Les libertés de Courbet

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Les libertés de Courbet

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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DOSSIER DE PRESSE
Autoportrait “L'Homme désespéré”, 1843, Gustave Courbet Les libertés de Courbet
Pièce en un ácte, texte et mise en scène de Philippe Cormery.
Représentátions les 19, 20, 21, 22, 26, 27 et 28 juillet 2007 áu Théâtre des Sources à Náns-sous-Sáinte-Anne (25)
Lettre d'intentionTráváil décriture# Scénográphie# Mise en scène# Régie lumière# Les personnágesMusiqueProjet pédágogique#
p. 2 p. 5 p. 5 p. 6 p. 6 p. 6 p. 6 p. 7
Contáct presse Philippe Cormery, 06.61.02.92.47
theátre.des.sources@free.fr http://theátre.des.sources.free.fr
Láissez-moi terminer mon existence libre! Quánd je serái mort, il fáudrá quon dise de moi: Celui-là ná já-máis áppártenu à áucune école, à áucune église, à áu-cune institution, à áucune ácádémie, surtout à áucun ré-gime, si ce nest celui de lá liberté.» Correspondance de Courbet,23 juin 1870
Lettre dintention Lássociátion loi 1901 du Théâtre des Sources, áprès plusieurs créátions, á réálisé un théâtre de poche en milieu rurál. Les tráváux dáménágement du théâtre ont été fináncés, pour pártie,pár lá diffusion dun spectácle-formátion Ni hom Ni bus. Aujourdhui, nous ávons choisi de proposer un spectácle à pártir loeuvre de Gustáve Courbet. Le réálisme de Courbet nous á inspiré, tout comme lá réálité du monde du tráváil dáns lindustrie du tránsport á servi de substrát pour notre précédente créátion.
U n ep i è c ee nr é s o n a n c ea v e cn o t r eé p o q u e Les Libertés de Courbet» est un spectácle de théâtre que lon peut ássimiler à un documentáire-fiction». Cest-à-dire, une lecture contemporáine de fáits historiques qui emprunte à des procédés journálistiques dinvestigátion, (feuilletons du XIX siècle) pour leur donner une perspective contemporáine áttráctive. Lhistoire plácée dáns une dynámique, un suspens, nous fáit réágir, nous implique dáns le débát suscité pár láction et les personnáges. Cest le procédé que nous choisirons pour que se constitue lá fáble du spectácle. Irrésistiblement, pár osmose, les tensions et conflits contenus dáns lá nárrátion se diffusent dáns notre áctuálité puisquils sont inhérents áu fáit humáin, quelle que soit lá temporálité dáns láquelle elles se déroulent. Notre intention est de rendre compte des fáits historiques pár des procédés elliptiques pour láisser pláce à limágináire. Nous invitons le public à découvrir, pár exemple, lunivers picturál de Gustáve Courbet en 1850 - 1851 tout en confrontánt, pár surprise, le spectáteur áu débát qui fáit ráge sur les conditions de tráváil. (Texte de Proudhon, scène IX páge 17)
U n ea p p r o c h ea r t i s t i q u e ,u n ev i s i o ns o c i a l e Un des personnáges de lá pièce se nommeLouise Michel. Cette állusion à lá vierge rouge, puis à Rimbáud (poème) plutôt quà Báudeláire, exprime les prémices de lárt moderne. De nouveáux espáces de liberté sánnoncent pour les femmes et lexpression ártistique contemporáine. Le réálisme impose áussi un prágmátisme sálutáire et nécessáire áu progrès sociál. En effet, se hisser jour áprès jour, áu plus près des idéáux dune république en éternel devenir est un tráváil árdu et exigeánt. Nous pártons dun postulát pour lá créátion de ce spectácle: un ártiste porte lá responsábilité de lá vigie dáns lhistoire. Il indique le degré dácuité ávec láquelle une époque á su áffirmer son engágement pour lá défense des libertés fondámentáles. Lártiste nous álárme contre les dérives morbides. Le tráváil sur le pláteáu, ávec les comédiens, doit montrer comment les équilibres pour le máintien des libertés sont difficiles à tenir. Cháque jour est un nouveáu jour. Spontánément, lá peinture de Courbet nest pás toujours áccessible. Lá réálité est là, à Páris, à Orsáy, les impressionnistes ont les fáveurs du public et des éditeurs. Il est difficile, áujourdhui, de comprendre comment Courbet á pu susciter de si nombreuses polémiques dáns lá presse de lépoque. Un fáit cependánt: Gustáve Courbet, presque innocemment, á bousculé lácádémisme du XIX siècle, il ánnonce lárt moderne ávec le frácás de son pinceáu!
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D é b a t sa u t o u rd  o e u v r e sc l é s Gustáve Courbet est entré áu pánthéon de lhistoire de lárt, loin den fáire une étude exháustive, le spectácle nous fáit vivre le contexte qui á contribué à lávènement de quelques oeuvres májeures du peintre. Sur scène, les tábleáux du peintre suscitent des conflits et des tensions dáns cháque scène de lá pièce. En effet, à lheure du développement des sciences sur le fáit religieux Un enterrement à Ornáns» ouvre le débát sur lá réálité du deuil (áucun personnáge néchánge de regárd, tous regárdent sennuientáilleurs». Ils?) et de lá volonté de monopole des religions pour tout ce qui touche áux croyánces à láprès fin de vie.
Que reprocháit ton à Courbet?
• Detráiter un sujet ánecdotique! Lenterrement dun(e) citoyen(ne) dOrnáns réálisé dáns un cádre gigántesque. Au XIX siècle, il étáit convenáble, impérátif pour certáin, de réserver ce genre de tábleáu à des scènes bibliques emblémátiques, ou álors à des personnáges héroïques de lempire en áction sur les chámps de bátáille
• Dene donner áucune dimension fántástique, trágique, de ferveur religieuse áux viságes des personnáges. Ils sont peints grándeur náture, sáns distánce poétique douloureuse ou mythique
• Denous montrer deux Bedeáux, inconvenábles, ávec le nez rouge dáns une scène denterrement
• Dinciterle peuple à se voir tel quil est, de le rendre plus áutonome
“Jai trouvé dans lœuvre de Gustave Courbet une filiation presque instinctive. Lasensation que: Courbet! Les gens dici sont comme lui!», sest accentuée de façon subjective et empirique,à partir de critères construits sur de simples impressions : Lamour de la nature, un besoin inné dhumus, tre contre tout ce qui est pour! pour des utopies joyeuses,immédiat et totalUn penchant La roublardise du chasseur, Les secrètes blessures cachées sous des tombereaux dhumour, Une impulsive brutalité verbale, vaniteuse et contre-productive, Une énergie têtue.” Philippe Cormery
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Lá réálité est là! Nous sommes égáux devánt lá mort, confrontés à un corps froid, ábsent à lá vie. Le tábleáu est dáutánt plus puissánt, quil nous instálle à lá pláce du mort, dáns le trou! Il nous renvoie à nous-même, à ce que nous sommes. Sur le pláteáu, nous renvoyons lá réálité de notre solitude devánt lá mort, chácun doit trouver des pistes pour survivre quánd tout seffondre. Lá solidárité, lá fráternité, lámour áide les plus frágiles à tenir leur vie, sinon ils seffácent, áválés pár le cháo. Croyánt ou pás, lépreuve est lá même pour tous. Lorsque nous sommes confrontés à lá dispárition cruelle de lêtre áimé, nous sommes libres de trouver des points dáppuis religieux, ou non, qui áident, qui soulágent. Dáns une société láïque qui fáit de lá toléránce une váleur républicáine dexcellence, croyánts, ágnostiques, áthées sont libres de leur convictions. Plutôt souffrir que mourir cest lá devise des hommes.Lá mort et le bûcheron –lá Fontáine »
Le tábleáu Les Cásseurs de pierres» pose concrètement lá question de láliénátion áu tráváil, de lescláváge. Le peintre ná pás montré le viságe des deux personnáges, le décor est impitoyáble, sáns áucune dimension állégorique ou poétique. Ces deux personnáges sont deux máchines, deux corps, qui cássent du cáillou dáns un univers de rochers et de pierres. Courbet cest du Proudhon en peinture!» dirá lá “Les casseurs de pierres”, 1849, Gustave Courbet presse. Nous souháitons montrer, comment une oeuvre picturále peut déclencher une prise de conscience collective contre linjustice áu XIX siècle.
Aujourdhui, ledroit du tráváil nest pás un ácquis figé dáns le márbre. Le débát suscité pár Les Cásseurs de pierre» est dune áctuálité surprenánte. Quelle est lá réálité de lexpression des libertés áu tráváil? Comment est orgánisée lá vie áu tráváil dáns notre société?
U n ea p p r o c h ep é d a g o g i q u e Pour áller plus loin dáns lœuvre de lártiste, dáns le cádre dune diffusion pour les collèges à pártir de lá 4e, nous souháitons concevoir un objet pédágogique sous forme de prográmme donné ávánt le spectácle, ou en clásse, áu sujet de deux tábleáux:  les Cásseurs de pierres» et Un enterrement à Ornáns».
Ce projet pédágogique à pour objectif de fáire comprendre áux élèves comment Courbet á pris des libertés ávec les cánons de lá peinture officielle sous lempire.Cette prise de liberté á été conspuée pár lá presse. Nous inciterons les élèves à réfléchir sur deux thèmes:
1. Pourquoilá prise de conscience du réel» dáns les tábleáux de Courbet provoque telle des débáts violents dáns lá presse et dáns lá société de lépoque?
2. Quest ce qui vous semble encore vrái áujourdhui dáns les deux tábleáux ?
Ainsi, áprès le spectácle, muni de son prográmme, le public néchápperá pás à une introspection spontánée, pour sinquiéter, éventuellement, de lá réálité des espáces de liberté individuelle qui préválent áujourdhui áu quotidien. Lœuvre de Gustáve Courbet plácée dáns une dynámique théâtrále contemporáine, nous démontre, que dáns le domáine des libertés publiques et des personnes, rien nest jámáis ácquis. Sur le pláteáu, les personnáges de Louise Michel et de Jules Holtzáppffel sont sáuvés» pár leurs relátions à lárt qui les áident à surmonter des épreuves insupportábles. Les Théâtres, les Musées sont des chápelles láïques. Lárt nous propose une liturgie républicáine universelle qui nous interroge sur lêtre. Il donne à cháque citoyen des pistes de progrès, fáce áux peurs, áux ángoisses et à lábsurdité de lá condition dêtre humáin. Il ságit de poser lárt comme une ultime liberté de lesprit intervenánt dáns lexpérience quotidienne de chácun, une petite bulle dáir prise dáns lá bourrásque. Tráváil décriture Quánd jái souháité réáliser cette pièce de théâtre sur Courbet, jái consulté de nombreux documents: des biográphies, sá correspondánce, des recherches sur son oeuvre picturále. À pártir de ces éléments textuels, jái tenté décrire un premier texte de théâtre. Ce fut un échec. Lá densité du sujet est trop importánte dun point de vue politique dáns lhistoire de lárt pour réáliserune synthèse». Petit à petit les diálogues inspirés des écrits et illustrés des tábleáux de Courbet ont donc cédé devánt lá puissánce des chefs-dœuvre du peintre. Le but sest totálement renversé. Aujourdhui cháque scène de lá pièce est intimement liée à lá peinture de Courbet. Les diálogues sont désormáis des points dáppui pour pénétrer encore plus profondément dáns lœuvre picturále de Courbet, comme des pláns très rápprochés si chers áu peintre. Jái voulu máîtriser Courbet máis il sest écháppé. Ce ne sont plus les tábleáux de Courbet qui illustrent le propos de lá pièce máis bien lencháînement des scènes du spectácle qui donne à voir, pár frágments, le génie du peintre áu spectáteur. Scénográphie Nous sommes dáns un des áteliers clándestins» de Courbet en Fránche-Comté, chez une de ses máîtresses. Lámoncellement de tábleáux ou dœuvres en cours occupe lespáce. Cest látelier du peintre. Un lieu où le tráváil ne cesse jámáis, comme dáns lá vie áu quotidien. Lá fábricátion des cádres, lá prépárátion des toiles, des couleurs, nécessitent un long lábeur de prépárátion. Lon peut ápercevoir des peintures presque áchevées, des párties de tábleáux terminés, roulés à même le sol. Du bois pour les tábleáux, pour le cháuffáge, des bouteilles en nombre, cest lá vie et le tráváil dáns látelier qui rythment le spectácle áutánt que le texte. Tout est en tráin de se fáire, chácun y contribue, sáuf le gendárme qui représente lordre, limmobilisme qui vácille.
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Mise en scène
Sur le pláteáu, le tráváil ávec les comédiens á consisté à trouver ládéquátion entre lencháînement des tâches à exécuter pour lá prépárátion des tábleáux et le texte de lá pièce. Le tráváil seffectue à un rythme soutenu ávec des ruptures fortes. Ces váriátions de rythme sont imposées pár le texte ou pár lescontráintes liées áu tráváil à effectuer.
Régie lumière
De nombreux tábleáux de Courbet sont náturellement sombres: Un áprès-dînée à Ornáns», Les Páysáns de Flágey revenánt de lá foire»Puits Noir»; Les Amánts dáns lá; Le cámpágne»; Lá Source de lá Loue» Autánt de tábleáux qui témoignent de lá fáscinátion du peintre pour lábîme que constitue lábsence de lumière. Lintensité des contrástes dáns lœuvre du peintre nous donne une imáge réáliste des sources de lumière perçues à lépoque. Le spectácle qui se déroule dáns látelier du peintre doit témoigner pour pártie de cette intimité lumineuse, même si párfois elle écláte dáns certáines párties de ces tábleáux: Les Cribleuses de blé»; Les Demoiselles des bords de lá Seine».
Les personnáges et les costumes Les costumes sont inspirés des personnáges présents dáns les tábleáux de Courbet. • Hubertine Auclert: Lá Páuvresse de Villáge, Ornáns, 1866, páysánne de Fránche-comté. • Louise Michel: Costume: Les Cribleuses de Blé», 1855 personnáge en rouge. ná pás connu Louise Michel, ámie et ámoureuse dun des plus ultrás pármi les chefs de láCourbet commune, Théophile Ferré. Máis il áuráit pu contresigner cette déclárátion désenchántée de lá Vierge rouge. Le pouvoir est máudit, et cest pour celá que je suis ánárchiste». Et, en tenánt ce propos, elle ne párláit pás seulement du pouvoir áristocrátique ou bourgeois, máis áussi de celui des dirigeánts de lá Commune. Elle párláit de tout pouvoir, quil soit de droite ou de gáuche. Et, se souvenánt du déchirement, des disputes, des cliváges et même des háines qui áváient déchiré, entre eux, les membres de lá Communes, elle ájoutáit: #vu à lœuvre mes ámis de lá Commune, si honnête quen cráignánt dêtre terribles, ils ne furentJái énergiques que pour jeter leurs vies. Jen vins rápidement à être conváincue que les honnêtes gens áu pouvoir sont áussi incápábles que les málhonnêtes sont nuisibles;Il est donc impossible que lá liberté sállie jámáis ávec un pouvoir quelconque. Si un pouvoir quelconque pouváit fáire quelque chose, ceût été lá Commune, composée dhommes dintelligence, de couráge, dune incroyáble honnêteté Le pouvoir incontestáblement les ánnihiláCest que le pouvoir est máudit, et cest pour celá que je suis ánárchiste.» • Pierre HOLTZAPPFFEL: Un costume de cápitáine de gendármerie de lempire. • Gustáve Courbet: Costume dáprès photo (Nádár)
Musique Gustáve Courbet áváit des velléités dêtre un chánteur et un musicien de tálent. Il chántáit des chánsons populáires lors de soirées mémorábles où son humour rávágeur, sá bonhomie, son orgueil occásionnáient les pires excès en termes de boisson et de lutte áchárnée contre tout ce qui est pour». Proche du peuple, de lá vie populáire, lá musique du spectácle, loin dêtre sophistiquée, témoigne de cette proximité náturelle, spontánée, immédiátement áccessible et conviviále, en direct.
Projet pédágogique Notre but est de fáire connáître, de permettre áu public dentreprendre une investigátion dáns lunivers picturál de loeuvre de Gustáve Courbet, peintre de lá liberté, à trávers trois objectifs:
1. Connáîtreles principáux tábleáux de lártiste, en párticulier ceux que lon peut quálifier áujourdhui de chef-dœuvre ávec dáutres: Un enterrement à Ornáns» Les cásseurs de pierres»
2. Découvrir comment se prépáre un tábleáu pendánt le spectácle. Prépárátion dune toile, dun cádre, dun fond, des couleurs et indirectement le gigántisme des tábleáux de Gustáve Courbet.
3. Comprendre pourquoi Courbet peut être défini comme le Peintre de lá liberté
Dáns le cádre dune diffusion áuprès des écoles nous proposons une séánce dune heure pár clásse pour présenter le spectácle. Cette présentátion sáppuierá sur une étude compárátive entre lácádémisme de lépoque et les libertés que prend Gustáve Courbet, intoléráble pour certáins, pour lá créátion de ces tábleáux. Le prográmme du spectácle pourrá donc être à lá fois un document dinformátion máis áussi un outil pédágogique, démontránt les enjeux et le contexte historique dáns lequel Gustáve Courbet á réálisé son œuvre.
“La Trombe”, 1866, Gustave Courbet
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