L'ironie dans le discours journalistique

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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UNIVERSITE DE BUCAREST FACULTE DE LANGUE ET LITTERATURES ETRANGERES ECOLE DOCTORALE „LANGUES ET IDENTITES CULTURELLES”
Résumé de la thèse de doctorat intitulée L’ironie dans le discours journalistique
Directeur de thèse: Paul MICLU, Professeur des Universités
2009
Doctorante: Elena NEGREA
Sommaire
Introduction Chapitre 1 L’étude de l’ironie verbale: la situation présente 1. Considérations préliminaires 2. Grice (1975, 1978)  2.1 Grice sur la signification  2.1.1 La signification non-naturelle  2.1.2 La sémantique basée sur des intentions  2.2 L’ironie comme substitution  2.3 L’ironie comme implicature  2.4 “Faire semblant” de dire (A se face cspune)  2.5 L’ironie comme feintise  2.6 L’impact des idées de Grice à l’étude de l’ironie 3. Clark & Gerrig (1984) 4. Giora (1995, 1997)  4.1 L’ironie comme négation indirecte  4.2 La critique de Curcó  4.3 L’hypothèse de la saillance cognitive dans l’interprétation de l’ironie 5. Kumon-Nakamura, Glucksberg & Brown (1995) 6. Attardo (2001) 7. Sperber & Wilson (1981, 1992)  7.1 La première formulation de la théorie : l’ironie comme mention en écho (1981) 7.2 Pertinence, intention communicative et intention informative, interprétation en écho  7.3 La seconde formulation de la théorie : l’ironie comme allusion répétée (1992) 8. L’ironie à la perspective psycholinguistique  8.1 Le développement de la capacité de compréhension de la signification ironique  8.2 Les fonctions de l’ironie 9. Conclusions Chapitre 2 L’ironie verbale comme acte illocutoire feint 1. Considérations préliminaires 2. Sur la nature de l’ironie verbale 3. Sur l’ironie comme feintise  3.1 Feindre de faire  3.2 Feindre d’être 4. L’ironie comme acte illocutoire feint  4.1 L’ironie et l’univers de discours  4.2 L’ironie et les mondes possibles  4.3 L’ironie et l’espace des attentes mutuellement partagées  4.4 L’ironie et le clivage d’évaluation  4.5 Les actes de langage feints
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 4.6 L’ironie comme assertion non sérieuse 5. Conclusions Chapitre 3 L’ironie dans le discours journalistique. Notes sur le corpus 1. Considérations préliminaires 2. L’ironie dans la presse  2.1 Les sources de l’ironie  2.2 Le journaliste-ironiste  2.3 Le lecteur agile  2.4 „Le management de l’ironie” dans la presse  2.5 L’attitude critique 3. Des modifications ironiques des principaux genres du journalisme écrit 4.Cu ochii în 3,145. Conclusions Chapitre 4 Les affirmations et les négations ironiques. Les phrases déclaratives 1. Considérations préliminaires 2. Les énoncés ironiques affirmatifs  2.1 L’assertion  2.2 Un dilemme taxonomique  2.3 Une première série d’exemples  2.4 Une seconde série d’exemples 3. Les énoncés ironiques négatifs  3.1 La négation  3.2 La négation ironique  3.3 Exemples 4. Conclusions Chapitre 5Les questions, les conseils, les remerciements ironiques. Les phrases non-déclaratives1. Considérations préliminaires 2. Les types de phrases et leur emploi 3. Les actes directifs feints  3.1 Les questions ironiques  3.1.1 Les questions rhétoriques  3.1.2 Les questions spéculatives-méditatives  3.2 Les conseils  3.3 Les prières et les requêtes 4. Les actes de reconnaissance feints 5. Conclusions ConclusionsBibliographieAnnexe 1: Affirmations/ négations ironiquesAnnexe 2: Questions, conseils, remerciements ironiques
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Introduction Cette thèse se propose de d’offrir une description du fonctionnement de l’ironie verbale dans la langue. Le thème n’est pas assez nouveau. L’ironie, tout comme les autres figures de discours, ont fait l’objet d’étude de nombreuses œuvres de la rhétorique classique.ειρωνεια ou l’art de dissimuler, de cacher ce qui on veut „faire montrer” en réalité à l’autre a constitué l’une des préoccupations les plus connues des rhétoriciens de tous les temps. Les uns d’entre eux ont concentré leur attention sur la description des mécanismes sur lesquels s’appuie la production de l’ironie, les autres ont essayé d’inventorier les fonctions de l’ironie. Quelque soit la cible de leur efforts particuliers, tous ont visé l’accomplissement d’un objectif plus général: la formulation d’une définition de l’ironie qui puisse expliquer tous ou presque tous les emplois de l’ironie dans la langue. Si on pense à l’abondance des études sur l’ironie réalisées à travers l’histoire des préoccupations pour le domaine et surtout à la recherche de ce qu’on appelle l’ironie traditionnelle – un mixe d’idées sur l’ironie retirées des œuvres de Platon, Aristote ou Cicero (Barbe, 1995) – on aurait toutes les raisons pour douter à l’utilité d’une autre recherche du concept. Pourquoi une autre étude sur l’ironie? A quoi servira-t-elle? Quelque fortes que soient les questions ci-dessus, nous pensons que le thème de l’ironie n’a pas encore été épuisé. Cette démarche propose une analyse de l’ironie verbale vue d’une double perspective : le phénomène pragmatique dont on parle est décrit comme production de signification (c’est le locuteur qui est responsable de la production de l’ironie) et aussi comme interprétation de signification (celui qui este principalement visé ici c’est l’interprète ou l’interlocuteur). Cette double perspective que nous avons choisie pour l’analyse de l’ironie verbale a été aussi une conséquence de la complexité du phénomène à investiguer. De plus, il n’y a pas une définition unanimement acceptée de l’ironie qui organise les études concernant ce sujet, ce qui rend difficiles les efforts des chercheurs à cette direction. C’est une des raisons pour lesquelles nous ne sommes pas concernés ici avec la définition du concept. Ainsi, cette étude ne se propose pas d’offrir une définition de l’ironie ou de nuancer les définitions déjà connues. Les idées fortes de la recherche dont on présente ici les résultats se réunissent sur un point précis de
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l’analyse pragmatique du concept en question :comment fonctionne-t-elle l’ironie verbale? Quels sont-ils les mécanismes logico-sémantiques qui expliquent l’emploi des énoncés ironiques dans la langue? Ce sont les questions-clé auxquelles cette étude essayera à répondre. Nous soulignions ainsi que n’est pas le but de cette démarche de s’appuyer encore une fois sur les aspects liés à la nature de l’ironie, mais sur les questions qui concernent le fonctionnement de ce phénomène spécial. L’accent de cette recherche ne tombe pas sur la nature de l’ironie («qu’est-que l’ironie? »), mais sur la configuration des mécanismes qui se trouvent à la base de l’emploi et de l’interprétation de l’ironie dans la langue («comment décrire le fonctionnement de l’ironie »). Le but de cette étude est d’examiner les mécanismes qui constituent le fondement de la production et de l’interprétation de l’ironie dans la langue. Nous précisons dès le début que nôtre investigation se limite à l’examen de l’ironie verbale. C’est l’ironie verbale qui est intentionnelle et qui présuppose la reconnaissance par l’interlocuteur de l’intention du locuteur d’ironiser. C’est intention est cachée derrière une apparente intention de communiquer la signification contenue dans l’énoncé produit. Les autres types d’ironie ne sont pas traités ici puisqu’ils sont généralement dépourvus de l’intervention d’un agent intentionnel. L’ironie situationnelle, par exemple, n’implique pas l’existence d’une personne qui ironise, mais l’existence d’un observateur se trouvant à l’extérieur d’une situation ou d’un événement perçu comme ironique (Lucariello, 1994; Shelley, 2001). L’ironie verbale este par excellence intentionnelle et implicite. Elle n’est pas marquée par l’emploi des indices linguistiques. L’ironie verbale se réalise d’une manière directe ; elle n’a pas besoin des services d’un observateur qui interprète l’ironie pour l’interlocuteur (comme il s’agit dans le cas de l’ironie situationnelle). L’ironie verbale demande la présence d’un locuteur qui produit l’énoncé auquel il attache une signification ironique et celle d’un interlocuteur qui interprète l’énoncé en cause et qui découvre l’intention du locuteur que l’interlocuteur reconnaît son intention d’ironiser. L’ironie verbale est interprétable ; la capacité de l’interlocuteur d’interpréter l’ironie contenue de l’énoncé produit est cruciale et surclasse la capacité du locuteur de produire l’énoncé ironique. Théoriquement, un locuteur peut attribuer une signification ironique à tout énoncé lorsqu’il emploie cet énoncé dans une situation discursive. On ne peut pas
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parler des énoncés ironiquesui generis,tout comme on peut parler des énoncés affirmatifs ou négatifs. L’ironie n’est pas une propriété de l’énoncé, mais une conséquence de l’usage d’un énoncé pas un locuteur dans un contexte communicatif. On ne peut pas avoir accès direct à la signification ironique ; pour y accéder on doit parcourir les étapes d’un procès basé sur des inférences logiques et pragmatiques qui contribuent à la décodification de l’intention de communication du locuteur. Bien que le contexte de la communication et l’univers commun des connaissances partagées par les participants à l’échange discursif soient très importantes dans l’interprétation de l’ironie, cela ne suffit pas toujours pour récupérer l’intention du locuteur. C’est essentiel pour l’ironie que l’interlocuteur soit capable de distinguer entre le contenu littéral et celui non-littérale de l’énoncé ironique. Cette distinction entre la signification littérale et non-littérale de l’énoncé ironique, même si intensément critique, s’avère utile du point de vue de pratique dans l’analyse de l’ironie. C’est à cause du clivage entre littéral et non-littéral dans la détermination de la signification ironique que l’interprétation de ces énoncés exige plus de temps que les énoncés non-ironiques. Les recherches expérimentales ont montré la différance entre l’effort cognitif nécessaire pour décoder un énoncé ironique comparé à l’effort requis par l’interprétation d’un énoncé non-ironique (McDonald, 2000). La reconnaissance de l’intention de communication du locuteur est essentielle dans l’interprétation de l’ironie. C’est Grice qui a fait de l’intention le principal objet de son programme concernant la description des mécanismes qui se trouvent à la base de la communication humaine. L’analyse de l’ironie verbale que nous proposons dans cette étude s’appuie dans une grande mesure sur le programme de Grice, mais ajoute à ces idées sur l’ironie une perspective plus ample – celle de la théorie des actes de langage. Les énoncés ironiques, tout comme les autres énoncés que les utilisateurs emploient pour s’exprimer, déterminent un acte de langage. C’est par un énoncé ironique qu’on affirme quelque chose sur le monde ou qu’on demande quelque chose à l’interlocuteur ou on le conseille sur quelque chose. Le but de cette démarche est de montrer en quoi diffèrent les actes de langage réalisés par des énoncés ironiques par rapport aux actes de langage qui sont réalisés par des énoncés „standard”, non-ironiques. Nous essayerons de monter que la
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particularité de l’emploi illocutoire des énoncés ironiques contribue d’une manière signifiante à la détermination de l’ironie contenue dans ces énoncés-là. La thèse est structurée en cinq chapitres; chacun d’entre eux se concentre sur un aspect particulier de l’analyse de l’ironie verbale proposée. Les premiers deux chapitres fixent le cadre théorique qui servira à l’analyse de l’ironie verbale. Chaque chapitre comprend plusieurs sections où les plus intéressantes et les plus influentes approches sur l’ironie sont présentées. Le deuxième chapitre établit le fondement théorique de l’investigation de l’ironie que nous proposons. C’est ici que nous décrivons les avantages de la vision que nous considérons appropriée pour la recherche pragmatique de l’ironie verbale. En outre, nous examinons ici la validité et la légitimité théorique de chacun des arguments en faveur de l’approche proposée. Le troisième chapitre est conçu comme un pont entre la partie théorique de la thèse et la contribution personnelle de l’auteur qui consiste dans la vérification de la validité des intuitions concernant le fonctionnement de l’ironie que nous avons décrit dans le deuxième chapitre. L’idée centrale du troisième chapitre est de marquer les transformations que l’emploi excessif de l’ironie les a imposées au discours journalistique. L’invasion de l’ironie dans le discours de presse est commentée en tenant compte de plusieurs points de vue. Les caractéristiques des principaux genres du journalisme sont reconsidérées à travers leur attachement à l’usage de l’ironie par les journalistes. Finalement, nous présentons en détail les particularités de la rubrique de l’hebdomadaire que nous a servi comme source pour le corpus. Il s’agit d’un des plus connus hebdomadaires ainsi dits „socioculturels” et qui s’appelleDilema Veche. Les chapitres quatre et cinq contiennent l’analyse proprement dite de l’ironie verbale contenu dans les énoncés extraits du corpus. Les énoncés analysés sont produits par les journalistes qui contribuent à la rubrique „ironique” nomméeCu ochii in 3,14. Aucune des énoncés examinés n’est fabrique par l’auteur, ce qui est un point fort de l’analyse. C’est le désir de l’auteur de surprendre le fonctionnement de l’ironie verbale authentique ou presque authentique et d’utiliser des donnes externes pour éviter que l’analyse manque de l’objectivité de l’interprétation. C’est vrai que c’est toujours l’auteur qui décide que les énoncés qu’elle vient d’investiguer sont ironiques, mais au moins ces
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énoncés sont tirés d’un corpus qui est organisé sur des critères bien objectifs et qui peuvent être réinterprété à tout moment par quiconque le veuille. Le quatrième chapitre de cette thèse contient une analyse des énoncés ironique que les locuteurs utilisent en réalisant une assertion feinte. Les exemples donnés sont illustratifs pour l’analyse de l’ironie déterminée par la reconnaissance de l’interprète de la force illocutoire simulée que le locuteur attribue à l’énoncé. Le cinquième chapitre montre le fonctionnement de l’ironie déterminée par l’emploi des phrases non-déclaratives dans l’énonciation. Le résultat : les énoncés ainsi formés contribuent à la réalisation des actes de langages feints parmi lesquels on trouve dans les exemples investigués des questions, des conseils, des remerciements, des requêtes. Cette approche de l’ironie verbale en termes d’acte de langage feint semble avoir un pouvoir explicatif plus vaste que d’autres qui poursuivent le même but. A la suite de cette introduction, nous proposons une brève description de chacun des chapitres de cette thèse afin de souligner les plus importantes contributions qu’ils apportent à l’analyse du thème en question.
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Premier chapitre L’étude de l’ironie verbale: la situation présente  Ce chapitre contient une exposition critique des principales approches sur l’ironie verbale qui ont été développées au long des préoccupations systématisées pour ce thème. L’axe d’équilibre autour de laquelle l’information est organisée est l’opposition entre deux grandes visions sur la nature de l’ironie verbale. Il s’agit d’une part de la théorie de l’ironie comme négation (ou comme antiphrase) de Grice et, de l’autre part, de la théorie de l’ironie comme mention ou comme interprétation en écho promue par Sperber & Wilson. Les autres approches sur l’ironie verbale sont jugées, en général, du point de vue de leur proximité ou éloignement théorique d’une des deux théories ci-dessus. Le philosophe anglais conçoit l’ironie comme substitution de la signification littérale, non-ironique de l’énoncé par une signification ironique qui est opposée à celle littérale. Selon Grice, l’ironie consiste dans „l’emploi d’un énoncé qui normalement signifierap pour transmettrenon-p” (Grice, 1978/ 1989, p. 53). Une fois ces préoccupations pour la théorie des implicatures conversationnelles développée, l’attention de Grice a tourné vers la description de l’ironie comme une violation de la plus importante des maximes conversationnelles – la maxime de la qualité (ou de la vérité). L’ironie est vue comme un type d’implicature conversationnelle qui présuppose la transgression de la maxime de la qualité. Plus précisément, il s’agit de la faute de respecter le component de la maxime de la vérité qui réclame que dans un échange communicationnel authentique les locuteurs ne disent pas quelque chose dont ils sachent que c’est faux. Cette idée que l’ironie implique l’expression de quelque chose dont le locuteur sache que c’est faux a été intensément critiquée par les adeptes de la théorie de l’ironie comme mention en écho (Sperber & Wilson, 1981, 1986; Wilson & Sperber, 1992/2007; Livnat, 2004; Wilson, 2006).  L’un des plus sérieux problèmes saisis par l’emploi de l’ironie pour le programme sémantique de Grice c’est la question de l’usage du verbe „dire”. Pour Grice dire quelque chose c’est signifier cette chose. Mais l’ironie contredit ce principe qui organise la communication. C’est la raison pour laquelle le philosophe a du nuancer ses idées concernant la nature de l’ironie et la manière dont on interprète les énoncés ironiques. La solution de Grice a été la suivante : il y a des cas particuliers – et l’ironie est l’un d’entre
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eux – où le locuteur ne dit pas ce qu’il dit, mais ilfait semblantde dire. C’est à cette idée qu’on attribue historiquement et chronologiquement la source de l’approche de l’ironie en termes de feintise, de force illocutoire simulée attachée au contenu d’un énoncé.  Les considérations de Grice sur l’ironie verbale ont profondément influencé et le font aujourd’hui aussi les développements ultérieurs de l’étude de l’ironie. Néanmoins, Grice n’as pas écrit plus de deux pages sur l’ironie! Voilà quelques raffinements de la théorie de Grice sur la nature et l’emploi de l’ironie dans la langue : l’ironie comme négation indirecte (Giora, 1995), l’interprétation de la signification des énoncés ironique en termes de manifestation de son saillance cognitive (Giora, 1997 ; Giora & Fein, 1999), l’ironie comme inadvertance pertinente (Attardo, 2001a, 2001b/2007) ou l’ironie comme feintise (Clark & Gerrig, 1984; Currie, 2006).  Mais c’est la formulation de la théorie de l’ironie comme mention en écho par Sperber & Wilson qui a produit une importante tournure dans les futures analyses de ce sujet. Les deux auteurs ont proposé leur vision sur l’ironie comme mention en écho afin de réagir à la vision traditionnelle sur l’ironie qui, à leur avis, ne réussissait à rendre compte sur la spécificité de la nature de l’ironie verbale et sur la raison pour laquelle les locuteurs utilisent l’ironie. La nouvelleté de l’approche de Sperber & Wilson consiste dans la exploitation d’un des plus connus couple que la philosophie a consacré : l’emploi vs. la mention. Généralement, quand onemploi expression on réfère à quoi une l’expression réfère, à l’objet du monde qu’elle décrit ; quand onmentionune expression on réfère à cette expressionper se. Selon Sperber & Wilson, l’ironie est une forme spécial de la mention du langage par laquelle un locuteur répète une proposition ou une pensée attribuées à quelqu’un d’autre. En répétant cette proposition, le locuteur fait connaître à l’interlocuteur son attitude critique vis-à-vis son contenu.  Lorsqu’ils ont formulé la première variante de la théorie de l’ironie comme mention, Sperber & Wilson se sont concentrés principalement sur les énoncés mentionnés, d’où l’une des plus fortes critiques de leur approche. La critique vise la nature échoïque même de ces énoncés. Comment peut-on distinguer entre plusieurs types d’énoncés échoïques dont l’ironie est l’un ? La théorie de l’ironie comme mention n’offrit pas les critères qui nous aident à différentier entre les ironies et les autres mentions échoïques (les citations, le discours rapporté, par exemple).
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Pour répondre aux critiques et pour raffiner leur vision, Sperber & Wilson ont proposé une deuxième variante de la théorie de l’ironie, cette fois-ci en introduisant la notion d’interprétation échoïque. Cette nouvelle approche de l’ironie doit beaucoup à la théorie de la pertinence proposée par Sperber & Wilson en 1986 pour expliquer la communication humaine. La théorie de la pertinence a été intentionnée comme une réaction au modèle explicatif de la communication avancé par Grice. A partir des maximes conversationnelles que Grice considère cruciales pour déterminer le comportement communicatif humain, Sperber & Wilson considèrent que la réduction à une seule maxime – celle de la pertinence – suffit pour expliquer comment on communique. Le principe de la pertinence est fondamental pour la compréhension de la communication ostensive-référentielle parce que son application fait manifeste l’intention de communication d’un locuteur. En vue des préceptes de la théorie de la pertinence, Sperber & Wilson modifient leur vision sur l’ironie en soulignant son caractère métareprésenationnel et métainterprétif. Les deux décrivent l’ironie comme interprétation en écho et par conséquent la décodification de la signification ironique d’un énoncé doit tenir compte de la ressemblance entre le contenu de l’énoncé à interpréter et le contenu de l’énoncé répété. Ainsi, l’ironie c’est l’interprétation d’une interprétation d’un contenu répété. La reconnaissance de l’intention du locuteur qui produit un énoncé ironique présuppose que l’interprète reconnaît la répétition d’une pensée ou d’une proposition tout comme l’attitude du locuteur envers le contenu de cette pensée ou proposition. L’ironie implique une double interprétation, donc une double reconnaissance d l’intention du locuteur. C’est pourquoi Sperber & Wilson proposent un schéma inférentielle qui permettra à l’interlocuteur de computer des attributions de rang supérieur. La théorie de Sperber & Wilson a inspiré à son tour beaucoup de recherche sur l’ironie. Peut-être la plus signifiante influence de leur approche sur l’ironie verbale s’est manifestée dans les études venues de la sphère de la psycholinguistique. La dernière partie de ce chapitre est dédiée à la mention des résultats plus importants que les recherches expérimentales les ont relevé sur la compréhension et l’interprétation des énoncés ironiques par les enfants ou par les catégories spéciales des gens qui ont été diagnostiqués avec de divers déficiences cognitives qui semble affecter leur capacité de jongler avec des métarepresentations. Le chapitre inclut aussi une brève présentation des
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nina10

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dimanche 31 octobre 2010 - 07:24
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