Apprentissage du cinéma français

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Apprentissage du cinéma français

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Apprentissage du cinéma français
Livre de l’étudiant
Focus Publishing / R. Pullins Co. Newburyport, MA
AlaN SiNgErmaNDavidson College
Copyright 2004 Alan Singerman
ISBN 10: 1-58510-104-4 ISBN 13: 978-1-58510-104-7
10 9 8 7 6 5 4 3 2
This book is published by Focus Publishing, R. Pullins & Company, Inc., PO Box 369, Newburyport MA 01950. All rights are reserved. No part of this publication may be reproduced, stored in a retrieval system, or transmitted in any form or by any means, electronic, mechanical, by photocopying, recording, or by any other means, without the prior written permission of the publisher.
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ApprENtissagE dU ciNéma fraNÇais LivrE dE l’étUdiaNt
TablE dEs matiÈrEs
Illustrations ...................................................................................................................... ix
Remerciements ................................................................................................................ xi
Introduction ...................................................................................................................... 1
Lexique technique du cinéma ........................................................................................ 3
Histoire du cinéma I: les débuts..................................................................................... 9
Histoire du cinéma II: les années vingt....................................................................... 15
Lecture du film............................................................................................................... 27
Le Réalisme poétique..................................................................................................... 45
Jean Vigo,Zéro de conduite(1933) ................................................................................. 47
Jean Renoir,Partie de campagne............................................................... 63(1936, 1946)
Jean Renoir,La Grande Illusion(1937) .......................................................................... 81
Jean Renoir,La Règle du jeu(1939) ............................................................................. 101
Marcel Carné,Le Jour se lève(1939) ............................................................................ 123
Marcel Carné,Les Enfants du paradis(1945) .............................................................. 141
Jean Cocteau,La Belle et la Bête................................................................................... 163
René Clément,Jeux interdits(1952) ............................................................................ 179
Jacques Tati,Les Vacances de M. Hulot(1953) ........................................................... 191
Robert Bresson,Un condamné à mort s’est échappé(1956) ........................................ 207
La Nouvelle Vague ..................................................................................................... .229
François Truffaut,Les 400 Coups(1959)..................................................................... 233
Alain Resnais,Hiroshima mon amour(1959) .............................................................. 253
Jean-Luc Godard,A bout de souffle(1960).................................................................. 271
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François Truffaut,Jules et Jim(1962) .......................................................................... 287
Eric Rohmer,Ma Nuit chez Maud(1969).................................................................... 305
Alain Resnais,Mon oncle d’Amérique(1980).............................................................. 329
Agnès Varda,Sans toit ni loi(1985) ............................................................................ 347
Contexte historique des films..................................................................................... 369
Pour vos recherches personnelles sur les films français.........................................731
Pour approfondir vos connaissances sur le cinéma français. ................................ 373
Index de noms .............................................................................................................. 378
Credits............................................................................................................................ 387
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INtrodUctioN
Ce livre est né du désir de mettre à la disposition des étudiants un manuel qui les aide à mieux connaître les grands réalisateurs de films français et à réfléchir de manière approfondie sur leurs meilleures oeuvres. Ce manuel leur permet, de surcroît, de développer leurs réflexions autour de chaque filmen français, donc de perfectionner en même temps leur niveau de langue, ce qui est toujours un des objectifs de nos cours avancés de littérature et de culture. Bien que cet ouvrage commence par deux chapitres sur les débuts du cinéma français et mondial,Apprentissage du cinéma françaisn’est pas un livre sur l’histoire du cinéma, comme ce n’est pas l’étude de telle époque du cinéma, de tel genre de film, ou de tel thème. Ce livre propose l’étude en profondeur d’un certain nombre de chefs-d’œuvre qui figureraient normalement dans un cours portant sur le film français. Plus précisément, chaque chapitre présente une synthèse de la pensée critique qui entoure le film présenté, suivie d’une fiche pédagogique pouvant orienter la réflexion des étudiants ; le chapitre se termine par un dossier critique composé d’un choix d’extraits des meilleurs articles et livres découverts au cours de recherches que j’ai menées principalement à la Bibliothèque du film (BIFI) à Paris. Ces extraits sont offerts aux étudiants pour nourrir encore davantage leur réflexion sur les films au programme en les encourageant à tenir compte de points de vue critiques très variés et parfois très divergents. Il est entendu que chaque professeur qui se sert de ce manuel dans son cours de cinéma fera lire à ses étudiants les chapitres les plus pertinents à son programme particulier. Pour commencer, le nombre de chefs-d’œuvre du cinéma français présentés dans ce livre — dix-sept, si nous comptons le court métrage Un chien andalou— est trop important pour qu’on étudie tous ces films dans un seul cours semestriel. J’ai donc voulu donner à l’enseignant un choix de films, au lieu de lui dicter le contenu du cours. D’autre part, certains collègues, qui s’intéressent moins au cinéma des premiers temps, préféreront peut-être sauter un e des chapitres, sinon les deux, sur les origines et les débuts du cinéma du 19 siècle jusqu’à la fin des années vingt. Il me semble très important, pourtant, quel que soit le programme établi, d’inclure le chapitre sur la “Lecture du film”, où l’étudiant apprendra le vocabulaire et les concepts techniques essentiels à l’analyse de films. Ce livre n’a pas la prétention de présenter tous les chefs-d’œuvre du cinéma français, ce qui serait, évidemment, impossible. J’ai été obligé de faire un tri parmi les grandes œuvres consacrées par la tradition, en me laissant guider par les critères de la richesse du contenu et de l’originalité formelle du film, c’est-à-dire son intérêt thématique et esthétique dans l’histoire du cinéma français et mondial. Il est évident que le choix des films dans ce livre n’est aucunement limitatif, et il serait tout à fait normal que chaque professeur inclue dans son programme de cours d’autres films — des films français plus récents, par exemple — qui lui sembleraient particulièrement importants ou intéressants, quitte à laisser de
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côté certains films présentés ici. Que chacun suive, dans ce domaine, la devise de l’Abbaye de Thélème : “Fais ce que voudras” ! Quant à la manière d’utiliser en classe les trois parties de chaque chapitre, voici la méthode que j’emploie avec mes étudiants. Pour commencer, je leur demande de lire l’introduction avant de voir le film, pour focaliser aussitôt leur attention sur les éléments les plus intéressants lors du visionnement du film. Cette lecture préalable serait moins importante si les étudiants avaient le temps de voir chaque film plusieurs fois, mais ils ont rarement ce luxe. A la suite de la projection du film (mais pas forcément le même jour), nous discutons le contenu thématique, après quoi je demande aux étudiants de lire la fiche pédagogique et le dossier critique et d’étudier les extraits du film que je mets à leur disposition. De retour en classe, nous abordons les aspects formels du film (en analysant ensemble les extraits), ainsi que le rapport entre la forme et le contenu thématique. J’ai tâché de présenter dans ce manuel un matériel pédagogique et critique suffisamment abondant et varié pour que l’enseignant puisse choisir entre les exercices. Il est difficile de tout discuter, et l’enseignant est libre de privilégier tel ou tel élément dans les devoirs donnés aux étudiants et dans les discussions en classe. C’est un choix qui est dicté, tout naturellement d’ailleurs, par l’orientation particulière que chacun veut donner à son cours.  Alan J. Singerman  Davidson College
HistoirE dU ciNéma I :
lEs débUts
QUElqUEs rEpÈrEs tEchNologiqUEs
L’invention du cinéma est tout d’abord une question de découvertes technologiques permettant de profiter d’un phénomène psychologique et optique reconnu dès les années 1820 : la persistance de l’image dans la mémoire. Du fait de la mémoire visuelle à court terme, la perception d’une image persiste en fait une fraction de seconde après la disparition de l’image, de telle sorte que l’on peut avoir une impression de continuité entre deux images séparées si elles se suivent assez rapidement. Ainsi, comme l’a démontré un médecin anglais en 1823, si l’on fait tourner rapidement un disque ayant d’un côté l’image d’un oiseau, de l’autre une cage, on voit l’oiseau dans la cage. Dans le cas d’une série d’images décomposant un mouvement, il suffit de faire défiler 16 images par seconde pour créer l’illusion d’un mouvement continu, malgré la discontinuité véritable des images. L’illusion est parfaite à partir de 24 images-seconde, ce qui est devenu le standard du cinéma moderne. C’est un physicien belge, Joseph Plateau, qui réussit le premier à faire la synthèse artificielle du mouvement en inventant, en 1832, un jouet qu’il baptise lephénakistiscope(un composé des mots grecs pour “tromper” et “observer”). Celui-ci fonctionne de la manière suivante : “Un disque fenêtré tourne rapidement autour de son axe. Au verso sont disposés des dessins qui se reflètent dans un miroir. En l’observant par les fentes, on voit bouger les dessins à cause du phénomène de la persistance rétinienne combinée à l’étroitesse des fentes” (Prédal, p. 16). Au cours du 19e siècle, l’appareil de Plateau sera progressivement perfectionné, notamment par un nommé Hoerner, qui invente lezootropedont le physiologiste français Etienne-Jules Marey et le photographe américain Edward Muybridge se servent en 1878 pour étudier les mouvements d’un cheval au galop et le vol des oiseaux. L’utilisation d’images photographiques à la place de dessins représente un grand pas en avant dans l’invention du cinéma. Quelques années plus tard, en 1882, Marey ira encore plus loin dans ce sens en inventant lefusil photographique, qui lui permet d’obtenir en une seconde douze images successives sur une plaque ronde. En 1888, profitant de l’invention du film en celluloïde par l’Américain George Eastman quelques années plus tôt, il remplace la plaque par une bande de film dans un nouvel appareil, lechronophotographe, qui est l’ancêtre immédiat de la caméra. Ce qui manque encore, c’est la perforation de la bande sur les côtés, permettant l’entraînement régulier de la pellicule dans l’appareil de prise de vues. C’est le célèbre inventeur américain, Thomas Edison, qui réalise cet exploit (créant en 1889 des bandes de film perforées d’une largeur de 35 mm) qu’il met en oeuvre dès 1891 dans sonkinetographe(“écrire le mouvement”), la première caméra du monde. Cette invention est suivie de près (1893) par celle du kinetoscope(“observer le mouvement”), une grande boîte à l’intérieur de laquelle le film défile, produisant des images animées — dont l’inconvénient majeur, à part leur petite taille, est qu’elles ne peuvent être regardées que par un seul spectateur à
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la fois, à travers un viseur. Si Edison réussit à inventer le premier appareil de prise de vues, avec un dispositif de griffes pour faire avancer le film, il ne trouve pas la solution du problème de la projection des images sur un écran, qui est la condition essentielle de la création du cinéma en tant que spectacle “grand public”.
Ce pas est franchi, successivement, par deux savants français. D’abord, le principe des perforations marginales est découvert en 1889 (la même année qu’Edison) par un physicien français, Emile Reynaud, qui s’intéresse surtout à la projection de bandes dessinées en papier. Son appareil, lepraxinoscope, adaptant le mécanisme de la bicyclette (une roue dentée entraîne la bande d’images perforées), lui permet de projeter devant un public nombreux une série de bandes dessinées – ce qui fait de lui, également, le créateur du dessin animé. Si son invention a un succès immense - entre 1892 et 1900, 12 800 séances au Musée Grévin vues par un demi-million de spectateurs (Emile Reynaud, p. 8) – le mérite de l’invention de l’appareil qui marque la véritable naissance du cinéma moderne revient, en 1895, à un autre Français, Louis Lumière, épaulé par son frère aîné, Auguste, fils d’un grand fabricant de plaques photographiques à Lyon. LeCinématographe des frères Lumière est une caméra convertible en projecteur qui utilise le film de celluloïd (perforé) d’abord pour l’enregistrement, ensuite pour la projection des images, s’inspirant à la fois des travaux de Marey, d’Edison et de Reynaud. Son nom, comme celui dukinetographed’Edison, vient du greckinêma(mouvement) et graphein(écrire).
La grande trouvaille de Louis Lumière assure pour la première fois la perfection du mouvement et la stabilité de l’image à la projection. Voici comment il la décrit lui-même : “Une nuit où je ne dormais pas, la solution se présenta clairement à mon esprit. Elle consistait à adapter aux conditions de la prise de vues le mécanisme connu sous le nom de pied de biche dans le dispositif d’entraînement des machines à coudre” (Sadoul, “La Dernière Interview de Louis Lumière”). Le mécanisme de la machine à coudre (remplaçant celui de la bicyclette) permet l’avance intermittente et régulière de la pellicule. Voici, en termes simples, son mode de fonctionnement, tant dans l’appareil de prise de vues que dans le projecteur : des griffes s’engagent dans les perforations marginales et entraînent le film en avant, puis lâchent le film pour remonter, dans un mouvement circulaire, vers les perforations suivantes. Pendant le temps de la montée des griffes (1/32 de seconde), au moment où le film est immobile, l’obturateur de l’objectif (une plaque tournante semi-circulaire) laisse entrer la lumière pour enregistrer l’image. L’obturateur se ferme ensuite pendant que les griffes font avancer de nouveau le film (toujours 1/32 de seconde) pour préparer la prochaine impression. Il en résulte la prise de 16 vues par seconde. Le dispositif fonctionne de la même manière pour projeter les images : l’appareil étant placé devant une source lumineuse, l’avance intermittente du film ne laisse passer la lumière, chaque fois, qu’au moment où une image photographique est immobile devant l’objectif. Pour la première fois on réussit à projeter une série d’images photographiques (16 par seconde), parfaitement stables, sur un écran. C’est pour cette raison que beaucoup d’historiens considèrent Louis Lumière comme le véritable inventeur du cinéma. Une première projection publique a lieu le 22 mars 1895 devant les membres de la Société d’Encouragement à l’Industrie nationale, suivie le 28 décembre, date historique, de la première représentation publique payante du Cinématographe Lumière, dans le sous-sol du Grand Café à Paris. Trente-cinq personnes paient un franc pour voir dix bandes de moins d’une minute chacune. Ce jour-là est né l’industrie du cinéma en tant que spectacle public.
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