Faculté des sciences sociales Automne 2010 Département de ...

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Faculté des sciences sociales Automne 2010 Département de ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Faculté des sciences sociales
Automne 2010
Département de sociologie
François L’Italien
6459 DKN
Tél. 656-2131, poste 2883
SOC-2100 -
Théorie sociologique I : de Marx à l’École de Francfort
Ce cours vise à présenter les grandes lignes d’une tradition de pensée qui s’est élaborée à
partir d’une oeuvre charnière dans le développement de la théorie de la société, soit celle de Marx.
Nous aurons ainsi, dans un premier temps, à nous initier aux principaux thèmes de cette oeuvre
fondatrice, qui s’est engagée à clarifier avec une profondeur et une lucidité remarquables les
« grandes questions » de son temps, dont certaines sont encore les nôtres. Élaborée à un moment
décisif de l’histoire de la société occidentale, cette oeuvre a notamment proposé une théorie
générale du mode de production capitaliste dont nous allons examiner les principales
articulations, et ce, en les rattachant au contexte des transformations qui ont affecté le devenir des
sociétés modernes au 19
e
siècle. Nous verrons alors que le capital, loin d’être saisi comme une
catégorie économique amorphe, est au contraire étudié par Marx comme un système
d’accumulation de puissance sociale, basé sur la reproduction d’une
séparation réelle des
individus et du monde
contraignant ces derniers à passer désormais « librement » par le marché
du travail pour obtenir les objets nécessaires à leur vie.
Mais c’est aussi sur le fond de cette dépossession des conditions objectives de la pratique
individuelle que Marx va penser les formes nouvelles de coopération et de socialité qui ont
résulté de la division capitaliste du travail, et l’essentiel de la réflexion qu’il va mener sur un
éventuel dépassement du capitalisme prendra appui sur le processus de
socialisation de la réalité
économique
que ce système a enclenché. Pour Marx, la genèse et le développement du
capitalisme sont concomitants d’un processus de rationalisation fonctionnelle (ou de
« standardisation ») du temps et de l’espace mené sous l’égide de la forme valeur, ce qui a
entraîné la décomposition tendancielle des cadres traditionnels dominants qui maintenaient
bornées les pratiques économiques particulières. On appréciera progressivement la portée
sociologique fondamentale d’une telle compréhension du capitalisme et de la profonde parenté
avec le socialisme qu’elle établit, compréhension qui en plus d’éclairer notre histoire passée,
prête une clef d’interprétation pour l’analyse de phénomènes marquants de notre actualité.
Par ailleurs, il se trouve que la nature de la critique que Marx va adresser à l’idéologie
justifiant le développement du système capitaliste – soit l’économie politique classique – se
trouvera à inspirer un courant de la réflexion sur la société qui se développera durant la première
moitié du 20
e
siècle, soit la théorie critique de l’école de Francfort. Initié en marge des marxismes
orthodoxes qui proliféraient comme idéologies officielles des régimes communistes à l’Est, ce
courant a rassemblé une communauté de penseurs qui ont cherché à dégager le sens de
l’évolution globale de la société occidentale au début d’un siècle mouvementé, où les signes de
l’imminence d’un « Grand soir » prolétarien commençaient à s’estomper. La fulgurance de la
guerre, du nazisme, les vicissitudes de la révolution russe, le déclin des forces révolutionnaires
dans les métropoles, les mutations du capitalisme en Amérique et l’extension du règne des
systèmes techniques dans la vie quotidienne sont autant de phénomènes de grande ampleur qui
ont mené à déplacer peu à peu le foyer de la réflexion critique, de Marx à l’école de Francfort.
C’est à l’examen des thèses importantes avancées par les principales figures de cette école, ainsi
qu’à l’analyse de ce contexte socio-historique dans lequel ils ont été contraints de réfléchir, que
nous consacrerons l’essentiel des séances de la seconde partie de la session.
Au terme de cette dernière, nous conclurons par une sorte de bilan partiel de ce courant de la
théorie sociologique, qui a légué un patrimoine de réflexions qui trouve aujourd’hui de nouveaux
héritiers. Nous esquisserons ainsi, à grands traits, quelques axes contemporains des recherches
qui prolongent ou accroissent l’un ou l’autre des questionnements qui ont jalonné l’histoire de la
théorie critique, et qui permettent d’éclairer des aspects de la nouvelle donne actuelle.
Déroulement du cours et évaluation
Les séances de cours seront divisées en deux volets. Elles seront d’abord ouvertes par un
exposé portant sur les principaux développements de la tradition de pensée inaugurée par l’oeuvre
de Marx, lesquels développements seront compris dans leurs rapports internes avec certaines
transformations socio-historiques majeures qui ont marqué la société occidentale. Ensuite, la
dernière partie des séances sera consacrée à l’élucidation et à la discussion des principales
articulations des textes au programme de lecture.
2
Quant à l’évaluation, elle se réalisera comme suit : d’abord, les étudiants du cours seront
appelés à rédiger
quatre courts travaux
portant sur des textes à lire durant la session. Ces travaux,
qui se structureront autour de questions distribuées en classe, compteront ensemble pour 60 % de
la note finale. Le calendrier de remise de ces travaux devra être rigoureusement suivi. Ensuite, un
examen en classe
qui se déroulera lors de la dernière séance du cours, portera sur les exposés
magistraux et le contenu des lectures, et comptera pour 40 % de la note finale.
Lectures
En plus du recueil de textes obligatoire qui sera disponible à la coopérative de l’Université,
les étudiants auront à se procurer deux ouvrages de Marx,
Le manifeste du parti communiste
et
Le
Capital
, que l’on retrouve encore dans les bouquineries. Ces deux ouvrages sont aussi disponibles
en version électronique sur un site spécialisé (
www.marxists.org
), où l’on présente par ailleurs
une bibliographie complète des oeuvres de Marx et de ses épigones. Enfin, des titres d’ouvrages
pertinents pour l’approfondissement de chacun des thèmes abordés seront donnés en classe.
Sommaire des séances
1)
Présentation et introduction générale
2)
La critique de la philosophie de Hegel
À lire :
La question juive
3)
L’ère des révolutions et la critique du socialisme
Remise du travail sur
La question juive
À lire :
Le manifeste du parti communiste
4)
L’institutionnalisation politique de l’économie
Remise du travail sur
Le manifeste du parti communiste
À lire :
L’invention du travail
5)
L’analyse du capital – I : la marchandise
Remise du travail sur
L’invention du travail
À lire :
Le Capital
, chap. I et II
6)
L'analyse du capital – II : la production
Remise du travail sur
Le Capital
, chap. I et II
À lire :
Le Capital
, chap. IV, V et VI
3
4
7)
L’analyse du capital – III : l’organisation
Remise du travail sur
Le Capital
, chap. IV, V et VI
À lire :
Le Capital
, chap. XIII, XIV et XV
8)
Après Marx, les marxismes
Remise du travail sur
Le Capital
, chap. XIII, XIV et XV
9)
L’école de Francfort – I : genèse et signification
À lire :
La réification et la conscience du prolétariat
10)
L’école de Francfort – II : les apories de la modernité
À lire :
Théorie traditionnelle et théorie critique
Remise du travail sur
La réification et la conscience du prolétariat
11)
Critique de la voie organisationnelle américaine
À lire :
L’homme unidimensionnel
Remise du travail sur
Théorie traditionnelle et théorie critique
12)
La théorie critique aujourd’hui
Remise du travail sur
L’homme unidimensionnel
13)
Examen en classe
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