ecole fran-les
çaise, Collasfe a droit à une place plus honorable que celle qui lui a été
faite jusqu'ici. Ecrasé entre Lulli et Campra, il ne pouvait que souffrir
d'un voisinage aussi célèbre et son nom s'est perdu dans la gloire du
compositeur qui l'a précédé et de celui qui l'a suivi. Il n'en est pas moins
partitionvrai qu'il occupa l'interrègne des deux maîtres et que sa de
Thétis et Pelée, qui resta soixante-cinq ans répertoire, compte parmiau
victimeles plus célèbres de l'École qui a précédé Rameau. Collasse a été de
mille épigrammes cruelles, mais on sait qu'en musique surtout, l'esprit
ne prouve rien.
Collasse, protégé par Monseigneur, occupant des charges importantes,
jouissait de larges pensions; nature aventureuse luimalheureusement, sa
fit perdre tout le bénéfice de son talent et de la faveur royale. Il tenta de
un opéra à Lille, en espérances. Prisfonder 1696, un incendie ruina ses
d'une sorte de folie, il se mit à la recherche de la pierre philosophale et
acheva de se ruiner; enfin, la chute de Polyxène et Pyrrhus, en \ 706, lui
porta le dernier coup. Du reste, le pauvre compositeur n'avait pu pré-
senter lui-même au roi lamentable ouvrage, comme il en avait l'ha-son
préface.bitude, et ce fut Guyenet, le directeur de l'Opéra, qui signa la
Elle est ainsi conçue : « Sire, la grâce que Votre Majesté m'a faite de
m'agréer me fait espérerpour être à la tète de sonAcadémie de musique,
qu'elle ne dédaignera pas l'ouvrage j'ose lui offrir; il est delà compo-que
sition sieur Votre Majesté dedu Collasse. Je supplie très humblement
l'honorer de sa protection royale et de vouloir bien le recevoir comme
le premier gage de lequel, etc.»cet ardent et très profond respect, avec
En considération des succès passés compositeur , la partition dedu
Polyxène et Pyrrhus avait l'Académieété imprimée aux dépens de de
musique. Collasse mourut à près idiot, à Versailles, en 1T09.peut
'
H. LAVOIX Fils
De la Bibliothèque nationale.
l-j-Ol — PARIS. TYP. MORRIS ET FILS, RUE AMELOT, 6i.PÈRE"
THÉTIS & PELÉE
LYRIQUE EN CINQ ACTES, AVEC UN PROLOGUETRAGÉDIE
PAROLES DE
FONTENELLE
MLSlQt'E DE
PASCHAL COLLASSE
pour la première fois à Paris le Mardi 1 1 JanvierReprésentée i68g
PERSONNAGES DU PR0L03UB
M" Antier( (1712).
LemaureLA NUIT. (Sopranol (1723).
Erimans (1736).
LA VICTOIRE. (Soprano)
LE SOLEIL. (Ténor)
deLes Heires, suite la Victoire
PKBSONNAQES DE l,.\ TRAGEDIE
l M'>Du.yEjNV (ItiSO).
' (1723i.PELEE. (Haute-Contre) MURAIRE
{ JÉLYOTTE (1736).
DuBOURf, (1723).
ouJUPITER (Haute-contre
DuN (1736).
Taille).
) Lepage (1750).
IIardouin (1699).
NEPTUNE. (Basse) ThévE-Nard (1712-1723-1736).
Chassé (1750).
MERCURE. (Ténor)
M"" Lerochais (1689).
DES5IAÏ1NS (1699).THÉTIS. (Soprano) )
Antier (1723).
Chevalier (1750).
CIDIPPE. (Contralto) Maupin (1699).
MoreAU (1689).
(Soprano)DORIS.
Tulou (1723).
Bacchus, une Grecque, un Perse, un Éthiopien,Vertumne, Flore, Pan, Palès,
Ministre du Destin, une Euménide (Ténoi).UN Scythe, Protée, un
Divinités de la terre et de lo. mer, Nériïdes, Sirènes, Tritons et Fleuves, Eumé-
nides. Prêtres du Destin, Grecs, Perses, Éthiopiens, Scythes, Bergers, Denjères,
Faunes, Sylvains et Ménades.
Nous avons adopté 1 orthographe de ColLisse au lieu de Culasse, malgré l'ha-(1)
bitude con.=acrée, parce que cVst ainsi que lo compositeur signe le plus souvent les
préfac's de ses partitions. son [actionnaire critique, écrit Collasse, d aprèsJal, dans qu'il a publiés.les actes de naissance, de mariage et do déci''s du

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