De la 'Chinafrique' aux Chinois en Afrique

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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De la ‘Chinafrique’ aux Chinois en Afrique Les stratégies d’insertion des différents acteurs chinois en Afrique subsaharienne : étude comparée
Romain DITTGEN Sous la direction du Professeur Thierry Sanjuan Université Paris 1, UMR 8586 PRODIG Cela fait maintenant une dizaine d’années que les Chinois sont massivement présents en Afrique, phénomène qui se traduit par un renforcement du commerce sino-africain, des investissements et une multiplication des projets sur le continent. L’ordre mondial est en train de connaître de vifs changements, notamment à travers l’émergence de nouveaux pôles de croissance et acteurs tels que la Chine, l’Inde, le Brésil… Ces nouvelles puissances, en premier lieu la Chine, témoignent un très grand intérêt pour des matières premières, nécessaires à la poursuite de leur 1 croissance économique . Afin de contourner les risques d’instabilité au Moyen-Orient et de diversifier au maximum les partenaires économiques, ces pays émergents courtisent de plus en plus l’Afrique qui redevient ainsi un continent hautement stratégique (surtout les pays dotés en ressources naturelles). En même temps, les pays industrialisés ont fait preuve d’un certain désintérêt à l’égard de l’Afrique, la résumant assez souvent aux guerres, aux famines et à la misère généralisée.
1 ALDEN C., 2007,China in Africa, Londres, Zed Books, 157 p. ; ALDEN C., LARGE D. et SOARES de OLIVEIRA R., 2008,China returns to Africa, a rising power and a continent embrace, Londres, Hurst and Company, 382p. ;BROADMAN, H., 2007,Africa’s Silk Road: China and India’s new economic frontier, Washington, The International Bank for reconstruction and development/The World Bank, 418p. ; CHUNG-LIAN J., automne 2006, « Les relations de la Chine avec l’Afrique : Fondements, réalités et perspectives », inMonde Chinois(La Chine en Afrique) n° 8, Paris, éditions Choiseul, pp. 7-26. ; GAYE A., 2006,Chine-Afrique, le dragon et l’autruche : essai d’analyse de l’évolution contrastée des relations sino-africaines : sainte ou impie alliance du XXIe siècle, Paris, l’Harmattan, 294 p. ; GILLESPIE S., 2001,South-South transfer: a study of Sino-African exchanges, New; LAFARGUE F., juillet-York, Routledge, 262 p. août 2005, « La Chine, une puissance africaine », inPerspectives chinoises(n° 90), Hong Kong, Hop Sze Printing Co. Ltd, Publiée avec le concours du Centre National du Livre (CNL), pp. 2-11.
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Pourtant l’Afrique est en train de traverser de profondes mutations. Selon la plupart des économistes, ce sera le seul continent où la croissance économique est prévue à la hausse (environ 6%) pour les années à venir, constituant ainsi l’« exception » par rapport à la stagnation généralisée de la croissance de l’économie e mondiale. Parallèlement, depuis le début du XXIsiècle, les partenariats Sud-Sud face à la prédominance des relations Nord-Sud ont pris de l’envergure. À travers l’exemple de la Chine, dont la politique de « coopération » est la plus active voire la plus agressive parmi les pays émergents, on s’aperçoit que ces dernières années les investissements directs étrangers chinois destinés à l’Afrique, ainsi que le commerce sino-africain, affichent une hausse constante. Le fait que des puissances émergentes accordent une très grande importance à l’Afrique peut constituer une occasion à saisir pour le continent noir. Les liens ne seront plus limités aux relations avec les anciens colonisateurs, dont certains continuent à travers leurs pratiques de considérer l’Afrique comme leur « pré carré ». La multiplication des partenariats fait que les pays africains ne seront plus contraints à accepter toute sorte de contrat et leur offrira la possibilité de devenir des acteurs stratégiques à l’échelle internationale. La ‘Chinafrique‘: un enchevêtrement de stratégies et d’acteurs diversAvec l’intensification des relations sino-africaines surgissent aussitôt un certain nombre de questions et réflexions primordiales: qui sont ces différents acteurs s’intéressant à l’Afrique et quels sont les principaux enjeux pour celle-ci? Quel sera l’impact de cette nouvelle influence sur le continent noir et cette coopération peut-elle apporter une forme (alternative) de développement ? Dans une perspective plus longue, les pays africains pourront-ils bénéficier de cette coopération en termes de transfert de technologies, de savoir-faire et de création d’emplois pour les populations locales ? Cependant, lorsqu’on analyse de quelle manière cette thématique est souvent abordée dans les études consacrées à ce sujet, on aurait tendance à croire qu’il s’agit d’un phénomène uniforme avec des logiques peu divergentes. Ainsi une des hypothèses de départ serait-elle de savoir si la Chine, en matière de relations bi- voire multilatérales, suit une seule démarche (calquée sur le «Livre blanc de la politique chinoise à l’égard de l’Afrique») ou si, au contraire, les politiques relationnelles et logiques d’insertion sont adaptées au contexte africain. Le fait que les pays africains ne connaissent pas les mêmes réalités et que souvent leurs niveaux de développement divergent, soulève la question de la ou des stratégies chinoises adoptées en Afrique. À travers la couverture d’un échantillon de pays africains de caractère différent (Afrique du Sud, Gabon et Sénégal), l’objectif sera d’aboutir à des résultats plus représentatifs pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. La sélection de plusieurs pays représentatifs permet d’approfondir l’étude de ce phénomène et de déceler d’éventuelles divergences –en identifiant notamment quels sont les secteurs privilégiés selon les pays et leurs effets induits). En se focalisant sur la question, on se rend compte qu’au-delà de la complexité de ce phénomène en lui-même, on est face à une diversité aussi bien d’acteurs que de stratégies mises en œuvre. Comment résoudre ce questionnement, si ce n’est en
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mettant en relation plusieurs cas d’études. D’où l’intérêt de procéder par étude comparative, outil nécessaire à la compréhension de cette présence et permettant de confronter les différentes échelles d’étude et acteurs impliqués de manière directe ou indirecte. À l’aide de ce moyen, il sera plus facile d’appréhender si et comment les logiques d’insertion peuvent diverger selon les pays et les acteurs concernés. D’une part se pose la question jusqu’à quel degré la réalité locale dans tel ou tel pays africain, ou dans tel domaine économique, jouent sur la nécessité d’adaptabilité et de prise en considération dans la mise en œuvre des multiples projets. D’autre part, on est confronté à une réalité supplémentaire qui complexifie davantage l’analyse :la multiplicité des acteurs chinois présents en Afrique de même que leur impact spatial et leurs logiques d’insertion divergent. Etant donné que la vaste majorité des pays africains entretiennent des liens diplomatiques ou économiques 2 avec la République populaire de Chine (RPC), il s’avère nécessaire d’introduire une délimitation géographique et quantitative afin de garantir un travail de terrain sérieux. L’objectif est donc d’opter pour une typologie qui couvre l’essentiel de cette présence et qui soit représentative aussi bien dans l’espace que dans le temps. Il s’agit de mettre en avant les divergences ainsi que les similitudes des logiques d’insertion des acteurs chinois, ayant des répercussions spatiales et des rapports de pouvoir au territoire différents. La mise en place d’une catégorisation de pays africains présentant des traits communs selon des critères économiques nous a amené à choisir un exemple parmi les pays technologiquement plus avancés ou pôles de développement potentiel (tels que le Nigeria ou l’Afrique du Sud), un parmi les pays rentiers (Angola, Soudan, Congo, Gabon) et un parmi les pays qui sont caractérisés par une prédominance des Chinois dans le domaine du commerce (notamment dans les pays d’Afrique de l’Ouest, Sénégal, Madagascar). Jeu d’échelles, itinéraire comparé : Sénégal, Gabon et Afrique du Sud Après cette étude préliminaire, nous avons décidé de nous focaliser sur le Sénégal, le Gabon et l’Afrique du Sud pour plusieurs raisons : en ce qui concerne le Sénégal ; il nous a semblé logique d’opter pour un pays en Afrique de l’Ouest, compte tenu du 3 nombre et de la prédominance des acteurs d’en bastels que les petits commerçants et/ou restaurateurs qui, à travers leurs activités commerciales, ont amorcé un façonnement de la physionomie et de la fonction primaire de certains quartiers.
2  Lespays africains reconnaissant Taiwan ne sont plus que quatre et ne présentent pas d’intérêts économiques majeurs (Burkina Faso, Swaziland, So Tomé & Principe, Gambie).Par ailleurs l’exemple du Burkina Faso met en vigueur à quel point, malgré des liens diplomatiques avec Taiwan, la RPC est très présente dans nombre de domaines à commencer parl’économie (LEMONNIER B., 2009, « Étude géopolitique de la relation triangulaire Chine Populaire - Taïwan - Burkina Faso et des pratiques commerciales burkinabè », Master 1, ENS Lettres et Sciences Sociales). 3  KERNENA., VULLIET B., 2008, «Les petits commerçants et entrepreneurs chinois au Mali et au Sénégal », inAfrique contemporaine, n° 228, Paris, Université De Boeck, pp. 69-94. ; BERTONCELLO B., BREDELOUP S., 2006, « La migration chinoise en Afrique :Accélérateur du développement ou « sanglot de l’homme noir ?», Paris, inAfrique Contemporaine(n° 218), Agence Française de développement, pp. 199-224.
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Contrairement à l’Afrique australe, où la présence de communautés chinoises de poids date de l’abolition de l’esclavage et du recours auxcooliespour le travail dans les mines et les champs de canne à sucre, en Afrique de l’Ouest et centrale, ces acteurs ont seulement commencé à s’installer depuis la deuxième moitié du e XX siècleet surtout depuis le milieu des années 1990. L’étude au Sénégal, à Dakar plus précisément, porte sur la transformation duCentenaire, quartier autrefois presqu’exclusivement résidentiel qui, à travers l’arrivée de commerçants chinois vers 4 la fin des années 1990, a accueilli une sorte de marchésur le boulevard Général-de-Gaulle. Rien qu’en s’intéressant pour ce cas de figure à un niveau très local, à savoir l’échelle de la rue, on s’aperçoit que l’on retrouve déjà ici une multitude d’acteurs qui 5 interagissent .Le cas du Sénégal montre par ailleurs comment recompositions spatiales et jeux de pouvoir à différents niveaux se recoupent, avec des acteurs locaux qui tentent d’agir de leur côté face à un manque d’intervention apparent de la part de la municipalité de la ville de Dakar et du gouvernement.En ce qui concerne le choix du Gabon, ce pays figure en tant que parfait exemple de pays rentier, soucieux de préparer l’après-pétrole à travers un basculement vers le domaine des mines et les contradictions sous-jacentes. En 2006, les Chinois (par le biais de la CMEC et Sinosteel) ont remporté l’appel d’offre pour le projet d’exploitation de la mine de fer de Bélinga, projet qui s’élève à 2,2milliards de dollars et qui exige la mise en œuvre de toute une gamme d’infrastructures préliminaires. La recherche portant sur le Gabon constitue en effet un prolongement 6 d’un mémoire réalisé en master 2. Le fil conducteur de ce travail était de savoir si la présence chinoise, notamment à travers la multiplication des investissements et la réalisation future de différents projets de la part de grandes entreprises para-étatiques, pouvait apporter une forme (alternative) de développement et voir comment ce partenariat allait se traduire dans l’espace. En même temps, le lien voire presque la corrélation entre ces grands projets et le politique s’avère intéressante en matière de rapports de force et de liens de pouvoir au territoire notamment en les comparant aux stratégies déployées par les anciens partenaires tels que la France. Le président disparu Omar Bongo attachait en effet une importance particulière au projet de Bélinga et en avait fait son cheval de bataille lors des élections présidentielles en 2006, considérant ce projet décisif pour le développement du pays, la diversification économique et la création de quelques 36000 emploispour la population locale. Sa disparition récente montre à quel point, les facteurs
4  Dejure, le boulevard Général-de-Gaulle se situe à l’intérieur d’un quartier qualifié de résidentiel ; pourtant, depuis quelques années, il y a un marché à ciel ouvert, entretenu par la population locale, qui s’est greffé sur la présence des commerçants chinois installés à l’intérieur d’échoppes louées par des riverains. Cette occupation de la voie publique n’étant pas conforme à la loi en ce qui concerne le statut, la mairie d’arrondissement perçoit tout de même des taxes journalières et les autorités de la ville de Dakar semblent de leur côté faire preuve d’un certain laxisme. 5  Aucours de deux séjours (en 2008 et en 2009, au total 6mois) à Dakar, j’ai conduit des entretiens avec des commerçants chinois, des riverains, des vendeurs sénégalais rattachés au commerce chinois, des « tabliers », des vendeurs ambulants (lesbana-bana), différentes associations telles que l’Unacois et l’Ascosen, les mairies d’arrondissement et de la ville de Dakar, un collectif pour la préservation du boulevard Général-de-Gaulle, le président de la Chambre de Commerce des résidents chinois au Sénégal, les douanes. 6  DITTGENR., 2006, «Présence chinoise au Gabon, facteur de développement ?», mémoire de master2, Université Paris 1 PanthéonSorbonne, 134 p.
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économiques et politiques semblent être liés, étant donné que, depuis, la poursuite du projet –qui d’ailleurs a pris énormément de retard– pourrait être remis en question. L’élection, toujours contestée par l’opposition, d’Ali Bongo, le fils de l’ancien président, laisse quand même présager une certaine continuité dans les différents domaines. D’un point de vue géographique, l’exemple du Gabon s’avère intéressant à travers deux cas de figure : tout d’abord à travers le fait que l’exploitation de cette mine de fer nécessite un certain nombre d’infrastructures préliminaires (rattachement de deux bretelles de chemin de fer au Transgabonais, la construction de deux barrages hydroélectriques à haute capacité et la construction d’un port en eau profonde) pour l’évacuation du minerai; on observe une sorte de réorganisation spatiale à l’échelle nationale et un possible désenclavement d’une des régions les plus isolées du pays (Ogooué-Ivindo). En même temps, ce que certains qualifient de passage de la Françafrique vers la Chinafrique semble préfigurer une redistribution des rôles à jouer des pays impliqués en Afrique, où le Gabon n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de pays richement doté en matières premières. Cet exemple soulève la question de la marge de décision de l’État en Afrique en lien avec les investissements importants dans le domaine des ressources naturelles. Peut-on parler d’un regain de l’intervention étatique contrairement à l’idée d’une perte générale du pouvoir de l’État, à travers d’un côté la Chine qui essaie d’encourager l’internationalisation et le gain d’expérience de certaines de ses firmes, et la conclusion autant que la définition du projet à une sphère politique très élevée d’autre part ? Le fait que la Chine adopte une politique de non-ingérence souvent associée à des investissements à long terme dans certains secteurs change la donne par rapport aux partenariats traditionnels. La Chine qui n’hésite pas à investir dans certains pays ou projets se détache ainsi des bailleurs de fonds traditionnels qui adoptent une logique plus rationnelle, guidée par des critères de profit et de valeurs démocratiques. La question qui se pose est de savoir en quoi cette stratégie d’investissement de la part des Chinois se différencie en matière d’impact territorial. En laissant davantage de libertés aux États africains, ces derniers peuvent-ils s’insérer plus facilement dans la mondialisation en étant moins soumis aux conditions de la part des politiques d’ajustements structurels ? Pour l’Afrique du Sud, l’analyse se justifie par l’importance de la diaspora 7 chinoise (entre 150000 et 350000 ), surtout à Johannesburg, combiné au rôle économique du pays qui se reflète dans la nature et la quantité des échanges économiques avec la Chine. Abritant une communauté nombreuse depuis longue date, la question se pose de savoir comment celle-ci s’insère dans le tissu urbain et économique. En même temps avec l’établissement de relations diplomatiques en 1998 et l’accroissement exponentiel des échanges commerciaux, une deuxième vague de Chinois est venue s’installer en Afrique du Sud. En quoi leur rapport au territoire change-t-il par rapport aux migrations beaucoup plus anciennes? Y a-t-il une
7  Etantdonné que la diaspora chinoise a commencé de s’installer en Afrique du Sud depuis longue date et que d’autant plus une grande partie de ces premiers migrants ont adopté la nationalité sud-africaine, font qu’il est quasiment impossible d’évaluer le nombre exact de ressortissants chinois présents.
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8 évolution en termes d’occupation, de localisation et des pratiques, ou retrouve-t-on 9 une continuité dans l’investissement de l’espace? Leur décision de migrer vers l’Afrique du Sud est-elle attribuable à la présence d’une communauté chinoise déjà bien établie ou est-ce plutôt le résultat de l’établissement des liens officiels entre les deux pays avec les opportunités économiques qui y sont rattachées ? Établir une comparaison entre l’implantation en Afrique du Sud et au Sénégal est d’autant plus intéressant qu’elle fait tant référence aux temporalités qu’aux différences de pratiques et perceptions de l’espace. Dans ce sens, l’analyse comparative s’avère également utile pour déterminer comment selon la date d’implantation, la diaspora peut évoluer selon les cas. La revendication pour le 10 premier cas d’un statut de «Noir », jadis désavantagé par les politiques d’apartheid, au-delà des avantages économiques sous-jacents, montre que la communauté chinoise se sent de manière plus ou moins directe concernée par les évènements politiques dans le pays d’accueil. Au Sénégal, l’arrivée beaucoup plus tardive des commerçants chinois ainsi qu’un certain nombre de contentieux avec des commerçants sénégalais (concurrence déloyale) font que la majorité se sent toujours comme des étrangers à part et persistent dans une situation d’instabilité. Entre recompositions spatiales et jeux de pouvoirs D’un point de vue plus économique, il sera intéressant d’analyser d’un côté des logiques macro-économiques qui touchent l’ensemble du continent et celles dont les effets sont plus localisés. L’exemple gabonais permet d’avoir une idée del’impact et de l’influence des investissements directs étrangers et projets chinois sur la structure de l’économie et l’organisation spatiale à une petite échelle (désenclavement ou non de certaines régions à travers le lancement de projets chinois), alors qu’au Sénégal, on se rend compte à quel point l’économie locale est dépendante des biens chinois.
8  Ces« nouveaux »arrivants vont-ils adopter des professions plutôt traditionnelles telles que la restauration et le petit commerce ou y a-t-il un glissement vers des activités industrielles (création d’entreprises, de fabrication de biens intermédiaires), plus en rapport direct avec l’économie sud-africaine ? 9  CHENA. Y., PARK Y. J., 2009, « Recent Chinese Migrants in small Towns of Post-apartheid South Africa », inRevue européenne des migrations internationales(Dossier : Nouvelles migrations chinoises en Afrique et en Amérique latine), Paris, vol. 25 n° 1, pp. 25-44. ; PARK Y. J., mai-juin 2009, « Les Chinois résidant temporairement en Afrique», inHommes et migrations (Dossier: l’Afrique en mouvement), Paris, n° 1279, pp. 126-138.; PARK Y. J., printemps 2008, «White, Honorary White, or Non-White? Apartheid-era Constructions of Chinese» inAfro-Hispanic ReviewSpecial Issue on Afro-Asia 27.1, (Guest Editors Evelyn Hu-DeHart and Kathleen López) ;Park Y. J., 2008,A Matter of Honour. Being Chinese in South Africa, Johannesburg : Jacana Media Pty (Ltd), Lanham, MD : Lexington Books, 248 p. ; VIRCOULON T., automne 2006, « Chinois d’Afrique, Chinois en Afrique et Afro-Chinois : Les multiples visages de la communauté chinoise d’Afrique du Sud », inMonde Chinois(La Chine en Afrique) n° 8, Paris, éditions Choiseul, pp. 27-38. 10  TERBLANCHEB., 8 décembre 2006, «Chinese fight to be black», in Mail & Guardian Online [http://www.mg.co.za/article/2006-12-08-chinese-fight-to-be-black] ;9 juillet 2008, «So, now the Chinese want to be black? »,inLes Afriques,The African Finance Journal[http://www.lesafriques.com/en/south-africa/so-now-the-chinese-want-to-be-black.html?Itemid=35 ?articleid=0140].
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À l’aide de cette recherche comparative, on essaiera de déterminer comment les investissements et les relations avec la Chine sont intégrés dans et gérés par l’économie nationale. Par conséquent plusieurs questions complémentaires se posent :à quel point la présence chinoise affecte-t-elle les économies africaines (phénomènes de restructuration, diversification ou démarrage d’une forme d’industrialisation), quels domaines sont les plus touchés, à quel degré les acteurs africains sont-ils impliqués dans les projets et dans quelle mesure les gouvernements africains arrivent-ils à s’approprier les stratégies chinoises pour servir leurs propres intérêts ? Le jeu d’échelles, appuyé par des exemples concrets, permet ainsi de dépeindre les relations qui existent entre les différentes communautés chinoises et les populations locales, en s’intéressant à la manière dont elles se perçoivent et les rapports qu’elles entretiennent (interaction, concurrence, complémentarité ou absence de relations?). Dans la même idée, il sera utile de retracer un certain nombre d’itinéraires de vie de Chinois qui se sont installés en Afrique (provinces d’origine, occupation antérieure, raisons du départ, objectifs…), de voir de quelle manière ils perçoivent/appréhendent l’espace; et si et comment ils arrivent à «rester »chinois en Afrique au bout d’une génération. Ceci relève de processus de métissage, de brassage de culture, de la langue et des coutumes. L’intérêt en tant que géographe de travailler sur la Chinafrique se présente donc dans une logique de recomposition spatiale, en analysant l’évolution et les impacts territoriaux causés par l’arrivée des différents acteurs chinois.
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