Gustave Courbet

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Gustave Courbet

Publié le : mardi 5 juillet 2011
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Médiathèque J. Baumel
15-21 boulevard Foch
92500 Rueil-Malmaison
Téléphone : 01 47 14 54 54
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Pôle Musique, Cinéma, Arts et Loisirs
l’érotisme voire la pornographie étaient tolérés lorsqu’il s’agissait de peinture
mythologique ou onirique.
Le réalisme de Courbet, qui se targua plus tard de n’avoir jamais menti dans sa
peinture, repoussait toujours plus loin les limites du présentable. Avec
L’Origine du monde
, il exhiba en quelque sorte la partie cachée de l’
Olympia
de Manet. Maxime du Camp, dans une sévère diatribe, relata sa visite chez le
commanditaire de l’oeuvre et sa vision d’un tableau « donnant le dernier mot du
réalisme ».
Une influence encore actuelle
En 1989, la plasticienne Orlan s'en inspire pour réaliser
L’Origine de la guerre
,
le pendant masculin et phallique du tableau de Courbet en un geste empreint de
féminisme.
En France, en février 1994, en raison de la couverture du roman
Adorations
perpétuelles
de Jacques Henric, reproduisant
L’Origine du monde
, la police
visita plusieurs librairies pour faire retirer le livre des vitrines.
Bien que la moralité et les interdits qu’elle dicte aient évolué depuis Courbet,
notamment grâce à la photographie et au cinéma, le tableau est resté
provocateur, en témoigne l’événement qu’a représenté son entrée au musée
d’Orsay. Un gardien fut même affecté en permanence à la surveillance de cette
seule pièce, pour observer les réactions du public.
L'artiste serbe Tanja Ostojic s'est inspiré de cette oeuvre en l'imitant dans un
style provocateur. L'oeuvre a été présentée lors de l'exposition
Europart
sur l'art
actuel en Europe qui s'est tenue à Vienne en .
Le cinéaste Philippe Ramos s'est également inspiré de
L'Origine du monde
pour
son film Capitaine Achab avec Valérie Crunchant et Frédéric Bonpart.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Origine_du_monde
Galeries Nationales du Grand Palais
13 octobre 2007 - 28 janvier 2008
Pôle Musique, Cinéma, Arts et Loisirs
Octobre 2007
Le temps d’une expo
Le désespéré (1843-45)
Collection particulière
Gustave
Courbet
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Le temps d’une expo
Cette exposition-événement présente 120 peintures, une trentaine d'oeuvres
graphiques et environ 60 photographies sur un parcours de 1500 m². Depuis
1977 (date de la dernière grande monographie consacrée à l’artiste à Paris), de
nombreuses recherches en France et à l'étranger ont permis de proposer de
nouvelles lectures de l'oeuvre de Courbet (1819-1877), dans le contexte de la
création artistique des années 1840-1860. L’exposition sera l'occasion pour une
nouvelle génération de découvrir l'oeuvre du peintre, figure majeure de
l'histoire de l'art du XIXe siècle, dans toute son ampleur et sa diversité.
Cette rétrospective
souligne la complexité de l’oeuvre de Courbet, de ses liens
parfois paradoxaux avec la représentation du réel et la tradition picturale. Elle
réévalue la place de l'artiste dans son époque, analyse ses liens avec les autres
arts, la photographie en particulier. L’exposition donne aussi les clefs de
compréhension d’une oeuvre protéiforme, de l'énoncé réaliste des années
1848-1855 et de ses conséquences pour l’histoire de l’art. Cette approche
permet de s'interroger autant sur la nature du réalisme de Courbet que sur la
place de la culture romantique dans son oeuvre. Elle met en lumière une
influence qui fut décisive pour les tenants de la "Nouvelle Peinture" des années
1860 et les débuts de l'impressionnisme. L'exposition s'articule autour de huit
sections :
L’invention de Courbet : les autoportraits de jeunesse
Cette section rassemble pour la première fois un ensemble important des
autoportraits peints et dessinés de 1840 à 1855. Dans une vision romantique,
l'artiste se place au centre de son oeuvre donnant à ses autoportraits une place
majeure qui n'est pas sans évoquer Rembrandt.
De l’intime à l’Histoire
Toute sa vie Courbet demeura fidèle à ses racines familiales et à sa terre natale,
le Doubs. Elles lui inspirent ses premières grandes toiles, affirmations de sa
création artistique.
L’exposition
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Pôle Musique, Cinéma, Arts et Loisirs
Des propriétaires discrets
La commande de
L’Origine du monde
est attribuée à Khalil-Bey, un diplomate
turc, ancien ambassadeur de l’Empire ottoman à Athènes et Saint-Pétersbourg
fraîchement installé à Paris. Présenté par Sainte-Beuve à Courbet, il commanda
une toile à ce dernier pour sa collection personnelle de tableaux érotiques.
Celle-ci comptait entre autres
Le Bain turc
d’Ingres et
Le Sommeil
, un autre
tableau de Courbet connu aussi sous le nom
Les Dormeuses
.
Khalil-Bey fut ruiné par ses dettes de jeu et l’on connaît peu les propriétaires
suivants du tableau. En 1868, lors de la vente de la collection Khalil-Bey,
l’antiquaire Antoine de la Narde en fit l’acquisition. Edmond de Goncourt le vit
ensuite chez un antiquaire en 1889, caché par un panneau peint d’un paysage
enneigé représentant un château ou une église. Selon Robert Fernier, le baron
François de Hatvany l’acheta à la galerie Bernheim-Jeune en 1910 pour
l’emporter à Budapest où ce collectionneur hongrois le conserva jusqu’à la
Seconde Guerre mondiale.
Le dernier propriétaire du tableau fut Jacques Lacan. Avec l’actrice Sylvia
Bataille, il en fit l’acquisition en 1955 pour l’installer dans sa maison de
campagne de Guitrancourt. Le psychanalyste demanda à André Masson, son
beau-frère, de construire un cadre à double fond et de peindre une autre oeuvre
par-dessus. Celui-ci réalisa une version surréaliste de
L’Origine du monde
,
beaucoup plus suggérée. Le public new-yorkais eut toutefois l’occasion unique
d’admirer
L’Origine du monde
en 1988 lors de l’exposition
Courbet
Reconsidered
au Brooklyn Museum. Après la mort de Lacan en 1981, le
ministère de l’économie et des finances accepta que les droits de succession de
la famille soient réglés par donation en lieu de l’oeuvre au musée d’Orsay en
1995.
Une oeuvre provocatrice
L’Origine du monde
surgit dans une période de remise en question des valeurs
morales. Le tableau eut un impact à la fois artistique et social, qui perdure de
nos jours.
Le XIXe siècle connut dans la représentation du nu les prémices d’une
révolution picturale dont les acteurs principaux furent Courbet et Manet.
Courbet rejetait la peinture académique et ses nus lisses, idéalisés, mais
s’attaquait aussi directement à la bienséance hypocrite du Second Empire, où
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Le temps d’une expo
L'Origine du monde
est un tableau réalisé par Gustave Courbet en 1866. Il
s’agit d’une huile sur toile de 46 cm par 55 cm représentant un gros plan sur le
sexe et le ventre d’une femme allongée nue sur un lit, les cuisses écartées.
Le cadrage de la scène, entre les cuisses et la poitrine, renforce l’érotisme de
l’oeuvre. De plus, un sein en érection et la rougeur des grandes lèvres laissent
penser que le modèle vient d’avoir un rapport sexuel.
À travers l'histoire de l'oeuvre, de Khalil-Bey à Lacan, on croise de nombreux
personnages célèbres dont la discrétion contraste souvent avec le caractère
scandaleux de
L’Origine du monde
.
Un modèle à l’identité incertaine
À l’époque de la réalisation du tableau, le modèle préféré de Courbet était une
jeune femme, Joanna Hiffernan, dite
Jo
. C’est son amant James Whistler,
peintre américain admirateur et disciple de Courbet, qui l’avait prêtée à
Courbet.
En 1866 Courbet réalisa un autre tableau,
La belle Irlandaise
, dont le modèle
était Joanna Hiffernan. En tout Courbet réalisa quatre portraits de Jo. Elle fut
vraisemblablement le modèle de
L’Origine du monde
, ce qui expliquerait la
brutale séparation entre Courbet et Whistler peu de temps après la réalisation
de l’oeuvre. Whistler retourna ensuite aux États-Unis, laissant un testament en
faveur de Jo. Malgré la différence de coloration des cheveux roux de Jo et des
poils pubiens plus sombres de
L’Origine du monde
, l’hypothèse que Jo ait été
le modèle de ce dernier prévaut.
Dans
J’étais l’origine du monde
, publié en 2000, la romancière Christine
Orban prend parti en imaginant comment la narratrice, Joanna Hiffernan, fut
l’amante de Courbet et le modèle du fameux tableau. Déjà Bernard Teyssèdre,
dans
Le roman de l’origine
1996 dont le personnage central est le tableau
lui-même ("il lui en arrive, des aventures!") avait proposé de voir en Joanna
Hiffernan le modèle. En revanche, dans son essai historique "L'Origine du
monde, histoire d'un tableau de Gustave Courbet" (2006), Thierry Savatier met
en doute cette hypothèse et avance une possible source photographique.
Le scandale de « L’Origine du monde »
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Paysages
La section s'articule autour des deux belles séries consacrées aux grottes de la
Loue et aux vagues normandes dont les versions les plus importantes sont
rassemblées. Cette thématique permet d'explorer avec pertinence les liens
avec la photographie contemporaine – Le Gray, Le Secq, Giroux notamment.
La tentation moderne
Durant les années 1860, Courbet, alors au faîte de sa célébrité, est une
référence essentielle pour la génération montante de la Nouvelle peinture et
des débuts de l'Impressionnisme; l'oeuvre de ces jeunes peintres stimule à
rebours Courbet, notamment autour du portrait et du sujet moderne.
Les manifestes
Autour de L'
Enterrement à Ornans
e
t
d
e
L
'
Atelier du peintre
,
exceptionnellement déplacés du Musée d'Orsay au Grand Palais, cette section
met en évidence la cohérence de l'ambition artistique de Courbet au début des
années 1850 et sa mise en scène par le peintre lui-même.
L’enterrement à Ornans
1849-50 - Paris, Musée d’Orsay
Le temps d’une expo
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Le nu, la tradition transgressée
Le nu féminin est un des enjeux majeurs pour Courbet qui peint ses premiers
nus dans les années 1840. La présentation des
Baigneuses
en 1853 (musée
Fabre, Montpellier) lui permet d'affirmer sa fidélité à la tradition et sa volonté
d'un renouveau réaliste. Cette section rassemble, autour de
L'Origine du
Monde
(1866, musée d’Orsay, Paris) l'ensemble des grandes toiles consacrées
à ce genre, de
La Bacchante
endormie
(1844-45, Fondation UNICEF,
Cologne) à
La Femme au perroquet
(1866, The Metropolitan Museum of Art).
La femme au perroquet
1866 - New-York, Metropolitan museum of Art
Le peintre en chasseur mélancolique
Les oeuvres liées à la chasse ont souvent été négligées par les historiens d'art.
Elles occupent pourtant une place essentielle, au regard de la peinture
d'histoire, valorisée dans l'exposition par la présentation autour des grands
formats –
L'Hallali du cerf (1866, musée des Beaux-Arts de Besançon),
Le Combat de cerfs (1861, musée départemental Gustave Courbet Ornans)
de l'ensemble des oeuvres essentielles de cette thématique.
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Le Bon combat : de Courbet aux
impressionnistes
anthologie d'écrits sur l'art
Emile Zola
Hermann, 1985 (Savoir)
ART 701.18 ZOL
Le Grand soir
François Dupeyron
Actes Sud, 2006 (Domaine français)
R DUP
En 1877, à Genève, Gustave Courbet raconte à
Mona, une prostituée des bas quartiers, ses
années de gloire et sa chute, qui a commencé
quand Jo l'Irlansaise l'a quitté et s'est
précipitée après les événements de la
Commune. Mona y a pris part aussi et elle a
perdu son père et son frère. Une évocation de
la vie et du siècle de ce peintre amoureux de
l'insurrection.
Nouveautés
Catalogue de l’exposition
du Grand Palais
En commande
L’origine du monde :
histoire d’un tableau
de Gustave Courbet
Thierry Savatier
Bartillat, 2007
ART 759.053 COU
Le journal de Courbet
Thomas Schlesser
Hazan (Guide des arts)
En commande
Courbet « L’origine du monde »
Réal. Paul Fargier
Courbet « Un enterrement à
Ornans »
Réal. Alain Jaubert
En commande (DVD)
Le temps d’une expo
Page 8
Bibliographie
Des Romantiques
aux impressionnistes
Francesco Arcangeli
Monfort, 1995
(Imago mundi)
ART 759.054 ARC
Tout l'oeuvre peint de Courbet
Pierre Courthion
Flammarion, 1996
(Les Classiques de l'art)
ART 759.053 COU
Gustave Courbet
peintre de la liberté
Michel Ragon
Fayard, 2004
ART 759.053 COU bio
L'ABCdaire de Courbet
et le réalisme
Stéphane Guégan,
Michèle Haddad
Flammarion, 1996
(L'ABCdaire)
ART 759.053 COU
Courbet
dir. Jean-Luc Chalumeau
Cercle d'art, 1995
(Découvrons l'art)
ART 759.053 COU
Gustave Courbet
"Un enterrement à Ornans"
in Du romantisme au réalisme
Réal. Alain Jaubert
RMN, 2002
(Palettes)
ART 759.05 JAU (DVD)
Gustave Courbet
« L'origine du monde »
Réal. Jean-Paul Fargier
RMN, 1996
ART 759.053 COU (VHS)
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L'expérience de l'histoire : Courbet et la Commune
Courbet avait toujours entretenu des liens complexes avec le politique. Il
s'engage pour la première fois dans l'action à l'occasion du siège de Paris et de
la Commune où il préside la Fédération des Artistes. L'artiste paiera cette
implication politique, notamment les conséquences de la destruction de la
colonne Vendôme. Emprisonné, malade, contraint à l'exil en Suisse à partir de
1873, Courbet est un artiste désormais survivant. A l'exception de
l'
Autoportrait à Sainte-Pélagie (1861, musée départemental Gustave Courbet
Ornans)
, le peintre n'a pas traité directement les événements dont il fut témoin
et acteur. La série mélancolique de natures mortes, peintes entre 1871 et 1873,
lui permet d'exprimer son désarroi.
L'exposition se conclut sur la présentation rare des trois tableaux consacrés
aux
Truites de la Loue,
métaphores de l'artiste et de son destin douloureux.
Autoportrait à Sainte-Pélagie
Ornans, Musée Gustave Courbet
Source : http://www.rmn.fr/gustavecourbet/01presentation/index.html
Le temps d’une expo
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Repères biographiques
1819
Naissance à Ornans (Doubs) de Gustave Courbet, fils d’un prospère
propriétaire terrien. Il aura quatre soeurs dont l’une meurt en 1834.
1837
Au collège royal de Besançon, il suit les leçons d’un ancien élève de
David.
1841
S’inscrit à la Faculté de droit à Paris mais copie les maîtres du
Louvre.
1844
Son autoportrait,
Courbet au chien noir
, est accepté au Salon, auquel
il participera jusqu’en 1870.
1849
L’Etat lui achète
Une après-midi à Ornans
(Musée de Lille). Il reçoit
la médaille d’or du Salon.
1850
Un enterrement à Ornans
suscite un énorme scandale au Salon.
1853
Nouveau scandale avec les
Baigneuses
. Fait la connaissance du riche
collectionneur montpelliérain Alfred Bruyas.
1855
L’
Atelier
, les
Baigneuses
et l’
Enterrement
sont refusés par le jury de
l’Exposition universelle. Courbet fait construire son propre pavillon
d’exposition avenue Montaigne, à l’enseigne du « réalisme ».
1857
Le tableau intitulé
Les demoiselles des bords de Seine
est
violemment attaqué.
1858
Séjour en Allemagne où sa peinture fait école.
1861
Il connaît un véritable triomphe à Anvers.
1864
Vénus et Psyché
refusé au Salon pour indécence.
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1866
Succès de
La femme au perroquet
et de
La remise des chevreuils
.
Séjour à Trouville chez le comte de Choiseul. Peint pour une
clientèle prestigieuse.
1867
En marge de l’Exposition Universelle, expose à l’Alma dans son
propre pavillon. Manet fait de même et lui vole la vedette.
1869
Décoré par Louis II de Bavière sur proposition des artistes.
1871
Accusé d’avoir participé à la destruction de la colonne Vendôme, il
est emprisonné.
1873
Nouvelle condamnation, confiscation de ses biens. Il s’exile en
Suisse.
1877
Vente judiciaire de ses biens. Gustave Courbet meurt le 31 décembre
à La Tour-de-Peilz.
Les demoiselles des bords de Seine
1856 - Paris, Musée du Petit Palais
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