« Les Etats-Unis, l'Union Européenne et le conflit israélo ...

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« Les Etats-Unis, l'Union Européenne et le conflit israélo ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Cycle de conférences 2009/2010
sur le conflit israélo-palestinien
dans le cadre de la troisième conférence :
« Les Etats-Unis, l'Union Européenne et
le conflit israélo-palestinien »
Conférence d'
ISABELLE AVRAN
,
organisée par Palestine 45
Vendredi 5 février 2010, à l'auditorium Marcel Reggui de
la Médiathèque d'Orléans
Palestine 45 vous propose un article introductif :
La situation au Proche-Orient, en ce début 2010, se caractérise à la fois par une impasse
durable, dont la poursuite du siège israélien implacable et illégal imposé à un million et
demi de Gazaouis - un an après une offensive meurtrière - et les faits accomplis de la
colonisation sous toutes ses formes en sont la traduction au quotidien ; et en même temps
par des contradictions notamment dans l’engagement international pour mettre un terme à
ce conflit dans l’intérêt des deux peuples et de la paix régionale.
Nous nous situons en effet non seulement plus de soixante ans après la dépossession-
expulsion du peuple palestinien de sa terre, plus de soixante ans après la création, tout à fait
établie, de l’Etat d’Israël, plus de quarante ans après le début de l’occupation de la
Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de la bande de Gaza, mais aussi plus de vingt ans après le
début de la première Intifada qui a recentré la résistance palestinienne sur la terre de son
Etat toujours pas établi, plus de dix-huit ans après le discours de l’après-« guerre froide »
sur un « nouvel ordre international fondé sur le droit international », discours trahi, plus de
dix-huit ans aussi après le début de la première négociation israélo-arabe, plus de seize ans
après la « Déclaration de principes » d’Oslo signée à Washington, laquelle devait aboutir en
cinq ans au plus à la négociation finale sur l’ensemble des dossiers au conflit (terre et
frontières, Etat palestinien souverain, statut de Jérusalem et réfugiés), plus de huit ans après
le 11 septembre 2001 qui a bouleversé la donne internationale et régionale, un an après
l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche. Rappeler cela peut paraître banal.
Cependant, ces durées sont celles pendant lesquelles sont nées plusieurs générations de
Palestiniens et d’Israéliens avec tout ce que cela signifie non seulement en termes de vies
humaines mais aussi, de part et d’autre, de perceptions du conflit et de son issue ; ensuite,
l’impasse actuelle contraint à poser la question de l’échec de la négociation non dans son
principe, mais telle qu’elle a été menée : dans l’absence de tout rapport de forces susceptible
de « rééquilibrer » une négociation fondamentalement déséquilibrée entre occupés et
occupants. La négociation entamée en 1991, fondée explicitement sur les résolutions des
Nations unies mais non placée sous l’égide des Nations unies, avait -et aura- besoin pour
réussir d’une implication réelle des Etats, des Nations unies, et des puissances telles que les
Etats-Unis et l’Union européenne.
Il convient donc d’observer ce qui fonde leurs visions du conflit et de sa solution, de leur
rôle, historiquement et actuellement. Plusieurs événements importants –voire historiques-
sont intervenus ces derniers mois. Il est possible d’en distinguer trois en particulier.
1.
L’adoption du rapport Goldstone
par la majorité tant du conseil des droits de l’Homme
des Nations unies et par l’Assemblée générale de l’Onu. On note que, alors que ce qui était
en jeu était de se prononcer sur les suites à donner à des « crimes de guerre » et de
« possibles crimes contre l’Humanité », la France a choisi de ne pas participer au vote dans
le premier cas, de s’abstenir dans le second, rompant avec les principes officiels de la
République depuis De Gaulle. Au-delà sont posées, fondamentalement, la question du droit
international, de l’impunité, comme bases de la paix, et celle des moyens dont la
communauté internationale se dote pour les faire respecter et permettre une issue au conflit.
2 .
Un bras de fer de six mois entre l’administration de Barack Obama et le
gouvernement de Benyamin Netanyahu quant au gel de toute colonisation
y compris à
Jérusalem-Est, comme préalable à la reprise de la négociation, interrompue depuis
l’offensive israélienne dans la bande de Gaza l’hiver dernier. Les Etats-Unis ont finalement
renoncé à cette exigence. Comment l’interpréter, quelles en sont les conséquences
immédiates et à moyen terme ?
3.
L’adoption par les 27 Etats de l’UE d’une déclaration importante sur Jérusalem
, qui
a mis cependant en lumière une opposition entre la logique suédoise et la logique française.
Il me semble important là aussi d’interroger la signification de cette résolution, à la fois eu
égard au contexte et dans une perspective historique, ce que sont ces deux logiques et les
contradictions, plus largement, de la politique européenne. Au fond, l’Europe peut-elle avoir
un rôle efficace au Proche-Orient ?
Ces trois événements récents sont naturellement intervenus dans un contexte spécifique,
marqué à la fois par l’arrivée au pouvoir en Israël du gouvernement parmi les plus à
l’extrême droite de son histoire, par la division politique et géographique du mouvement
national palestinien, par l’émergence d’un mouvement citoyen, qui s’internationalise,
d’exigence de droit international.
Nous pourrions donc tenter ensemble de mieux cerner, en les resituant dans une perspective
historique, les politiques des Etats-Unis et de l’Union européenne vis-à-vis du conflit
israélo-palestinien, et ce qu’elles pourraient et devraient être pour, enfin, y mettre un terme.
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