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Conseil de presse du Québec ( Association raelienne des minorités sexuelles - ARAMIS) A l'attention du directeur de l'information: Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information - Décision - Numéro de dossier : D2006-09-015 MONTREAL, le 24 avril /CNW Telbec/ - > RESUME DE LA PLAINTE M. Damien Francoeur porte plainte contre la revue mensuelle Le Point, au nom de l'Association raelienne des minorités sexuelles (ARAMIS), concernant un article intitulé "Exécutions d'adolescents homosexuels en Iran - Processus d'une enquête raelienne bâclée", paru en septembre 2005 aux motifs principaux de diffusion d'informations inexactes, de discrimination et de refus d'un droit de réponse. GRIEFS DU PLAIGNANT M. Damien Francoeur, représentant l'Association raelienne des minorités sexuelles (ARAMIS), porte plainte à l'endroit de la revue Le Point concernant un article intitulé "Exécutions d'adolescents homosexuels en Iran - Processus d'une enquête raelienne bâclée", paru en septembre 2005. L'article était signé Le Point. Cet article revenait sur un communiqué de presse que Le Point attribuait aux raeliens. Ce communiqué, diffusé le 1er août 2005 selon le magazine, concernait l'exécution de deux adolescents homosexuels en Iran et appelait le public à participer à une manifestation devant l'ambassade d'Iran.
Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Conseil de presse du Québec ( Association raelienne des minorités sexuelles - ARAMIS)
A l'attention du directeur de l'information:
Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information -
Décision - Numéro de dossier : D2006-09-015
MONTREAL, le 24 avril /CNW Telbec/ -
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Numéro de dossier : D2006-09-015
Plaignant
Association raelienne des minorités sexuelles - ARAMIS
M. Damien Francoeur, représentant
et
Mis-en-cause
M. Roger-Luc Chayer, rédacteur en chef
M. François-Robert Lemire, éditeur
La revue mensuelle Le point
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RESUME DE LA PLAINTE
M. Damien Francoeur porte plainte contre la revue mensuelle Le Point, au
nom de l'Association raelienne des minorités sexuelles (ARAMIS), concernant un
article intitulé "Exécutions d'adolescents homosexuels en Iran - Processus
d'une enquête raelienne bâclée", paru en septembre 2005 aux motifs principaux
de diffusion d'informations inexactes, de discrimination et de refus d'un
droit de réponse.
GRIEFS DU PLAIGNANT
M. Damien Francoeur, représentant l'Association raelienne des minorités
sexuelles (ARAMIS), porte plainte à l'endroit de la revue Le Point concernant
un article intitulé "Exécutions d'adolescents homosexuels en Iran - Processus
d'une enquête raelienne bâclée", paru en septembre 2005. L'article était signé
Le Point.
Cet article revenait sur un communiqué de presse que Le Point attribuait
aux raeliens. Ce communiqué, diffusé le 1er août 2005 selon le magazine,
concernait l'exécution de deux adolescents homosexuels en Iran et appelait le
public à participer à une manifestation devant l'ambassade d'Iran. L'article
du Point dénonçait le fait que les raeliens se servaient de cette exécution
pour attirer l'attention sur leur groupe. C'est pourquoi il prétendait
rétablir la véracité des faits concernant les motifs de l'exécution de ces
adolescents. En effet, selon le communiqué de presse, ils auraient été
exécutés en raison de leur homosexualité, mais, selon Le Point, ils l'ont été
pour avoir violé un autre adolescent.
Le plaignant considère d'abord que Le Point a manqué d'impartialité et a
discrédité l'information parue dans le communiqué de l'ARAMIS. Le Point aurait
ainsi utilisé des expressions qui indiqueraient son préjugé à l'égard de cette
association, telle que "comme la source est d'ordre sectaire
religieuse (sic)".
M. Francoeur estime que Le Point aurait aussi porté des accusations non
fondées envers le groupe l'ARAMIS et que l'article raconterait des faussetés.
Il allègue que l'article ne préciserait pas que l'action dont parle le
communiqué de presse a été organisée par l'ARAMIS Canada et non par le
mouvement raelien. Par ailleurs, le plaignant met en cause la véracité des
informations contenues dans l'article du Point, concernant les motifs de la
condamnation des adolescents. Il s'interroge aussi sur la validité des sources
de cette information que Le Point présente comme étant "la plupart des fils de
presse" et des "sources plus sûres comme CNN et certaines agences de presse
européennes". Il ajoute que l'information donnée par le journal est
incomplète. En effet, le magazine écrit que "l'exécution (...) portait non pas
sur l'homosexualité des deux jeunes sur la photo mais bien sur un acte
criminel se méritant la peine de mort en Iran". Or, le plaignant précise que
l'homosexualité est passible de la peine capitale en Iran.
Le plaignant reproche aussi au magazine de ne pas avoir vérifié ses
informations dans la mesure où Le Point accuserait l'ARAMIS de ne pas être
crédible, alors que celle-ci aurait des membres sur place qui auraient vérifié
l'information.
En outre, M. Francoeur précise que Le Point n'a pas cherché à contacter
l'ARAMIS, alors que Le Point affirme dans son article qu'"au moment de
confronter la porte parole des raeliens sur cette information quelque peu
tordue et manipulée, cette dernière ne pouvait expliquer une telle méprise
tout en se refusant de la corriger".
Le grief suivant concerne l'utilisation péjorative du terme "sectaire"
pour appuyer la discrimination et les fausses accusations. Le plaignant
considère qu'en traitant l'ARAMIS de groupe sectaire, Le Point attaque sa
crédibilité et la discrédite. Il prend comme référence une décision du Conseil
dans laquelle il est indiqué que "l'acceptation du mot "secte" glisse
progressivement vers un sens de plus en plus péjoratif" et où le Conseil
"invite les journalistes et les médias à la prudence dans l'utilisation de ce
terme pour ne pas donner à leurs propos un sens qu'ils n'ont pas". Il ajoute
que l'ARAMIS n'est pas un groupe religieux, même si la majorité de ses membres
sont raeliens.
Le plaignant estime ensuite que Le Point aurait voulu discriminer et
discréditer l'ARAMIS et ses membres qui combattent toute forme de
discrimination. Il considère que le journaliste laisse parler ses préjugés,
sous le couvert de journalisme d'enquête, et qu'il discrédite l'ARAMIS parce
que ses membres sont associés au mouvement raelien. Il dénonce d'ailleurs le
fait que le journaliste associe le mouvement raelien et l'ARAMIS. Selon le
plaignant, l'article est insultant et doublement discriminatoire à l'endroit
de l'ARAMIS puisqu'il prend la forme d'une incitation à la haine contre un
groupe minoritaire dont les membres adhèrent à une philosophie religieuse
minoritaire.
Enfin, selon le plaignant, Le Point aurait manqué au droit de réponse du
public. Le plaignant allègue que, malgré les effets nocifs envers la
réputation de l'ARAMIS et le fait que cet article laisse planer un doute sur
les accusations de manipulation, Le Point aurait refusé de publier la réponse
de l'organisme à cet article.
COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE
Commentaires de Roger-Luc Chayer, rédacteur en chef et
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François-Robert Lemire, éditeur
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Le mis-en-cause soulève le fait que la plainte soit arrivée au Conseil le
5 septembre 2006 et que l'édition du magazine en cause, soit le numéro 35, a
été publié le 1er septembre en version papier. Il se demande donc si la
plainte est recevable, puisque l'article 3.6 du règlement sur le traitement
des plaintes prescrit le dépôt de toute plainte à un an après la publication
de l'article. Il précise que si l'article est signé Le Point, c'est pour
raison de pratique interne.
Concernant le grief du plaignant selon lequel l'article associerait
l'ARAMIS et le mouvement raelien, le mis-en-cause répond que le plaignant
représente un groupe qui n'était pas l'objet de l'article, qui n'a pas été
cité dans l'article et dont il ne connaissait même pas l'existence avant la
plainte. Aussi, le communiqué cité ne venait pas de l'ARAMIS mais du site
www.raeliangay.org
. Ainsi, le mis-en-cause considère que l'accusation du
plaignant selon laquelle Le Point aurait des préjugés envers l'ARAMIS n'est
pas fondée. Le mis-en-cause ajoute qu'il n'a pas reçu de plainte venant des
raeliens, mais qu'il a reçu des commentaires de la part d'un raelien, qui
parlait en son nom propre.
Concernant le grief pour information inexacte, quant aux motifs de la
condamnation des adolescents, le mis-en-cause répond que l'article ne
concernait pas cette exécution mais la récupération qu'en a fait le mouvement
raelien. Il précise que Le Point n'a pas donné d'opinion sur les motifs menant
à l'exécution des adolescents ni sur leur homosexualité. Aussi, l'objectif de
l'article était de mettre en évidence qu'un groupe sectaire s'était servi
d'une nouvelle non confirmée et biaisée pour se donner de la crédibilité
auprès d'une communauté à laquelle s'adresse la revue Le Point. Il ajoute que
l'ambiguité de la nouvelle concernant l'exécution des adolescents en Iran a
fait l'objet de plusieurs reportages dans les médias internationaux et donne
l'exemple d'un reportage de la BBC sur le sujet.
Quant au grief du plaignant selon lequel Le Point aurait de mauvaises
intentions envers l'ARAMIS ou les raeliens, le mis-en-cause répond que ce
n'est pas le cas, le magazine ayant déjà publié des textes positifs sur les
raeliens.
Le mis-en-cause commente ensuite le grief ayant trait à la demande de
réplique des plaignants. Il admet avoir reçu un courriel de M. Francoeur titré
"Droit de réponse", mais il répond qu'un tel droit de réplique n'existe pas.
Par ailleurs, il ajoute que, avant de publier une telle réplique, il aurait
fallu s'assurer de l'identité de M. Francoeur, du statut de l'ARAMIS et de
celui de M. Francoeur au sein de cette association. Cela n'aurait pas été
possible, puisque M. Francoeur n'aurait pas répondu aux demandes de
renseignements du Point. Aussi, sans ces renseignements, pourtant exigés dans
le cadre de la procédure à suivre pour répliquer ou contribuer à un texte dans
Le Point, et qui est publiée sur Internet, la démarche de M. Francoeur n'a pu
aboutir. Le mis-en-cause ajoute que, dans la mesure où le plaignant n'était ni
mentionné, ni concerné pas l'article, exiger un tel droit de réplique était
inopportun.
Concernant l'utilisation du mot "sectaire", le mis-en cause répond qu'il
est de notoriété publique que le mouvement raelien n'est pas une religion et
qu'il n'a pas de statut d'organisme religieux. Il ajoute que le mot "sectaire"
est utilisé par les médias du monde entier pour qualifier le mouvement raelien
et que Le Point n'a rien inventé. Il affirme par ailleurs que Le Point a
utilisé l'expression "d'ordre sectaire religieuse (sic)" pour qualifier les
raeliens, ce qui atténuerait l'impact du mot "sectaire". Aussi, il considère
que les reproches du plaignant concernant l'utilisation de ce mot ne relève
pas du Point mais de l'usage.
REPLIQUE DU PLAIGNANT
Le plaignant n'a pas présenté de réplique dans le présent dossier.
DECISION
Le présent dossier oppose M. Damien Francoeur, le plaignant représentant
l'Association raelienne des minorités sexuelles (l'ARAMIS), à la revue
Le Point. Cette dernière, la mis-en-cause, soulevait avant tout la question de
la recevabilité de la plainte, celle-ci ayant été soumise au Conseil le
5 septembre 2006 alors qu'elle concernait un article paru dans l'édition du
Point publiée le 1er septembre 2005. Le Conseil estime que cette plainte a été
déposée conformément au règlement en vigueur au moment où elle a été reçue et
qu'elle est recevable.
La plainte concernait un article intitulé "Exécutions d'adolescents
homosexuels en Iran - Processus d'une enquête raelienne bâclée" qui, à partir
du contenu d'un communiqué de presse qu'il attribuait aux raeliens, faisait
état d'une enquête effectuée par Le Point quant à la valeur de l'information
que diffusait ce communiqué. L'enquête du Point concluait à la manipulation
d'information par les raeliens.
Les principaux griefs soulevés par le plaignant avaient trait au manque
de vérification, à l'utilisation de sources d'informations douteuses, à la
diffusion d'informations inexactes et au refus d'un droit de réponse. Le
plaignant reprochait aussi au mis-en-cause d'avoir fait preuve de partialité
et de discrimination, et d'avoir discrédité l'ARAMIS.
D'abord, ayant observé que l'article mis en cause est à la limite entre
l'information et l'opinion, le Conseil invite Le Point à être plus explicite
quant à l'identification des genres journalistiques de ses articles.
En premier lieu, le plaignant considérait que l'article du Point
comportait des inexactitudes ayant trait à l'origine du communiqué de presse
c'est-à-dire que Le Point aurait associé l'ARAMIS et le mouvement raelien. Le
mis-en-cause soutenait qu'il ignorait l'existence de l'ARAMIS avant d'avoir
reçu la plainte et que le communiqué ne venait pas de l'ARAMIS mais du site
www.raeliangay.org
. Or, il appert que ce site Internet est celui de l'ARAMIS
international. Ainsi, bien que liées, l'ARAMIS et le mouvement raelien sont
deux entités différentes. Le Conseil considère toutefois que cette
inexactitude est mineure dans le contexte global de l'article. Le grief est
rejeté.
M. Francoeur estimait aussi que l'article du Point contenait d'autres
informations inexactes cette fois concernant les motifs d'exécution des
adolescents iraniens. Les deux parties au présent dossier soutenaient des
thèses contradictoires issues de deux sources différentes. Pour appuyer son
argumentation, Le Point donnait l'exemple d'un reportage de la BBC et
prétendait s'appuyer sur ce type d'article. Or, le reportage de la BBC déposé
au dossier spécifie que les motifs d'exécution ne sont pas clairs et fait
ensuite état de la version des associations pour les droits des homosexuels et
celle du gouvernement iranien.
Pour sa part, l'article du Point nie la première version et prend parti
pour la seconde. Le grief pour inexactitude de l'information est donc retenu.
Puisque l'article n'est pas identifié comme du journalisme d'opinion, Le Point
aurait aussi dû rapporter les deux versions sans prendre parti.
Le plaignant considérait que les sources du Point étaient douteuses. Or,
celui-ci, pour contre-vérifier l'information diffusée dans le communiqué de
l'ARAMIS, dit avoir tiré ses propres informations de "CNN et (de) certaines
agences de presse européennes", qui sont des sources d'information crédibles.
Le plaignant reprochait aussi au Point de ne pas avoir contacté l'ARAMIS, ni
le mouvement raelien. Or, le communiqué de presse de l'ARAMIS, qui constitue
son point de vue officiel, a été repris dans l'article. Ainsi, les griefs
concernés sont rejetés.
Ensuite, le plaignant reprochait au mis-en-cause de lui avoir refusé un
droit de réplique. Bien que le droit de réplique ne soit pas automatiquement
accordé, le Conseil précise que les médias ont le devoir de favoriser un droit
de réplique raisonnable du public face à l'information qu'ils ont publiée et
qu'ils doivent, lorsque cela est à propos, permettre aux personnes et aux
groupes de répliquer aux informations et aux opinions qui ont été publiées à
leur sujet ou qui les ont directement ou indirectement mis en cause. A cet
égard, le Conseil constate que Le Point s'est doté d'une politique concernant
le droit de réplique mais considère que les motifs invoqués par le
mis-en-cause ne justifient pas le fait de ne pas avoir donné ce droit de
réplique à M. Francoeur. En effet, selon le site
www.raeliangay.org
, cité dans
l'article et directement lié à l'ARAMIS, il est clair que M. Francoeur est le
président de l'ARAMIS Canada et que cette association existe bel et bien. Le
grief pour refus de droit de réponse est retenu.
M. Francoeur accusait Le Point d'avoir qualifié l'ARAMIS de "sectaire",
alors qu'elle n'est pas une association religieuse. Or, ce n'est pas l'ARAMIS
que Le Point a qualifié de source "d'ordre sectaire-religieuse (sic)" mais les
raeliens. Or, dans la mesure où le mouvement raelien est considéré comme
sectaire dans de nombreux pays et que ce mot est largement répandu dans les
médias pour le caractériser, l'utilisation du terme sectaire pour qualifier la
source du communiqué était raisonnable, d'autant plus que l'ARAMIS est, comme
son nom l'indique, une association raelienne. Le grief pour terme impropre
soulevé par le plaignant n'est donc pas retenu.
M. Francoeur considérait que Le Point avait fait preuve de partialité et
avait discrédité l'ARAMIS, en alléguant que, parce que celle-ci était une
source "d'ordre sectaire-religieuse (sic) et que les raeliens sont très
impliqués dans leurs croyances, un peu de discernement ne pouvait faire de
mal". Il appert que Le Point a vérifié une information issue d'une source
sectaire comme il aurait vérifié n'importe quelle information issue d'un
groupe qui défend ses propres intérêts. De plus, ce n'est pas l'ARAMIS que
visait l'article mais les raeliens. Les griefs relatifs à la partialité, à la
discrimination, aux préjugés et au manque de respect sont rejetés.
Enfin, le plaignant accusait Le Point de diffamation et d'avoir nui à sa
réputation. Or, le rôle du Conseil n'est pas de déterminer s'il y a eu
diffamation ou d'évaluer le degré d'atteinte à la réputation des plaignants,
cela relevant des tribunaux.
Pour l'ensemble de ces considérations, le Conseil retient partiellement
la plainte de M. Damien Francoeur contre MM. Roger-Luc Chayer et
François-Robert Lemire et la revue Le Point, pour manque de vérification ayant
entraîné la diffusion d'informations inexactes et pour refus d'un droit de
réplique. Les autres griefs sont rejetés.
Nathalie Verge, secrétaire générale
Au nom du comité des plaintes et de l'éthique de l'information
Renseignements: Nathalie Verge, secrétaire générale, Conseil de presse
du Québec, (514) 529-2818,
info@conseildepresse.qc.ca
http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/April2007/24/c8836.html
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