Charte de la Route de Jérusalem

De
Publié par

Charte de la Route de Jérusalem

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 188
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins
1
CHARTE de
l’Association Suisse « Route de Jérusalem »
1.
Définition générale.
La Route de Jérusalem est une pratique expérimentale non-violente qui tente de cerner la
nature des conflits humains et de rendre compte de l'épaisseur existentielle qui s'y exprime.
Elle reconnaît dans la ville de Jérusalem, revendiquée comme un lieu saint par les trois
religions monothéistes, un espace de référence permanente où se noue l'écheveau de tous
les affrontements actuels au Proche-orient. Elle la considère en outre dans sa dimension
mystique comme un élément fondamental de notre imaginaire collectif.
L'axe central de cette pratique est formé par une marche qui s'effectue suivant des
itinéraires traversant par le nord l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie, la Roumanie et la
Bulgarie, par le sud l'Italie et l'ex-Yougoslavie pour converger vers la Grèce, la Turquie, la
Syrie, le Liban, la Jordanie, la Palestine et Israël. Les nombreuses personnes qui acceptent
de devenir les jalons de ce parcours constituent ce qu'il est convenu d'appeler la Chair de la
Route. Ces rencontres personnelles représentent l'ancrage dans l'avenir d'un corps
désarticulé à la recherche de son unité fondamentale. La marche met en lumière chez eux
comme chez les marcheurs, des potentiels humains insoupçonnés mais aussi des limites.
2.
Quelle Paix recherche la Route de Jérusalem ?
Bien que non dénuée de dimension utopique, la Route de Jérusalem ne fabrique pas de
discours
a priori
sur les réalités que rencontre sa démarche. Elle adopte une attitude de
non
savoir
destinée à favoriser chez "l'autre" l'émergence d'une parole irréductiblement différente,
inscrite dans l'histoire et la mémoire collectives de son peuple.
Elle est amenée à constater que si tous les processus de paix sont compliqués par des
facteurs qui échappent la plupart du temps à la maîtrise des principaux intéressés, la
restauration des conflits dans les raisons mêmes qui les suscitent, peut provoquer chez
beaucoup une modification considérable du regard sur soi-même et sur l'adversaire.
La démarche de la Route de Jérusalem s'efforce de recentrer les problèmes en priorité sur
la personne humaine. Autrement dit, la paix à laquelle aspire la Route de Jérusalem passe
préalablement par la reconnaissance mutuelle des individus et des peuples d'une même
condition humaine. L'affirmer ainsi, engage la Route de Jérusalem à poser progressivement
les fondements d'une pédagogie du regard qui fait d'elle une Ecole de la paix.
3.
Vivre Autrement la Présence au Monde.
En ce sens la Route de Jérusalem est un outil offert à qui veut s'en servir selon un
consensus minimum dégagé plus haut. Sa pratique est portée par un état d'esprit qui
s'exprime dans la vie quotidienne de chacun.
Par-delà les engagements personnels de ses membres, le groupe adopte face aux
évènements une position de neutralité qui ne l'empêche pas de prendre position lorsque la
situation l'exige. Il ne pourra éviter cependant les qualificatifs partisans qu'on lui accolera
selon les circonstances (pro palestinien ou sioniste, conservateur ou progressiste, papiste
etc.).
La Route de Jérusalem affirme que la complexité des phénomènes humains ne peut être
saisie que par une mise à distance raisonnée et dépassionnée qui seule permet de dégager
toutes les composantes du problème. Ce refus de parti pris favorise un dialogue permanent
avec les personnes (les forces en présence) et contribue ainsi à une meilleure écoute par
l'autre d'une identité telle qu'elle se dit elle-même. La Route de Jérusalem se trouve être ainsi
au carrefour de plusieurs sensibilités qui la modèlent en la parcourant. Elle laisse entrevoir un
2
au-delà de nos contingences, plus ample, plus vaste, qui ouvre sur l'horizon infini de l'univers
et la possibilité réelle d'un "vivre-autrement-la-présence-au-monde".
4.
Route de Jérusalem et dimension spirituelle du monde.
La démarche fondamentale de la Route de Jérusalem s'appuie incontestablement sur un
acte de foi en l'Homme, enfant de Dieu ou simple mortel, enraciné dans l'Espace et le Temps.
Son intuition spirituelle la conduit cependant à interroger le rôle des religions
institutionnelles lorsqu'elles apparaissent comme l'un des facteurs compliquant les processus
de paix. Il s'ensuit alors :
-
que cette démarche conduit le marcheur à rencontrer par la médiation de la personne
humaine située concrètement en un lieu, un peuple, une histoire, le mode de sa relation à
la Transcendance, sous la forme religieuse qui y a pris naissance,
-
qu'elle contribue à retrouver positivement, grâce aux liens d'amitié noués avec chaque
personne, la réalité globale dans laquelle elle est insérée.
Lausanne 16.5.05
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.