Le métier de rédacteur en chef de magazine…

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Métier : rédacteur en chef de magazine À quelle école faut-il aller ? Par Mireille Pelchat Aucun diplôme ne donne le titre de rédacteur en chef de magazine. Les bancs de plusieurs écoles peuvent conduire au fauteuil du gestionnaire de magazine. Quel est le profil idéal pour réussir dans ce métier ? À ce sujet, les avis divergent. Trois rédacteurs en chef ont accepté de raconter leur parcours : Jean Frenette, du magazine Prestige, Louise Mercier, de Continuité et Danielle Rudel-Tessier, anciennement à L’actualité médicale. Leurs formation diffèrent, tout comme leur perception de la profession. Découvrons la face cachée de ceux qui nous emploient… ean Frenette a d’abord été amuseur aime par sa diversité. Mais quand une public. « Clown », comme il le dit lui- publication touche plusieurs sujets, son J même avec un sourire. Il a ensuite rédacteur en chef doit avoir une solide travaillé à la radio de CKRL, passant de culture générale. Selon M. Frenette, c’est la simple animateur, à directeur de principale qualification pour occuper ce l’information et à morning man. Puis, la poste. Lui-même affirme être « spécialisé en radio de Radio-Canada a fait des réductions généralisation », après avoir pratiqué divers massives dans son personnel, et le marché métiers et suivi des cours dans plusieurs du travail s’est engorgé dans ce domaine. domaines au cégep comme à l’université.
Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Métier : rédacteur en chef de
magazine
À quelle école faut-il aller ?
Par Mireille Pelchat
Aucun diplôme ne donne le titre de rédacteur en chef de magazine.
Les bancs de plusieurs écoles peuvent conduire au fauteuil du
gestionnaire de magazine. Quel est le profil idéal pour réussir dans
ce métier ? À ce sujet, les avis divergent. Trois rédacteurs en chef
ont accepté de raconter leur parcours : Jean Frenette, du magazine
Prestige
, Louise Mercier, de
Continuité
et Danielle Rudel-Tessier,
anciennement à
L’actualité médicale
. Leurs formation diffèrent, tout
comme leur perception de la profession. Découvrons la face cachée
de ceux qui nous emploient…
ean Frenette a d’abord été amuseur
public. « Clown », comme il le dit lui-
même avec un sourire. Il a ensuite
travaillé à la radio de CKRL, passant de
simple animateur, à directeur de
l’information et à
morning man
. Puis, la
radio de Radio-Canada a fait des réductions
massives dans son personnel, et le marché
du travail s’est engorgé dans ce domaine.
Celui qui avait une formation collégiale en
sciences politiques décide alors de retourner
sur les bancs d’école. Son choix de
programme ? Le certificat en rédaction
professionnelle de l’Université Laval.
Le passionné des communications prend
alors la voie de l’écrit. Il commence à
collaborer à la revue
Québec français
. Après
ses études, il participe à la rédaction des
cahiers spéciaux du
Journal de Québec
,
grâce à un ancien journaliste de l’entreprise,
Robert Pelletier. Un jour, un collègue avec
qui il travaillait à CKRL appelle Jean
Frenette pour lui dire qu’il quitte le poste de
rédacteur en chef de la revue
autrement dit
.
M. Frenette soumet sa candidature et obtient
l’emploi, alors qu’il n’avait jamais pensé
exercer ce métier.
Aujourd’hui, Jean Frenette est aux
commandes de
Prestige,
un magazine qu’il
aime par sa diversité. Mais quand une
publication touche plusieurs sujets, son
rédacteur en chef doit avoir une solide
culture générale. Selon M. Frenette, c’est la
principale qualification pour occuper ce
poste. Lui-même affirme être « spécialisé en
généralisation », après avoir pratiqué divers
métiers et suivi des cours dans plusieurs
domaines au cégep comme à l’université.
Bien que rédacteur en chef, il n’a pas
cessé d’être journaliste. Jean Frenette écrit
lui-même une bonne partie du magazine,
tout en supervisant les pigistes. Pour
sélectionner ces derniers, il a un critère
principal : l’originalité. À ce sujet, il cite
Vigneault : « Tout a été dit, mais pas par
moi ». Pour lui, les collaborateurs doivent
garder cette phrase en tête comme un
leitmotiv, pour écrire quelque chose de
nouveau sur des sujets mille fois traités.
« Au printemps, comme chaque année, le
magazine parle de piscines, de patios et de
plates-bandes », dit-il. Or, renouveler le
propos, voilà le défi selon lui.
Connaître sa matière
Louise Mercier a toujours manifesté un
immense intérêt pour le patrimoine. Après
avoir terminé une formation universitaire en
Rédiger. Le magazine de la rédaction professionnelle
N
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6 2003-2004
J
anthropologie et en histoire, elle devient
gestionnaire de sites historiques, puis
directrice du Conseil des monuments et
sites.
Au début des années 1990, elle continue
de se spécialiser en suivant un cours en
gestion des organismes culturels, à l’école
des Hautes Études commerciales (HEC). En
1997, la rédactrice en chef de la revue
Continuité
quitte son poste. Louise Mercier
décide alors de relever le défi dans le but de
partager sa passion avec le public et de faire
avancer la cause du patrimoine. Depuis son
entrée en fonction, le magazine a légèrement
changé de cap. « Son contenu touche plus le
public », indique M
me
Mercier.
Par contre, elle confie qu’elle a eu de la
chance d’avoir une bonne équipe derrière
pour pallier son inexpérience dans le
domaine de la rédaction et de l’édition. Elle
n’a pas peur de dire qu’elle a beaucoup
appris des gens du métier. Encore
aujourd’hui, elle se fie beaucoup à son
réviseur linguistique et rédacteur adjoint
Réal D’Amours, en ce qui concerne les
questions de style et de langue. De son côté,
elle s’occupe plutôt d’arrêter le contenu, de
mandater les pigistes et de suivre l’évolution
de leur travail. Elle supervise aussi le
graphiste et les collaborateurs assignés à la
publicité.
En plus, elle doit s’occuper de la gestion
financière. Recherches de financement,
demandes de subventions. Elle souligne que
le combat pour la survie d’un magazine
culturel au Québec est inlassable. Le
manque de ressources, c’est le seul aspect de
son travail qu’elle apprécie moins. Mais ce
n’est pas assez pour tarir sa passion pour la
clause !
L’école de la vie
Danielle Rudel-Tessier était passionnée de
théâtre au sortir de ses études universitaires
en littérature. Passion qu’elle a dû mettre de
côté pour « se trouver une vraie job »,
comme elle le dit elle-même. Elle entame
alors une brillante carrière dans le domaine
de l’édition. La voie qu’elle a prise semble
aujourd’hui l’avoir comblée.
Elle fait d’abord ses premières armes
comme réviseure, au magazine
L’actualité
.
Sous la gouverne de Jean Paré, elle publie
ensuite ses premiers articles pour la même
période. C’est M. Paré qui lui apprend tout
du métier de journaliste. Depuis, elle pense
comme lui : écrire s’apprend « sur le tas ».
D’ailleurs, l’ancien rédacteur en chef de
L’actualité
disait : « Le journalisme, ça
s’apprend, je ne suis pas sûr que ça
s’enseigne ». Plus tard, Danielle Rudel-
Tessier se met à écrire pour Châtelaine et
ensuite pour
L’actualité médicale
, dont elle
devient la rédactrice adjointe, puis la
rédactrice en chef. Elle occupera ce poste
pendant quatorze ans, sans regretter la
liberté de la pige.
M
me
Ruel-Tessier croit qu’un bon
rédacteur en chef de magazine devrait avoir
passé lui-même par toutes les étapes de sa
production avant d’en assurer la direction.
Un chef d’orchestre doit bien connaître les
différents instruments qui composent son
orchestre, cela va de soi. Elle compare
d’ailleurs le rédacteur en chef à un chef
d’orchestre. Il doit créer un grand esprit
d’équipe et être capable de « coordonner
tout le monde pour arriver sans heurts au
produit final ». D’autres fois, le rédacteur en
chef doit plutôt se faire psychologue, pour
motiver les collaborateurs et s’assurer qu’ils
ne souffrent pas d’un stress négatif.
Trois rédacteurs en chef. Trois écoles de
pensée. Trois approches de la gestion de
magazine. Votre patron, de quelle école est-
il diplômé ? Et vous, quel type de rédacteur
en chef feriez-vous.
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