La traite d'enfants : perspectives de l'Asie et du Pacifique

De
Publié par

La traite d'enfants : perspectives de l'Asie et du Pacifique

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 94
Nombre de pages : 15
Voir plus Voir moins
     
  
 
 
La traite d'enfants : perspectives de lAsie et du Pacifique  Xin Ren California State University, Sacramento  
Communication présentée à la Conférence sur La mise en uvre des droits de l'enfant : perspectives nationales et internationales Bureau international des droits des enfants Montréal le 20 novembre 2004
La traite d'enfants : perspectives de lAsie et du Pacifique  XIN REN California State University, Sacramento   La traite denfants pour la vente, lexploitation sexuelle, la pornographie mettant en scène des enfants et le travail forcé est devenue lune des entreprises criminelles qui se développe le plus rapidement et qui sétend du continent africain à lEurope et de lAsie-Pacifique à lAmérique du sud. À travers le monde, les enfants sont convoités pour des buts illicites divers. Ils sont vendus, enlevés, kidnappés ou écartés de leurs familles, achetés, exploités, maltraités ou même assassinés pour des profits ou des services illicites. Aujourdhui, aucun pays ne semble à labri de ce brutal commerce transnational en pleine croissance qui se fait à lencontre des enfants. Les questions que je présente aujourdhui découlent de mon travail de recherche effectué en collaboration avec le bureau de lUNICEF pour la Chine, le bureau de lutte contre le trafic de femmes et denfants du ministère chinois de la Sécurité publique, avec des groupes de travail intergouvernementaux et plusieurs ONG en Chine et en Asie du Sud-est, notamment dans les pays du sud du Mékong, incluant la Thaïlande, le Laos, le Viêt Nam, le Cambodge et les provinces chinoises du Yunnan et du Guangxi.  Instruments juridiques internationaux relatifs à la traite des enfants Au niveau mondial, le cadre juridique de la lutte contre la traite denfants est fondé sur plusieurs instruments juridiques internationaux importants. 1) La Convention relative aux droits de lenfant, particulièrement les articles 1, 11, 21 et 32-36, qui pose les bases législatives garantissant la protection des enfants contre la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants (Voir Annexe I pour les protocoles additionnels de lONU).
 
1
2) Les trois Conventions de La Haye portant sur (1) la protection des enfants et la coopération concernant ladoption entre pays ; 2) les aspects civils de l'enlèvement  denfants ; et 3) la juridiction, les lois applicables, la reconnaissance, la mise en application et la coopération en matière de responsabilité parentale et les mesures de protection des enfants qui ont offert des armes législatives internationales supplémentaires pour combattre l'enlèvement transnational d'enfants et l'adoption illégale. 3) La Convention No.182 de l'Organisation internationale du travail (OIT) qui définit le cadre légal interdisant les pires formes de travail des enfants. 4) Léquipe spéciale de lOrganisation mondiale du commerce qui a promulgué un Code de conduite mondial pour les activités touristiques dans le but de combattre le tourisme sexuel visant les enfants. Au niveau régional, cinq pays autour du Mékong (Chine, Viêt Nam, Cambodge, RDP Lao et Thaïlande) ont entamé, il y a une dizaine dannées, un dialogue et des négociations pour collaborer dans la lutte contre la traite denfants. Un forum intergouvernemental a eu lieu en octobre 2004 dans le but d'adopter la Recommandation des enfants du Mékong pour une action sur la traite des personnes (mouvement Save the Children, 2004).  Les enlèvements denfants peuvent être abordés du point de vue des trafiquants ou de celui de leur clientèle. Pour les trafiquants, toutes les formes de commerce denfants ont pour but des profits illégaux. Cependant, pour les acheteurs, lacquisition denfants satisfait plusieurs besoins ou désirs. Les buts les plus évidents sont :
 
Ladoption illégale : en Chine, le trafic denfants a pour but principal ladoption illégale au niveau national, laquelle est motivée par la croyance traditionnelle profondément
2
 
enracinée selon laquelle seul un héritier mâle peut perpétuer le nom de la famille. Les couples mariés nayant pas donné naissance à un fils sont réputés déshonorer ainsi leurs ancêtres. La mise en application de la politique de la Chine limitant chaque famille à un enfant a commencé au début des années 1980 et a ébranlé cette croyance traditionnelle.
Une étude nationale conduite par la police chinoise en 2000 a montré que 10 768 enfants ont été enlevés et vendus entre 1980 et 1999, essentiellement à des fins d'adoption illégale.
Les mouvements transfrontaliers illégaux pour la réunification familiale : les autorités de limmigration de Hong Kong ont signalé que des centaines denfants sont
passés clandestinement de la Chine continentale vers Hong Kong pour rejoindre leurs parents. Plus de 1500 enfants ont passé la frontière illégalement en 1997, ce qui est deux fois plus que durant toute lannée 1996. On estime à 130 000 le nombre denfants qui, en Chine continentale, attendent de traverser la frontière, alors que les services de
l'immigration de Hong Kong ne permettent quà 66 enfants seulement de rejoindre leur famille (IOM 1997) chaque année. Même si la police a souvent classé de tels cas comme
étant de la migration clandestine plutôt que du trafic d'enfants, l'extorsion, l'asservissement et les violences à lencontre des enfants ont fréquemment lieu au cours
de la traversée clandestine.
Le commerce matrimonial : lenlèvement, le kidnapping et la vente de jeunes filles pour des mariages forcés sont des pratiques courantes dans plusieurs pays dAsie, notamment
en Chine et dans la région du Mékong. La Police chinoise rapporte que 360 000 femmes
et enfants ont été vendus par des trafiquants pour des fins matrimoniales, entre 1995 et avril 2000,. Un tiers des victimes étaient des filles âgées de moins de 18 ans. Parmi les
3
 
filles que l'on utilisait à des fins dexploitation sexuelle à létranger, 65% étaient âgées de
moins de 18 ans. En 2000, dans sa campagne contre la traite des personnes, la police
chinoise a sauvé plus de 120 000 femmes et enfants. Parmi ces rescapés, plus de 16 000
étaient des femmes et des enfants venant du Vietnam, de la Birmanie et de la Corée du
Nord (Ren, 2000). De nombreuses filles d'origine chinoise ont également été vendues
pour des mariages forcés au Laos, en Thaïlande et en Malaisie. Depuis ces dernières
années, des services matrimoniaux par correspondance attirent ou vendent de nombreuses
femmes asiatiques qui sont ainsi piégées pour des mariages à létranger où elles seront
asservies (Foo, 2002).
Lexploitation sexuelle : lAsie est considérée par certains touristes asiatiques et occidentaux comme le paradis du tourisme sexuel visant les enfants. Ceci a alimenté la
traite denfants à des fins dexploitation sexuelle dans le monde entier. Les vierges sont
aussi très convoitées sur le marché asiatique du sexe. Après avoir épuisé ce type de
ressources si facilement commercialisables sur le marché du thaïlandais sexe, les groupes
criminels organisés de lindustrie du sexe ont pourchassé leurs victimes en Chine, en
Birmanie et au Vietnam. Plusieurs pays comme la Suisse, la Slovénie, Chypre, la
Thaïlande et le Japon délivrent aussi des visas « artistiques » ou de « divertissement » à
des jeunes filles asiatiques pour leur permettre de travailler comme prostituées légales ou
escortes. Un rapport montre quen 2003, le gouvernement japonais a délivré 55 000 de
ces visas à des femmes venant des Philippines (Département d'État (États-Unis), 2004).
À la différence de ce qui se passe dans le trafic de drogues et darmes, dans lindustrie du
sexe, les femmes et les enfants peuvent être vendus et revendus plusieurs fois et générer continuellement du profit pour les entreprises criminelles, sans nécessiter de
4
réinvestissement. Pour les groupes criminels clandestins, ce commerce est hautement plus lucratif et profitable que les autres trafics. Lexploitation du travail des enfants est un problème mondial signalé dans presque tous les pays. Mais les pays asiatiques en ont souvent pratiqué la pire forme, à cause de lextrême pauvreté de la plupart des populations asiatiques et de labsence de législation protégeant le travail des enfants. LInde, le Pakistan, et le Sri Lanka ont signalé que des enfants âgés de seulement 8 à 9 ans travaillent souvent dans de petites usines ou ateliers pendant plus de 10 heures par jour pour ne gagner quune fraction du salaire journalier touché par les adultes . Lablation forcée dorganes en vue dune transplantation est aussi mentionnée en Inde, au Pakistan et dans quelques autres pays asiatiques. Des enfants ont été vendus par leurs parents contre une modique somme dargent alors que d'autres ont été kidnappés et enlevés par les trafiquants pour procéder à lablation dorganes à des fins de transplantation pour de riches patients de pays occidentaux. Certains enfants ont même été assassinés lors de lablation forcée de leurs organes.
   Ampleur du trafic de femmes et denfants  dans la région : ce trafic touche un nombre incroyable denfants et de jeunes filles, qu'il s'agisse du trafic extérieur pour lequel l'Asie sert de point de départ, d'arrivée ou de transit ou qu'il s'agisse du trafic intérieur. Chaque année, on estime à 800 000, voire à 900 000, le nombre dhommes, de femmes et denfants victimes du trafic dans le monde et à qui lon fait traverser des frontières pour des mariages forcés, de la prostitution, et du travail forcé (Département d'État (Etats-Unis), 2003). Chaque année, les victimes de ce trafic international comptent 70% de femmes et 50% denfants. Parmi les enfants, 70% sont vendus pour être exploités sexuellement. LOrganisation internationale pour les migrations estime à 500 000 le nombre de femmes vendues chaque année par les
 
5
trafiquants aux marchés intérieurs de la prostitution en Europe (Département d'État (Etats-Unis) 2004 :15). La traite des personnes est actuellement considérée comme la troisième plus grande source de profits pour les organisations criminelles internationales, venant juste après le trafic de drogues et darmes à feu. Cela génère des milliards de dollars de profits par année (Miko and Park 2002). Dans certains pays dAsie du Sud-est, lindustrie du sexe représente jusquà 14% du produit intérieur brut (PIB). À partir des cas connus de traite des personnes, on a pu estimer que 225 000 victimes soit léquivalent dun quart des victimes à léchelle mondiale, sont enlevées de pays dAsie du Sud et du Sud-est, principalement de ceux constituant la sous-région du Mékong, vers des pays qui sont des destinations renommées, en Europe, en Amérique du Nord et dans le Pacifique Sud. Les enfants âgés de moins de 18 ans représentent un nombre
significatif des victimes de la traite des personnes. La Chine, notamment le Yunnan et Guongxi (deux provinces à la frontière sud du pays) est lun des fournisseurs les plus importants de jeunes filles et
d'enfants pour le marché du sexe en Thaïlande. Depuis quelques décennies, la demande de jeunes filles originaires de la province du Yunnan a augmenté en Thaïlande du Sud, dans les villes comme Bangkok, Pattaya et Phuket où les jeunes filles à la peau claire sont très convoitées par les dirigeants de maisons closes qui veulent satisfaire les goûts de leurs clients dorigines chinoise, malaysienne, taïwanaise et singapourienne venant visiter ces lieux touristiques célèbres. On rapporte que, dans les dernières décennies, les trafiquants ont fait passer en Thaïlande, surtout par les sentiers montagneux de Birmanie, quelque 200 000 à 500 000 filles et enfants. Encouragés par la croissance rapide de la demande touristique dans ces régions, les trafiquants
doivent fournir régulièrement des femmes et des filles, particulièrement des vierges, à partir des pays voisins. La Thaïlande, le Cambodge et les Philippines sont réputés être les destinations les plus courues pour la pratique du tourisme sexuel. La Thaïlande, à elle seule, compte 200 000 travailleurs du sexe exerçant dans divers types de commerces du sexe chaque jour. Pour fournir régulièrement lindustrie du
sexe en jeunes femmes et en enfants, le trafic interrégional de femmes et denfants est devenu florissant en Asie, ces dernières décennies. La Chine est aussi devenue un lieu dattraction pour les touristes du sexe en Asie et les demandes intérieures et internationales pour la prostitution ont considérablement
 
6
augmenté. On estime quentre 1991 et 1995, 1,5 millions de prostitués et de clients ont été arrêtés en Chine. Lan dernier, un scandale a éclaté à Zhuhai, dans la province de Guangdong. Il impliquait environ 200 employés masculins dune entreprise japonaise, qui avaient loué les services de 300 prostitués à loccasion dune retraite de 3 jours offerte par lentreprise. Ce scandale a choqué lensemble du pays et son ampleur a incité le gouvernement chinois à prendre rapidement des mesures pour mettre un terme à lindustrie prospère du sexe en Chine. Chaque année, environ 5000 à 7000 filles népalaises, certaines âgées de seulement 9 ou 10 ans, sont victimes de la traite denfants et se retrouvent dans les quartiers chauds des villes indiennes, vendues puis revendues au dixième du prix original après quelles aient perdu leur virginité dans le commerce du sexe (Secrétariat international de l'organisme « Global March », 2003). On estime quau Cambodge aujourdhui, un tiers des 55 000 prostitués sont des filles et des garçons vietnamiens âgés de moins de 18 ans. On rapporte qu'au cours des dix dernières années, le Pakistan a reçu 200 000 prostituées du Bangladesh. On évalue à 20 000 ou 30 000 le nombre de jeunes birmanes se prostituant à Bangkok. Caractéristiques des victimes de la traite denfants en Chine  De 1980 à 2000, 10 768 enfants ont été enlevés ou victimes de trafic interne en Chine. 66,4% dentre eux sont des garçons et 33,6% des filles. Les prix vont de 10 000 à 20 000 yuans (1 250 à 2 500 $) pour un garçon à 500 à 800 yuan (60 à 100 $) pour une fille. Parmi les enfants enlevés : 36% ont été enlevés chez eux 21% ont été enlevés dans des lieux publics  6% ont été enlevés dans des locaux scolaires Les régions de recrutement et les lieux de destination de la traite : 42% des enfants ont été recrutés dans trois provinces : Sichuan, Guizhou et Shanxi
 
7
Les enfants des provinces intérieures du Sud et de lOuest sont emmenés vers les régions côtières et lEst. La traite des enfants se fait habituellement dans les provinces intérieures les plus pauvres vers les provinces côtières économiquement plus développées : Fujian, Guangdong et Zhejiang. Néanmoins, la majorité de ces enfants finit dans les circonscriptions les plus pauvres des provinces de destinations. La vente et lachat denfants semblent tous deux des phénomènes homogènes parmi les populations pauvres de Chine. Âge des victimes : Les enfants âgés de moins de 7 ans sont très convoités sur le marché de ladoption illégale. Près de 70% des enfants vendus dans les vingt dernières années en Chine font partie de ce groupe dâge. On continue à demander plus de garçons que de filles. Le fait quun grand pourcentage de filles se trouve dans un groupe d'âge plus élevé indique quelles sont plus souvent utilisées dans lindustrie du sexe et le commerce matrimonial. (Voir Tableau 1) Tableau 1. Âge des victimes de la traite denfants Groupe dâge Pourcentage Garçons
  1 jour-7 ans   8-14 ans   Total
69% 31% 100%
 78%  22%  100%
Filles
 36%  64%  100%
 Accords régionaux multilatéraux pour la lutte contre le trafic de femmes et denfants. Suite à linstitution des protocoles de lONU pour la lutte contre la criminalité transnationale organisée, en 2000, et contre la traite des personnes, en 2001, les gouvernements faisant partie de
 
8
lAssociation des Nations de l'Asie du Sud-est (ASEAN- Brunei Darussalam, Cambodge, Indonésie,
Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande, et Vietnam) ont démontré leur intérêt et leur engagement dans la lutte contre lexploitation et la traite des personnes dans divers protocoles daccords régionaux comme : lAccord touristique de lASEAN et le plan daction de lASEAN pour la lutte contre la criminalité transnationale organisée, en 2002 à Kuala Lumpur, le communiqué de presse du sous-comité de lASEAN aux Affaires concernant les femmes I, en 1999 et les 6 èmes Rencontres des
Chefs des services de limmigration et des ministres des Affaires étrangères de lASEAN, en
2002. En 2003, la Déclaration conjointe de la Chine et de lASEAN sur la coopération en terme
de problèmes de sécurité non-conventionels a également mentionné que la lutte contre le trafic
de femmes et denfants est parmi les six questions prioritaires qui nécessitent la coopération
gouvernementale interrégionale.
Les obstacles législatifs qui entravent lassistance aux victimes de la traite denfants : les
mêmes problèmes et difficultés rencontrés dans plusieurs pays de destination en Europe et en
Amérique du Nord se retrouvent lors de la mise en uvre de ces traités et accords
intergouvernementaux. On doit alors souvent relever d'énormes défis pour lutter contre le trafic
de femmes et denfants. Diverses questions d'ordre légal et d'autres concernant les droits de la
personne émanent de ce travail de lutte contre la traite des personnes dans cette région, et il
importe de les mentionner ici, car elles revêtent un caractère urgent :
Lidentification des victimes de la traite des personnes est essentielle pour pouvoir les
aider. Il n'y a pas de données qui permettraient didentifier où commence la traite des personnes,
quels abus et violations des droits de la personne ont pu être perpétrés et comment ils ont eu lieu.
Lidentification des victimes se fait donc actuellement de façon rétrospective, en remontant la
suite des événements dont elles se souviennent, afin de déterminer si la personne a été victime
des trois éléments caractérisant la traite des personnes (utilisation de la force, de la fraude ou de
 
9
la contrainte à des fins dexploitation par le travail forcé, lesclavage, lindustrie de sexe et pour
du profit, conformément au Protocole de l'ONU). Il est important dadmettre que le trafic de femmes et denfants est une conséquence des migrations illégales. Le flot de travailleurs
immigrants illégaux dans le monde ressemble à un raz de marée que rien ne peut arrêter, qui touche tous les pays et balaie tous les coins du monde. Dans le processus de la migration illégale,
deux éléments rendent les femmes et les enfants particulièrement vulnérables. Premièrement, les immigrants illégaux ne peuvent avoir accès quau marché du travail illégal et accepter des emplois dont personne ne veut parce qu'ils sont trop peu rémunérés et trop pénibles ou parce qu'ils sont formellement interdits par la loi, comme dans le cas du commerce illicite du sexe.
Deuxièmement, les immigrants illégaux dépendent des passeurs de clandestins pour traverser la
frontière et sont donc des proies faciles pour tous ceux qui cherchent à profiter des personnes faibles et vulnérables. La situation des femmes et des enfants immigrants devient donc une
préoccupation importante parce que les violations des droits de la personne par des passeurs de clandestins sans scrupules et des groupes criminels (Skeldon, 2000) y sont potentiellement
présentes. Les Protocoles de lONU font une nette distinction entre l'immigration clandestine et la traite des personnes. Dans la pratique, cependant, les deux se confondent, créant complexité et
ambiguïté lorsqu'il s'agit de prendre des décisions politiques et de les mettre en application. Par exemple, les femmes partent fréquemment de chez elles de leur propre chef, dans le but de
trouver dautres perspectives de travail. Pendant leur quête d'une vie meilleure, elles sont souvent piégées, trompées ou récupérées par des trafiquants, puis vendues dans le circuit du commerce
du sexe ou du travail forcé. Par définition, ces femmes ne sont pas, au départ, des « victimes du
trafic » mais le deviennent au cours de leur migration transfrontalière illégale, mais volontaire (Arnold and Bertone 2002).  
 
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.