Droit de nature (Calliclès par exemple dans le Gorgias de Platon ...

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Droit de nature (Calliclès par exemple dans le Gorgias de Platon ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Droit de nature (Calliclès par exemple dans le
Gorgias
de Platon)
Théories traditionnelles du droit naturel
Théories
modernes
du
droit
naturel
(Hobbes, Rousseau et Locke par exemple)
Théories du droit positif (Kelsen)
Origine
Nature (loi du plus fort qui n’est qu’une loi
physique qui contraint et à laquelle j’obéis par
nécessité ou par prudence et non une loi
juridique qui oblige et à laquelle j’obéis par
liberté)
Transcendante : ordre naturel et/ou volonté
divine
Immanente : nature de l’homme (volonté
de survivre chez Hobbes, liberté chez
Rousseau, + raison chez les deux)
Arbitraire subjectif des hommes
Mode de
création
du droit
positif
- Pas de droit positif légitime (contraires à la
nature, les lois briment les forts : c’est le point
de vue de Calliclès dans le
Gorgias
de Platon)
- Ou : le droit positif n’est que le moyen de
faire paraître légitimes les prérogatives des
forts en les institutionnalisant
Traduction ou accomplissement de cet ordre
naturel ou divin
Création des hommes en fonction des
droits
naturels
des
hommes
et
des
conditions
naturelles
d’existence
des
hommes
Création des hommes détenant le pouvoir
en fonction de leurs intérêts à un moment
donné de l’histoire
But
du
droit
positif
- Contre nature, il privilégie les faibles au
détriment des forts
- Ou : donner une apparence de légitimité,
économiser la force et pérenniser l’exercice de
la domination
Réalisation
de
la
justice
divine
et
harmonisation des sociétés humaines à
l’ordre naturel
Réalisation d’une société qui permette
l’accomplissement des droits naturels sous
forme civile
Réalisation
d’une
structure
juridique
cohérente de la société qui lui permette de
réaliser les desseins des hommes au
pouvoir.
Conséqu
ence
pour
l’homme
- Règne de la force
- Ou : institutionnalisation de la domination
L’homme n’est qu’un instrument de la
justice divine et un atome de l’ordre naturel
(par exemple, Antigone réalise son devoir à
l’égard des dieux pénates et lares et se
sacrifie du même coup à être condamnée par
son oncle Créon obéissant à son devoir à
l’égard des dieux olympiens de la Cité :
emmurée vivante, Antigone est donnée au
monde des morts en échange du frère
d’Antigone empêché par la condamnation
ordonnée par Créon de retourner dans le
monde des morts).
L’homme est à la fois l’origine et le but du
droit qui réalise les conditions civiles de
son bonheur.
La validité du droit ne se mesure pas à une
légitimité antérieure à sa constitution par
les hommes mais à sa validité. N’importe
quel système juridique même le plus
inique est justifié du moment qu’il est
cohérent.
Critique
s
- Les faibles en s’unissant pour imposer des lois
aux forts deviennent les plus forts et ont dès
lors toute légitimité selon les arguments des
plus forts eux-mêmes à dominer sauf si l’on
considérait que le droit et la politique ne sont
pas naturelles à l’homme (critique de Calliclès
par Socrate dans le
Gorgias
de Platon).
- La force ne fonde pas un droit puisque celui-
ci doit m’obliger et s’adresse à ma liberté, qu’il
vaut même s’il est bafoué alors que la force ne
vaut que tant qu’on m’y contraint d’obéir par
nécessité et que le droit qu’elle fonderait
prétendument change sitôt que la force change
de main : il s’agit seulement d’être le plus fort,
donc j’ai raison de me révolter dès que je suis
le plus fort (critique du prétendu droit du plus
fort par Rousseau dans
Du contrat social
, livre
I, chap. 2) !
Les fondements métaphysiques (croyances
religieuses
ou
conceptions
d’un
ordre
naturel) de ces théories varient d’une culture
à une autre (relativisme de leur fondement).
Ces fondements métaphysiques ne reposent
que
sur
la
croyance
qui
n’est
pas
rationnellement
prouvées
(on
ne
peut
démontrer ni l’existence ni l’inexistence de
Dieu ; cette existence ne repose que sur le
témoignage
subjectif
et
particulier
de
prophètes)
ou bien sur l’idée que l’homme doit se
conformer à un ordre naturel alors que
l’homme s’il doit s’obliger à se conformer à
un ordre naturel n’obéit donc pas à celui-ci
naturellement !
Les conceptions de la nature de l’homme
et de l’état de nature varient d’un auteur à
l’autre et les systèmes juridiques et
politiques que ces auteurs en déduisent
diffèrent tout autant (de l’absolutisme de
Hobbes à la démocratie de Rousseau par
exemple).
Ces références à de prétendus droits
naturels tout comme tout droit positif ne
tendraient selon Marx qu’à justifier une
infrastructure économique et sociale et un
état de fait de domination entre des classes
sociales.
Etre juste consiste seulement à obéir aux
lois, la légitimité est réduite à la légalité.
Or le légalisme peut conduire aux ordres
et aux lois mêmes les plus inhumaines. On
ne peut rien reprocher à l’homme qui obéit
aux lois de son pays, la responsabilité se
limite à une obéissance aveugle sans
aucune interrogation sur la légitimité de
ces ordres ou de ces lois : ce refus de la
pensée critique du docile citoyen constitue
la banalité du mal selon Hannah Arendt
(
Eichmann à Jérusalem
et
Considérations
morales
).
Si le système juridique n’a plus qu’à être
cohérent une fois posée la Constitution qui
préside à son organisation, la question de
la légitimité de la Constitution reste
entière.
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