conférence presse 3°journée echec scolaire 100922

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conférence presse 3°journée echec scolaire 100922

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Lors dela journée du refus de l’échec scolaire, nous tenons à affirmer que la problématique du redoublement et celui du choix de l’orientation par le jeune doivent devenir desdébats de sociétéoù chacun doit pouvoir donnerson avis et la décision finale doit être prise en tenant compte de l’intérêt de l’enfant, du jeune et de son projet de vie.  Pourune école qui ne laisse aucun enfant de côté En examinant les chiffres de redoublement de 2004 à 2008 ETNIC, force est de constater que redoublement et réorientation forcée font malheureusement toujours partie de l’arsenal pédagogique en Communauté française de Belgique. A l’heure de la responsabilisation des communautés et des régions, il est temps dans le cadre d’une réflexion sur les objectifs de l’enseignement,de s’interroger sur le bénéfice réel qu’apporte l’échec scolaire en rapport aux coûts qu’il engendre pour la société. L’OCDE a rappelé dans son dernier rapport que l’échec scolaire est une mesure coûteuse dont l’efficacité n’a jamais pu être démontrée, et qui se révèle en outre délétère pour l’élève. Chaque année, après les délibérations, nous enregistrons des pics de visites significatifs sur notre site web. Les questions les plus récurrentes des parents et des élèves sont l’impossibilité de présenter une seconde session en septembre, parce que le Conseil de classe décide du redoublement d’office en juin.Pourquoi empêcherle jeune, motivé pour réussir, d’avoir la chance de ne pas doubler ? Dans d’autres écoles, il s’agit de jeunes qui doivent doubler leur rhéto pour un seul échec… dans une autre, un jeuneréussit cinq examens de passage sur six et doit néanmoins, en dépit de ses efforts, doubler sa cinquième. En quoi recommencer à apprendre et étudier toutes les matières réussies vont-elles aider ces jeunes dans les matières qu’ils appréhendent difficilement ?Partout, c’est le sentiment de vivre une injustice et de se sentir impuissant face à un système qui broie. Nous militons pour la création d’écoles sans redoublement, où le jeune est acteur de ses choix d’orientation à 16 ans, à l’instar d’autres régions telles la Suisse francophone et la région flamande. Ce projet d’école était prévu à l’horizon 2010 dans la déclaration commune de gouvernement PS-CDH-écolo. Nous militons pour que soit cassé le marché des cours particuliers. L’enseignement doit se faire à l’école, pendant les heures d’école. Trop souvent, le déficit d’attention apporté à chaque élève a pour conséquence une délocalisation de l’enseignement de l’école vers des structures privées, trop souvent organisées d’ailleurs par les mêmes enseignants, et coûteuses pour les parents.
Nous militons pour que l’intégration des enfants à particularité devienne une réalité de terrain.Si aujourd’hui certains élèves obtiennent des aménagements eût égard à leurs difficultés d’apprentissage, comme la dyslexie par exemple, ces aménagements ne sont obtenus que ponctuellement et uniquement à l’occasion du CEB en fin du fondamental. C’est inacceptable, la Communauté française de Belgique est à la traîne dans cette problématique,elle est tenue de mettre en place les aménagements raisonnables tels le tiers temps supplémentaire, l’usage de logiciels pendant l’apprentissage et les évaluations des élèves à particularité, à l’instar des universités et des écoles de la Région flamande.Ces aménagements ne peuvent être soumis à des « contrats ». Nous militons pour que les enseignants se penchent sur les difficultés des apprenantspour y trouver un remède et/ou chercher une solution plutôt que se limiter à constater l’échec.Nous demandons une réforme des Conseils de classe, pour qu’ils ne soient plus réduits à une formalité administrative où l’on décide du redoublement et de l’orientation de l’élève mais qu’ils deviennent l’endroit où l’ on y décide de ce qu’on met en place pour aider l’élève, des plans individuels d’apprentissage à court et à long terme qui doivent servir de base de discussion avec les parents. L’avis des jeunes doit être d’avantage pris en considération, afin de les rendre acteursdes décisions importantes qui les concernent, eux et leur avenir.Nous demandons qu’un représentant des parents et un représentant des élèves participent avec voix consultative aux délibérations des Conseils de classe. Nous militons pour qu’une solution soit trouvée pour que les jeunes qui ont abandonné l’écoleprécocement, afin qu’ils puissent suivre, s’ils le désirent, un nouveau cursus scolaire qui leur donnerait un diplôme correspondant à celui du secondaire qu’ils ont quitté parce qu’ils ont été en échec scolaire de manière répétée, orientés contre leur volonté et leur projet de vie. Nous militons pour que soit créée une instance juridique indépendante de l’école, rapide, peu coûteuse, compétente à l’image des tribunaux du travail pour traiter les problèmes scolaires de manière à trouver une solution rapide et être un vrai recours pour l’enfant, le jeune et sa famille, pour que ses droits fondamentaux et son droit à l’éducation soient respectés.Les élèves et leurs parents ont un sentiment d'impuissance face à la parole des professeurs et de la direction. Pour faire valoir leurs droits, les parents se tournent vers la justice.Les procédures en justice trop longues avec des tribunaux peu habitués à gérer ce genre de problèmes avec la sérénité qui convient.Ces procédures sont longues onéreuses et ne tiennent pas compte du droit à l’éducation pour l'enfant ou le jeune.Pour ce qui est du conseil d'état, il s'agit d'une procédure coûteuse nécessitant un avocat spécialisé, peu pratique et peu accessible, et qui ne fait que casser une décision.La décision intervenant souvent des années après, elle n'a plus aucun sens.L'avenir du jeune est compromis.
Nous militons pour la transparence de l’école.L’école ne peut pas rester hermétique, elle doit collaborer avec les parents et les autres intervenants s’il y a lieu quand l’enfant est en difficulté. Avec les affaires de l’Eglise, l’actualité nous montre aujourd’hui à quelles dérives s’expose une institution lorsqu’elle oublie son centre d’intérêt au profit de décisions trop protectionnistes. Le centre des préoccupations de l’école doit être le même que celui des parents : ce doit être l’intérêt supérieur de l’enfant qui doit guider toute décision. Nous militons pour un changement d’attitude du corps enseignant et une reconsidération des pratiques pédagogiques et l’évaluation des apprentissages, et que soit acquis que l’échec scolaire est une souffrance.Il convient que les enseignants voient les apprenants comme des personnes dont il convient avant tout de développer laconfiance en soi.Les écoles doivent mettre l’enfant et le jeune au centre des préoccupations par une réflexion permanente sur ses objectifs, sur les pratiques pédagogiques, afin de développer les potentialités de tous les apprenants, intégrer les différences et les particularités dans le but d’assurer à tous de véritables chances d’émancipation sociale.
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