BULLETIN N° 28 – Avril 2005

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BULLETIN N° 28 – Avril 2005

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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ASSOCIATION DES AMIS DES CABLES SOUS-MARINS
La Charente quittant la darse de la Seyne sur Mer
BULLETIN N° 28
 
Avril 2005
LE MOT DU PRESIDENT  par Alain Van Oudheusden      n ce début d’année, l’actualité est marquée par le Er enouveau des câbles sous marins et l’annonce de la pose de nouvelles liaisons dans l’océan indien et vers la côte d’Afrique. On peut se réjouir du plein emploi dans les usines d’Alcatel et d’un meilleur niveau d’occupation des navires battant pavillon français (bis).  Une nouvelle organisation est prévue pour les associations à caractère social liées à la société France Télécom. La FNARH, notre fédération, continuera ses activités dans le cadre antérieur. Pour notre part, nous avons sollicité le renouvellement de Convention qui nous lie à la DRT de Toulon.  Nous continuons notre travail sur le livre sur les télécommunications à grande distance. Un bulletin de souscription est d’ailleurs inclus dans ce bulletin n° 28. A l’heure où nous mettons sous presse, les 3 premières parties du livre relatives au télégraphe, au coaxial et à la mer sont déjà terminées. Les derniers chapitres sur les fibres optiques sont en finition et les autorisations nécessaires ont été demandées. Nous devrions expédier notre ouvrage comportant une iconographie très riche avant la fin de l’année.  Entre deux conférences, G Fouchard nous a confié la première partie de l’histoire des communications de la route des épices qui couvre l’ère du télégraphique. Il est surprenant de constater la faible ambition du Second Empire dans les télécommunications internationales, contrairement à nos amis britanniques. La valeur du directeur du service électro-sémaphorique, le service des câbles sous marins de l’époque (F Ailhaud) n’est pas en cause. Il fut chargé du service dès sa création à Toulon en 1863 jusqu’à la fondation du ministère des Postes et Télégraphes en 1878. Il a du constater l’absence d’ambition de son administration de tutelle. Quelques années plus tard, en 1900, Alexandre Millerand devenu Ministre dresse l’état des lieux. Le retard des télécommunications (télégraphe et téléphone) du au manque de crédits est encore plus significatif.  Nous avons retrouvé dans nos archives une copie du discours de Louis Leprince-Ringuet, un ancien des câbles sous marins avant de s’engager dans le développement de la physique nucléaire. Le futur académicien reviendra sur son travail à bord des navires câbliers et sur l’esprit d’équipe qui y régnait alors. Cela se passait entre 1925 et 1930, à une époque ou la radio semblait avoir périmé l’industrie câblière. Finalement, comme Gérard Théry et Michel Hirsch plus tard, les câbles préparent aux plus brillantes carrières, à condition d’en sortir.
Enfin, nous publions quelques bonnes feuilles du roman de Jean Devos, présenté dans la rubrique bibliographique. Cet épisode se situe dans les années 1975-80, à l’époque où l’équipe commerciale de Jean Devos, très réduite se lançait à la conquête des marchés traditionnellement britanniques. Après l’Espagne, l’Italie et la Méditerranée, Submarcom obtiendra un premier succès en Asie, le câble Timor (Taiwan) puis le Sea-Me-We (1986). Quelques amis ont bien connu cette époque glorieuse du câble français.  Nous avons complété ce bulletin par les souvenirs du commandant Mertz et un rappel de l’importance des découvertes de Newton par Jean Gérin, ancien ingénieur en chef des chantiers (CNIM). Enfin, la presse nous apprend que le navire affrété par Siemens pour le colloque de Cannes sur les Mobiles 3G a coupé le câble Continent – Corse. Décidemment, les câbles sous marins ne réussissent pas au constructeur allemand.  Grâce en particulier à J.L. Bricout une exposition de maquettes de câbliers, photos, « éclatés » et cartes des câbles posés s’est déroulée de janvier à mars à l’Espace St Nazaire de Sanary. Ce matériel avait été obligeamment prêté par le Directeur de la Base Marine de La Seyne. Cette Exposition sur les métiers de la mer, s’est déroulée en collaboration avec la Marine Nationale, Ifremer, des associations de maquettistes et divers collectionneurs. Cette manifestation est toujours très appréciée, notamment des enfants des écoles, qui ont bien rempli le livre d’or. Mais quel travail pour notre dévoué secrétaire.  Comme vous avez pu le constater, le bulletin N° 27 était de très mauvaise qualité, du à un incident technique chez notre imprimeur. Aussi nous avons décidé de présenter ce bulletin sur notre site Internet :m/m/cablesehc.oc.z/:ptwww/ht pour et, ceux qui ne possèdent pas Internet, d’ajouter les photos les plus représentatives dans ce bulletin. Nous vous prions de nous excuser pour cet incident indépendant de notre volonté.     
A. Van Oudheusden
’ ’ LES TELECOMMUNICATIONS ENTRE L EUROPE ET L ORIENT DEPUIS 1860  Première partie : La route impériale de l Eastern Telecom  G. Fouchard   Pour Edith et François Bernard Huyghe, les communication permettent les transports de épices sont avec l’argent le prétexte des marchandises et les échanges d’idées le long occidentaux pour découvrir l’Inde, un espace aux d’itinéraires terrestres et maritimes. Les contours imprécis englobant l’Inde, l’Insulinde voyageurs doivent affronter des conditions mais également la Chine. Les épices sont le climatiques et géographiques difficiles et les prétexte à innover, naviguer, commercer, routes sont périlleuses. Ils doivent survivre aux communiquer mais aussi à dominer. Les voies de accidents et aux maladies, éviter les zones en  guerre, les bandits et les pirates. Sur les routes des épices, les communications charbon, les garnisons et les services de sont longtemps limitées à un échange renseignement et de contrôle des d’informations entre personnes se rencontrant télécommunications. The Red Route fonctionna avant que l’écrit permette l’échange de jusqu’en 1970 et le centre d’Aden fut correspondances à distance. La diffusion définitivement clos en 1978. d’informations apparaît avec le livre. Ainsi, la relation du voyage de Marco Polo en Chine (1271 Aujourd’hui, plus de 90 % des – 1295) est l’une des premières diffusions télécommunications mondiales (téléphone et d’informations qui s’apparente aujourd’hui aux Internet) empruntent des câbles terrestres ou techniques de télécommunications sans fil sous marins, alors que moins de 10 % du trafic (radiodiffusion et télévision). La télédiffusion se est acheminé par les satellites de différentie des télécommunications entre deux télécommunications. Par contre, ceux-ci correspondants. conservent la part belle pour la diffusion des  programmes de radio et de télévision. Longtemps limitées à la vitesse du cheval et à la force des vents sur les voiles, les échanges del ai eed sinoère remiativtentE - cehc ed p al1 correspondances se sont accélérés au milieu desous marine vers l Inde (Bright – 1860). 19ème avec le télégraphe électrique. La siècle  transmission de l’information devient possible à la En 1860, le télégraphe terrestre s’est densifié vitesse de la lumière. Une seconde évolution dans trois grandes régions du monde : l’Europe, survient à la fin du 20ème siècle lorsque les l’Inde et l’Amérique du Nord. Le télégraphe, échanges d’informations couvrent la parole, jusqu’alors utilisé par les forces armées et la l’image et les reportages. La mise en service des police est mis à la disposition du public (1951 en fibres optiques et de la numérisation de France). Tout naturellement, on cherche à l’information (application de la théorie de traverser les mers et les océans (premières Shannon) modifie les données techniques et tentatives entre la France et l’Angleterre en 1850 économiques, libérant les télécommunications à et 1851). Entre 1850 et 1860, la longueur totale grande distance. Ce sont les lignes à fibres des câbles sous-marins posés en mer est de optiques qui permettent le développement actuel 20.826 Km, dont 5.173 Km en Méditerranée et en de l’internet. mer Noire. En 1877, de ce réseau construit avant  1860, il ne restera plus en service que 5.113 Km1, Depuis 1860 et la mise en place du télégraphe dont très peu en Méditerranée.  électrique, les moyens de télécommunications de la route des épices ont suivi les grandes routes Parmi les sinistres, le transatlantique de 1858 des voyageurs et des transports. Si la route des (promoteurs JW Brett, Charles Bright et Cyrus transports maritimes par la Méditerranée, la Mer Field), la liaison Bornéo – Batavia, les câbles Rouge et l’Océan Indien s’est imposée après le posés en Méditerranée (concessions accordées à  JW Brett) et la ligne entre l’Egypte et l’Inde de  1860 (promoteur Charles Bright). Le coût de tous percement du canal de Suez, c’était déjà la route ces échecs est considérable aussi bien pour les des télécommunications. Des câbles sous marins entrepreneurs britanniques que pour leur britanniques posés entre territoires britanniques reliaient Londres à Bombay, Singapour, l’Australie et la Chine à partir de 1972. Les centres de                                         cGâibblrealst ar,s ousM altmea, rinsA lesxea ndtrouvaiSenute z,s ituAésd enà, 1 Nomenclature des câbles formant le réseau rie,sous-marin du globe, Bureau International des BHoonmgbKaoy,n gC. olCombo, Mtsa laacbcriat,a iSeinnt gadpeso urd, éCpôatirsn  deet  Administrations télégraphiques, Berne, 1° es por Edition, 1877.
Les télécommunications entre l'Europe et l'Orient ont été assurées par des câbles sous marins Britaniques via l'Océan Indien dés 1870 et par l'Océan Pacifique à partie de 1902
 gouvernement. Bright, promoteur du câble de 1860 bénéficiait d’une garantie financière du gouvernement britannique destinée à couvrir les charges de la ligne sur l’Inde alors que cette liaison n’ait jamais fonctionné de bout en bout.  Deux Commissions scientifiques sur les câbles sous-marins et sur les systèmes d’unités sont créées par le ministère du Commerce (Board of Trade). Ses membres interrogent tous les scientifiques, industriels et financiers ayant participé aux différentes entreprises. A partir de 1860, La science de Volta, Oersted, Ampère, Faraday, Morse et Wheatstone jusqu’alors internationale se mobilise au service d’un seul Etat, l’Empire Britannique.  
 Le constat de la Commission2 est sévère. Elle affirme quel’insuccès des lignes sous marines existantes est du à des accidents dont on aurait pu se mettre à l’abri si la question avait été préalablement suffisamment étudiée. Et nous sommes convaincus qu’en tenant compte des principes que nous avons énoncé sur l’étude, la fabrication, la pose et l’entretien des câbles sous-marins, les entreprises de cette espèce pourront être aussi bien couronnées de succès qu’elles ont été jusqu’à ce jour désastreuses. La conception du câble de grand fond n’est pas correcte, la qualité des matières premières (cuivre, gutta,                                         2  Le rapport de la commission britannique est publié dans les Annales télégraphiques de 1862 
acier) est insuffisante, les navires de pose utilisés manquent de capacité de stockage et de possibilités de manœuvre. Toutes les causes des dérangements ont pour effet de rendre les réparations impossibles puisque ces câbles ne supportent pas leur propre poids. On découvre également que la transmission du signal télégraphique n’est pas instantanée mais que l’effet capacitif d’un câble déforme le signal. Le rapport retient la valeur de vitesse de propagation du signal sur une ligne électrique établie par Gounelle et Fizeau (220.000 Km/s). Quel progrès  
par rapport à la vitesse des courriers des siècles n précéde ts.2 - Les premières routes vers lInde, la Chine le Japon et l Australie (1860 – 1874).  Pour relier les réseaux entre eux, plusieurs itinéraires sont imaginés. Câbles terrestres et sous marins sont en concurrence entre l’Europe et les Etats-Unis et entre l’Europe et l’Inde et l’Extrême Orient. Certaines réalisations sont en cours d’achèvement en 1860 ; d’autres, plus ambitieuses et coûteuses, seront mises en service en 1870-72. Rappelons quelques dates :
Situation des câbles terrestre en 1874
 
   1861 : Premières transversales américaines entre 1871 : La Russie construit le transsibérien la côte Est des Etats-Unis et San Francisco, et Moscou – Vladivostok avec une branche vers la entre Valparaiso et Montevideo. Mongolie4. Ce projet fédérateur est coûteux pour 1864 : Achèvement de la ligne entre l’Europe du l’Empire Russe Nord et l’Inde via Constantinople, Bagdad, Fao, . Bouchir et Karachi. La ligne n’était pas rapide, il fallait 6 jours, 8 heures et 44 minutes pour envoyer un message de Londres à l’Inde. Elle était souvent coupée en Anatolie. i1n8d7o0- e: uLroe p1é9e jnannev ipear,r  lWe  CSiaeumcaesnes3angui gaileln r  u  .e
                                        3 Karbelashvily (A), La ligne télégraphique 4  J o       s k y   (  D i m  it y ) ,   L  a   R  u s s i e  , i mportant maillon transcaucasienne entre l’Europe et l’Inde, in ukov Journal des Télécommunications vol 56, UIT du réseau mondial de communications, Colloque Genève, décembre 1989. de Villefranche sur Mer, 1-3 juin 1989. 
 L’installation des premiers câbles transatlantiques à l’initiative de l’américain Cyrus Field a marqué les esprits. Ces véritables expéditions ont des succès divers : celle de 1858 est un échec mais les deux suivantes de 1865 et 1866 sont des succès. En fait, cette liaison n’était pas la priorité des milieux politiques et des affaires britanniques, beaucoup plus intéressés par des liaisons télégraphiques vers l’Inde et au-delà.  1 – Les projets terrestres (Transsibérien et Télégraphe Indo-Européen).  En 1857, un certain Romanov présente à Mouriatov, gouverneur de la Sibérie orientale, le projet de communication avec l’Amérique via le détroit de Behring. Mouriatov interroge laSociété Internationale des Télégraphes Electriqueska pluset lAlac momsiq P raà céra tlee ug jui eirébiS al raspi 5ode, plus avantageux, et plus sûr que la voie sous marine traversant l’océan Atlantique. Les experts frança qualifient cette dernière d’entreprise de fort coûteuse et d’un succès douteux. De son côté, la société américaine Western Union, de son coté s’active en Alaska.
    
Projet Français en 1862
 
                                        5 Babinet (Jacques),la télégraphie électrique ligne de jonction des 5 parties du mondeDe , Paris, Librairie Nouvelle, 1861.
La Russie entame la construction du transsibérien en 1859 (Moscou, Gorki, Kaza, Perm, Sverdlovsk, Irbit, Omsk, Tomsk, Krasnoïarsk, Irkoutsk, Ychita, Kiaskhta et Vladivostok. L’embranchement de Kiaskhta vers la Mongolie n’arriva jamais à Pékin du fait du refus des autorités chinoises. En octobre 1869, avant donc l’achèvement de l’ouvrage, le gouvernement russe accorde une concession de 30 ans à la compagnie danoise GNTC. Deux projets sont lancés pour relier l’Europe à L’Inde. Le premier, à travers l’Anatolie a la faveur des britanniques mais traverse des régions non contrôlées. Le second est le projet des frères Siemens. Leur société, la compagnie du Télégraphe Indo-Européen, obtient la concession en 1867 et la construction commence en 1868. L’ouvrage des frères Siemens entre Londres et l’Inde s’étend sur 8.600 Km et pas moins de 11.000 poteaux furent expédiés de Londres vers le Caucase et la Perse. En 1869, la construction bat son plan et on traverse le détroit de Kertch à Poti par un câble sous marin. Elle fut utilisé de 1870 à 1931, date de sa nationalisation par l’Union soviétique.  2 - Le projet français.  En 1862, les ingénieurs français de l’Administration des Télégraphes, qui ont participé à la plupart des grandes poses, connaissent et partagent les conclusions du rapport britannique. Les Annales Télégraphiques dirigées par Gounelle et Blavier servent de support de connaissance et ne comportent plus que des articles sur la télégraphie électrique. Gounelle meurt en 1864, Blavier est muté à Nancy et les Annales cessent de paraître en 1865. L’administration s’attache toujours à relier la France à L’Algérie et les échecs se succèdent (1860, 1861 et 1864).  Les institutions françaises dirigeantes adoptent un projet de câblage du monde très ambitieux. En 1862, les ministres de l’Intérieur, de la Marine et des col de l’A riculture et du Commerce adoptenot nliee sp reotjet de Vgérard de Sainte-Anne6dont le mémoire est présenté à l’institut impérial. Jacques Babinet, membre de l’Institut, est l’influent défenseur d’un projet qui reprend ses propres idées en particulier.  un câble par grand fonds est impossible Poser (en particulier un transatlantique) et il convient d’utiliser des câbles sous marin en feston le long des côtes. relier des zones habitées pour réaliser le faut  Il projet par étape et en assurant sa rentabilité.                                         6Vérard de Sainte-Anne,Télégraphie Electrique – Ligne d’Europe, d’Asie, d’Afrique, d’Océanie, dAmérique, Paris, Librairie Paul Dupont, 1862
Ainsi, la réalisation d’un transsibérien est aussi ruineuse qu’inutile.  Ce projet ne demande pas de financement préalable. Ce point ne peut que satisfaire J Babinet dont tous les écrits vantent la politique impériale qui consiste à concéder les lignes télégraphiques à des entrepreneurs privés, en particulier britanniques. A la fin du secoensd7 Empire, les concessions étrangèr acheminent l’essentiel du trafic international.  En 1877, le réseau étranger desservant la France est de 11.855 Km8(10% de la longueur du réseau mondial – 118.507 Km) et le réseau français, uniquement gouvernemental n’est que 1.246 Km constitué par :  les câbles côtiers posés depuis 1863 dans le but d’assurer la continuité du service public avec les îles du littoral.  câbles méditerranéens desservent la Corse les et l’Afrique du Nord dont le premier Marseille – cAlognedri tio1n8s7 1s. urCpree ncaânbtle 9 insptraèlslnds a sé tféo sed snad é es sur les haut des Baléares.  3 – Les projets britanniques.  Pour le gouvernement Britannique la télégraphie sous-marine peut fournir à l’Empire un réseau indépendant. Plus que la réalisation d’une ligne transatlantique, la ligne sur l’Inde est prioritaire mais les deux projets sont liés à leur faisabilité technique et le hasard déterminera l’ordre des mises en service. La Commission Galton ayant conclu en la faisabilité des câbles sous marins, les industriels modernisent leur outil de production et obtiennent au meilleur prix le Great Eastern, seul navire capable de poser un câble par grande profondeur.                                         7 compagnies étrangères fournissent un Cinq service international au départ de la France : Submarine Telegraph, Anglo Américan Telegraph, Eastern Telegraph Spanish Telegraph etGNTC. La longueur cumulée de ces câbles atterrissant en France est de 11.855 Km en 1877. 8 Les câbles franco-anglais sont alors la propriété laSubmarine Cable Company, dont la concession s’achève en 1890. Ces liaisons sont la propriété conjointe duBritish Post Office et desP& T.Lorsque le monopole des télégraphes britanniques est créé le 1er 1868, elles avril seront partagées entre les deux administrations en 1888. 9  En 1870, deux lignes (Gravelines – Cherbourg et Brest – Bordeaux) sont commandées en Angleterre, mais elles sont bloquées à la demande du gouvernement allemand. Le gouvernement Thiers négocie avec le constructeur pour poser ces câbles, fabriqués en partie, entre Marseille et Alger.
 
La red route via océan Indien
   Les maître d’œuvre du redéploiement industriel sont deux industriels de Manchester : John Pender, qui a fait fortune dans le coton, et Charles Goosch, un directeur de compagnies de chemin de fer. John Pender profite de la commande attribuée à l’industrie britannique pour la restructurer l’industrie britannique autour d’un pôle industrielThe Telegraph Construction and Maintenance Company (TCM) souscrit la qui moitié du capital nécessaire à l’entreprise. De son côté, Charles Goosch achète le paquebotGreat Eastern.  Aussi, lorsque l’américain Cyrus Field relance le projet du câble transatlantique de sa société l’Atlantic Telegraphen 1864 et qu’il recherche des capitaux en Grande Bretagne, l’affaire est rapidement conclue entre les trois hommes. L’échec de l’expédition de 1865 exige de trouver des capitaux supplémentaires. Dans la nouvelle société créée (Anglo-American Telegraph Company),Cyrus Field apporte le droit exclusif d’atterrissement de câbles à Terre Neuve de l’Atlantic Telegraph,mais les britanniques apporte les capitaux nécessaires et deviennent majoritaires. La pose duGreat Easternse déroule sans incident entre le 13 et le 27 juillet 1866; le
 
navire répare le second câble le 8 août 1866 et l’Anglopeut exploiter deux câbles transatlantiques avant la fin de 1866.  Ce double succès prouve au monde entier que l’aventure sous-marine est possible. La ligne télégraphique reliant l’Europe aux Etats-Unis ne traversera pas le détroit de Behring et sur recommanUdnaitoion1n0cainméri la s de nTiséagre d sscrhae téi nauue Western , l’Alaska sera a pour 7,2 millions de dollars.  Pour construire la ligne entre Suez et Bombay, J. Pender créeThe British-Indian Submarine Telegraph Company 1866 et trois nouvelles en sociétés en 1868.Falmouth, Gibraltar, Malta Telegraph Companypour relier l’Angleterre à Alexandrie,Marseilles, Algiers and Malta Telegraph Companypour construire les câbles Marseille – Bône - Malte et L’ neanerradetiolM-Agn Telegraph Company pour développer un réseau en Méditerranée orientale. Chaque compagnie obtient les concessions des gouvernements                                         10 ingénieurs américains avaient décelé les Les richesses minérales au cours des travaux et adressé un rapport au gouvernement.
associés à l’entreprise. Lorsque leGreat Eastern termine la pose du câble Aden - Bombay, le 23 juin 1870, Londres est relié à l’Inde par la voie sous-marine qui offre un service beaucoup plus  
fiable que les deux voies terrestres à peine terminées. Le 1erjuin 1872, John Pender regroupe ses sociétés en une seule :The Eastern Telegraph Company.
  Eastern Télégraphe en 1872  Au-delà de l’Inde, J. Pender crée plusieurs3 - La route impériale (1872 – 1978)11 sociétés chargées des prolongements au-delà de Bombay vers Singapour, la Chine et l’Inde. En J. Pender a conçu la route impériale comme un 1872, Londres, relié à Adélaïde (Australie), peut militaire. Les câbles aboutissent dans des transmettre presque instantanément des territoires britanniques, près des escales des messages dans les 5 continents paquebots là où se trouve dépôts de charbons  ravitaillés en permanence par une noria de 4 – Le projet danois. charbonniers. Les câbles sont exploitées par du  personnel britannique et réparés par des navires Le Danemark a toujours fourni des grands câbliers basés à Gibraltar, Malte, Aden, Bombay, entrepreneurs et C F Teitgen en est un exemple. Singapour. En 1867, après le double succès des poses transatlantiques de 1866, Teitgen fonde deux Le codage par mots de 5 lettres est le procédé qui sociétés pour relier le Danemark à l’Angleterre et permet de réduire le nombre de mots d’un à la Russie, s’adressant à deux constructeurs message et donc de réduire les frais. Entre 1872 britanniques différents. En 1869, il propose et le fin du télégraphe électrique (vers 1965 - 70), d’unifier son réseau à celui d’une compagnie la productivité de la ligne a été améliorée par le norvégienne et constitue la Grande Compagnie multiplexage, la transmission automatique, les des Télégraphes du Nord (GNTC). Il venait de multi-secteurs, les amplificateurs Heurtley et la signer avec le gouvernement russe un accord réception automatique. Toutes ces améliorations d’utilisation du transsibérien (qui sera achevé en successives permettent de faire passer le débit 1871). Ce visionnaire construira le premier des lignes de 2 à 1000 mots à la minute. Comme câblier, construit spécialement pour la réparation le trafic s’est accru plus vite que la productivité de des câbles sous-marins en 1870, et n’hésitera pas la ligne, il a fallu la renforcer par deux, trois à investir pour desservir la France dans un câble jusqu’à six câbles vers 1930. J. Pender et ses de 713 Km pour relier Oye près de Calais à Fano au Danemark.                                         11 Barty-King (Hugh),Girgle round the Earth, the story of Cable and Wireless, Heinemann, Londres 1979 – page 176 (fermeture de la branche de l’océan Indien).
successeurs s’appliquent à diversifier les itinéraires pour ne pas concentrer tous les câbles aux mêmes endroits.  
 Réseau Mondial en 1921 1890 Suez – Port Soudan 2 – Perim – Aden (refit en 1920)   1901 Suez – Port Soudan 1 – Perim – Aden (refit en 1921) 1914 Suez – Aden 1922 Suez – PortSoudan 4 - Aden  1870 Aden – Bombay 1 1877 Aden – Bombay 2 (Refit en 1921) 1891 Aden – Bombay 3 1913 Aden – Colombo 1920 Aden – Bombay 4  1870 Madras – Penang - Singapour 1879 Penang – Singapour 1891 Madras – Penang – Singapour 1913 Colombo – Penang – Singapour 1921 Madras - Singapour  The Red Line fut complété en 1902 par deux grands projets réalisés : 1901 – 1902 - la ligne du Pacifique entre le  en Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande.
   1870 Porhcurno –Carcavelos 1 1870 Carcavelos –Gibraltar 1 1873 Porthcurno – Vigo 1873 Vigo - Carcavellos 1887 Porthcurno – Carcavelos 2 1887 Carcavelos –Gibraltar 2 1897 Vigo - Gibraltar 1898 Porthcurno – Gibraltar 1 1914 Porthcurno – Gibraltar 2  1870 Gibraltar – Malte 1 1887 Gibraltar – Malte 2 1899 Gibraltar – Malte 3 1912 Gibraltar – Malte 4 1921 Gibraltar – Malte 5  1868 Malte – Alexandrie 1 1870 Malte – Alexandrie 2 1899 Malte – Alexandrie 3 1912 Malte – Alexandrie 4 1920 Malte – Alexandrie 5  1883 Suez – Port Soudan 3 - Aden (refit en 1920)
 entre 1902 et 1905 – Câblage de l’océan Indien et pose d’un câble entre l’Australie à l’Afrique du Sud.  Au début des guerres mondiales, la censure du trafic est systématique et les codes sont interdits. En 1940, le centre de Porthcurno en Cornouailles a été doublé par une station souterraine construite dans le granit après la déclaration de la guerre et la protection de la ligne par la marine est prioritaire. LaRed Linefut menacée entre 1914 et 1918 sans avoir été interrompue. Elle sera coupée en 1941 lorsque les Italiens prennent Aden et Périm.  En dehors de la guerre, le gouvernement britannique n’a pas respecté la liberté des informations. 1885 : Après la chute de Long Son (Tonkin), l’ Eastern bloque le message signalant le rétablissement de la situation et la reprise de la place. A la Chambre des Députés, le gouvernement Jules Ferry est violemment attaqué sur sa politique coloniale et doit démissionner. 1893 : Ultimatum français au Siam. Le message est transmis avec retard après un contrôle britannique 1894 : A la mort du roi du Maroc Moulay Hassan 1, les Britanniques conservent l’exclusivité de l’utilisation du câble de Tanger pendant 36 heures. 1895 : Lors de la prise de Tananarive par Duchesne, l’information est conservée pendant 3 jours. 1898 : Marchand et Kitchener sont face à face à Fachoda pour le contrôle du Soudan. Pendant que les deux gouvernements négocient, Londres et Kitchener restent en contact par télégraphe. Marchand n’a pas de contact avec Paris. 1902 : Pendant la guerre des Boers, toute information est interrompue par les censeurs installés à Aden et Freetown.  Ces initiatives ont conduit la France et l’Allemagne à envisager leur propre réseau vers l’Asie du Sud. Pour la France, il s’agit de relier
Personnel d'Aden en 1939 (Aden à fermé en 1978)
 
l’Indochine. Il est envisagé une ligne Dakar - la Réunion – Saigon que le gouvernement Waldeck-Rousseau refuse de financer. L’Allemagne souhaite relier l’Insulinde et les Philippines. Après des débats passionnés, les deux gouvernement renoncent à leurs projets pour raisons : le coût associé à une rentabilité incertaine d’un tel investissement et l’arrivée prochaine d’une nouvelle technologie, la radio qui pouvait assurer l’indépendance de leurs communications extérieures.  Pendant près d’un siècle la ligne vers l’Orient resta britannique et contribua à la prospérité de la couronne. On ignorait encore en 1900 qu’il faudra attendre une vingtaine d’année pour disposer des premières liaisons de radiocommunications à longue distance.  4 - Entre 1922 et 1969 - Radio et câbles. Concurrence ou complémentarité ?  Le câble a constitué le seul support des télécommunications à grande distance jusqu’en 1922. D’ailleurs, le dernier renforcement de la voie impériale est réalisé entre 1920 et 1922 par l’installation d’une quatrième ligne après celles de 1868-70, 1877-80, 1890-92 et 1912-14. Après la guerre de 1914-18, la radio, qui s’était généralisée dans les relations avec les avions et les navires ainsi que sur le champ de bataille, est en mesure de fournir les circuits radiotélégraphiques à longue distance. Quatre grandes industries nationales sont créées immédiatement après la guerre.   
Personnel de la Station de Colombo
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