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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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LA CRISE - [Social]
LA CRISE
Editorial du journal N°16
Cette crise que chacun traverse engendre des appétits, ceux en particulier de la sphère de la
maîtrise d'oeuvre qui voudraient "croquer de l'architecte". La transposition de la fameuse
directive services européenne en droit français visant à fragiliser les sociétés d'architecture,
risque de fragiliser encore plus l'avenir de notre métier et par là même mettre en péril la valeur
architecture. Ne serait-il pas plus profitable, face au constat d'une rémunération de la maîtrise
d'oeuvre qui régresse alors que ses missions se complexifient, de construire ensemble,
intelligemment, des revendications légitimes...
par Patrick COLOMBIER, le 20/12/2009
Le Syndicat de l'Architecture - 24, rue des Prairies 75020 Paris - Tel:0143610291
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LA CRISE - [Social]
LA CRISE
La crise est un dysfonctionnement de l’ordre
établi. Le remède semble être de prendre des
décisions le plus rapidement possible pour
rétablir cet ordre.
C’est d’ailleurs ce qu’ont fait la plupart des
gouvernements en injectant des milliards dans
les caisses des banques...et çà marche
puisqu’un an à peine après ce remède de
cheval les banques ont remboursé et se disent
toutes heureuses !
Certes il ne serait pas de bon goût de laisser
entendre que les conséquences sociales de
cette crise nous importent peu, d’ignorer les
drames qui se jouent chaque jour dans les
entreprises et pour ceux qui perdent leur
emploi, mais il faut pourtant bien se poser
cette question : Est-il sain de vouloir se
réinscrire dans un modèle politique qui a
engendré les malheurs que nous vivons ?
On a soigné les fauteurs de troubles mais on
est loin d’avoir découvert l’elixir qui soulagera
des conséquences sociales de ladite crise.
Crise de la consommation : les français
n’achetaient plus de voitures ! ... qu’à celà ne
tienne, encore une injection dite « prime à la
casse » et les constructeurs d’automobiles
sont déjà tout sourire ! Les restaurateurs ont
vu leur TVA passer de 19,6% à 5,5% sans rien
répercuter sur l’addition ! ils se pourlèchent les
babines...
Et puis il y a des crises qui ne semblent pas
nécessiter l’hospitalisation dans un service
d’urgences, par exemple dans un domaine
que nous connaissons bien, la crise du
logement
( à ne pas confondre avec la crise
de l’immobilier)
Chacun sait qu’il y a plus de trois millions de
mal logés en France, qu’en se référant aux
revenus des ménages, près de 80% de la
population française serait en droit d’accéder à
un
logement
social
toutes
catégories
confondues. Hélas dans ce domaine, les
chercheurs sont à l’oeuvre mais n’ont toujours
rien trouvé ! D’aucuns ont beau leur dire qu’il y
a urgence, ils ne savent prescrire que des
cataplasmes.
Il y a aussi la crise de l’énergie... alors là c’est
un peu compliqué ! Les logements (toujours
eux) sont terriblement energivores. Vingt
millions
d’entre
eux
nécessiteraient
des
travaux d’urgence pour faire baisser leur
consommation... mais on préfère surfinancer
les quelques logements neufs programmés
pour qu’ils ne consomment plus que quelques
kilowatts par an, au lieu de répartir l’aide pour
un plus grand nombre de logements et
générer ainsi de véritables économies. Il faut
dire en passant que dans le domaine, la
recherche de la très haute performance
énergétique aura permis à certains corps
constitués d’ingénieurs de garder la mainmise
sur le bâtiment.
Et puis dans la crise de l’énergie il y a aussi
les voitures, encore les voitures ! Alors on aide
lourdement
les
constructeurs
pour
qu’ils
mettent au point la voiture miracle qu’ils
avaient jusqu’alors oublié d’étudier, mais dans
le même temps on continue de créer un peu
partout des lotissements de plus en plus
éloignés de tout et qui engendrent des besoins
en
déplacement
qu’on
pourrait
croire
incompatibles avec le développement dit
durable.
Dans ce domaine particulier on a bien une
idée sur la potion qu’il faudrait prescrire, à
savoir convaincre les gens de rejoindre la
ville... mais on craint les effets secondaires qui
seraient provoqués à tout coup par le lobby
tout puissant des constructeurs de maisons
individuelles.
Alors comme nous, les architectes, nous
trouvons au milieu de ces crises sans
remèdes, qu’allons nous devenir si nous
attendons sans rien dire, sans rien faire, que
le ciel nous tombe sur la tête ?...
Ce qui nous attend, c’est la crise de nerf car
d’ici quelques mois notre cher gouvernement
va prendre des dispositions concernant les
architectes dans le cadre de la « transposition
» en droit français de la « Directive Services »
Le Syndicat de l'Architecture - 24, rue des Prairies 75020 Paris - Tel:0143610291
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LA CRISE - [Social]
européenne. On sait un peu ce qui se trame
quant aux sociétés d’architecture dont les
actionnaires
majoritaires
ne
seront
plus
obligatoirement architectes. Cela veut dire que
des
sociétés
dites
d’architecture
seront
détenues, par exemple, par des bureaux
d’études,
eux
mêmes
épaulés
par
des
banques et des promoteurs.
Vous pensez que cela ne vous concerne pas,
vous qui travaillez seul ou à deux ou trois
comme
90%
des
architectes,
eh
bien
détrompez-vous, ces sociétés existent déjà à
qui un nombre croissant de maîtres d’ouvrage
confie des études de réhabilitation.
Ils ont déjà en leur sein des architectes
salariés qui n’hésitent même plus à produire
en toute impunité des cartes de visite avec
leur titre ! Le marasme ambiant aidant, ils
s’intéressent à des opérations de plus en plus
petites, celles sur lesquelles vous pouviez
vous croire acteurs incontournables…
Vous avez lu comme nous les attaques
frontales dont nous sommes l’objet de la part
des bureaux d’études qui sous prétexte de
dénoncer l’effondrement de la rémunération
des études de maîtrise d’oeuvre en profitent
pour affirmer que les architectes leur mangent
la laine sur le dos et qu’il faudrait inverser les
parts de cette rémunération… à leur profit.
S’il est vrai que le travail de maîtrise d’oeuvre
s’est considérablement alourdi ces dernières
années, cette charge est largement partagée
par les architectes qui doivent intégrer au
moment de la conception les contraintes
multiples
des
normes
de
toute
nature,
règlements sur les handicapés, performances
énergétiques etc… tout ceci dans des cadres
budgétaires de plus en plus contraints.
Si l’on n’y prend garde, de notre profession
asphyxiée, ne resteront plus que les quelques
stars qui permettront toujours au Président de
la
République
de
faire
des
discours
magnifiques sur la France qui porte haut à
travers le monde la valeur Architecture.
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