(André Le Nôtre et les jardins de Chantilly 14 juin - 9 oct–)

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(André Le Nôtre et les jardins de Chantilly 14 juin - 9 oct–)

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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AdnéumuséeCo Château de Chantilly
ANDRÉ LE NÔTRE (1613-1700) ET LES JARDINS DE CHANTILLY
14 juin - 9 octobre 2000Exposition réalisée avec le soutien du ministère de la Culture (direction des Archives de France), du conseil régional de Picardie, du conseil général de l'Oise et de la ville de ChantillyCatalogue édité par Somogy Pour toutes informations : Nicole Garnier, conservateur en chef du musée Condé, château de Chantilly, B.P. 70243, 60631 Chantilly Cedex téléphone : 03.44.62.62.64 ; télécopie : 03.44.62.62.61 Nathalie Darzac, chargée de la communication, Institut de France, 23 quai de Conti, 75006 Paris téléphone : 01.44.41.43.40 ; télécopie : 01.44.41.44.50 ; mél. : com@institut-de-France.fr
Dans une de ses rares lettres (Chantilly en conserve et en exposera deux), adressée au comte de Portland, Le Nôtre déclare qu’il considère Chantilly comme le parc dont il est le plus fier :de tout ce que vous« Souvenez-vous avez vu de jardins en France, Versailles, Fontainebleau, Vaux-le-Vicomte et les Tuileries,et surtout Chantilly…»(11 juillet 1698)L’exposition, qui se tiendra au musée Condé, à Chantilly, dans le cadre du tricentenaire de la mort de Le Nôtre, retracera – au moyen de dessins, gravures, plans et documents d’archives, en s’appuyant sur le dépouillement des archives de Chantilly – e l’histoire de ces jardins, dessinés à la fin duXVIIsiècle, pour le Grand Condé, par André Le Nôtre, le célèbre jardinier de Versailles. Aujourd’hui inclus dans un domaine de 7 800 hectares appartenant à l’Institut de France depuis le legs du duc d’Aumale (25 octobre 1886), le parc de Chantilly a été créé à e l’initiative d’un des plus grands seigneurs duXVII siècle, LouisIIBourbon (1621- de 1686), prince de Condé, surnommé le Grand Condé après sa victoire sur l’Espagne à Rocroi. Exilé à Chantilly après la Fronde et sa révolte contre LouisXIV, il conçut un parc susceptible de rivaliser avec Versailles, dont les travaux débutèrent en 1662. Il fit appel à André Le Nôtre. Deux campagnes de travaux furent nécessaires pour concevoir et dessiner le parc, de 1663 à 1674 et de 1677 à 1682. e Le musée Condé dispose de toutes les estampes duXVIIexécutées pour siècle, l’essentiel par le graveur Perelle, ainsi que de plans divers et de sources écrites exploitées récemment, qui permettent de comprendre plus finement encore le processus de création, particulièrement original, de ce jardin. À trois cents ans de distance, il est frappant de constater que l’impression qui s’impose d’emblée au visiteur est toujours aussi forte et que la transition de la forêt vers l’axe d’entrée du parc a conservé son harmonie initiale. Quant au parc lui-même, rien n’est venu remettre en cause la précision des premiers travaux d’infrastructure, de son e aménagement hydraulique en particulier. AuXVIIsiècle, l’ensemble des éléments qui composaient les parcs était comparable d’un jardin à l’autre, mais c’est de l’agencement singulier de ces éléments – c’est-à-dire de la composition du paysage – que naissait l’originalité de tel ou tel parc, que les princes, grands amateurs de jardins, savaient apprécier. L’exposition montrera des documents originaux mis en valeur et en perspective par une présentation à vocation didactique, qui s’appuie sur des essais de restitution réalisés par des étudiants de l’école d’architecture et de paysage de Bordeaux (photomontages, maquettes, cartes, plans, etc...).1
Le Nôtre et Chantilly C’est sans doute en 1662 que le prince de Condé fit appel au jardinier du roi pour le projet de Chantilly. Malheureusement, Le Nôtre n'a pas publié d'ouvrages théoriques, et l'on conserve très peu de plans qui soient réellement de sa main. Rares sont donc les documents qui permettent de préciser sa personnalité ou sa pensée.Les archives de Chantilly conservent deux lettres signées de lui et adressées au Grand Condé.L'une, écrite en août 1682, est un remerciementune charge de prieur octroyée par le prince au jeune parent de pour l’architecte, Eustache-George Le Prince.L’autre lettre, adressée en 1683 au prince de Condé, accompagne le projet dessiné par Le Nôtre pour leGrand degré,escalier monumental reliant au parc la terrasse du connétable :voilà tout ce que je puis faire pour« Monseigneur, l'ornement du bas de vostre grand escallier. Je souhaitte qu'il puisse vous plaire autant qu'il me fait.[…]je suis avec respects, Monseigneur, vostre très humble et très obéissant serviteur, Le Nostre ». La prédilection d’André Le Nôtre pour les jardins de Chantilly Parmi les nombreux jardins qu'il dessina,Le Nôtre marqua sa préférence pour Chantilly dans une lettre(publiée au début du siècle)adressée au hollandais William Bentinck, comte de Portland (1649-1709), surintendant des jardins royaux d'Angleterre et ambassadeur d'Angleterre en France de janvier à juin 1698.Celui-ci, qui était en contact avec Claude Desgots, neveu de Le Nôtre, visita les plus beaux jardins de France, dont Chantilly. Le 11 juillet 1698, Le Nôtre lui écrivait : «C'est un beau naturel de voir tombé une rivière d'une chute estonnante et fait l'entrée d'un canal sans fin. Il ne faut point demander d'où vient l'eau de ce canal. […]Souvenez-vous de tout ce que vous avez vu de jardins en France, Versailles, Fontainebleau, Vaux-le-Vicomte et les Tuileries, et surtout Chantilly». Ces derniers mots témoignent nettement que le vieux jardinier plaçait Chantilly au-dessus des principaux sites pour lesquels il avait travaillé, principalement pour le roi. Cette lettre indique aussi que Le Nôtre y a «tout conduit jusqu'à sa dernière avenue», y compris le dessin des allées de la forêt. 2
Le Nôtre, son équipe et ses méthodes de travailLe Nôtre fut appelé à Chantilly vers 1662. Il n'y vint pas seul, mais avec une véritable équipe, formée de ses parents, amis et collaborateurs. Parmi ses principaux collaborateurs figurentson beau-frère Pierre Desgots (1630-1688), et son neveu et élève Claude Desgots (mort en 1732),pensionnaire de l'Académie de France à Rome à partir de 1675. Un autre collaborateur de Le Nôtre,Michel Le Bouteulx fils,spécialiste des fleurs,travailla également à Chantilly ; son père avait aidé Le Nôtre dans l'aménagement du jardin du Trianon de porcelaine. À ces proches collaborateurs de Le Nôtre, s'ajouteJean-Baptiste de La Quintinie (1626-1688), créateur du « potager du Roi » à Versailles et auteur d'ouvrages sur les végétaux (Instructions pour les jardins fruitiers et potagers). Comme les autres membres de l'équipe de Vaux-le-Vicomte, on le retrouve ensuitesimultanément à Versailles, où il devient jardinier du Roi en 1665, puis intendant des jardins à fruits du Roi en 1673,et à Chantilly, où, dès 1665, Bourdelot le désigne dans une lettre au prince de Condé comme «habile à la culture des arbres». La Quintinie travailla également pour Colbert à Sceaux, et pour le duc de Montausier à Rambouillet. Parmi les autres acteurs du chantier de Chantilly figurel'architecte Daniel Gittard(1625-1688), originaire de Blandy, près de Vaux-le-Vicomte, et élève de Le Vau. Il est présent à Chantilly jusqu'à sa mort, en 1688. L'ingénieur Jacques de Manseissu d'une vieille famille de Montpellier où (1625-1703), l'on est trésorier général de France de père en fils, est le créateur du "Pavillon de Manse", dans laquelle se trouve la machine élévatoire qu'il a construite, entre 1678 et 1681, pour faire monter les eaux de la vallée dans les « Réservoirs de la Pelouse » et alimenter les fontaines du parc. Enfin, parmi les collaborateurs occasionnels de Le Nôtre, il faut mentionner l’illustre ingénieurVauban, qui fut consulté pour l'installation des « ponts à bascule » de l'avant-cour. Le chantier de Chantilly ne semble pas avoir été aussi meurtrier que celui de Versailles ; on ne garde pas trace d'accidents tragiques ni de violentes épidémies. Cependant, le prince de Condé appointait un chirurgien, le sieur Lejeune, qui reçut 192 livres en 1686 «pour avoir pansé les ouvriers qui ont été blessez en travaillant aux ouvrages de Chantilly depuis le 29 aoust 1684 jusqu'au dernier octobre 1686», ce qui en dit long sur le nombre des accidents du travail. On perçoit quelquefois un climat tendu sur le chantier : les intendants, parmi lesquels Dom Louis Loppin, le premier et le plus important d’entre eux, se plaignent souvent de ne pouvoir payer les ouvriers, notamment les maçons limousins, et craignent qu'ils ne partent, en juillet, faire les moissons, mieux rétribuées. Constamment sur place, les intendants informent leur maître et surveillent la bonne exécution des travaux décidés par Le Nôtre et ses collaborateurs, qui ne font que passer à Chantilly, car ils consacrent l’essentiel de leur temps au chantier royal de Versailles Leséchanges sont d’ailleurs fréquents entre les deux sites: Versailles fournit les services de ses fontainiers, expédie des plantes, confie pour la reproduction des espèces de cerfs rares, comme les cerfs à nez blanc ; Chantilly envoie des tilleuls, l'arbre fétiche du domaine, toujours présent sur les armes de la ville et peut-être à l'origine de son nom. Ainsi comprend-t-on mieux le parallélisme existant entre les éléments des deux parcs, et aussi l’émulation qui s’exprimait d’un chantier à l’autre : ainsi, la longueur du grand canal, qui ne cesse d'augmenter jusqu'à ce que Chantilly dépasse Versailles (deux kilomètres cinq cents !). 3
L a création des jardins de Chantilly Le grand parc (1662-1663) Dès 1662, le Grand Condé veut aménager un grand parc autour du château.Bien au-delà des seuls jardins du château, c'est tout un territoire qu'il doit acquérir, clore de murs et percer de routes harmonieusement tracées. La méthode choisie par le prince est brutale ; parallèlement, il fait procéder à la construction du mur d'enceinte, et confie à ses juristes le rachat des terres et des maisons qui se trouvent encloses dans le parc. Lapremière mention de Le Nôtreest une lettre de l’intendant Dom Loppin, qui dirige pour le prince les travaux de Chantilly, en date du17 novembre 1663: «il est temps que M. Le Nostre envoye ses arbrisseaux et le sieur Le Bouteux pareillement les arbres qu'il doibt».On peut lui attribuer sans hésitation le magnifique tracé des allées du grand parc, qui prolongeront sur des lieues la perspective nord-sud, marquant l'axe d'arrivée au château. La construction du mur du grand parc prit plus d'un an et demi et fut faite par les maçons limousins qui se déplaçaient chaque hiver pour aller trouver du travail dans les villes du nord de la France. Il faut imaginer les immenses travaux de plantations que suppose la création du grand parc, où travaillent jusqu'à cent cinquante ouvriers. Le 13 février 1664, Dom Loppin écrit que le sieur Foret a planté dans le grand parc, outre les 6000 pieds d'ormes, 7252 arbres, dont 2250 tillots (tilleuls), 2205 châtaigniers, 760 merisiers, 877 noyers, 1160 ormes. La chasse paraît être à l'origine de la création du grand parc. Parallèlement aux travaux d'aménagement du grand parc, situé au nord du château, Le Nôtre transforme profondément, dès 1662, la forêt au sud de Chantilly en aménageant les belles routes régulières qui la traversent et qui convergent au carrefour de la Table, entre Montgrésin et Chantilly : ce rond-point en étoile est traversé par douze routes sillonnant la forêt. Au centre, Le Nôtre fit élever une table en pierre, qui existe toujours, et où rituellement le prince de Condé allait accueillir ses hôtes. Ce fut le cas en 1671 lors du séjour du roi LouisXIVet de la reine Marie-Thérèse à Chantilly. Ces aménagements de la forêt donnèrent au domaine de Chantilly sa majestueuse ordonnance. Le parc actuel ne représente donc qu'une très petite partie de ce qui constituait au temps du Grand Condé le « grand parc ». 4
Le parterre de l’orangerie(1663-1664) Le Nôtre dessina un parterre de broderies orné de cinq bassins, à l'ouest du château, entre les douves et la galerie des cerfs, élevée en 1528 pour Anne de Montmorency. Cette partie du parc, visible des fenêtres du prince de Condé, marque les premiers travaux de Le Nôtre. Le grand parterre (1665-1666) Le Nôtre fit ensuite porter ses efforts sur le secteur situé au nord du château en aménageant un grand parterre composé de miroirs d'eau. Les travaux de la Gerbe et des dix bassins du grand parterre ne furent achevés qu'à l'automne 1667. C'est ici qu'en 1671, lors de la venue à Chantilly du roi LouisXIV, un feu d'artifice fut tiré pour la première fois du grand parterre. Les grands axes et l’entrée du château (1673)  Le Nôtre a affaire à un site difficile ; le château, de forme triangulaire, est encore médiéval, avec des parties réaménagées à la Renaissance. Le Nôtre décide de l'ignorer, et de choisir un point de vue très différent de ses autres créations, où le château donne toujours l'axe des jardins, comme à Versailles, ou Vaux-le-Vicomte.Il décide de faire passer la grande perspective axiale par la terrasse du connétable élevée par les Montmorencys,à laquelle mènera une nouvelle route venant de la forêt, au sud, puis une esplanade en forme de lyre, au-delà du pont et des pavillons de garde encadrant la grille d'honneur. Cette perspective monte à la terrasse, puis continue vers le nord, traverse le grand canal et continue à travers bois par une allée de huit rangées d'arbres. La terrasse est donc le centre de la perspective, mais elle masque les parterres à la française, réservant aux visiteurs une surprise. Le visiteur ne peut les voir qu'en s'approchant, etne les découvre qu'en atteignant le point culminant du site, au pied de la statue du Connétable. Il descend par un grand escalier à trois volées, une centrale et deux latérales, le Grand degré, que l'on attribue àl'architecte Daniel Gittard(1682). De chaque côté, dans les niches, dessculptures de Jean Hardystatues de fleuves et groupes d'Alphée et Aréthuse, (1684) : d’Acis et Galathée. Ce décor rappelle beaucoup Vaux-le-Vicomte et illustre le style décoratif de Le Nôtre. Le 21 septembre 1683, Le Nôtre envoie au Grand Condé un projet pour cet ensemble, qui sera achevé en 1684. Une des grandes inconnues de ce chantier est le rôle exact joué par l'architecte Jules Hardouin-Mansart, qui apparaît pour la première fois à Chantilly le 28 mai 1674, aux côtés de Le Nôtre, Gittard et Desgots. Il faudrait lui attribuer une part non négligeable dans la conception, sinon de l'avant-cour (dont le tracé est arrêté en juillet 1673), du moins de la nouvelle terrasse du connétable et du Grand degré. 5
La cascade et la tête du canal  Cet axe nord-sud vient couper la perspective est-ouest constituée par le ruisseau de la Nonette, qui devint le grand canal, entrepris en 1671 et achevé en mai 1673.lesIl faut noter dimensions extraordinaires du grand canal- deux mille cinq cents mètres de long pour trente mètres de large -, longueur supérieure à celui de Versailles (mille six cent soixante-dix mètres) et à celui de Vaux (mille mètres). La partie occidentale du parc et ses fontaines À l’ouest du château, au-delà du parterre de l’orangerie, Le Nôtre aménagea pour le Grand Condé des fontaines et des jeux d’eau.Cette zone, en partie boisée et située à flanc de coteau, fut détruite à la Révolution. La partie occidentale fut alors vendue, et forme aujourd’hui la ville de Chantilly. La partie entre le château et l’actuel pont des Grands Hommes était en si mauvais état qu’en 1817 les princes de Condé décidèrent de ne pas la restaurer, et firent installer un jardin paysager à l’anglaise par leur architecte, Victor Dubois ; c’est pourquoi aujourd’hui un des grands buffets d’eau mis en place par le Nôtre, lescascades de Beauvais ou petites cascades,se dresse dans un parc à l’anglaise avec lequel il n’a aucun rapport stylistique.  Les plans et les gravures d'époque permettent de restituer la magnificence de cettepartie du parc de Chantilly, probablement la plus belle. Le Nôtre y travailla dès 1663, dans le prolongement du parterre de l’orangerie. Au temps de Le Nôtre, le domaine de Chantilly comprenait aussi: - la maison de Sylvie ; - trois faisanderies ; - la ménagerie ; - le pavillon de Manse et les équipements hydrauliques du parc ; - le jardin fleuriste et de nombreuses serres.6
L e es fêtes de Chantilly auXVIIsiècle Le parc de Chantilly était surtout un cadre pour les fêtes somptueuses qu'y donna le prince de Condé dès 1671 lorsqu'il accueillit son cousin le roi LouisXIV, ou en 1688 lorsque son fils Henry-Jules reçut le Grand Dauphin, fils de LouisXIV. Nous connaissons ces fêtes par les récits qu'en fit leMercure Galant. e Selon un rituel immuable, qui fut en usage jusqu'auXVIIIsiècle,les hôtes étaient accueillis à une lieue du château, en forêt.Sur unetable en pierre, sous desarchitectures éphémèresconstruites pour l'occasion, unecollation chaudeétait servie en musique dans une vaisselle de vermeil. Puisles jardins, on se promenait en bateau sur le canal pour se rendreon gagnait à la ménagerie, on chassait, on allait dîner au château, on écoutait un concert ou une pièce de théâtre dans le parc, et la soirée se terminait parun feu d'artificetiré sur le grand canal. Le lendemain matin, les hôtes étaient stupéfaits : les parterres, couverts de jonquilles la veille au soir, avaient changé de couleur,une armée de jardiniers ayant changé pendant la nuit les oignons en potqui garnissaient les bordures des pelouses et des passe-pieds. Le théâtreétait aussi en honneur à Chantilly, où Molière, protégé du Grand Condé, séjourna souvent avec sa troupe.Des concerts ou des opérasétaient donnés pour distraire les invités, ainsi l’opéra d'Orontée, pour lequel Bérain aménagea en 1688 une partie de l'orangerie de Hardouin-Mansart. Des bateaux étaient destinés à la promenade sur le grand canal; un des buts principaux était la visite de la ménagerie. L’hiver, on se rendait à la chasse en traîneau ou on glissait sur les douves gelées, comme le montre l’un des panneaux de la petite singerie de Chantilly, décor peint daté de 1735 et attribué à Christophe Huet. On conserve des dessins préparatoires pour ces traîneaux. de ce que les plus grands auteurs aient célébré les méritesInutile de s’étonner me me et les fastes de Chantilly : M de Sévigné, M de La Fayette, Bossuet, La Bruyère, Boileau, La Fontaine, Racine, Molière, Saint-Simon … fréquentèrent Chantilly. 7
André Le Nôtre (1613-1700)Biographie d’un inconnu célèbreArchitecte et dessinateur français de jardins et de parcs, né et mort à Paris (1613-1700). Grâce à son père, « jardinier du roi » aux Tuileries, André Le Nôtre entra dans l’atelier du peintre Simon Vouet, où il rencontra Charles Le Brun et le sculpteur Lerambert. Mais André Le Nôtre avait plus de goût pour l’art décoratif des jardins. Ayant succédé à son père en 1637, il fit planter la grande allée qui porte le nom d’avenue des Tuileries. Il créa le type du jardin « à la française ». L’essentiel de sa carrière se fit au service du roi LouisXIV, qui l’appréciait tout particulièrement. Il est l’auteur des plans des parcs des châteaux de Vaux-le-Vicomte et de Versailles, de ceux de Saint-Germain, de Saint-Cloud, de Fontainebleau et de Meudon, ainsi que de Chantilly (1663-1700). En 1678, LouisXIVque le Bernin avait faiteautorisa Le Nôtre à aller en Italie examiner la statue équestre de lui et étudier les jardins italiens. Lors de l’audience qu’il obtint du pape InnocentXI, il lui sauta au cou, comme il avait coutume de le faire avec le roi LouisXIVquand celui-ci partait en campagne ou en revenait. À l’âge de quatre-vingts ans, il demanda à LouisXIVla permission de quitter son service. Le roi voulut alors lui donner des armoiries, en plus des lettres de noblesse et du cordon de Saint-Michel qu’il lui avait octroyés en 1693. «Des armoiries! répondit Le Nôtre,j’ai déjà les miennes : trois limaçons couronnés d’une feuille de chou ! ». Plusieurs anecdotes sur sa personnalité donnent ainsi une image modeste et simple du « bonhomme Le Nôtre », à laquelle il ne faut pas cependant le restreindre : outre la maîtrise d’un art qui ne devait être e abandonné que dans la seconde moitié duXIXsiècle, Le Nôtre était aussi un grand collectionneur (il offrit à LouisXIVensemble d’objets d’art parmi lesquels des toiles de Poussin, Breughel de Velours, Claude un Lorrain). Il existe peu de représentations d’André Le Nôtre. L’une d’elles, statue commandée par le duc d’Aumale, dernier propriétaire de Chantilly, au sculpteur Tony-Noël pour le grand parterre au nord du château, le représente assis, déroulant sur ses genoux le plan du parc, face à la statue du Grand Condé par Coysevox. ______________________________________________________________ Chronologie de la vie d’André Le Nôtre (1613-1700) : 1613 : le 12 mars, naissance d'André Le Nôtre à Paris, rue Saint-Honoré. 1630 : Le Nôtre travaille avec Claude Mollet à l'aménagement du jardin des Tuileries. Il passe par l'atelier de Simon Vouet, où il rencontre le peintre Charles Le Brun et le sculpteur Lerambert. 1635 : Le Nôtre est nommé premier jardinier de Gaston d'Orléans, frère du roi. 1640 : mariage de Le Nôtre. 1645 : Le Nôtre travaille à l'aménagement du jardin de la Reine à Fontainebleau. 1656-1661 : Le Nôtre travaille à Vaux-le-Vicomte pour le surintendant Fouquet. 1659 : Paix des Pyrénées entre la France et l'Espagne : Louis XIV rétablit le prince de Condé dans la possession de ses biens et propriétés ; le domaine de Chantilly lui est rendu. 1661 : le 17 août, inauguration de Vaux-le-Vicomte ; trois semaines plus tard, Nicolas Fouquet est emprisonné pour malversations. 1662 : début des travaux du jardin de Versailles par Le Nôtre.
1662-1663 : pour constituer le parc de Chantilly, le prince de Condé achète des terres à l'ouest du château dans la vallée de la Nonette. Début des travaux de Le Nôtre à Chantilly. 1662 : Molière passe une semaine à Chantilly, invité par le Grand Condé. 1663 (juillet) : Claude Desgots, neveu de Le Nôtre, trace la terrasse du parterre de l'orangerie. 1664 (avril) : grand jet d'eau du parterre de l'orangerie. 1666 : Le Nôtre dessine le grand jardin français entre le château et le canal. 1666 (décembre) : la fontaine de la Gerbe est mise en eau, mais le Grand Condé fait venir Le Nôtre pour la modifier. 1670-1686 : l'architecte Daniel Gittard, architecte de Saint-Sulpice et de l'hôtel de Condé, travaille sans interruption à Chantilly jusqu'à sa mort en décembre 1686. 1670 - 1671 : creusement du canal sur toute sa longueur. 1671 : en avril, voyage de Louis XIV et de la cour à Chantilly ; suicide de Vatel. Séjour du roi et de la reine à Chantilly. 1672 : travaux du Grand rond et de la chute d'eau (Gittard, de Manse et Desgots). 1672 (27-29 juillet) : séjour du duc et de la duchesse d'Orléans à Chantilly ; collation de fruits de saison à la Fontaine de Sylvie, avec concert donné par 24 violons. 1673 (mai) : achèvement du grand canal et de sa cascade. 1673 : création de la perspective axiale : création de l'esplanade ou avant-cour (entrée actuelle du château) et percement de la terrasse du connétable. 1673 (28 juillet) : "M. Le Nôtre et M. Gitard doivent aller à Chantilly pour tracer les cabinets du petit bois" ; le Grand Condé et son fils, alors en Hollande, remarquèrent que "les Hollandais sont les plus habiles gens du monde pour ces sortes de cabinets" ; ils en ramenèrent des ouvriers, tels les frères Antoine et Henry de Maerle qui travaillèrent à Chantilly sous les ordres de Le Nôtre pour le Grand Condé. 1674 (16 juin) : le tracé de la perspective nord-sud avance : "Toutes les pierres de l'avant-cour et de la voûte de Chantilly sont taillées et l'on va mettre le fossé et l'estang de Sylvie à sec pour mettre ces ouvrages hors de l'eau avec le plus de diligence qu'il se pourra" (lettre de Gourville au Grand Condé) 1674 ( 21 septembre) : les fondations des petits pavillons de la grille d'honneur sont faits : Le Nôtre décide de changer "quelque chose à l'entrée de l'avant-cour en l'élargissant un peu". 1674 : le 28 mai, Jules Hardouin-Mansart est cité pour la première fois à Chantilly, aux côtés de Le Nôtre, Gittard et Desgotz, dans une lettre de l'abbé Lenet au Grand Condé. 1675 : Le Nôtre reçoit le collier de l'ordre de Saint-Lazare. 1676-1681 : revêtement du grand canal. 1676-1677 : construction du pavillon de Manse. 1678 : construction du réservoir de la pelouse. Premiers dessins de Le Nôtre pour Meudon. 1678-1679 : Voyage de Le Nôtre en Italie. Il est reçu par le pape Innocent XI.
1679 : Desgots trace le premier labyrinthe dans le parc de Sylvie. 1679 : création de la machine hydraulique de Manse. 1680 : Perelle grave la "nouvelle cascade" de la tête du canal. 1681 (3 juillet) : Chauveau "vient d'écrire à M. Le Nostre pour avoir le dessin de la fontaine de Beauvais ". 1681 : Le Nôtre reçoit une gratification de 2 200 livres "pour tous les voyages qu'il a faits à Chantilly". 1682 : les masques de la cascade de Beauvais sont bronzés. 1682-1686 : construction de l'orangerie par Hardouin-Mansart. 1683 (21 septembre) : décor du Grand degré (lettre de Le Nôtre). 1683 (janvier) : Vauban travaille à un pont-levis à bascule pour le parc de Chantilly. 1684 (novembre) : achèvement du décor du Grand degré par Jean Hardy. 1685 (13 février) : une planche de Perelle (la première selon Macon, 1927) est offerte au Grand Condé. 1686 (11 décembre) : mort du Grand Condé à Fontainebleau. 1686 : construction de la ménagerie à Vineuil, sur le modèle de Versailles, avec le principe des cours rayonnantes, des fontaines, et d'une grotte. 1688 (août) : séjour du Grand Dauphin, fils aîné de Louis XIV, à Chantilly. L'avant-cour n'est pas encore achevée, ni la ménagerie. 1692 : Le Nôtre cède sa charge de contrôleur des bâtiments du roi à son neveu Desgots. 1698 : lettre de Le Nôtre au comte de Portland, ambassadeur d'Angleterre, où il parle de sa prédilection pour Chantilly. 1700 : le 15 septembre, mort d'André Le Nôtre, à Paris, dans sa maison des Tuileries. Il est enterré à Paris, dans la chapelle Saint-André de l’église Saint-Roch. ____________________________________________________________________________
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