Histoire de l'art : Courbet - L'impressionnisme

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Histoire de l'art : Courbet - L'impressionnisme

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Rajouts sur la modernité
Les valeurs liées à la modernité sont par essence inachevées. C'est un idéal, on tend vers la
réalisation de soi, vers l'auto détermination, mais ces idées là ne sont pas forcément achevées.
Certaines théories disent que ces valeurs sont nées du courant allemand du réalisme, de la
psychanalyse.
Les artistes qui ont cherché à se défaire de la tyrannie des écoles sont le noyau de la modernité.
Tous ceux qui ont à un moment donné essayer de provoquer un écart entre eux et les écoles sont
la définition de la modernité.
Les artistes modernes sont des artistes par qui le scandale est arrivé : quand leur oeuvre a été
montrée, ils ont provoqué une rupture, ils ont provoqué le scandale.
Exemples :
Olympia
,
Un enterrement à Ornans
. Précédemment, on critiquait les oeuvres, mais on
ne se basait que sur le savoir faire, sur la technique, mais pas sur le niveau fondamental de la
position de l'oeuvre.
Il y aura une association entre les oeuvres d'art et l'innovation (Baudelaire).
Gustave Courbet est un artiste né en Franche Conté en 1819 (mort 1917). Il s'installera à Paris
plus tard. Il se considère comme un théoricien du réalisme en peinture (idée nouvelle). Il considère
que ses maîtres à penser sont la nature, (premier documentariste de l'époque), la réalité, le
peuple... Ce sera sa façon de fabriquer un art lié à la nature, ou réalisme.
Après avoir vu ses oeuvres refusées, il va louer un pavillon et exposer ses oeuvres lui même.
Courbet va initier la pratique où l'artiste choisit de créer lui même ses conditions d'expositions.
En1855, il expose ses oeuvres, créé le mouvement réaliste et écrit son manifeste. Cette artiste ne
va pas créer un mouvement énorme, mais il l'a tout de même inventé en théorisant ce mouvement
grâce à son manifeste.
Courbet a eu des idées révolutionnaires : il participe à la commune de Paris en 1871, est
emprisonné. Quand il mourra, son oeuvre sera démantelée. Il s'est attiré beaucoup d'inimités à
cause de son franc parler.
Gustave Courbet (1819 – 1877)
Un enterrement à Ornans
, 1845-50, huile sur toile,
3,15x6,68m
Il y a pas moins de 42 personnages sur cette oeuvre, et ceux-ci sont tous individualisés, on est pas
dans la répétition.
Au premier plan, on trouve la fosse (il s'agit d'un enterrement) ainsi que 4 individus. Au 2
nd
plan,
des femmes éplorées, des dignitaires d'église... A l'arrière plan, un paysage très sobre, très
délavé, et qui finalement est complètement plat.
Cette oeuvre a très peu de perspective, aucun effort particulier n'est fait pour en créer, le seul
élément qui peut permettre la mise en perspective est la fosse au premier plan.
Remarques : le noir brut ne s'employait pas du tout à l'époque, on utilisait des noirs teintés, on ne
voulait pas utiliser des couleurs pures mais fabriquer sa couleur. Le noir créé un trou dans la
peinture difficile à faire contrebalancer par une autre couleur. L'objectif (oeuvre 3x6) est de
représenter une scène de la vie quotidienne dans une oeuvre monumentale. Le choix des
personnages est aussi un moyen de choquer : personnages de village, petites gens. La fosse est
coupée à moitié, le spectateur peut se considérer comme au bord de la fosse (c'est un peu une
façon d'insulter le spectateur).
On peut interpréter cette oeuvre en considérant que ce qui est mort, c'est la vieille peinture (nous
serions donc devant une sorte de peinture-manifeste). Ce qui intéresse Courbet, se sont les
petites gens, la représentation solide des personnages les uns par rapport aux autres. Grande
sobriété de la peinture, composition assez centrale avec des renvois de couleur.
Luxe d'attitude et de regard : personne ne regarde la fosse, pas de dialogues entre les
personnages.
Histoire de l'art : Courbet - L'impressionnisme
Gustave Courbet (1819 – 1877)
L'atelier du peintre
, 1855, huile sur toile, 3,61x5,98m
Sous-titre de la peinture : Allégorie du peintre menant une vie réelle...
On trouve une mention en dessous de la peinture : « C'est par erreur que dans les livres du palais
des beaux arts il m'est assigné un maître... » (Courbet explique ensuite que son seul maître est la
nature).
Cette peinture une nouvelle fois monumentale, et elle a causé un choc entre plus grand que le
précédent : un personnage (une femme) est nu au milieu des autres personnages habillés. Elle
n'est pas traitée comme une muse : elle a trop de chair (qualités charnelles), pourtant pour lui c'est
son inspiratrice. On voit ici le rapport de Courbet à son travail : quels sont ses amis, quelles sont
ses inspirations...
Il est en train de peindre un extérieur alors qu'il est dans son atelier. Son atelier est gigantesque, le
mur du fond est plat est une nouvelle fois n'indique aucun effet de perspective. Le tableau seul au
premier plan créé la perspective.
Vélasquez (1599 – 1660)
Les Ménines (Las Meninas)
, 1656-57, huile sur toile,
3,18x2,79m
Cette peinture n'a rien à voir avec la modernité (voir la date !), mais elle est une inspiration de
Courbet est de nombreux autres peintres. Cette peinture est devenue emblématique de la position
de l'artiste à l'intérieur du monde.
On voit le roi et la reine dans le miroir du fond, peut être sont-ce les personnages que Velasquez
est en train de peindre. Il y a l'Infante, les accompagnateurs de l'Infante...
A l'époque, Velasquez est au plus haut, il vit dans le Palais, il se peint ici dans son royaume et il se
met en scène avec tous les puissants de ce monde.
Inversion des valeurs habituelles : le peintre ne nous tourne pas le dos, il ne met pas en scène les
personnages royaux mais lui, son atelier, c'est son atelier qui est important et pas la maison que le
roi a mis à sa disposition.
Gustave Courbet (1819 – 1877)
Les demoiselles des bords de Seine
, 1856-57, huile sur
toile, 1,74x2m
Deux personnages de moeurs légères, courtisanes (deux putes, quoi), qui se donnent à voir dans
un contexte champêtre. Cette oeuvre a été assassinée par la critique. Le traitement coloré est très
diversifié.
Jean-François Millet (1814 – 1875)
L'angélus
, 1857-59, huile sur toile, 0,55x0,66m
Angelus, couple de paysans (petites gens), Millet est un autre réaliste, mais disposant d'une
fortune personnelle lui permettant de peindre à peu près n'importe quoi.
Edouard Manet (1832 – 1883)
Le déjeuner sur l'herbe
, 1863, huile sur toile, 2x2,64m
Manet est un bourgeois, il a beaucoup voyagé et a donc une culture sur la peinture
impressionnante.
Ici, deux personnages féminins, une nue et une en train de se baigner. Deux personnages
masculins apparemment en discussion, mais sûrement peu probable. Nature morte au premier
plan. Nous sommes dans un mélange de genre (ni une scène de baignade, ni une nature morte...).
On peut déjà parler de peinture moderne. Le côté très lâche de la façon de peindre est
intéressante : verdure traitée en large couche, pour le vêtement... La seule façon de créer du relief
chez Manet et de détourer le corps par une ligne plus sombre. Pas de tentative de rendre le
volume comme on l'aurait fait précédemment. La peinture est visible, on voit les touches, on voit
de quelle façon c'est fait (ce qui n'était pas admis à l'époque, on devait rendre la scène avec une
grande finesse d'exécution, pratiquement comme une photo).
Cette oeuvre fait partie du salon des refusés.
Autre chose choquante : le personnage nu regarde le spectateur, non pas dans une attitude
séductrice ou autre, juste d'une façon tout à fait naturelle.
Edouard Manet (1832 – 1883)
Le Balcon
, 1868-69, huile sur toile, 1,70x1,24m
Scène où l'on imagine qu'il y a un spectacle dans la rue, ou quelque chose à voir...
Cette ouvre n'a pas d'autre signification que celle qu'elle montre. Le sujet de Manet est la peinture,
pas la nature comme Courbet. Il va faire référence à la peinture beaucoup plus qu'à la nature. Il
produit du discours sur la peinture.
Francisco Goya (1746 – 1828)
Les majas au balcon
, avant 1800, huile sur toile,
1,95x1,25m
C'est une référence claire de Manet.
Edouard Manet (1832 – 1883)
Olympia
, 1863, huile sur toile, 1,30x1,90m
C'est l'oeuvre précurseuse (en admettant que ça se dise, mais j'aime bien) de la modernité. C'est
la fin du discours de la peinture, la peinture arrête d'avoir une symbolique, elle se justifie par elle
même. La peinture n'a pas besoin d'alibis, de grands thèmes, elle peut aussi en elle même avoir
ses propres raisons d'exister.
On voit une personne qui se réveille, sa servante lui apporte un bouquet, probablement d'un
admirateur. La femme est isolée de son contexte grâce aux contours dessinés. Les nus à l'époque
étaient soumis à un code, on ne représentait pas un nu pour n'importe quel raison.
Cette personne là ressemble aux femmes qu'on pourrait croiser au jour le jour, elle s'affiche dans
un moment standard de la vie, aucune symbolique spéciale.
Francisco Goya (1746 – 1828)
Maja habillée
, vers 1800, huile sur toile, 0,95x1,90m
Elle est toute habillée.
Francisco Goya (1746 – 1828)
Maja nue
, vers 1800, huile sur toile, 0,95x1,90m
Elle est toute nue. On peut considérer ceci comme une référence de Manet.
Alexandre Cabanel (1823 – 1889)
Naissance de Vénus
, 1863, huile sur toile,
1,30x2,25m
Ici, peinture de Vénus : on a une mythologie, et donc une justification de l'existence du nu, d'un
point de vue thématique et moral.
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