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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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NICOLAS
GOGOL
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VALERY
FOKINE
Le Mariage
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MISE EN SCÈNE
Valery Fokine
DÉCORS, COSTUMES
Alexandre Borovsky
MUSIQUE
Léonide Dessiatnikov
DIRECTION MUSICALE, ASSISTANT À LA MISE
EN SCÈNE
Ivan Blagodeur
LUMIÈRES
Damir Ismaguilov
CHORÉGRAPHIE
Alexey Mirochnitchenko
ASSISTANT RÉALISATEUR
Ludmila Philippova
CHANSONS
LES YEUX BIEN-AIMÉS
(PAROLES
K. Seytliëv
,
MUSIQUE
A. Babaïev
, ARRANGEMENT
L. Dessiatnikov
),
REVIENS
(PAROLES
G. Réguistan
, MUSIQUE
V. Ludvikovsky
,
ARRANGEMENT
L. Dessiatnikov
),
LES OISEAUX MIGRATEURS PASSENT
(PAROLES
M. Issakovsky
, MUSIQUE
M.
Blanter
)
AVEC
Julia Martchenko
,
Kira Kreylis-Petrova
,
Maria Kouznetsova
,
Igor Volkov
,
Dimitri Lyssenkov
,
Pavel Yourinov
,
Andrey Matukov
,
Valentin Zakharov
,
Galina Legorova
,
Julia Sokolova
,
Arkady Volguine
,
Sviatoslav Tcherechnitchenko
,
Ivan Parchine
Manifestation organisée dans le cadre de
l’Année France-Russie 2010.
Le spectacle a reçu le Prix National de
Théâtre «Masque d’Or» dans la catégorie
meilleure mise en scène
et meilleure direction artistique.
Glissades
Entre rêve et rire, le monde de Gogol est peuplé
de créatures d’un égoïsme enfantin, en quête
de bonheur.
Qui leur en voudrait?
Une vieille marieuse à qui la vodka ne fait pas peur, pressée de gagner
de quoi renouveler son stock, répond à l’appel d’une jeune fille sim-
plette aux rêves de midinettes qui ne se fait pas confiance, ni d’ailleurs
à personne, et elle n’a pas tort. Les prétendants s’avèrent tous plus
égoïstes les uns que les autres. L’amour dans cette histoire ne tient pas
la vedette. Fidèle à sa réputation de féroce observateur des comporte-
ments,
Gogol
ne fait guère de cadeau à ses personnages, par ailleurs
joyeusement pittoresques.
En France, la pièce – connue sous le titre
Hyménée
– prend souvent
des allures de vaudeville façon Labiche. Ici, entre une chambre et une
patinoire où l’on glisse sans trop savoir où l’on va, la mise en scène
opte pour une forme de poésie burlesque. On pourrait parler, sinon de
tendresse, du moins d’un désir d’autre chose, le bonheur peut-être.
Certes, personne ne semble torturé par les scrupules, mais finalement
ces gens, que cherchent-ils sinon une « vie meilleure » ?
Colette Godard
SAISON
2010
I
2011
T
RUSSIE I THÉÂTRE ALEXANDRINSKY
DE SAINT-PÉTERSBOURG
Écrit par
N. Gogol
en 1833-1836 et sans cesse remanié après
Le Revizor
, de 1838 à 1840,
Le
Mariage
(souvent traduit en français par Hyménée) a été joué au
Théâtre Alexandrinski
en
1842. Sans succès d’ailleurs… Cette œuvre fut longtemps considérée comme une farce, et
classée comme pièce légère et comique dans le répertoire russe. Dans les années soixante-
dix, A. Efros la monta en drame, ce qui fit date.
V. Fokine
, qui met en scène Gogol pour la
quinzième fois environ, et a déjà deux
Mariage
derrière lui, l’un en Pologne, l’autre en Corée,
en fait ce qu’elle est sans nul doute : une tragi-comédie, et aborde aux vastes rives du gro-
tesque. Comment expliquer autrement l’acharnement de Gogol sur cette petite pièce ?
On se souvient sans doute de
Une Chambre dans la ville de NN
… d’après
Les Âmes mortes
,
que Fokine avait présentée en 1997 au Festival d’Avignon avec une musique d’A. Bakchi et
l’acteur Avantgard Leontiev : étrange, fantasmagorique et puissante évocation d’un monde
intérieur calculateur et perturbé… Fokine utilise ici les solutions scénographiques radicales
d’A. Borovski pour interpréter
Le Mariage
, le rendre contemporain, tout en pénétrant
l’épaisseur que lui a donnée Gogol. Derrière le comique indiscutable de situations, il fouille
les personnages, leur solitude et leur désir de bonheur, mais, au-delà de la peur des femmes
et du mariage, il met à jour les craintes de Podkolessine, individu sensible et cultivé (et pas
seulement le paresseux ridicule de la tradition scénique) d’abandonner sa liberté intérieure,
le calme de son monde personnel pour faire comme tout le monde – ce à quoi veut l’entraî-
ner Kotchariov qui s’applique à régenter la vie des autres – dictateur en puissance, dange-
reux manipulateur. Cet «
événement totalement incroyable
» comme l’écrit Gogol en sous-
titre de sa pièce, où le fiancé au finale quitte la scène en sautant par une fenêtre, est joué dans
un espace sobrement organisé : une palissade de bois percée d’une haute fenêtre sous laquel-
le se trouvent un lit, un plaid, des livres, est placée sur une scène tournante qui découvre der-
rière ce dispositif premier une patinoire où tous les acteurs se déplaceront, pendant les trois-
quarts du spectacle, avec virtuosité sur des patins à glace. Placés sur ce terrain de jeu froid et
glissant, les acteurs sont dans la situation de personnages gelés dans l’hiver russe, où l’on
dérape et se réchauffe en buvant de la vodka. Au son de chansons bien connues, lyriques ou
soviétiques, arrangées par
L. Dessiatnikov
, et éraillées par de mauvais haut-parleurs, les
actions s‘enchaînent : la présentation des prétendants à Agafia qui tremble de craintes et de
désirs érotiques, se déroule comme dans une parade foraine, avec un invalide en planche à
roulettes (Jevakine), un nain, et divers personnages ajoutés par Fokine, tous dessinant avec
leur corps une partition de mise en scène dont l’excentrisme ne vise jamais à détruire
l’auteur.
Nouveau venu dans une troupe de haute tenue,
D. Lyssenkov
est un remarquable
Kotchariov : rapidité, réactivité, souplesse et inventivité. Il joue un personnage diabolique qui
mène le bal et évoque par son style le jeu d’Eraste Garine dans
Le Revizor
monté par V.
Meyerhold (1926). Ce qui n’a rien d’étonnant : Fokine connaît bien ce théâtre. À la fin,
Podkolessine, en sautant par la fameuse fenêtre, retrouve son lit, son livre, son plaid, et
éteint une bougie allumée. Ce n’était donc qu’un rêve ?
Béatrice Picon-Vallin
Le Mariage
AGAPHIA TICKONOVNA,
LA FIANCÉE
Julia Martchenko
ARINA PONTELEYMONOVNA,
LA TANTE
Kira Kreylis-Petrova
FEUKLA IVANOVNA,
LA MARIEUSE
Maria Kouznetsova
PODKOLIEUSSINE,
EMPLOYER
Igor Volkov
KOTCHKARIEUV,
L’AMI DE PODKOLIEUSSINE
Dimitri
Lyssenkov
YAÏTCHNITSA,
EXÉCUTEUR
Pavel Yourinov
ANOUTCHKINE,
L’OFFICIER EN RETRAITE
Andrey Matukov
JEVAKINE,
LE MARIN
Valentin Zakharov
PANTELEÏEV,
FONCTIONNAIRE
Galina Legorova
DOUNIACHA,
PETITE FILLE
Julia Sokolova
STARIKOV,
MAJOR DOM
Arkady Volguine
STÉPHANE,
LE VALET DE PODKOLIEUSSINE
Ivan Parchine
Sviatoslav
Tcherechnitchenko
VALERY
FOKINE
Directeur artistique du Théâtre Soivremenik à Moscou de
1970 à 1985; puis toujours à Moscou, et jusqu’en 1991 du
Théâtre Ermolova, il fonde ensuite et dirige le Centre
Meyerhold. En 2003, il prend la direction artistique du plus
ancien théâtre national russe, Alexandrinski, fondé en 1756. Il
voyage beaucoup, notamment au Japon, en Finlande, en
Bulgarie, en Allemagne. Il est également professeur
à Tokyo,
à l’´Êcole supérieure de Pologne, au Cours Supérieur des
réalisateurs de Moscou.
C. G.
NICOLAS
GOGOL
1809-1852
Né en Ukraine, il devient célèbre dans toute la Russie et puis
dans toute l’europe, grâce à ces trois premiers recueils de
nouvelles:
Les Veillées à la ferme
de Dikanka,
Mirgorod
(qui
contient le célèbre récit historique Tarass Boulba racontant
la lutte héroïque des Cosaques ukrainiens contre les Polonais
au
XVII
e
siècle) et
Arabesques
(qui contient
Le Journal d’un
fou
). Gogol se distingue également dans la satire de la
bureaucratie dans des comédies (comme
Le Revizor
). La
grande œuvre de Gogol fut son roman
Les Âmes mortes
,
tableau de la vie russe au temps du servage. Gogol passe la
fin de sa vie à l’étranger, en Italie et en France, où il écrit des
récits d’abord fantastiques et puis franchement mystiques.
Malade, il retourne à Moscou où il s’éteint en 1852.
BIBLIOGRAPHIE
Veillées à la ferme de Dikanka
, 1832
Mirgorod
, 1835
Portrait
, 1835
Arabesques
, 1835
La Perspective de Nevski
, 1835
Le journal d’un fou
, 1835
Le Revizor
, 1836
Le Manteau
, 1842
Les Âmes mortes
, 1842
LE THÉÂTRE
ALEXANDRINSKI
Le Théâtre Alexandrinski
de Saint-Pétersbourg est la plus
ancienne scène nationale russe. Fondé en 1756 par un
décret de l’Impératrice Elizaveta Petrovna, il a été le centre
de la vie théâtrale: c’est là qu’ont été présentés les chefs-
d’œuvre de la dramaturgie classique russe: Soumarokov, le
premier auteur russe, Griboïedov, Pouchkine, Gogol,
Lermontov, Ostrovski, Soukhovo-Kobyline, Tolstoï… Le bâti-
ment actuel, construit en 1832 par l’architecte italien Carlo
Rossi, se dresse aux abords de la Perspective Nevski, devant
le square Ostrovski dédié à la grande Catherine. Doté d’une
immense scène, équipée avec la collaboration des plus
grands spécialistes allemands de l’époque, et d’une salle
majestueuse à l’excellente acoustique, ce théâtre a
accueilli des générations d’acteurs, les Karatyguine, les
Samoïlov. Vera Kommissarjevskaïa y a joué Nina, dans
La
Mouette
, en 1896. De 1908 à 1918, Meyerhold y a monté
plus de vingt spectacles, dont les mémorables
Bal masqué
et
Dom Juan
, affirmant dans ce théâtre de grands acteurs
l’art du metteur en scène. Appelé Théâtre Pouchkine pen-
dant la période soviétique, il reprendra son nom impérial
après la perestroika.
En 2001, Valery Fokine, qui dirige à Moscou le Centre
Meyerhold, y met en place un programme intitulé «La nou-
velle vie de la tradition», destiné à confier les œuvres clas-
siques jouées entre ces murs à des metteurs en scène russes
et européens. C’est ainsi qu’il invite Lupa, Terzopoulos,
Langhoff. Après y avoir monté
Le Revizor
de Gogol en 2002,
Fokine est
nommé directeur de l’Alexandrinski en 2003, et
poursuit ce programme qui renforce le niveau de la troupe
et sa cohésion d’ensemble. Il conduit, de 2006 à 2010, la res-
tauration du bâtiment avec un souci historique extrême, et
crée au dernier étage un musée qui, ouvert pendant les
représentations, donne à sentir au public la richesse dyna-
mique de ce passé théâtral.
B. P.-V.
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VLADIMIR
PANKOV
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Faux-semblants
Une noce à la russe, débridée, échevelée,
et qui tourne à la débandade,
mais finit comme elle a commencé: en chansons.
Une noce chez des petits-bourgeois, mais russes. Autant dire une fête
débridée, au cours de laquelle n’importe quoi peut arriver. Et arrive.
Des petits-bourgeois qui voudraient bien se dépêtrer d’un monde dans
lequel tout leur échappe. Faut-il le préciser ? Il est ici question de
paraître plus que de se montrer dans sa vérité. Il est question d’argent
(réel ou non) bien plus que d’amour. Tout est à vendre, au mieux à
louer, tel ce général qui vient cautionner la famille. Et finalement, ces
gens sans scrupules, on en arrive à les trouver certes ridicules, mais
quasi sympathiques. Du moins dans la mise en scène de
Vladimir
Pankov
.
Musiques, danses, chants, paroles. Désordre et maîtrise d’une compo-
sition où s’engouffrent variétés, folklore, Stravinski, tradition, rigolade.
Les musiciens faisant d’ailleurs partie de la fête dans un espace
immense et encombré, où viennent se cogner les espoirs et les rêves
dérisoires, les fourberies des uns, les naïvetés de chacun. Notre plaisir
à tous.
Colette Godard
SAISON 2010 I 2011
T
CIE SOUNDRAMA
STUDIO-MOSCOU
I
RUSSIE
Manifestation
organisée dans
le cadre de
l’Année France-
Russie 2010
Metteur en scène, comédien, composi-
teur, vous êtes basé à Moscou où vous
avez fondé le SounDrama studio.
Comment ce collectif indépendant
s’est-il formé ?
Je peux parler longuement du Studio et de
son histoire, directement liée aux personnes
qui le composent, qui en constituent le
noyau artistique, qui font partie de ma vie !
Le théâtre, c’est avant tout une équipe, un
ensemble. Je ne parlerai pas de talents, ce
n’est pas un critère pour moi. Je suis plus
sensible au feu intérieur des personnes, au
questionnement qu’elles apportent sur le
plateau, à la grandeur de leur imaginaire, à
ce qu’elles ne peuvent contenir ou garder
pour elles. Voilà ce qui fait exister
SounDrama
. Tout a commencé il y a plus de
10 ans. C’est une sorte de tribu : ensemble on
se soutient, on poursuit notre chemin, nos
recherches et notre vie théâtrale, tout en res-
tant ouvert à d’autres acteurs ou musiciens
qui se joignent à nous régulièrement.
Comment travaillez-vous avec cet
ensemble ?
Le travail quotidien enrichit le processus de
recherche de nouvelles formes, de nouveaux
projets. Chaque répétition commence par un
training
, cela nous aide à acquérir une
bonne vitalité, cela nous permet également
de mettre en place notre propre langage
théâtral, loin de l’uniformité !
Nous ne nous limitons pas à la production
de spectacles pour la scène, mais nous com-
posons aussi de la musique pour différents
projets de théâtre, de cinéma et de télévi-
sion. Je suis également très intéressé par la
pédagogie, je souhaite transférer nos
connaissances à la jeune génération.
J’espère un jour créer une école de théâtre.
Dans quels théâtres de Russie tra-
vaillez-vous ?
Dans différents théâtres, selon les projets : le
Théâtre des Nations et le Centre Meyerhold
à Moscou, le Théâtre Ilkhom à Tashkent en
Ouzbékistan… Nous sommes en quête de
nouvelles collaborations, car s’unir à un
autre renforce toujours l’expérimentation.
Cela peut être plus ou moins réussi, mais, au
moins, le processus aura été intéressant : il
pourra produire quelque chose de neuf,
d’unique. Mais le théâtre où je vis et où je
travaille le plus, c’est SounDrama.
Quels sont les metteurs en scène,
russes ou étrangers, qui vous ont le
plus influencé ?
Mon professeur, mon maître, Oleg
Kudryashov, m’a inoculé le virus de la
musique dans le théâtre et m’a donné un
socle, une base, un fondement !
Il y a d’autres maîtres, qu’il est intéressant
d’observer et d’admirer : Vassiliev,
Paradjanov, Kaidanovsky, Peter Brook,
Strehler… Mais il y en a d’autres aussi qui ne
viennent ni du théâtre, ni du cinéma, qui ne
sont pas des artistes : ce sont ceux qui vivent
au village, un village russe ordinaire, comme
mon grand-père Yegor et Baba Dasha. Eux
savent tout de nous et du monde. Ils sont
aussi capables d’apporter des réponses aux
questions éternelles de l’homme…
Sur quoi travaillez-vous ?
Sur le théâtre de l’avenir !
Pourquoi Tchekhov ?
Pourquoi pas ? En fait, il y a deux façons
pour moi de choisir une pièce. La première
est d’ordre mystique, quand la pièce trouve
elle-même son metteur en scène. Mais on
peut aussi choisir un texte en fonction de la
compagnie et des personnes qui la compo-
sent. Je me pose des questions : qui n’a pas
joué depuis longtemps ? Qui a besoin de tel
ou tel rôle à tel moment ? Comment pousser
untel au plus profond de ses possibilités de
jeu ou d’interprétation musicale ?
La Noce
INTERVIEW
VLADIMIR PANKOV
MISE EN SCÈNE
Vladimir Pankov
DIRECTION ARTISTIQUE
Maxime Obrezkov
CHORÉGRAPHIE
Elena Bogdanovitch
COSTUMES
Natalia Jalobova
,
Sergeï Agafonov
LUMIÈRES
Nikolaï Surkov
AVEC
Gennadï Ovsiannikov
,
Gennadï Garbouk
,
Nikolaï Kiritchenko
,
Arnold Pomazan
,
Zinaïda Zubkova
,
Natalia Kotchetkova
,
Tamara Nikolaevna-Opiok
,
Svetana Anikej
,
Andrej Gladkij
,
Igor Denisov
,
Alla Dolgaja
,
Andreï Drobych
,
Dmitrï Yessenevitch
,
Svetlana Zelenkovskaya
,
Mikhail Zouy
,
Eugenia Kulbatchnaya
,
Tamara Mironova
,
Alexandre Moltchanov
,
Olga Nefiodova
,
Igor Petrov
,
Nina Piskareva
,
Sergeï Rudenia
,
Irina Rymorova
,
Anna Khitrik
,
Viktoria Tchavlytko
,
Andreï Zavodiuk
(THÉÂTRE D’ART DRAMATIQUE
DE MOSCOU A.S. POUCHKINE)
MUSICIENS SOUNDRAMA STUDIO
Alexandre Goussev
,
Olga Diomina
,
Vladimir Kudriavtsev
,
Taras Kutsenko
,
Vladimir Nelinov
,
Sergeï Rodiukov
ORCHESTRE
Vitalï Alechkevitch
,
Gennadï Vichniakov
,
Leonid Klounny
,
Andreï Saponenko
,
Andreï Senojensky
SOUS LA DIRECTION DE
Vladimir Kuriana
MUSIQUE
SounDrama
EXTRAITS DE
SVADEBKI
D’
Igor Stravinski
LE SPECTACLE EST MENÉ
PAR
Nelli Samonova
Le théâtre national acadé-
mique Yanko Koupala (Minsk,
Biélorussie), la confédération
internationale des unions théâ-
trales, le festival international
du théâtre A. P Tchekhov.
Avec le soutien du ministère de
la Culture de la république
Biélorusse, du Fond inter-éta-
tique de la collaboration
humanitaire des États indépen-
dants. Manifestation organisée
dans le cadre de l’Année
France-Russie 2010.
OUVERTURE
Voyageur dans les mots et les musiques, dans les pays et les temps
Vladimir Pankov trouve son inspiration en Russie, en Europe.
Et dans ses souvenirs de famille…
INTERVIEW
(SUITE)
VLADIMIR PANKOV
Cette fois, c’est Tchekhov qui m’a choisi. Le Festival
Tchekhov ; son directeur Valéry Chadrine, m’a proposé ce
projet de collaboration avec le Théâtre Ya Kupala de Minsk.
Ce fut un vrai défi de rencontrer une troupe aussi originale,
bâtie sur des siècles d’études théâtrales. Ce fut particulière-
ment intéressant de réunir deux visions du théâtre, deux
écoles. Une véritable collaboration entre le nouveau et l’an-
cien théâtre (par ancien, j’entends le théâtre de réalisme
psychologique, qui n’est pas du tout obsolète). Et de ce tan-
dem surgissent des couleurs nouvelles, tant pour le théâtre
psychologique que pour SounDrama !
C’est aussi une expérience d’entrer dans le monde de
Tchekhov et d’y jouer deux langages simultanément ; résis-
tera-t-il ou pas, entrerons-nous en dialogue avec lui ?
Ici, je crois que Tchekhov nous a encore révélé toute l’éten-
due de sa personnalité : sa flexibilité, sa loyauté, son tact,
son raffinement et sa capacité infinie à aimer et à haïr la
même personne, simultanément ! Un homme plein et
riche, un homme du monde, et, quelles que soient sa
langue, sa religion ou sa nationalité, un être humain qui le
reste jusqu’au bout !
interview réalisé pour le Théâtre de la Ville
par Christophe Lemaire
VLADIMIR PANKOV & LA COMPAGNIE SOUNDRAMA
Vladimir Pankov
appartient à la nouvelle génération. Sorti
en 1999 de la classe de théâtre musical du GITIS de
Moscou dirigée par O. Koudriachov, il est comédien, met-
teur en scène, compositeur, archiviste aussi puisqu’il col-
lecte dans les villages les musiques des fêtes tradition-
nelles. Outre
Les Soirées
de Gogol (2007, 2009, Centre
Meyerhold), il a monté
Morphine
de Boulgakov (2006), et
des pièces d’auteurs contemporains (
théâtre. doc
) ; il a joué
dans les spectacles russes de D. Donnellan, a composé des
musiques pour deux de ses spectacles,
Boris Godounov
et
La Nuit des rois
, et pour nombre de metteurs en scène de
sa génération. Il a créé fin 2005 le
Studio SounDrama
,
plate-forme de création qui regroupe acteurs et musiciens.
La Noce
de
Tchekhov
date de 1889. Influencée comme Le
Mariage de Gogol, près de cinquante ans après lui, par le
vaudeville français, et écrite, entre
L’Ours
et
Le Jubilé
, très
rapidement alors que la pièce de Gogol subissait de mul-
tiples remaniements, elle est aussi contemporaine d’
Ivanov
et de
L’Esprit des bois
. Le metteur en scène E. Vakhtangov
remarquait, dans les années vingt, la théâtralité grotesque,
le réalisme fantastique de cette
Noce
de Tchekhov.
C’est ce Tchekhov-là, où l’absurde règne dans la langue et
les situations, que V. Pankov monte, et il va sans doute
dérouter. C’est d’ailleurs la première fois que Pankov abor-
de cet auteur. Parmi les classiques, c’est Gogol qui avait
jusque-là eu sa préférence. Sous-titrée
SounDrame en un
acte
, c’est une sorte de
jam session
théâtrale. À la différen-
ce du spectacle de Fokine qui prend place à l’intérieur d’un
théâtre et d’une réflexion approfondie sur le répertoire et
son rapport au public, il s’agit d’un projet issu du Festival
International Tchekhov 2010 (pour le 150
e
anniversaire de
la naissance de l’auteur), soutenu par la République de
Biélorussie et réalisé avec le Théâtre Ianka Koupala de
Minsk, projet qui introduit de jeunes artistes radicaux à
l’intérieur d’une troupe nationale académique. Chez
Pankov, le fiancé est moscovite, la promise et sa famille
sont biélorusses. On entend donc les deux langues, les per-
sonnages (et les répliques) sont souvent dédoublés. Les
acteurs se mêlent aux six musiciens (violon, contrebasse,
cor, accordéon, balalaïka, guitare hawaïenne…). La struc-
ture musicale combine
Le Sacre du printemps
à de vieux
rituels slaves, à des chansons à boire. Un bal fantasmago-
rique et énergique, où il n’y a pas de petits rôles, ranime
des figures soviétiques oubliées.
Béatrice Picon-Vallin
LA NOCE
TOURNÉE 2010
4 nov.
DIEPPE
6 nov.
Théâtre Grand Forum, LOUVIERS
VALDIMIR
PANKOV
Né en 1975,
Valdimir Pankov
fait ses études à l’École
nationale d’Art théâtral dont il sort diplômé en 1999. Dès
12 ans, il pratique la musique traditionnelle russe, se pas-
sionne pour le cor. De 1999 à
2003, il est acteur au
Variety Théâtre de Moscou. En 2000, il crée sa formation
musicale, “Pan-Quartet”, en collaboration avec Vladimir
Nelinov, Sergeï Rodyukov et Vladimir Kydryavtsev.
Ensemble, ils participent à de nombreux festivals euro-
péens et composent des musiques pour des spectacles.
Vladimir Pankov joue d’une multitude d’instruments tradi-
tionnels venus du monde entier et se produit aussi bien
avec des musiciens de jazz qu’avec des musiciens clas-
siques.
En 2005, avec Olga Berger, il crée
Soundrama
, lieu de
création et d’invention, à la fois compagnie de théâtre,
studio d’enregistrement et collectif d’artistes réunissant
théâtre, danse et musique. Avec cette équipe, Vladimir
Pankov monte Boulgakov, Tsvetaïeva, Gogol,
Shakespeare. Et Tchekhov. Il est régulièrement invité aux
festivals du Théâtre des Nations à Moscou.
Sa dernière mise en scène,
La Noce
, a été créée en
février 2009 au Théâtre de Minsk pour le 150
e
anniversaire
de la naissance de Tchekhov, a été présentée à Moscou
en janvier 2010 puis cet été au Festival international
Tchekhov. À l’automne 2010, le spectacle est en tournée
en Russie, en France, en Espagne et au Brésil.
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