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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Enfants de Partout
Dossier
Traite des enfants, l’esclavage perdure
BICE - 70, boulevard de Magenta - 75010 Paris - Tél. : 01.53.35.01.00 - N° 111 - Août 2007 - Trimestriel - Prix : 2
É o Édito
Enfants esclaves ème au XXI Siècle
a traite des Ítres humains, cÕest lÕesclavage qui se L pratique sous nos yeux Ëme dans lÕEurope du XXI siËcleª. Ces paroles de Maud de Boeur-Buquicchio, SecrÈtaire GÈnÈrale adjointe du Conseil de lÕEurope, sont la meilleure introduction possible ‡ ce numÈro sur la traite des enfants. Notre faÁon de lutter contre cette forme effroyable dÕesclavage reste fidËle au mode dÕinterven-tion du BICE : prÈvention sur le terrain, action coordonnÈe avec dÕautres organisations comme le RÈseau chrÈtien de lutte contre la traite des Ítre humains (COATNET), et un plaidoyer auprËs des instances internatio-nales. Dans ce numÈro, nous avons eu aussi ‡ cÏur de vous faire dÈcou-vrir les rÈsultats du questionnaire que nous vous avions adressÈ. Merci pour vos rÈponses qui nous permettront dÕamÈliorer encore notre information. Merci aussi ‡ vous tous qui sou-tenez notre action depuis de nombreuses annÈes. Sachez quÕaprËs une annÈe 2005 diffici-le, le BICE va mieux. Vous pour-rez le constater en lisant le rap-port du trÈsorier sur nos comptes 2006 en supplÈment.
P.2 Edito Coup de cœur Vivre la résilience
P.3 Le BICE en bref
P.4-5 Dossier Traite des enfants, l’esclavage perdure
Yves Marie-LanoÎ PrÈsident du BICE
P.6-7 Projets en action Côte d’Ivoire : Face à une recrudescence de la traite des enfants
Asie : Apprendre à se protéger des abus, de la traite et de l’exploitation
Supplément :Note sur l’Exercice comptable 2006
Coupdecœur Le logo du BICE fait peau neuve C’est avec plaisir que l’équipe du BICE vous présente sa nouvelle identité visuelle… un changement en douceur puisque le message du logo reste le même. Trois personnes, trois regards : Lara : ´JÕaime lÕarrondi des bras de lÕadulte qui protËge lÕenfªant. LÕadulte est reprÈsentÈ en retrait, il accompagne lÕenfant. Il est dÈfenseur de la dignitÈ et de lÕintÈrÍt supÈrieur de lÕenfant.
CÈdric : ´CÕest un logo trËs dynamique, trËs vivanªt. LÕenfant est debout, dans une position dÕo˘ jaillit la vie. Pour le BICE, il est essentiel dÕaider lÕenfant ‡ dÈcouvrir le sens de sa vie et de valoriser sa capacitÈ de rÈsilience.
Marie : ´On a lÕimpression que lÕenfant fait ses premiers pasɪ LÕadulte et lÕenfant tendent les bras lÕun vers lÕautre, partenaires dans une dÈmarche commune. LÕenfant participe ainsi de maniËre active et crÈative ‡ son propre dÈveloppement. Les bras protecteurs de lÕadulte, tendus vers ceux de lÕenfant suggËrent un Ïil. Il symbolise la vigilance que le BICE doit exercer dans la protection des droits de lÕenfant.
Vivre la résilience
Des racines pour que la vie reprenne…
´On choisit pas ses parents, on choisit pas sa familleª. Comme le chante Maxime Le Forestier*, la famille reste le premier lieu o˘ la vie est accueillie. Accueil heureux la plupart du temps, lÕenfant y a ses racines et sÕy dÈveloppe. Mais parfois ces racines ne prennent pas ou sont coupÈes. La traite des enfants est lÕun des plus brutaux de ces arrachements. MalgrÈ les cÈlÈbrations rÈcentes de l'abolition de l'esclavage, cette pratique inhumaine continue ‡ exister. Il ne sÕagit pas seulement dÕabandon mais aussi de trahison dont le sens Èchappe ‡ lÕenfant. LÕeffet est destructeur et le dessein souvent terrible : il sera couramment victime dÕabus et dÕexploitation. Certains contes commeLe petit poucetillustrent la peur uni-verselle de lÕabandon et la violence faite ‡ lÕenfant. DÈj‡, dans notre tradition biblique, il y a lÕhistoire du jeune Joseph, vendu par ses propres frËres comme esclave. Joseph qui, devenu vice-roi dÕ…gypte a pardonnÈ ‡ ses frËres. DÕautres enfants ayant subi de tels drames sont devenus eux aussi des adultes Èpanouis. Violemment dÈracinÈs, ils ont repris pied dans la vie gr‚ce ‡ l'accueil ou la rencontre d'une personne, un accompagnement solide, en renouant parfois aussi avec leur propre famille. Ils ont situÈ avec luciditÈ leur abandon dans leur histoire et ils ont pu construire leur vie. LÕhomme nous Ètonne par sa capacitÈ de reprise, le dÈbut dÕun processus difficile et fragile : la rÈsilience. Mais certains ne peuvent pas se relever seuls. Voil‡ pour-quoi il est vital de les accompagner. Ils pourront peut-Ítre alors s'en sortir... *Maxime Le Forestier, NÈ quelque part
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Stefan Vanistendael,
Recherche & DÈveloppement
Stefan Vanistendael anime des formations et des confÈrences avec des profession-nels et des bÈnÈvoles dans diffÈrents domaines. Ce contact direct avec les gens du terrain nourrit ses rÈflexions sur la rÈsilience o˘ entrent en jeu des ÈlÈments commelÕhumour, la spiritualitÈou la philosophie pour les enfants. Ces rÈflexions sont une source dÕinspira-tion pour le BICE et dÕautres acteurs.
Le BICE
D Cet do au vot
Harisoa Rija01 53 35 01 0 ´ ProtÈger, aider, sec Ce sont les termes que soutien au BICE. Des de dÈfendre les droits et la dignitÈ de lÕenfant. Parmi les actions que nous menons, vous alertez sur lÕurgence de ´la protection des enfants les plus vulnÈrablesª, ainsi que sur ´la lutte contre lÕexploitation sexuelle de lÕenfancª.eMais vous signalez aussi que ´tout est impor-tantª. Votre dÈsir : que le BICE agisse en prioritÈ pour amÈliorer le sort des ´enfants les plus malheureuxª, sans distinction. CÕest ce que le BICE sÕefforce de faire avec dÈtermination et discernement auprËs de tous les enfants.
´ Tant de souffrance ‡ soulagerÉ ª Pour ce qui est des rÈgions du monde dans lesquelles nous intervenons, vous souhaiteriez que le BICE soit prÈsent ´partout, sur tous les continentsª. Nous ne pouvons Ítre partout mais nous agissons avec efficacitÈ et durablement dans 30 pays o˘ les besoins des enfants sont trËs pressants. Cette consultation a confirmÈ Ègalement notre certitude : votre grande gÈnÈrositÈ. Vous soutenez bien dÕautres causes et organisations que la nÙtre. Votre prÈsence et votre engagement ‡ nos cÙtÈs nous encouragent ‡ tout mettre en Ïuvre pour mÈriter toujours plus votre confiance. Merci encore pour votre volontÈ de continuer ‡ soutenir les actions du BICE car sans vous, rien ne serait possible. Vos encouragements nous vont droit au cÏur : ´Bravo ! Le monde aura besoin dÕassociations comme la vÙtre enco-re bien longtempsª ; ´Avec mes salutations pour le bon travail que vous faitesª ; ´Je vous remercie de votre dÈvouement et de votre courageª.
Ëme De cette consultation ‡ lÕorÈe de notre 60 anniversaire, nous res-Ëme sortons plus unis, plus forts et plus dÈterminÈs pour entamer une 7 dÈcennie dÕactions en faveur de lÕenfance. Vous Ítes trËs nombreux ‡ nous dire simplement : ´Continuez !ª. Oui, ensemble, continuons ! Le BICE continuera dÕagir pour chaque enfant, gr‚ce ‡ chacun de vous.
Au BICE, les bénévoles et l’équipe du BICE traitent les cour-riers de réponse et découvrent les témoignages que vous nous avez fait parvenir.
Le BICE accueille sa nouvelle Secrétaire Générale
Virginie Dhellemmes a pris en mai 2007 la succession de Nicole Pierlot-Boschaert comme SecrÈtaire GÈnÈrale du BICE. MËre de trois enfants, elle tÈmoigne dÕune volontÈ dÕengagement fort en faveur des droits de lÕenfant ainsi que dÕune solide connaissance du terrain puisquÕelle conduisait depuis 2003 les projets du BICE en Asie en tant que DÈlÈguÈe rÈgionale. Nous lui souhaitons beaucoup de succËs dans cette nouvelle responsabilitÈ.
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Terdure raite des enfants, l’esclavage p Le 10 mai dernier, la France commémorait l’abolition de l’esclavage et inaugurait cette journée nationale en qualifiant l’esclavage par les mots de son Président de la République de BLESSURE. «Une tragédie dont tous les continents ont été meurtris. Une abomination perpétrée, pendant plusieurs siècles, par les Européens». Une abomination condamnée unanimement et qui pourtant, ne cesse de se développer. Près de 2,45 millions d’enfants et de femmes dans le monde sont exploités dans l’agriculture, les mines ou le commerce sexuel. Si ce phénomène affecte d’abord les pays pauvres, aucune région du monde n’est épargnée… mina, enfant gabonaise de famille qui lui est ÈtrangËre. Europe jusquÕ‡ 60 fois plus que le A 12 ans a ÈtÈ cÈdÈe par ses Autrement dit, elle est esclave et salaire moyen dans son pays dÕori-parents pour quelques bil- nÕose plus se demander jusquÕ‡ gine. Des estimations qui Èclairent lets et la promesse de recevoir une quand. sur lÕexpansion de la traite - ‡ des Èducation et apprendre ‡ tenir une fins de prostitution, pornographie, maison, selon la pratique africaineLa traite, une violation deset tourisme sexuel - aussi lucrative du "placement des enfants".droits de la personneque les trafics de drogue ou dÕar-Pendant des gÈnÈrations, leshumaineme. Avec des rÈseaux souples et parents ont placÈ leurs enfants chez 30 % des victimes de la traite sont rÈactifs dÈveloppÈs ‡ lÕÈchelle un parent ou un ami de confiance des enfants. EnlevÈs ‡ leur famille mondiale, le commerce dÕÍtres pour qu'ils soient ÈlevÈs. La plupart ou vendus, ils sont conduits par la humains sÕest Ètendu dans les pays du temps, les enfants Ètaient traitÈs ruse ou la force dans une rÈgion sÕouvrant ‡ lÕÈconomie de marchÈ et ÈduquÈs convenablement mais voisine ou au-del‡ des frontiËres comme le Vietnam, la ThaÔlande ou depuis ces 40 derniËres annÈes, des pour rapporter de lÕargent ‡ des lÕIndonÈsie. Un tiers des femmes trafiquants motivÈs par lÕapp‚t du tiers. L‡, ils sont destinÈs au maria- engagÈes dans la prostitution sont gain ont exploitÈ l'extrÍme pauvre- ge forcÈ, ‡ la domesticitÈ, au travail des mineures et la demande ne tÈ de la rÈgion et corrompu cette ‡ haut risque, ‡ la mendicitÈ, au cesse dÕaugmenterÉ Toujours plus pratique traditionnelle. Amina est vol, ou encore ‡ lÕexploitation de filles, toujours plus jeunes ‡ dÈsormais "petite bonne" dans un sexuelle et mÍme, ‡ lÕadoption ou cause du Sida. Il est maintenant pays voisin et appartient ‡ une au prÈlËvement dÕorganes ! banal de dÈcouvrir des fillettes Ce commerce dÕÍtres humains ne dÕune dizaine dÕannÈes sur la scËne cesse de se dÈvelopper par manque de sexe-clubs ! dÕattention des autoritÈs ou par En Afrique de lÕouest, le phÈnomË-manque de lÈgislations spÈcifiques. ne de la traite interne et transnatio-Par ailleurs, les flux de trafics des nale des enfants atteint Ègalement populations sont si complexes que un niveau alarmant. Les garÁons la distinction entre activitÈs illÈga- sont gÈnÈralement exploitÈs les et immigration clandestine est comme ouvriers agricoles et les fil-difficile ‡ Ètablir. Les victimes les comme domestiques. Une petite transportÈes sous la contrainte et togolaise tÈmoigne : ´Il y avait une exploitÈes sont considÈrÈes de sur-femme qui est venue au marchÈ croÓt comme des travailleursacheter du charbon. Elle mÕa trou-migrants illÈgaux. Pour ces enfantsvÈe et a dit ‡ ma mËre quÕune coupÈs de leur environnement etfemme ‡ LomÈ cherchait une fille bafouÈs dans leurs droits fonda-comme moi pour rester avec elle et mentaux, les dommages sont terri-faire les t‚ches domestiques. Elle bles. En devenant la propriÈtÈ dÕunest venue voir ma mËre qui mÕa autre, cÕest leur dignitÈ et leur intÈ-laissÈe partir. La femme a donnÈ de gritÈ qui sont atteintes, et mÍmelÕargent ‡ ma mËre mais je ne sais parfois jusquÕ‡ leur droit ‡ la vie...pas combienª. Dans cette rÈgion, 60 % des femmes et des fillettes L’exploitation sexuelle,font lÕobjet dÕun trafic vers une industrie en pleinelÕEurope, encouragÈ par des fonc-expansiontionnaires de police, des voyageurs Cent mille euros par an et par fille. corrompus, des marieuses instal-Ils seraient 1,2 millions d’enfants à être victimes de la traite chaque Selon Interpol, ce serait en 2005 le lÈes dans les pays dÕaccueil... et année mais ce n’est là qu’une estimation, tant les victimes exploitées clandestinement sont invisibles et exclues.revenu dÕun proxÈnËte installÈ en souvent, la complicitÈ ou la crÈdu-Enfants de Partout n°111 • 4
Vécu : problËme, le Conseil de lÕEurope a Vécu : lancÈ en 2006 une campagne sous Astreints à des travaux forcés, privés d'affection et de soins fami-le slogan "LÕÍtre humain, pas ‡ liaux, les enfants sont traumatisés et profondément déprimés. Ils vendre". Son objectif : sensibiliser en arrivent au point […] où ils ne sont plus capables de communi-les Èlus, les autoritÈs locales et la quer comme le feraient des enfants normaux, en bonne santé. sociÈtÈ civile au problËme de la Quand je leur demandais : « Veux-tu rentrer chez toi ? », il fallait traite en Europe avec lÕentrÈe en que je répète ma question à plusieurs reprises avant qu'ils répon-vigueur en 2008 dÕune Convention dent, comme si, à force d'avoir reçu si souvent des ordres, ils de lÕEurope sur la lutte contre la avaient pratiquement perdu la capacité de parler en leur propre traite. nom et de dire ce qu'ils veulent. » Cette annÈe en France, une centai-Dr Ernest Taylor, ne de professionnels de terrain se Directeur du projet de l'Organisation Internationale pour les Migrations à Accra sont pour la premiËre fois, rÈunis (Ghana sous lÕÈgide du ComitÈ de CoopÈration contre lÕExploitation Sexuelle dont le BICE est membre pour dÈvelopper de nouvelles pers-pectives de coopÈration entre la police, la justice, le secteur social et les collectivitÈs locales. Sur le terrain, les ONG concentrent leurs efforts sur la prÈvention car ´le trafic peut-Ítre stoppÈ avant mÍme quÕil ne dÈmarreª selon lÕassociationTerre des Hommes. Mais les campagnes de sensibilisa-tion manquent parfois leur cible, vÈhiculant lÕimage stÈrÈotypÈe dÕhommes tapis dans lÕombre alors que les responsables sont aussi des membres de lÕentourage ou de la famille. Il faut bien s˚r sensibiliser Fabrique de briques, Népal. les adultes mais Ègalement dÈlivrer « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude, l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. »des messages dÕinformation adap-(Article 4 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948) tÈs aux enfants. Et encore : ´dÈve-lopper une action rigoureuse et litÈ des parents. endurÈ sÕajoutent la clandestinitÈefficace qui protËge les enfants pour les rescapÈes expatriÈes et la[É], aller ‡ la source, Ècouter ce La pauvreté, principaleculpabilitÈ, la honte et la stigmati-que les enfants ont ‡ dire sur le responsablesation ‡ leur retour au sein de leursujet et combler les lacunes dans Beaucoup de parents acculÈs par famille ou de leur communautÈ.notre connaissance des modes de les difficultÈs financiËres ignorenttraficª, affirme une responsable de ou prÈfËrent ignorer que leur enfantUn cadre juridique renforcélÕUnicef. ´Pour dÈjouer les plans court le risque dÕÍtre rÈduit ‡ lÕes- Pour renforcer la protection desdes trafiquants, nous devons dÕur-clavage. Ainsi, Grace 13 ans, droits de lÕenfant, lÕONU a faitgence devenir aussi organisÈs et employÈe initialement comme signer et ratifier un protocole addi-souples quÕeuxª. femme de mÈnage ‡ Manille : tif ‡ la Convention Internationale AujourdÕhui, les efforts dÈployÈs ´Jamais je nÕaurais imaginÈ que jerelative aux Droits de l'Enfant, pour lutter ensemble contre la trai-serais contrainte de me prostituerªte sÕharmonisent de part et dÕautrela vente d'enfants, la . concernant PauvretÈ, corruption, instabilitÈ prostitution et la pornographie des des frontiËres pour que la traite ne Èconomique et politique favorisent mineurs. soit pas une fatalitÈ. la traite signalÈe dans 85 % des Mais lÕEurope doit faire Ègalement pays en situation de conflits. face ‡ ses dÈmons avec ‡ elle seuleCÈcile Pommeron et HÈlËne Teurlais Traditions et discriminations Ègale- plus de 500 000 victimes, dont Sources : Unicef, Bureau International du Travail, Women In Law & Development in ment : dans les Balkans, en Albanie beaucoup dans la pornographie Africa, Terre des Hommes, Conseil de lÕEurope, et au Kosovo, les femmes et les fil- enfantine. Devant lÕampleur du Fondation Scelles. * Revue Èlectronique du dÈpartement d'…tat des les dont la valeur est comparable ‡ …tats-Unis, volume 8, numÈro 2, juin 2003 celle des vaches et des moutons sont commodÈment ÈchangÈes ouCe que dit la Convention vendues. Article 35 Retenues captives pendant des Les États parties prennent toutes les mesures appropriées sur les plans national, annÈes, elles ne sont pas sorties bilatéral et multilatéral pour empêcher l'enlèvement, la vente ou la traite d'enfants pour autant de lÕenfer quand elles à quelque fin que ce soit et sous quelque forme que ce soit. sÕen Èchappent. Au traumatisme Enfants de Partout n°111 • 5
C ôte d’Ivoire Face à une recrudescence de la traite des enfants
e 10 juillet 2006, trois trafiquants accompagnant L quatre enfants ‚gÈs de trois ‡ cinq ans Ètaient arrÍtÈs par la police dans la ville forestiËre d'Aboisso au sud-est d'Abidjan... Le 5 fÈvrier 2007, un groupe de 9 enfants Ètait interceptÈ ‡ Arrivée de jeunes victimes de la traite dans un des centres d’accueil du BICE. la gare de Treichville ‡ AbidjanÉ ´nabÈs, bÈninois, ils errent vers la capitale et sont repris parDepuis le dÈbut de lÕannÈe, il ne se passe pas une semai- ne sans que des enfants victimes de traite ne soient dÈcou- les autoritÈs et confiÈs ‡ des ONG.ª signale DÈsirÈ. Le verts et interpellÈs aux frontiËres de la CÙte dÕIvoirªe.aa ainsi accueilli en urgence 37 enfants victimes de laler- BICE te DÈsirÈ Koukoui, responsable des projets du BICE en traite depuis fÈvrier 2007. CÙte dÕIvoire.Privilégier l’intérêt supérieur de chacun Depuis 2002, la CÙte d'Ivoire est confrontÈe ‡ une rÈbellion Les plus jeunes sont pris en charge au "Centre Sauvetage" et les frontiËres du nord du pays Èchappent au contrÙle de du BICE, les aÓnÈs sont confiÈs au "Centre de RÈhabilitation l'…tat. La porositÈ de ses frontiËres favorise les trafics Erb AloÔs" du BICE o˘ ils reÁoivent un appui psychoaffec-humains des pays frontaliers vers la CÙte dÕIvoire, vÈritable tif pour surmonter les traumatismes subis, des soins de plaque tournante et les rÈseaux de traite dÕenfants se multi- santÈ, et une Ècoute attentive pour identifier leurs aspira-plient. Une prolifÈration inquiÈtante o˘ trafic et traite sont tions. Ceux qui souhaitent retourner dans leur pays d'origi-difficiles ‡ distinguer ! En effet, si comme arguent certains ne sont suivis par le ComitÈ national de lutte contre la trai-convoyeurs pour leur dÈfense : ´les enfants demandentte et l'exploitation des enfants qui dÈcide du rapatriement dÕeux mÍme ‡ passer pour travaillerªavec le concours des bureaux UNICEF des pays concernÈs, la plupart sont enle- vÈs et revendus comme main dÕÏuvre. Les enfants sont pour la prise de contact avec la famille et lÕappui financier aussi vendus ou confiÈs par leurs parents qui croient aux de lÕOrganisation Internationale pour les Migrations. promesses dÕun avenir meilleur... Filles et garÁons sont DÈsirÈ Kouikoui souligne lÕimportance de ´prendre en emmenÈs vers des domaines agricoles comme les planta-compte l'intÈrÍt supÈrieur de l'enfant et sa volontȪ. Ainsi, tions de cacao de lÕouest du pays ou sur des chantiers du le BICE a aidÈ 9 jeunes dÈsireux de ne pas retourner chez secteur urbain o˘ ils seront exploitÈs ; les filles elles, seront eux ‡ trouver des tuteurs (ressortissants de leur village d'ori-cÈdÈes ‡ des particuliers comme domestiques corvÈables ‡ gine) qui ont acceptÈ de les accueillir pour leur assurer une ´-protection et une insertion professionnelle.
Comment enrayer la traite des enfants en Afrique ? Question à Désiré Koukoui, Directeur des actions et des projets du BICE en Côte d’Ivoire
´Tout dÕabord, Ítre auprËs des enfants avec un savoir-faire : le BICE a dÕailleurs participÈ avec des experts ‡ la rÈdaction dÕun manuel de procÈdures sur la prise en charge des enfants victimes de la traite. Mais il faut Ègalement agir ‡ Èchelle nationale. En CÙte dÕIvoire, nous avons initiÈ un RÈseau ivoirien de lutte contre la traite et l'exploitation des enfants regroupant 12 ONG actives dans le domaine. Le BICE a derniËrement participÈ ‡ la rÈdaction de lÕavant projet de loi sur la rÈpression de la traite et des pires formes de travail des enfants. Celui-ci se trouve actuellement sur la table du gouvernement ivoirien pour Désiré Koukoui Ítre soumis ‡ l'AssemblÈe Nationale. RÈcemment, le BICE en sa qualitÈ de membre du ComitÈ national de Lutte contre la Traite et l'Exploitation des enfants a participÈ fin-juillet ‡ une rÈunion dÕexperts pour la mise en place et le suivdÕun plan dÕaction de partenariat ‡ lÕÈchelle de la rÈgion dÕAfrique centrale et de lÕouest*. Les collaborations transfrontaliËres restent malgrÈ tout complexes. Par exemple, malgrÈ les accords multilatÈraux signÈs, lestaÈts "rÈcepteurs" des enfants sont frileux ‡ l'application des accords comme la prise en charge des frais de rapatriement.ª
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* Pays reprÈsentÈs : CÙte d'Ivoire, LibÈria, BÈnin, Nigeria, Burkina Faso, Niger, Mali, GuinÈe et Togo.
A sie Apprendre à se protéger des abus, de la traite et de l’exploitation ´risques dÕexploitation et dÕabus sexuels des enfants en victime de la traite, nous informons immÈdiatement la poli-vec ses partenaires, le BICE sÕefforce de rÈduire les de la disparition de leur fille avec la crainte quÕelle nÕait ÈtÈ Atre elles-mÍmes ces flÈaux. ª rÈsume Sophy SÏur, chargÈe mobilisant les capacitÈs des communautÈs ‡ combat- ce, qui va Ègalement prÈvenir la police des frontiËres. Avec le soutien de la police, nous rÈcupÈrons la jeune fille si elle de projets du BICE en Asie.est mÍlÈe ‡ des activitÈs dÕexploitation sexuelle et commer-PrÈserver les enfants etciale.ª Elle sera accueillie dans un centre dÕaccueil tempo-les femmes de la traite raire, lieu dÕÈcoute et de soins que les partenaires du [1] En Inde et au Cambodge et dÕInde dÈsirent aussi mettre en place pour [2] Cambodge o˘ lÕal- faire face aux situations extrÍmes de dÈtresse. cool et le tourisme [1] Avec RTU, Reaching The Unreached, association partenaire du BICE. sexuel rendent les [2] Avec CCBO, Community Children Based Organisation, association partenaire familles vulnÈrables, le du BICE. [3] Avec Aawaaj, "la voix" en nÈpalais, association partenaire du BICE. BICE intervient auprËs des femmes et des enfants en leur donnant les clÈs pour se prÈser-ver des violences. Gr‚ce ‡ la scolarisa-tion, ‡ des ateliers de Après avoir subi des violences sexuelles, il prÈvention et de sensi-est désormais envisageable de réintégrer bilisation ‡ leurs sa famille sans l’opprobre de la commu-nauté.droits, les enfants savent dÈtecter les situations ‡ risque et osent rompre le silence quand cÕest nÈcessaire. En Inde, la formation de groupes dÕentraide de femmes ainsi quÕun accËs au microcrÈdit leur offrent le Des enfants attentifs pendant un atelier sur la prévention des abus sexuels. moyen dÕÍtre entendues dans les communautÈs en tant quÕactrices du dÈveloppement Èconomique et social. Progressivement, tous sÕinvestissent dans ce combat. Ainsi, un Èducateur cambodgien constate les progrËs accomplis au histoire de Kanchi Gurung, nÈpalaise de 15 ans sein des communautÈs o˘ les enfants pouvaient Ítre vendus Kanchi maltraitÈe par sa mËre et sa belle-sÏur a un moins de 300 dollars il y a quelques annÈesÉ ´Le trafic jour fui le domicile familial. IsolÈe, elle est tombÈe dÕenfants et les violences domestiques o˘ nous travaillons dans la drogue. ´Lorsque je prenais de la drogue, ont nettement diminuÈ. La corruption est importante mais jÕÈtais abusÈe sexuellement par les hommes et les autoritÈs locales et la police collaborent plus avec les jÕignorais tout des risques de transmission du Sida. familles. Quant aux familles, elles sont ‡ lÕÈcoute des Je vivais en marge, bl‚mÈe par la sociÈtÈ. JÕÈtais enfants et acceptent de les laisser aller ‡ lÕÈcolªe.complËtement perdue et je souhaitais mÕen sortir Accueillir les victimes et les aider à retrouver mais je nÕy arrivais pas seule...ª CÕest dans cette leur dignité [3]situation que lÕont rencontrÈe les volontaires Au NÈpal o˘ une chape de silence pËse Ègalement sur les dÕAawaaj. AujourdÕhui, Kanchi a de nouveau le sou-abus sexuels et la traite dÕenfants, un rÈseau de volontaires rire. Elle tÈmoigne : ´je suis heureuse dÕÍtre au cen-dÈterminÈes sensibilise les familles. tre dÕaccueil dÕAawaaj. Je me sens en sÈcuritª.È Irada Gautam, notre partenaire explique : ´Le prÈtexte du Son souhait, retourner ‡ lÕÈcole gr‚ce au programme mariage est souvent utilisÈ pour beaucoup de jeunes filles de scolarisation dÕAawaaj et intÈgrer le centre de qui sont en rÈalitÈ victimes de la traite. Si nous sommes formation professionnelle afin de se prÈmunir contre avertis, nous organisons une mÈdiation communautaire, le trafic, la drogue et les maladies sexuelleme conseillons les parents et fournissons formation et soutien transmissiblesÉ pour un avenir meilleur. Èconomique aux jeunes femmes. Si les parents nous alertent
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Enfants de Partout - N° 111 – Août, Septembre, Octobre 2007 – Trimestriel - Directeur de publication : Yves Marie-Lanoë – Rédacteur en Chef : Hélène Teurlais -Rédaction : Isabelle Mourot, Cécile Pommeron, Hélène Teurlais - Photos : couverture : Franck ; p.2 : BICE ; p.3 : BICE ; p.4 & 5 : BICE, Aawaaj ; p.6 : DBA/ BICE ; p.7 : BICE ; p.8 : DBA/ BICE - Maquette : B&Company -Imprimerie : Roto Armor Z.A. de Fournello 22 170 Plouagat - CPPAP : 0907 H83521 - N° ISSN : 0252-2799 -BICE, 70 boulevard de Magenta 75010 Paris - Tel : 01.53.35.01.00 Fax : 01.53.35.01.19 - E-mail : bice.paris@bice.org - CCP 16 70211 C Paris - Site inter-net : www.bice.org
Crie, mon enfant
Crie, car tu es libre
Tu as aujourd'hui la libertÈ,
Tu n'es plus esclave
Tu es libre, libre, libre.
Nous avons notre cheval ‡ nous,
Nous avons notre charrue ‡ nous
Nos mains qui tiennent tout cela sont ‡ nous,
Nous pouvons vendre notre cochon,
notre cheval, notre vache,
Plus jamais on ne vendra nos enfants.
Chant noir de rÈvolte, anonyme
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