Le monde de lunambre interview gnparadis

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C'est la question incontournable, pouvez-vous vous présenter en quelques lignes à nos lecteurs ? L’art de la présentation est toujours délicat et difficile. Voire traumatisant. Je me souviens de ces fameuses présentations en anglais, à l’oral, où droit comme un piquet, je forçais mes tristes cordes vocales, à entonner quelques mots. Et que ce soit une langue étrangère n’en était pas la cause principale : les mots ont cette fâcheuse et sadique tendance de ne pas venir à mes lèvres, lorsque j’en ai le plus besoin. On discourt toujours sur le principe de la page blanche, mais personne ne parle-t-il donc jamais de la voix blanche ? Celle qui reste muette, alors qu’on la voudrait forte ? Ma timidité ne m’aidait certes pas dans ce processus ; j’avais peur qu’on m’écoute ; aujourd’hui, j’ai peur qu’on ne m’entende pas. D’un côté comme d’un autre, la discussion semble plombée de balles. Alors, pour retenir les mots, rien ne vaut l’écriture. Il faut croire que je suis un garçon assez malin, même si en l’occurrence, j’ai oublié que des histoires imaginaires ne faisaient pas des présentations sérieuses. Comme vous le constaterez, je suis un jeune homme d’à peine 23 ans. Très tôt, vers huit-neuf ans, j’ai su qu’écrire des histoires serait mon souffle vital. Et je ne me suis pas trompé ; en une dizaine d’années, j’ai rédigé une dizaine de romans, une centaine de poèmes, de nombreuses nouvelles et même récemment, des scénarios.
Publié le : dimanche 19 août 2012
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C'est la question incontournable, pouvez-vous vous présenter en quelques
lignes à nos lecteurs ?
L’art de la présentation est toujours délicat et difficile. Voire traumatisant. Je
me souviens de ces fameuses présentations en anglais, à l’oral, où droit comme
un piquet, je forçais mes tristes cordes vocales, à entonner quelques mots. Et que
ce soit une langue étrangère n’en était pas la cause principale : les mots ont cette
fâcheuse et sadique tendance de ne pas venir à mes lèvres, lorsque j’en ai le plus
besoin. On discourt toujours sur le principe de la page blanche, mais personne
ne parle-t-il donc jamais de la voix blanche ? Celle qui reste muette, alors qu’on
la voudrait forte ? Ma timidité ne m’aidait certes pas dans ce processus ; j’avais
peur qu’on m’écoute ; aujourd’hui, j’ai peur qu’on ne m’entende pas. D’un côté
comme d’un autre, la discussion semble plombée de balles.
Alors, pour retenir
les mots, rien ne vaut l’écriture. Il faut croire que je suis un garçon assez malin,
même si en l’occurrence, j’ai oublié que des histoires imaginaires ne faisaient
pas des présentations sérieuses.
Comme vous le constaterez, je suis un jeune homme d’à peine 23 ans. Très
tôt, vers huit-neuf ans, j’ai su qu’écrire des histoires serait mon souffle vital. Et
je ne me suis pas trompé ; en une dizaine d’années, j’ai rédigé une dizaine de
romans, une centaine de poèmes, de nombreuses nouvelles et même récemment,
des scénarios. Après un bac littéraire, je me suis orienté sur un parcours de
lettres modernes et d’arts du spectacle (cinéma) à la fac, plus pour gagner du
temps, que par véritable envie, j’en ai bien peur. J’y ai acquis quelques
techniques scénaristiques, tout en m’inspirant grâce aux films. En effet, je me
suis servi de toutes ces années d’étude pour accroître mes capacités créatives et
étendre mon rayon d’approches narratives. J’ai toujours su où j’allais et ce que
je voulais, notamment en écriture. Malheureusement, il a fallu que j’arrête les
études, pour recevoir mon premier contrat d’édition, à un moment, où j’étais
telle une loque, saisi entre deux vents ténébreux.
Après un échec en 3
ème
année, j’ai opéré un virage : dans la vie, comme dans
l’écriture, il faut savoir se réinventer. Et je m’y efforce chaque fois que je prends
la plume, quitte à être drastique ou dur envers moi-même. Je sors tout juste
d’une période plutôt sombre, durant laquelle j’ai dû me battre pour avancer un
brin, et Lunambre en est le reflet littéraire.
Pour toute question plus personnelle, je me ferais un plaisir de vous répondre
en privée. Je suis quelqu’un d’ouvert, quoiqu’un peu rêveur, mais je saurais
vous prêter une oreille attentive.
Quels sont vos maîtres en pensée, comment es-tu arrivé à écrire de la Fantasy,
entre autres, est-ce la première fois que tu publies ?
En toute franchise, je n’ai pas réellement de maîtres en pensée. Dans la vie,
comme en littérature, je cherche avant tout à cultiver ma singularité, à étancher
ma soif créative et surtout, à penser par moi-même. Bien sûr, la lecture et
l’écoute d’autrui sont essentielles dans ce processus d’épanouissement mental et
personnel. Les idées et les concepts, je les incorpore et je les redéploye sous des
formes différentes, propre à ma vision de l’existence et aussi, de la littérature.
Ainsi, je ne saurais guère qui vous citer. Pourquoi celui-ci, plutôt que celui-là.
(Quoiqu’actuellement,
mon
maitre
à
pensée
soit
celui qui dirige cette
interview. : ) )
La fantasy fut le socle de mon évolution scripturale. J’y suis tombé tout
jeune, notamment grâce aux livres dont vous êtes le héros et au jeu de plateaux
type Héros Quest. J’écrivais déjà de la fantasy en primaire, sans savoir que j’en
écrivais. Dans les années 90, en France, on ne séparait pas science fiction et
Fantasy dans les rayons des librairies et des grandes surfaces. Ainsi de 13 à 17
ans, j’ai écrit la première quadrilogie de la Danse du Lys, dont le premier tome
est paru en format papier en début d’année. Je devrais avoir terminé le
cinquième tome bientôt, et attaqué le sixième avant fin 2012 ; le deuxième est
chez l’éditeur.
Peu à peu je m’éloigne de la Fantasy traditionnelle qui a marqué ma jeunesse,
pour des destinations plus urbaines, quoique vastes. Je développe ainsi mes
univers de manière à les rendre plus matures, plus sombres, aussi ; même si celui
de la Danse du Lys, Andalénia, est déjà très vaste et puissant.
Et enfin, je passe au numérique avec Lunambre – tout en gardant une lame
dans le papier. Pour le moment, il me semble important d’avoir une épée de
chaque côté de la ligne ; Vile ne vous dira pas le contraire…
L'Éminence grise est le premier volet du Monde de Lunambre. Je précise qu'il
s'agit d'histoire complète à chaque fois, c'est pour cette raison que nous ne
parlons pas de série ou encore de tome. Peux-tu nous en dire plus sur le Monde
de Lunambre et situer l'Éminence grise dans ce contexte ?
Lunambre est un projet récent dans mon processus littéraire. Les actualités
des années précédentes et présentes m’ont vraiment servi de fondations lors de
sa création. Ainsi, j’ai métaphorisé à travers cet univers, l’atmosphère de notre
période actuelle, plutôt instable et incertaine, d’un point de vue économique,
moral, social, religieux et humain. Ma sensibilité me pousserait même à dire
qu’un vent de folie souffle sur notre monde et que nous atteignons parfois même
des sommets sur l’échelle de la démence.
Beaucoup de rumeurs courent sur la fin du monde et sur un complot mondial,
sans oublier toutes ces ressources qui s’épuisent, ces catastrophes naturelles, ces
personnes qui perdent le peu qu’elles ont ou qui sont broyées par une société
sclérosée et de véritables guerres économiques… Et si, tout cela n’était pas le
fait du hasard ? Si quelqu’un, quelque part manipulait des fils auxquels nous
serions enchainés ? Le monde de Lunambre s’est édifié sur cette idée
ténébreuse, selon laquelle les êtres humains seraient des pantins entre les mains
de puissances supérieures, que ce soient des dieux ou des gouvernements ; voire
même un système sociétal.
En reprenant le Folklore moderne, j’ai ainsi façonné un monde dur et
impitoyable, à la fois proche du notre, du fait de sa technologie et de son
époque, et éloigné, puisqu’il s’agit bien d’un autre monde.
A l’effigie de tout cela, Lunambre est un univers de roche et de métal ; froid
et artificiel. Ses plaques tectoniques n’évoluent pas sur des mers de magma ; si
bien que la chaleur qui émane de son sol, est due à autre chose.
Le monde est
séparé en trois zones distinctes ; celles explorées par les êtres humains,
immenses, et une autre, composée de millions de petites îles. Les hommes ne
sont - ou devrais-je dire, n’ont pas été les seuls à fouler ces terres… La Lune
d’Ambre domine tous les horizons de Lunambre, au point de jouer sur son
atmosphère, ses marées, ses saisons, ses civilisations et sa gravité. Cet œil
céleste passe par différentes phases, (le Duo, le Tiers et le Quart). On parle ainsi
d’années Lunaires, de « Lune d’Ambre » ou de « Lune ». Sans vouloir trop en
révéler, sa lumière a un effet spécial sur certains êtres humains ; chose qui n’est
pas aussi évidente qu’elle n’y parait. Vous ne trouverez ainsi pas de véritable
magie théorisée sur Lunambre, mais plutôt des pouvoirs psychiques,
spectaculaires par moment, d’autres fois plus discrets ; en tout cas, liés à des
effets naturels ou matériels.
L’Eminence Grise s’est élaborée sur ce climat d’incertitudes et d’artifices, à la
manière d’un jeu de piste sanglant et démentiel. L’action se déroule sur l’île
d’Exal, située elle-même en périphérie des nations « moteurs » de Lunambre.
Vile, le personnage principal, est déjà un vieil assassin, lorsque débute cette
histoire. A l’effigie de Lunambre, il est impitoyable, sombre, résolu et surtout,
usé. J’ai mis l’accent sur son humanité, son âge, tout en distillant quelques
informations sur son passé.
Pourquoi, moi, qui suis jeune, ai-je choisi un vieux ? La question a pu vous
effleurer l’esprit, alors je la pose, c’est important. En effet, ce cycle de
Lunambre a été bâti autour d’une rencontre entre les générations. L’Eminence
Grise a par conséquent une triple fonction, vous dévoiler le contexte, vous
divertir et vous présenter Vile, en action. Logiquement, vous vous doutez que le
second volet distillera quelques informations supplémentaires, notamment sur le
monde, tout en vous présentant un autre personnage, plus jeune…
Chaque volet de Lunambre révélera des points clefs d’une intrigue globale, à
différentes époques proches, tout en dévoilant d’autres aspects du monde. Autre
originalité de la série, vous pourrez la lire dans n’importe quel ordre : la
narration
de
Lunambre
n’est
pas
linéaire ; plutôt tridimensionnelle (au
moins !:)).
Prenez garde, sur Lunambre, vos âmes sont l’ambroisie des dieux.
Interview Réalisée le 8 Juin 2012.
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