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Cadastre perpétuel, ou Démonstration des procédés convenables à la formation de cet important ouvrage, pour assurer les principes de l'assiette & de la répartition justes et permanentes... ; avec l'exposé de la Méthode d'arpentage de M. Audiffred, par son nouvel instrument, dit graphomètre-trigonométrique... ([Reprod.]) / [François-Noël Babeuf]

De
231 pages
chez Blaizot (). 1789. Cadastres -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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CADASTRE
JPER^ÉTUELi
C
Ou Dcmonflration des procéda
la formation de cet important Ouvrage, peur
ception facile
vniquE, tant fur les
riales,
M. Audiflfred par {on nouvel infirmaient,
dit
MÉTJtxqus s
occéUnthe & plus sûre que toute* celles qui
fume
dans la grande opération du Cadafire.
Dédié a l'Assemblée Natiosa£&
réobliflèmènt dei principes qm doitent afucr
Etsu-Généraax.
d PARIS.
tous Tes Marchands de Novrcaatà.
îtf Vmxsauzbs cfaezBLAizofT,L8Maie.
L» A N 1789,
Et le premier de la
A
DES REPRÉSENTAIS
DE LA NATION FRANÇAISE:
Nosseigneurs,
fins doute
mai des Plans &Admiuifrmaùm qui
peuvent iuteitfèr tous la dtojfau de
TEtat. Sous ce, nomsofbns
du Cjê bistre
rERTÉTUEZ. Cef Pojjhmde f*U efi
ce notre pouvoir de pwéfimeràlm. Patrie z
poijjui'vous U jmgcr digne Jette, &
tuffiermnmE.dewomsiesErmucms.Celt
c'o
mais NOM mous attendons que ce
riié9 les fiais wmtx que nota
kur comble,
F. HT- Babeuf,
I. P. AWlUFFRED,!
Il iij
AVIS DE L'ÉDITEUR.
±ue fond de cet Ouvrage conûfte en
démonitrations méthodiques
nifarion convenable l'important 8c
trop peu connu
mais
fuccincY il eft vrai des grandes idées
qui s'enchaînent naturellement à l'exa-
men des principes propres à cette ma-
jeftueufe entreprife dont un véritable
exemple étoit réellement encore à don-
ner aux Nations.
Telles font de ces idées les plus
remarquables, celles qui tiennent à la
comparaifon de ce qu'est la condition
de^PHomme d'avec ce qu'elle devroic
JX de prévenir que le Plan de
cet Ouvrage a été ordonné bien ante-
tieurementaux jours d'heureufe révo-
lution fous lefquéls il va paraître. M.
Babeuf en avoit pofé les premiers fon-
mens lors de la première convocation
des Notables, en mais cette
époque n'étoitpoint encore celle où les
fublimes idées du patriotifme pouvaient,
être mûries chez les François. Là mar-
che & les idées annoncées pour la for-
mation du Cadaflre, auraient pu pardi-
ne, aux yeux d'alors, les parties d'un
beau projet réalifer dans une Répu-
blique de reuemblance approchante à
celle de Platon cependant on a vu
avec-le plus grand plaifir, plufieurs des
vœux humains que l'ordre des matières a
mis à portée d'exprimer en paflànt dans
ce Traité élémentaire devenir l'objet
de quelques-unes des mémorables déci-
fions de l'Aflèmblée augufte dont les
loix plus. que celles de Lycurgue, vont
fervir univerfellenientr de modèles aux
Habitans des diverfes régions de la terre.
C'etl fans doute fous d'heureux auf-
pices que ce Plan eft publié quand les
grands changement, qui viennent de s'ef
fectuer nécéffitent indifpenfablemenr
pour leur exécution une confection de
Cadafirt général.
On n'a pas cru devoir rien fupprimer
/rà laliaifon dés développemens primitifs
de cet Ouvrage. Ils fubfiftent en total
dans la forme de leur premiere conflruc-
tion. Peu d'additions y ont été faites, &
fi quelque chofe a été eflèntiellement
retouché ce n'eft que la partie de mé-
chanifme d'après l'adaptation, qu'il a
été convenable de faire des avantages a
tirer du nouvel intlrument trigonomé-
trique de M. Audiffnd, dont l'annonce
analytique eft déjà faite par le titre de
cet Ouvrage.
avis
Il convient de faire ici une mention*.
honorable du premier Inventeur de cet
inftrumènt. Cette intéreflante décou-
verte, dont on développe en détail,
dans la fuite de ce Traité, toute Futilité
pour le Çadafire^ relativement la fcru-
puleufe précifion & à l'incroyable ac-^
célération de l'arpentage eft due^a
M. Fyoty ancien Profefïèur de Mathé-
matiques de l'Académie de Lyon. M.
Audlffred en a acquis de lui le fecret,
& par une étude due ptufieurs années
fuivie avec la plus infatigable affiduité,
il eft parvenu à ajouter finguliérement
à fa perfection. Ce dernier, PofïèfTeur
du feul modèle exécuté' de cet infini-
ment, fe fera un vrai plaifir d'en faire
connoître l'ufage & d'en démontrer
dans la pratique les propriétés diverfes;
car ce n'eft point aux feules opérations
de Géométrie que fe borne l'utilité de
DE L'ÉDITEUR. *f
cette découverte elle reçoit encore une
application relative-
ment aux dévelôppemens des Cartes
Géographiques.
A ce Graphomètre eft adapté un fé-
cond méchanifme, nommé
Avec ce dernier inftrumenty on a l'a-
vantage de pouvoir prendre les angles
avec la dernière précifion Se jufqu'à-
la féconde de degré.
N. B. Le prévient les
Amateurs de l'Agronomie, qu'il s'oc-
cupe préfentement mettre le Cyclo-
mètre en état de remplacer les quarts
de^erclefavec d'autant plus d'avantages
que, d'après des expériences réitérées,
on parvient par fon moyen, à me-
'furer les plus petites arcs des Aftres à
leur pa1fage au méridien.
TAB'-L E
DES MATIERES.
U ij 'cours préliminaire. Pagexî*
PREMIERE PARTIE.
Principes DB LA contribution.
$ I. Quelle *ft la dénomination propre ou
fubfide annuel que chaque Citoyen d'une
Nation libre doit payer à l'Etat?
§ II. Origine & néceffité des contributions, 3
III. Il ne doit exifter que deux fortes de
contributions. L'une personnelle & l'autre
MU> x
fonds, la contribution aux charges de lafo-
dété efi la feule Iégztime. a
5 V. De toutes les charges per formelles, celles en-
vers l'Etat font les feules que les Peuples doivent
légitimement. Il
1 VL Tous les biens fonds doivent-ils être fou*
mis à la contribution envers l'Etat i '10
S VIL Diverfité des fyflùnes fur les comtm-
BVTIONS la
xiv Tau £ «
$ VIII. 2?e Pimportaace d'une
uniforme dans toutes les Provinces* 3 1
SECONDE PARTIE.
Organisation DU Cadastre RÉEL.
S I. Importance & utilité de Popfration du
Cadastre, Abus qu'elle peut faire
ce 33
S II. Examen des dijfkrens fjfiemes de Ca-
dastre.
S III au lien de IL Commencement du
développement des procédés annoncés pour
parvenir à la formation d'un Cadastre
vraiment méthodique. Préfintation de la
Carte générale. Dépenfes du CADASTRE.
A qui il
appartient de diriger ce travail. 50
§ IV au lieu de IIL Clarification & Efiimatiotu
S V au lieu de IV. Manière de répartir la Con-
tribution fonciiere. EtabliJJhment d'une Mon-
no/eiAirflc ou Livre de Contribution. 7)
S VlaulieudeV. Exécution figurée de toutes les
opérations qui cempofent le méchanifme du
DES MATIERES.
ï>éfajfemblage Se tous les numéros de la
Carte. Premiers moyens de perpétuation 79
S VII au lieu de VI. Suite des opérations du
Cadastre. Perception. Relevé alpha-
bétique préfentatif de VEtat toujours
actuel de chaque cote. 5>o
S VIII au lieu de VII. Suite des mêmes Opi-
rations. ENTBETIEN ANNUEL. 9$
$ IX au lieu de VIII. Suite des mêmes opl-
rations. Perception, & vérification
ANNUELLE. IXç
S X au lieu de IX. Travail du Prépofé à la
perpétuation. Appréciation de fa tâche & du
tems nécejfaire pour rentière exécution du
Cadastre. IXg
TROISIE ME PARTIE.
Organisation du Cadastre personnel.
Sur queues bafes peut-on ajfeoir la contri-
bution personnelle fur Vunivcrfa-
litl des Citoyens 1
5 H. Bafes de la répartition. 12$
S III. Développemens du procédés méthodiques
du CADASTRE PERSONNEL. Ses rapports de
rejfemblance avec le Cadaflre rlel,
S IV. Suite du même développement. Annonce de
xvj TiBii
la uvre de contribution. Table de proportiott»
JPréfentation de la Carte générale du Cadas-
tre personnel. de chmmm.
de fes numéros. Exemple pour la manière de
fuivre un article dans tous la différées cas
Dherfes explications fur texempk donnédam
le paragraphe précédent. Réflexions far la
dus de l'ancien mode de répartition. Cati-
tude de nos moyens pour la rendre fcrupm-
leufement proportionnelle aux facultés de
chaquc individu. Entretien fnétfiodiGvr Jk
Cadastre persomnez. 14$
Vl» Çn"tiT"t'lF*>n tfa Ne-
levé Alphabétique. En aaoi il diffère, et
quoi il rejjemble cehà du, CABA\srmm
RÉEL. 1t7
dit Cadastre rERsoNNEZ. a dans les t^Ba
QUATRIÈME PARTIE.
Développement analytique des
GRAPHOMÈTBE-TKIGOMillIQUB
de M. Aux>if*ekd% touchant
tocs Matières.
h
$ L Motifs qui s'oppofent à ce avton pœ$è
offrir, dans cet Ouvrage, tous
pemais poffibles fur cette
verte. ij»
S H. Tomes lu méthodes orUnmrts
comparabUité de l'expédition relativement
cdh produite par remploi des autres moytasm
de ceux
» *7%
Fin de la Table.
acvîîj
ERRATA.
Page 9 ligne 24 affourage, lirez afforage.
Page 1. 7 & 8, les rembourfemens, lif. le
remboursement.
Page L a$ claffe des Citoyens, lif. chue
de Citoyens..
Page 26,1. & 2y des marchandifes lif, des
Marchandifes,
Page 1. 1 ,.des deux contributions, lif. de
deux contributions.
*age 1. I3 & I4 propriété territoriale
/i/I propriétés territoriales.
Page 6&1,' L 3 ci-après, ci-après)
Page 80, 1. 6 il eft dû, lif. E eft dû.
Page 9$ note i page à fif. pages
Page fort (impie. Que pour, li f. fort
(Impie que pour.
Page pas s'il en tàtjif pas; fil en fait.
Page déterminé lif. déterminée.
Idem, 1. Il idéal idéale.
Page 173 3 qu'i qu'il.
Idem, 27 eft étendue, lif eft tendue.
Page 186, 1. 9 fous une même vue de percep-
ception, lif fous un même mode de percep-
tion.
Page 18 les procédés de chaque manu
tendon, lif les procédés de manutention.
*i*
bij
DISCOURS PRÉLIMINAIRE,
Pourfervir développer l'elfet de V adop-
tion réfumer les nombreux
avantages qui en pourroicnt réfulter%
à fixer V examen fur la diflance qui,
â après cela, refieroit encore pour attein-
dre la félicité commune des Peuples &
fur les caufes qui s'oppofent au rappro-
Effet de Vadopàon du Projtt^Avantages nom.
breux qui en pourront réfidter,
1^ u'avons-nous eu en vue en propofant notre
CadaJfre dans la forme que nous l'avons conçu ?
D'indiquer des moyens que, nous croyons les
feuls capables de faire cefler l'inégalité de ré-
partition que les formes connues jufqu'â pr£-
fent, ne pouvoient faire éviter même Inde
pendamment de l'effet de la politique des clafiea
égoïftes qui dans l'opinion commune, ont
fu ériger en honorifique l'exemption de con-
courir aux charges de la Société car, nous
voyons & nous avons démontré que même
aac Discouss
ceux des précédens projets de Cadafires qui
fuppofent l'extenuon des charges fur toutes les
propriétés indiftinftement font encore infuffi-
fans pour opérer la très exacte déduction de
cette inégalité. Nos procédés conduifent à faire
participer tous les François dans la plus exacte
proportion, avec leurs facultés respectives.
Nos deux contributions, réelle & perfonnelle
peuvent faire difparoître les mille & une infti-
tutions, fubdivifées enfuite à l'infini, qui toutes
prétextes à la fifcalité,
pour exercer impunément, fur les Peuples, les
exactions les plus accablantes. On ne met plus
actuellement en problême, s'il eft plus avantageux
à chaque individu d'une Nation de fournir fans
frais, au trefor public fa part de contribution
fous une feule & même dénomination que
d'entretenir des légions de fangfues; encoura-
gées pour s'étudier chaque jour à perfectionner
le Prothcifme arbitraire des levés vexatoires..
Pourquoi faut il qu'ainfi que tous ceux qui
écrivent, nous nous voyons forcés à rappeller
des vérités devenues triviales Mais il ne faut
point fe laffèr de répéter ce qu;il intérefle à
tous de faire généralement admettra A force
de crier, on ^parvient à étourdir les fourds va-
lontaires, & ils fe trouvent contraints d'écou- jj
ter. Oui certes nos contributions feront ex-
P R i L 1 M I N A R E. Xxj
b iij
traordihairement diminuées quand nous ri'au- v
rons plus à foudoyer, à nourrir, à engraifler aux
dépens des fueurs du pauvre, ces armées de Pré-
pofés qui pullulent dans toutes les parties de la
furface de notre coin d'hémifphère ces vampires-
dont rafpecl:, aux yeux du Citoyen qu'ils dé-
vorent, appelle fes gémiflemens chaque fois
qu'un vrai malheur le porte fur les pas de l'un
d'eux; quand les bras dévastateurs de ces hom.-
mes de fang feront mis en action pour ooérer
des travaux utiles; quand il n'exigera plus due
taxes fur les objets de consommation; quand
la circulation fera devenue entièrement libre
& que le commerce fe trouvera délivré de
toutes les entraves qui l'énervent, &c. &c. &c.
Suivant nos formes, notre pofition eft telle
qu'en tout tems nous ne favons pas ce que
nous payons. Il eft telles circonfiances qui
plus que d'autres, fourniûent, au génie. fifcal,
les moyens de nous mieux preffurer. Quelle
fatisfaâion que celle de ne fe voir plus en
proie aux perplexités continuelles que nous
.donnent daufri abufifs ufages?
Mais il eft pane en proverbe que, plus on
obtient, plus on veut obtenir. Cette maxime
prête à de grandes obfervations. Celui qui:,
jouiflant dans la Société d'un honnête nécef-
faire @, ne borne point fon ambition, devrok
xxij
être regardé comme le fpoliateur de la légi-
time des autres. Au contraire celui qui de-
mande & obtient mais point aflez pour fe
voir au niveau àz faifance proportionnelle qui»
fi tout /toit bien, fe verroit départie également
à tous les/hoînmes, a le droit de toujours de-
mander, jufqu'a ce qu'il f6it parvenu ce qu'on
lui accorde de quoi atteindre à une raifonnable
fuffifance.
Ainfi, nous ne fuppofons pas que l'adoption
du Cadaftre puiffe être tout ce qu'on peut faire
pour l'amélioration du fort des Peuples, & nous
ne pouvons diffimuler qu'après favoir obtenu,
ils- n'aient encore beaucoup à prétendre. Cet
Ouvrage, à la vérité, aménera le mode de la
Contribution unique, & on fent quels doivent
être tous les heureux résultants de cette forme
fi fimple; il atteindra Inévitablement toutes les
propriétés, & on conçoit que plus grand eft
le nombre de ceux qui fe portent à foutenir un
fardeau, moins il fe trouve pefant pour chacun*^
il opérera la plus jufte & la plus fcrupuleufe ré-
partition, & on juge aufli combien il eft con-
folant de favoir que ce qu'on fupporte n'eü que
très-exaâement proportionnel à ce que fuppor-
tent généralement tous les autres.
Mais encore ce ne feroit que l'homme qui
conferve une fortune médiocre qui (e trou-
PRÉLIMINAIRE. XXÎij
b iy
veroit gtlégé par ces difpoGtions. Ls Pauvre,,
le Citoyen tout-à fait, dépouillé, n'en partage-
roit point les avantages. Dans tous les cas pof-
fibles, il ne peut plus rien payer, parce qû'il
nia, plus rien. Clàflès malheureufes que faire
donc pour vous procurer quelque, foolagement?
que faire pour vous porter vouloir foutenir
encore votre pénible exiftence?
Diftance qui referait pour atteindre la félicité
commune des Peuples. Caufes principales
qui s'oppofent au rapprochement pofitif de
ce grand but.
Quoique l'objet de vouloir aflurer la très-
exaâe diftribution des charges communes, entre
tous les Membres de Tafibcianon politique
ne foit qu'exa&ement conforme à la faine.
tice, nous nous fommes attendus à rencontrer
des hommes à qui un Ouvrage qui nonce-
roit des difpofitions à un tel ordre de chofes,
ne plairait nullement. Mais, po les porter à
fe récalcitrer moins, nous allons nous livrer à
l'examen des grands principes qui tiennent à la
queftion des droits de rhomme. Nous tâcherons
de faire voir que les biens retirer du Cadaftre ne
forment que le fujet due réclamation très-
xxiv DiscouRs
modérée de la part du Peuple laborieux, &
que peut- être il pourrait raifonnablement en
agiter d'autres qui, plus que celle-là, feroient
fufceptibles d'étonner.
C'eft en faveur de l'opprimé que nous nous
fommes voués à l'entreprife de l'Ouvrage que
nous publions. Il eft donc naturel que nous nous
occupions beaucoup de lui.
En parcourant toutes les motions élevées des
différents points du Royaume, Se en réuniffant
tout ce qui y eft contenu directement en fa-
veur de l'infortune voici à quoi fe réduit à
peu-près tout ce que l'on voit à cet égard.
Qu'on ne vende plus les biens fpirituels de
la Religion, c'eft -à- dire qu'il foit permis de
naître & de mourir fans être obligé de mettre
la main TTatpoche pour payer les cérémonies
d'ufage dans ces deux circonftances.
Que l'on étabîifle une caifle nationale pour
la fubfiftunce des Pauvres.
Que ;'o falarie fur les fonds publics, les
Médecines, Apothicaires & Chirurgiens, pour
qu'ils pv ifient adiriniftrer gratis leurs fecours.
Qu'il foit fait un plan d'éducation nationale,
dont tors les Citoyens puiffent profiter.
Que les Magiflrats foient aufli falariés fur les
P R L I M I N A" I R ï. <*?f
revenus publics, pour pouvoir rendre la Juftice
gratuite (IL).
De man:ère qu'il eft reconnu que la Société
renferme unu foulevd'indigens obligés de naître,
de fubfifter, d'être fecourus en maladie, de re-
cevoir l'éducation, le jugement de leurs procès,
& les honneurs funèbres abfolument pour rien.
Mais, dira l'égoïfme, cela feroit fort com-
mode. Voilà des pensionnaires qui ne feroient
"^>oint à plaindre.. A quel titre ceux qui ne pof*
cèdent rien pourroient-ils exiger tant d'avantages
de ceux qui poffédent tout?. A ce compte,
le fort des uns ne fera pas préférable à celui
des autres?. Ah, Meuleurs les riches! c'en:
à cette difcuflîoa que nous étions jaloux de
vous amener.
Notre tâche, fans doute, eft de nous livrer
à l'examen des moyens de pouvoir préfenter un
(1) Cependant il paraîtrait convenable, pour
évirer, d'un côté que les procès fe multiplient trop,
& que les Juges Soient trop iurchargés par la fa-
cilité qu'il y auroit d'abufer de l'avantage de
ne pouvoir point encourir de frais en plaidant
d'éa'^ir que les partie3 fuflent jugées en première
inftance par leurs Pairs; & que, d'un autre côté
pour llimuler les Jnges, & prévenir qu'ils ne s'aban-
donnent à uns incurie préjudiciable aux Cliens d'ar-
rêter que toute affaire fut terminée dans l'année.
socv^ Discours
plan admitlible dans l'ordre qui exüte mais il
doit nous être permis de jetter quelques regards
fur l'ordre qui devroit exifter (i).
Dans l'état naturel, tous les hommes font
égaux. Il n'eft perfonne qui ne convienne de
cette vérité*; Pour juftifier l'extrême inégalité
des fortunes dans l'état de fociété, on a dit ce-
pendant que, même dans l'état fauvage, tous
les individus ne, jouhToient pas rigoureusement
d'une égalité abfolue, parce que la nature n*a-
voit point départi à chacun d'eux les mêmes
dégrés de fenfibilité, d'intelligence, d'imagina-
tion, d'induftrie, d'activité & de force; point
par conféquent les mêmes moyens de travailler
à leur bonheur, & d'acquérir les biens qui le
procure. Mais fi le pacte focial étoit véritable-
ment fondé fur la raifon ne devroit-il point
tendre à faire difparoître ce que les loix na-
turelles ont de défectueux & d'injure? Si, par
la force, ou par tout autre moyen, je fais que
je puis parvenir à arracher des mains de mon
frère la proie qu'il s'eft procurée pour aflbuvir
fa faim inftantanée la loi de fociété ne doit-elle
pas m'impofer la défenfe de cet afte barbare, &
(i) « Tâchons d'être juRes à l'égard du Peuple,
& nous en fommes encore bien étoignés ». EJfiù
fur la Conftitution fi les fonâions des AJfemilées Pro-
vineiaîesy par M. de Condorcet tom. 2 p. 70.
Tvnf
m'apprendra que je ne dobchercl^ de fubfiftance
que celle qu'aucun autre ne s'eft encore ap-
propriée pour fon ufage individuel ? Ne doit-
elle pas m'engager même à partager l'avantage
de mes facultés fupérieures, avec celui qui, en
naiûant, n'a point été allez favorifé pour que
le germe des mêmes facultés eût été également
implanté dans fon être?
Au lieu de cela, les loix foetales ont fourni
a l'intrigue à l'aüuce & la fouplelfe !et
moyens de s'emparer adroitement des propriétés
communes. L'homme naturel ne faifoit que des
provisions quotidiennes, & par-là, laiflbit aux
autres les moyens de trouver auflî conftamment
toutes les chofes qui leur étoient également
néceffairm S'il en eût été autrement, & qu'un
feul individu fe fiit avifé de vouloir emmaga-
finer fes compagnons fe fuffent crus en droit
d'exercer le pillage fur fes amas, pour réprimer
une ambition dont l'exemple eût pu devenir
funelte. Mais il n'en a pas été de même de
l'homme prétendu civitifé il a pu accaparer
impunément pour lui feul ce qui pouvoit fournir
i au fouden de plufieurs milliers de fes fem-
blables. Rien n'a fixé les bornes des richeffes
qu'il fut permis d'acquérir. A l'aide de feux
préjugés on a ridiculement exalté le mérite
& l'importance de certaines profêffions de(:
xxvîïj Drsc-oifBi t
quelles, au vrai, l'utilité n'étoit, pour la plu>
part, qu'illufoire & chimérique. Ceux qui les
ont exercées n'en font pas moins parvenus à fe
mettre en poffeffion de tout tandis que les
hommes réellement effentiels p eurs travaux
indifpenfablement néceflfaires en ont vu les
falaires réduits prefqu'à rien.
Mais ce n'eft point là où s'en borné le mal,
ces travaux font devenus enfin une reflburce
abfolument infuffifante pour chaque individu.
Tout ayant concouru à ce que les petites for-
tunes s'engouffrent dans les grandes, le nombre
des Ouvriers s'eft exceffivement accru. Non-
feulement il en eft réfulté que les mêmes fa-
laires ont pu être diminués de plus belle, mais
qu'une très-grande quantité de Citoyens s'eft vue
dans l'impoffibilité de trouver à s'occuper, même
moyennant la foible rétribution fixée par la ty-
ranique*& impitoyable opulence, & que le mal-
heur avoit impérieufement forcé l'induftrieux
Artifan d'accepter.
Cependant le refrein ordinaire des gens qui
regorgent, eft d'envoyer aû travail l'importun
qui, pouffé par les folücitations fâcheufes des
plus preffans befoins vient réclamer auprès
d'eux le plus petit fecours. L'œil du Créfus
bleue par l'aspect vraiment excitatif d'effroi
vraiment épouvantable, des malheureux haillons
P R Û L t M I N X f R E. XXI*
qui chez le pauvre, remplacent toutes les dé-«
corations extérieures, de to t le trifte enfemble
qui conftitue fes pitoyables livrées de la dé*
figurante pâleur & du coloris hideux de -fon
vifage noyé de larmes; l'oeil du Créfus ,̃ difons-
nous, bleue par un tel tableau, non parce que,
Con,ame, aucunement acceffibleà la pitié, s'en
trouve tant foit peu émue, mais parce qu'il fe
fent contrarié de ne point voir tous objets riants,
écarte & fe débarraffe froidement & fans gêne
de l'infortuné. On l'envoie, au travail Mais, oà
efl-il donc fi prêt à prendre, ce travail?
L'ordre naturel peut être défiguré, changé,
bouleverfé, mais fon entière deftruâion tend à
le reproduire. Si, après que la plupart des hom-
mes ont été dépouillés de toute reSburce fon-
cière, ils fe le voient encore des moyens de fe
tirer d'araires par le travail, quel parti pren-
dront-ils IL FAUT RESPECTER LES proprié-
TÊsi Mais fi, fur vingt-quatre millions d'hom-
mes il s'en trouve quinze qui n'aient aucune ef-
pèce de propriété, 'parce que les neuf millions
reftans n'ont point respecté affez leurs droits
pour leur afïurer même les moyens de conferver
l'exitlence? il faut donc que les quinze millions
fe décident à périr de faim pour l'amour des
neuf, en reconnoiffance de ce qu'ils les ont to-
talement dépouillés? Ils ne s'y décideront pas
Sort Discours
très-volontiers fans doute & probablement 1
vaudroit mieux que la claire opulente s'exécutât
envers eux de bonne grace, que d'attendre leur
défefpoir.
Quelqu'un l'a déja dit Tout homme doit
trouver Jurement à s'occuper & les Zoix dot'
vent veiller à ce que fa rétribution foit fujjifante
pour le faire vivre.
Nousallons nous répéter nous-mêmes ce n'eu:
que par l'opinion qui a afligné des récompenfes
exceflîves à certains emplois, qu'un petitnombre
d'hommes en parvenu atout envahir. L'influence
du régime féodal & des artifices du Clergé,
tient à cette remarque. La difproportion des for-
tunes n'auroit pas été portée à un*excès auffi ré-
voltant, fi on eût toujours été perfuadé que tous
les états fe valent quand ils ont pour objet
l'utilité commune, & que tout homme, qui a des
vertus honore fon métier.
Tout eft affaire de préjugés; tous les hommes
ne peuvent pas être employés de la même ma-
nière ils n'ont pas une égale aptitude à de
mêmes occupations & c'eft une difpofition fage
de la nature que cela foit ordonné ainfi puif
qu'il en réfulte l'effet de mille productions di-
verfes de leurs mains, qui viennent multiplier
les communes jouiuances. Tous concourent
donc, fuivaht leurs moyens naturels refpeâifs.
P RklJJINïiB E. XXXj
à procurer différents avantages à la Société;
tous devroient donc ce feikible jouir d'une
égale aifance dans cette Société d'autant que
celui qui n'a de talents capables de le mettre à
portée de faire pour elle que de légères of-
frandes, ce n'eflf pais fa faute.
Au furplus en examinant bien ce ne font
fûrement pas les profeflîons que nous regardons y
comme ignobles qui ont, généralement le
moins d'utilité réelle. Aux yeux du Philofophe,
le Vigneron laborieux eft incomparablement
plus cher que le Magiftrat verfatile qui boit fon
vin, & lui fait manger en procès le fonds qui
le produit. L'Artifan honnête qui nous fabrique
des chaufliires, eft infiniment plus efl'entiel que
le fripon barbouilleur de papier, qui a la fottife
de croire que d'accorder un regard à cet inté-
reffant Ouvrier, ce feroit trop l'honorer. Le
préjugé, encore à cet égard, vient fervir l'or-
gueil, & par lui l'humble Citoyen vraiment ho-
norable croit, lui-même, qu'il vaut moins que
le matador qui le méprife, & il s'imagine aveu-
glément que ce mépris eft dans l'ordre.
C'eft donc les préjugés, enfans de l'ignorance,
qui ont fait en tous tems le malheur des races
humaines. Sans eux, tous les individus eufiènt
fend leur dignité refpeftive. tous euflent vu
que la Société n'eft qu'une grando famille dans
fcXXÎ) S
laquelle les divers membres, pourvu qu'ils con-
courent, chacun fuivant (es facultés phyfiques
••& mtelleauelles, à l'avantage générale doivent
avoir des droits égaux. La. terre, mère com-
mune eût pu n'êtrç partagée qu'à vie & chaque
part rendue inaliénable de forte que le patri-
moine individuel de chaque Citoyen eût toujours
été afluré & imperdable. Dans une contrée
comme la France ou, d'après la moyenne
proportionnelle des réfultats des différents cal-
culs pour l'étendue totale des terreins en cul-
ture, il peut fe trouver environ foixante-fix
millions d'arpents, de quel joli manoir chaque
chef de ménage n'auroit-il pas pu jouir?
En fuppofant quatre perfonnes pour chaque
ménage, la divifion des vingt-quatre millions
d'habitans, quoi on fait monter la population
de l'Empire François donne fïx millions de
familles conféquemment chaque manoir eût été
de on\c arpens.
Avec une telle étendue de fonds bien cul-
tivée, dans quelle honnête médiocrité n'eût-on
pas été maintenu? Quelle candeur, quelle (im-
plicite de moeurs, quel ordre invariable n'euf-
fent pas régné parmi le peuple qui auroit adopté
une forme fi véritablement fage, fi exactement
conforme aux Loix générales tracées par la
nature
!» r é l t m r n Air e. xxxiij
naturè, & que notre feule efpèce s'eft permis
d'enfreindre?
Les Loix contraires n'ont prévalu que parce
que les hommes ont manqué de lumières. Toutes
les inftitutions fociales ont eu pour principe
univerfel que, pourvu qu'un être humain n'ar-
rachat pas à force ouverte les biens dont (on
égal pouvoit être invefti, il étoit permis, du
refie d'employer réciproquement toutes les
jrufes imaginables pour fe foutirer ces mêmes
biens des mains les uns des autres. Tel eft,
dans le fait, l'efprit de nos formes. Qui mieux
qu'un autre fait jouer d'intrigues, devient, à
coup fûr, le plus heureux, ou, tout au moins,
le plus puiffant de fes frères. Celui qui com-
bine mal devient miférable & du concours
des bonnes & mauvaifes chances on a formé
nous ne favons pas quelle efpèce d'idée vague
contenue dans les mots fort de la fortunes.
On a vu qu'il eût été poffible que ce mot
fût à toujours ignoré que l'état confiant des
Citoyens eût pu être affuré indépendamment des
caprices du hafard. Tout ce que nous venons
de rendre développe que c'eft illégitimement
que tout homme jouit d'un bien-être difpropor
tionément fupérieur à celui de la part d'avan-
tages qui lui revient dans les rapport du pro-
duit du pays qu'il habite combinas avec le
xxxiv Discours S
nombre d'habitans de ce même pays. L'ordre
en eft troublé car la nature, économe de Ces
dons, ne produit qu'à-peu-près ce qui eft utile
à tous les êtres qu'elle créé; & quelques uns
ne peuvent pas jouir d'un fuperflu fans que
d'autres manquent du néceflaire.
Ainfî c'eft donc par ufurpation que des hom
mes pofsédent individuellement plufieurs parts
dans l'héritage commun. Nous ne penfons pas
devoir prétendre à réformer le monde, au point
de vouloir rétablir exactement la primitive éga-
lité mais nous tendons à démontrer que tous
ceux qui font tombés dans l'infortune, auroient
le droit de la redemander, fi l'opulence perfif-
--toit leur refufer des fecours honorables &
tels qu'ils puiffent être regardés comme devant
convenir à des égaux tels encore qu'ils ne
permettent plus que ces mêmes égaux puflent
retomber dans l'indigence révoltante où les
maux accumulés des Cèdes précédents les ont
réduits dans le moment actuel.
Nous voici ramenés au point de pouvoir
mieux juftifier la réponfe à faire par les victimes
de l'infortuné, à cette demande de nos durs &
orgueilleux Satrapes A quel titre ceux qui n:
pofsèdent rien peuvent-ils exiger tant d'avan*
/âges ,de ceux qui pofsèdent tout? A ce compte^
le fort des uns ne fera point préférable à celui
des autres.
PRÉLIMINAIRE. XXXV
e li
» A quel titre Mais, Meilleurs, par leur
qualité d'hommes par le droit qu'a tout pu-
pille, devenu majeur, de revendiquer des dé-
pouilles qu'un tuteur infidèle a eu la lâcheté de
lui ravir. Vous êtes ces tuteurs indignes; le
Peuple, aujourd'hui parvenu en âge de raifon,
a été jufqu'ici foigneufeirïent confervé dans un
état de perpétuelle adolefcence & de fatale
inertie, qui lui a fait méconnaître fes droits.
Vous l'avez environné de preftiges; vous l'avez
garoté, au phyfique-& au moral, par une foule
de machinations grotefques & barbares. Au lieu
de lui laiffer apprendre tout ce qu'il étoit né-
ceflaire qu'il fût pour conferver fes légitimes
avantages dans l'état de fociété vous l'avez
,occupé de fuperftitions de pratiques minu-
tieufes, de ridicules idées propres à égarer fon
entendement. Vous vous êtes fait un plan d'é-
ducation qui a toujours tendu à propager l'ex-
trême misère à pouvoir parvenir à preffurer
continuellement les fueurs du malheureux &
vous avez eu foin de lui donner des notions
telles qu'il ne croyoit pas devoir fe plaindre
-de vos perfidies telles qu'il n'imaginoît
même pas que vous n'étiez, point fondés à les
commettre. C'tjl, en un mot, du contrajle établi
,entre ^éducation du pauvre & la vôtre que vous
êtes parvenu à rendre ce dernier tel & que
xxxvj Discours
vous vous êtes formés à vous-mêmes ces coeurs
durs & impitoyables qui vous foht fupporter le
Spectacle de vos femblables périflans de faim,
tandis que vous nagés dans les fuperfluités & les
délices «.
L'éducation Ce mot nous excite à entre-
prendre d'indiquer ce qui touche de plus près
au bonheur des Peuples. L'homme n'eft malheu-
reux que par l'ignorance, a dit le cilèbre Chan-
lier de l' Hôpital. On ne trouvera donc pas, en
talquant bien notre point de vue, qu'en portant
ici un coup-d'ceil rapide fur cet article, nous
nous écartions de notre objet (i).
(i) Des hommes qui ont pour louable méthode
de chercher constamment de quoi chicaner, fe fe-
roient peut-être récriés fur ce que nous prenons
fujet d'un Plan de. Cadaffre pour toucher une telle
matière. Mais qu'ils daignent fe rappeller le titre
de ce paragraphe par lequel nous nous engageons à
démontrer, 1°. quelle fera, après le grand bienfait
du Cadafire, la diftance qui relierait encore i
parcourir pour atteindre abfolument au bonheur
général l°. quelles font les caufes qui s'apparent'
au rapprochement de ce grand but. On jette quel-
quefois le ridicule fur les chofes les plus dignes de
nos refpecls & l'on a grand tort. --N'importe
quelle occafion faifir pour plaider la caufe de l'hu-
manité, pourvu qu'on puifie efpérer d'obtenir droit
fur fes griefs.
T R É t 1 M 1 N A r R E. XXXVl|
c iij
» On doit la plus fcrupuleufe attention à un
point auj/i important ('celui de l'établijjement
d'une éducation nationale.) d'où dépendront le
développement des talens, la tranquillité des fa-
milles, les mœurs publiques & la gloire du
Peuple François Tableau comparatif des demande
contenues dans les différens cahiers. Y voir le
grand nombre de ces cahiers, dans lequel cette,
demande eft faite.
Ce feroit vraiment pour la Nation le plus
grand des biens qu'il fût décrété une Loi qui
ordonnât qu'en place de ces inflitutions grof-
fières, formées par tout pour le pauvre Peuple;
qu'en place de tous ces Maîtres d'Ecole de Pa-
roiffes, qui n'ont que ce qu'il faut d'acquit pouc
infinuer des notions barbarefques à leur Elèves
on fubftituât des Instituteurs capables au moins
d'enteigner à lire paflablemcnt & par principes.
Il faudroit que l'on exigeât d'eux rigoureufe-
ment, une parfaite connoiflance des règles de
la Langue, & qu'on les astreignît à n'enfeïgner
que fubordonnément à ces règles, fous condi-
tion, bien entendu, qu'il fut pourvu aune aug-
mentation de traitement pour chacun de ces
Maîtres, en raifon du furcroît d'acquit qu'il fau-
droit qu'ils obtinfTen t. f
Mais, diront certaines perfonnes, quel nou-
veau fond de dépenfe cet objet va occadonner,
xxxviil D 1 S C ou il 9
Et quelle dépenfe mieux appliquée que celle-là?
Si on trouve indifpenfable celle de foudoyer unr
homme pour nous donner des plans de conduite
pour un monde à venir, ne devrait --on pas
trouver utile de faire au moins un pareil facri-
fice pour falarier celui qui nous donneroit des
moyens convenables pour nous aider à fortir
d'affaires dans celui-ci? On trouveroit dans celles
des richeflès deftinées à procurer les avantages
de l'autre vie, & qui font confommées par des
êtres qui ne font point un pas pour concourir
à donner au monde ces biens inéfables bien
plus qu'il ne faudroit pour faire face à un éta-
bliflément qui, exilant déjà fur des baies dé-
fedueufes, il ne s'agit que de perfectionner.
Il ne fera point difficile d'être frappé de la
vérité de nos obfervatioris fur l'état de difôr-
mité de l'éducation du vulgaire & fur 1 im-
portante néceflité d'y apporter remède. L'abus,
fur ce point eft extrême. On fait que l'igno-
rance produit l'ignorance. De ce que V éduca-
tion, dans ce qu'on nomme petit Peuple, eft,
pour ainfi dire méconnue il arrive que ce
même Peuple qui choifit lui-même fes Infti-
tuteurs, les choifit mal; & delà la perpétuation
& la progreflion des maux réfultans de ces mau-
vais choix. S'agit-il de l'élection d'un Maître
d'Ecole ou Magifter de Paroiffe, on prend beau-
PRÉLIMINAIRE. XXXlX
c iv
coup de foin, p'abor d pour s'alfurer s'il a le gofier
organifé de forte à pouvoir faire entendre diftin,
tivement fes communes détonnatibns jufqu'au-
dehors du Temple. Une fois fatisfait à cet
égard, on fait à. peine encore quelques légères
informations pour favoir s'il. eft capable de
peindre parlement quelques lignes pour faire
ce qu'on appelle un exemple & fur tout s'il
fait griffer cet exemple au-defrus & au-deffous,
de quelques traits infignifians. On ne fait plus
enfuite la moindre queftion pour s'enquérir fi
l'Afpirant fait au moins lire. S'il fe trouve,
par hafard, quelques habitans en état de juger
que ce feroit là le point eflentiel ils s'abftien-
nent encore de la demande, parce qu'ils favent
qu'il n'eft rien moins qu'ordinaire qu'un Maître
d'Ecole fache lire.
C'eft de-là premièrement, qu'il arrive que le
Peuple eft maintenu dans un état de groflièreté
qui le fait paroître d'une nature différente vis-
à-vis de ceux que le fort a, favorifés d'une édu-
cation plus exaâe; par fuite, fait que ceux-ci
le méprifent & avec lui, tous les préjugés
d'ignorance dont il eft imbu, & defquels ils le
rendent victime.
Nous l'avons déjà infinué cet abus qui a
patfé en ufage doit fa confervation à la po-
litique des Corps dont les intérêts font oppofés
xl Discours
à ceux du Peuple. Mais c'eft une politique bien
cruelle On dbnne pour prétexte que les ha-
bitans des hameaux n'ont pas befoin de beau-
coup d'éducation pour procéder à la culture de
leurs champs. Cette affertion feroit recevable
fi tous les hommes n'étoient que Cultivateurs.
Dans les tems d'heureufe {implicite où ilsl étoient
pour la p:upart, l'éducation devoit être inutile.
Il paroît qu'enfuite elle devint dangereufe, lorf-
que feulement une partie de la Société fembla
vouloir s'arroger exclufivement le droit d'y
prétendre qu'elle fit fervir fes connoiffances
à fe donner fur les autres une fupériorité qui
fit difparoître l'égalité, la bonne-foi, & établit
ces diftinâions honteuses, dont l'humanité com-
mence à rougir. Il fallut être éduqué pour fe
défendre continuellement de l'oppreffion &
celui qui voulut éviter de fe voir compris
dans la claffe des avilis, fut, contraint d'intri-
guer, & d'employer fes lumières particulières
pour fe rendre aufli l'opprèfleur des fimples
` afin d'augmenter, au détriment de ceux-ci fa
partie du grand héritage.
La même contrainte a continué a-peu-près
jufqwà nos jours d'être néceffaire. Chacun a
paru confhmment chercher à vivre de rapine.
Il n'y eût point d'invention que t'éducation ne
fit faire pour procurer les moyens de fortir
PRÉLIMINAIRE. xlj
& de vivre mollement hors de la claffe labo-
rieufe, conféquemment aux dépens' de fes
fueurs de manière que fi la clafle intriguante
n'eft point parvenue à foumettre au dernier
joug toute cette clafiè laborieufe c'eft que
celle-ci s*e& avifée de fe donner auffi un peu
^éducation; c'eft qu'elle eft devenue par fuite,
aura* un peu intriguante & qu'elle fe le rendit
auez pour pouvoir défendre une partie de fes
droits contre l'ambition démefurée des premiers
parrifans de Y éducation.
II eft donc démontré que, dans une Société
d'hommes, il faudroit néceffairement ou point
du tout & éducation, ou que tous les individus
puflent également en avoir. Tant qu'il en fera
autrement, les plus fins tromperont toujours
ceux qui le feront moins ce qui a été nous
répond de ce qui pourra être. Si les hommes
avoient toujours eu tous une égale éducation;
s'ils n'avoient point été affervîs aux fots pré-
jugés qui les ont fi long-temps empêché de
connoître ce qu'ils étoient & ce qu'ils valoient,^
jamais le grand nombre ne fe feroit foWnis à
ce que le petit osât lui impofer des chaînes
lénifiantes dont le tems a un peu diminué le
poids mais defquellês il n'a point entièrement
effacé les traces. Jamais ce qu'on a r.pp elle
Tiers-Etat, n'eût été pouvoir que
xlij D i s c o u r
fouffrir, pour faire jouir ceux qui ont prétendu
s'ériger eiy>remiers Ordres; jamais il n'y auroit
eu de Tiers-Etat jamais il n'y auroit eu qu'un
Ordre.
Les mortels font égaux ce n'eft point la..
» naiffance,
n C'eft la feule vertu qui fait leur différence
En réfumant, par la raifon que Y éducation ea
en règne dans notre fiècle, il eft très-intéreûant
de s'arrêter à celle du Peuple ne fut- ce que
pour le mettre à portée de défendre ce qui lui
refte de droits contre les defirs «Umins de
l'intrigue éclairée, qui auroit trop beau jeu fi
elle n'avoit à luter que contre (on ignorance.
La culture des terres fera très-éloignée d'en
fouffrir. Les Confuls de Rome étoient fana
doute des hommes qui avoient de l'éducation
cependant, ils étoient la plupart debons& aûïdus
agricoles, qui ne fe détachoient du foc de k
charrue que pour prendre le gouvernement des
armées. L'éducation au furplus eft devenue
parmi nous une efpèce de propriété à laquelle
chacun a droit de prétendre. Nos ufages l'oint
rendue néceflaire pour l'observation de nos
moeurs. Elle nous met dans le cas de connaître
ce qu'il eft le plus eflentiel de n'ignorer pas.
Elle nous mène dans la voie pour aimer & cher-
cher la vertu. Elle nous délivre d'une ftupidité
& d'une foule de préjugés des plus dangereux. Elle
nous montre quels font les droits de l'homme. Elle
nous fait mieux percevoir les idées du jufte &
de l'injufte. Elle nous fait, fans autres fecours
étrangers, mériter d'être revêtus d'emplois que,
fans elle, la faveur convoiterait vainement.
Elle peut fervir à réveiller en nous la vertu du
patriotifme, qui avant Theureufe révolution
qui Ce prépare, étoit, on le fait, tombée dans
le dernier difcrédit.
Nous nous fommes bornés à demander prin-
cipalement des Maîtres, la parfaite connohTanre
des principes. de la langue, & en voici les rai-
fans. Quand on entend bien fon propre idiome,
que l'on en connoit la ftruâure & la valeur
on a la clef de prefque toutes les fciences.
On eft en état, fi on s'en pique, de parvenir
à fe procurer foi-méme quantité d'acquits de
bien des genres. On paroît avoir allez fend
ces vérités, d'après que l'on voit, dans bien des
endroits majeurs, s'établir fur les débris des
Collèges, un grand nombre d'inftitutions qui
ont pour bafe l'enfeignement du langage. On
avoit comm,unément, d'autre côté, la manie
de l'écriture on paroiffoit croire que quiconque
écrivoit, favoit tout. Les gens fenfès diront
maintenant qu'il faut auparavant s'attacher à
XSV D S C O D 1 S'
pouvoir lire; que f oa feanra ensliâce afiêe– tôt-
& zfâkz bien écrire. Qaa qjuoad on fkara en-
tendre aaSi ce qu'on Un ©m slssftrcitz da reSe
alliez facilement. Que le Peuple aisa£ éimfsi.,
©f&àra une totale dïfieremce oraâârii^iie avec
le Peuple d'aujonîrïfîïaL Celai- ci e& ^c&er9
fupex&iûms. fîopMe & fam émeigie cdfaâ-li
fera éclairé, ind[n&ienx9 aaif & pajaiocE.
On que, ce
à Education Nationale ce ne font pas ^cs pué-
nfités que nous ciujtwis ijoTon doive êûc lire
à notre jeime& aux écoles. Oa Ce dêoJera
peut-être k rexeccer narôcalèieoBeElt fiir le
fes droits te fes devsoœs; pour lui aftpeendre
ce epeô on homme das Féttt
de Société & quds font les prâacîjses que
cîncim d'eux a Cifisf^es.
eft attachée la fborce du deffin des Nmom.
Les efprits om mwajiUMgstesfibieii
feati cette mosiiiiie de polkiijtss. De que
Je défi= de îrasïcres ai donné lieu smx miiœr-
pations araficîecfes de fimpoffiiiinre a permis
félévation fi fkaefe Je ïiiydre fio&"k, a, par
dérifion à Nature, créé des dkamps moJjîas &
des hommes noMes* ai laâMe naître la Loti in-
fintidde de FaîneSc fi propre 'a% ml^ginîr
mÊLIMtNAIRE. Xlv
1 Ttâms des fortunes exceflïves de même le
s-ecQHYirenifint des lumières pourra feule réhabi-
liter Thamme dans l'état honorable qui lui eft
propre, & faire difparoitre tous les maux qui
fout refaites de la propagation des divers
fllpraT contre lefquels nous nous fommes
Ce farcit encore de la part du Peuple, par
une. fuite déplorable de l'ignorance de fes droits,
coafeatiroit aujourd'hui à accepter comme
fecomrs; ce qu'il eft fondé à reclamer à titre
de reftiffltion.
Il eft urae fonale d'iniiitutions exiflantes qu'un
Pcuple inftnxit ne fupporteroit pas. Mille faif-
ceamx r^leoduiàns lui feroient peut-être entre»
voir des vérités importantes à fon bonheur. Il
parviendrcît fur-tout à celle de favoir fe con-
sioltre & s'eSiœer. Il jagerolt que les frivoles
diîKnâîons qui en ont fi long -temps iirpofé,
me fosst que de pares chimère! & que l'homme
qm a bien mérité auprès de fes pareils eft le
(au qaTen doive diftinguer.
Qui fert bien ion pays n'a pas befoin d'aïeux ».
A féloignement où en font encore les chofes
du tenue de perfecHon qu'il faudroit atteindre
xlvj DISCOURS préliminaire.
pour procurer aux hommes un parfait bonheur»
nous n'avons pas ofé entreprendre de vouloir
perfuxder comme tant d'autres que l'exécu-
tion de notre plan ferait capable de produire
un tel effet. Comme il ne nous eft pas poflîble
nous feuls, de procurer au monde tout le bien
que nous lui délirerions, nous avons cru que
c'en feroit déjà un très-grand, pour la Société
telle quelle eft, fi nous pouvions atteindre à y
faire recevoir un Plan qui comportât les moyens
d'éviter Farbitraire & d'établir la meilleure
juftice poffible dans la diftriburion des char-
ges publiques. Voilà où fe borne notre am
bition.
CADASTRE
A
'CADASTRE PERPÉTUEL.
PREMIERE PARTIE.
Principes DB la CONTRIBUTION.
#- «. I.
Quelle efi la dlnomination propre au fubfidt
annuel que chaque Citoyen d'une Nlltion
libre doit payer à l'Etat?
SS ous s avons cru devoir commencer par
déterminer la dénomination qu'il convient de
donner à la fubvention au paiement de la-
quelle chaque Citoyen de l'Etat doit participer.
Contribution nous a paru le mot propre.
Celui d'impôt a été jufqu's nos jours plus com-
5ffiunément :ufité mais d'autres tems amènent
d'autres ufages on impofe on contraint des
efclaves à concourir à l'acquit des dépenfes
2. Cadastre
d'un Gouvernement despotique, & c*eft en
raifon de cette contrainte, que des4iommes,
réduits à cette condition malheureute d'une
pénible fervitude/manifeftent contaminent la
plus haute répugnance à fe libérer. Tout au
contraire, des Citoyens libres s'eftiment heureux
de contribuer de tout leur pouvoir aux befoins
de la Patrie & tels font les grands fentimens
qu'infpirent ces belles & pénétrantes expref-
fions de Citoyens, Patrie, Liberté; que c'eft
celui-là qui a pu faire pour fon pays les plus
notables facrifices, qui goûte intérieurement la
félicité la plus douce.
L'hiftoire de toutes les contrées nous ann once
ces vérités immuables; tous les hommes pen-
fans les retrouvent au fond de leurs coeurs, &
ce qui fe pafle maintenant au milieu de nous,
prouve quelles ne font point de nature. à être
jamais méconnues.
S'il eft des cas qui néceffitent l'obligation
de s'arrêter aux mots, c'eft bien celui du fujet
que nous traitons. Sans doute l'habitude de
n'entendre proférer, d'après les diplômes du
Miniftère que cette expreffion impôt, n'a-t-elle
pas peu contribué à la perpétuation de l'efcla-
vage des Peuples, & à conferver fi long-tems
en eux les difpofidons à fe plier tous les
caprices de ceux qui fe prévaloient graduelle-
PERPÉTUEL. r-
A a
t ment de leur Surprenante docilité. C'en ainfi
que par l'influence des mots, le Clergé, au
moyen de l'invention de ceux dons gratuits,
fuhfldes & fecours accordés &c conferva par
des vues bien autrement réfléchies l'heureux
avantage de paroître, dans le fait, rendre tou-
jours de nouveaux fervices à l'Etat tandis qu'au
vrai il ne lui abandonnoit que ce qu'il n'auroit
point paru décent qu'il lui refusât.
S. IL
Origine & néceffité des contributions.
Les fyftêmes diffèrent à cet égard comme
poër tous les autres objets de recherches, re-
lativement auxquels il faut percer dans la nuit
des tems. Les uns prétendent que l'invention
de la taille eft due au Gouvernement féodal,
que ce furent les poffefleurs des grands fiefs
qui, les premiers, l'exigèrent lors des concef-
fions qu'ils firent à ceux qui leur étoient fou-
irais & qu'à l'époque où nos Rois parvinrent
à fe mettre à la place de ces Seigneurs, connus
fous la qualification de Grands -Vaflaux de-la
Couronne ils continuèrent à percevoir l'im-
pofition de la taille fut les anciens ferfs, de-
venus fujets immédiats de la Monarchie. D'autres
Cadastre
font remonter l'établulèment des impoGtions
au tems de l'inftitution des Sociétés, pat la
raifon qui paroît auez plaufible, que, dès que
différons individus concourent, par l'organifa
tion des loix arrêtées entr'eux à (ê procurer
des avantages réciproques, il s enfuit nécef-
fairement que chacun d'eux eft obligé de fe
prêter auffi à concourir aux befoins communs,
en raifon de la portion qu'il retire de ces
mêmes avantages.
Ce dernier raifonnement nous a paru le plus
vraifemblable, & être exaâemeat celui que fon
peut établir pour juftifier l'indifpenfable nécef-
fité des contributions.
Il peut cependant ne point détruire le pre-
mier fyfîême. L'ariftocratie féodale étoit une
forte d'inilitution fociale. Les grands valfaux,
maîtres au point qu'à peine reconnoiflbient-ils
la fuzeraineté purement honorifique qu'avoit
fur eux le Monarque, étoient- vraiment fou-
verains à l'égard des ferfs nos aïeux. La taille
que ceux-ci leur payoient, étoit repréfentative
des impofitions dont nous nous liquidons au-
jourd'hui vers le Roi, & qu'ils ne lui acquit-
toient point alors, en ce qu'ils étoient dans
la feule dépendance immédiate des Seigneurs.
Ces derniers étoient cenfés obligés de les dé-
fendre contre toute Fuiuance étrangère, & ils
PERPETUEE; f
A3
avoîent au maintien de l'intégrité leurs
Seigneuries, le même intérêt qu'ont n Rois
à la confervation de leurs Provinces.
S. III.
J? ne doit exifter que deux fortes de contr&a-
lion$. L'une perfonnelle, & l'autre réelle.
Du moment qu'il eft reconnu que h con-
tribution aux charges de la fociété eft dTobl-
gation pour tous ceux qui, comme «Hwhi're
de cette Société, participent à fes avantages,
l'examen qui doit fuivre cette vérité fondamen-
tale, paraît être celui qui peut conduire %faim
connoître comment, & en quelle mefure chaque
individu doit concourir à cette contribution.
Si chacun de nous, content de fon fort,&
n'ambitionnant rien pouvoit fe renfermer tran-
quillement dans fon état, & ne point troubler
en aucune façon celui des autres, il eft clair «jœ
la fociété fe conferveroit fans qu'il fik Ixfoin
de recourir des loix qui ne pourroient rien
ajouter à un fi bel ordre. Aînfi nulle dépose
néceflaire pour le foutien du Gouvernemem,
puifque l'Adminiflration fe maintiendroit d'dk-
même, ou que plutôt il ne faudroit point d*ad-
nùniftration. Mais telle eft fimperfe$ion atta-
6 Cadastre
duce omette nacmre, qu'il «II indifpenfàblement
d'établir entre nous des loix & des
regks fkos k fireàn dçfigndBes nos paffions nous
poitt^aâantksŒiniscooMre les autres à des excès
cesse Êaeîété de pouvoir fubfifter.
Ces règles & ces Voix ne peuvent être mires
en aâiosa par chaque individu en particulier. Il
faut, peior leur donner une force relative à
Fd&c qui doit en iéfidfeer, que l'exercice en
foïit opôné par une dfSoàaûon de tous les mem-
tnres es Sa ïbacttc qui s'y foumet. Mais, comme
il mi'teiiS point «npru-ilEithn» que chacun de .ces
memÊsmsiiuk employé à cet objet, une grande
paintue ^codtr'eoix forme la convention de s'oc-
de tes imtftvts particuliers, & de
fi
Car amrassgemenit néceffite Pobîigation par
h cnanmeitlatnte, de fournir aux dépenfes
la partie commife, & ces dé-
pendes, pour la dhofe coonmine font précifé-
susâc ifoîajet de ce que Ton appelle contri-
Le fizemâet foin de la partie commue devant
ttro de veiler à la coulervation de Fexiftence
pînjÊjjBe des petfomsacs, de les prémunir contre
tmszss les anaqmes «pi pourroient leur être
f ERPÉTUIL
A*
lancées, tant du dedans que du de6ors; il *fen-
fuit que chacun, retirant le même avantages de
ce foin, doit contribuer, en proportion de les
farces, au foutien des établiflemero qui affinent
cette confervation perfonnelle. De-là b. nccef-
fité de la contribution pçrfoimette.
Un fécond point d'obligation de la part des
mandataires de la fociété, c'dl de veiller â 1a
confervation de la propriété de chaqcs indi-
vidu &, comme chacun retire plus ou moins
d'avantages de cette protection des propriétés,
en raifon du plus ou du moins qui lui, en eft
dévolu, il eft de droit commua que chacun
doit contribuer en proportion de ce qu'il a, au
foutien des établilfemens qui affinent cette con-
fervation des biens réels. De-Ià la néceffité &
la mefure de proportion de la contribution
ritOe.
TeUe eft la divifion que nous avons cm
pouvoir faire des contributions aux charges de
la Société, & il nous a paru qu'à ces deux
dénominations, contribution personnelle
ET CONTRIBUTION RLELLE, touteS les charges
publiques quelconques devoient fe trouver ré-
duites.

Un pour Un
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